Watchman Nee, de son vrai nom Ni Tuocheng, est né le 4 novembre 1903 à Shantou (汕頭 ; pinyin : Shàntóu), dans la province de Guangdong, et décédé le 30 mai 1972 en Chine dans le Anwhei (Anhui), est un évangéliste et écrivain chrétien méthodiste chinois.
Pendant les trente années de son ministère, il parcourut une grande partie la Chine pour annoncer l’Évangile. Il fonda des Églises locales, indépendantes des missions étrangères, connues en Occident sous le nom d’églises du « Petit troupeau ».
Watchman Nee publia également une abondante littérature pour l’évangélisation, l’édification des chrétiens et la formation des pasteurs ; certains livres, tirés de ses conférences, sont toujours édités dans de nombreuses langues et rencontrent le même succès dans les milieux chrétiens évangéliques.
Ci-dessous un extrait tiré d’un livre de Watchman Nee : « Assis, marcher, tenir ferme » L’histoire d’un groupe missionnaire sur une ile qui a pour titre le Dieu d’Elie
Vous pouvez lire le livre sur le site https://www.spibook.fr/ : Assis, marcher, tenir ferme

Le Dieu d’Élie
Permettez-moi, pour terminer, de vous rapporter une de mes expériences. Quelques années après le début de notre œuvre, nous sommes entrés dans une période d’épreuves. Nous avons connu des déceptions et nous étions près de désespérer. Nous rencontrions beaucoup de critiques et d’opposition, à cause de la position que nous avions prise. Même des vrais enfants de Dieu nous jugeaient et se détournaient de nous. Nous avions honnêtement examiné les accusations que l’on portait contre nous.
Il est en effet essentiel de considérer sérieusement les critiques et de les examiner, au lieu de les négliger en disant, « Oh ! Il ne fait que me critiquer ! » Et cependant, nous avions des raisons de croire que le Seigneur était avec nous, car, alors qu’une année particulièrement difficile allait se terminer, nous pouvions reconnaître que, durant cette période, le Seigneur nous avait donné plusieurs centaines de conversions réelles. Mais, à la fin de l’année, il nous sembla que la situation était pire que jamais.
Nous avions coutume d’avoir dans la ville, durant les vacances du nouvel an, une convention pour les croyants de différentes dénominations de toute la province. Cette année-là, les responsables de la convention me demandèrent de ne pas y participer. Ce fut un coup pénible. C’était, je le réalise maintenant, une tentative de l’Ennemi pour nous arracher, mes frères et moi, de notre position de repos en Christ. Comment allions-nous réagir ?
Profiter des congés du nouvel an
Les congés du nouvel an sont longs, ils durent quinze jours, et s’ils se prêtent bien à une convention, ils sont aussi une excellente occasion de prêcher l’évangile. Après avoir cherché la volonté du Seigneur, nous avons compris clairement qu’il nous demandait d’employer ces vacances pour l’évangélisation. Je proposai donc à cinq autres frères de m’accompagner pour une tournée d’évangélisation de quinze jours dans une île située au large de la côte Sud de la Chine. Au dernier moment, un autre jeune frère, que j’appellerai frère Wu, se joignit à notre groupe. Il n’avait que seize ans, et avait été renvoyé de son école ; mais il venait de se convertir, et il y avait eu dans sa vie un changement très net. Il était de plus si désireux de nous accompagner que, après quelques hésitations, je consentis à l’emmener. Nous étions ainsi sept en tout.
Elle était assez grande ; il s’y trouvait un grand village de « six mille feux ». L’un de mes anciens camarades d’études était le directeur de l’école de ce village, et je lui avais écrit à l’avance pour lui demander une chambre où nous pourrions loger durant notre séjour, du premier au quinze janvier. Cependant, à notre arrivée, lorsqu’il apprit que nous étions venus pour prêcher l’évangile, il refusa de nous loger. Finalement un herboriste eut pitié de nous et nous fit entrer chez lui, nous installant de son mieux sur les planches et la paille de son grenier.
La première conversion
L’herboriste devint vite notre premier converti, mais en dépit d’un travail méthodique et persévérant, et malgré la courtoisie de la population, nous voyions très peu de fruits et nous commencions à nous demander quelle en était la cause. Le 9 janvier, nous étions sortis pour prêcher. Frère Wu et quelques autres étaient dans une partie du village, et il demanda soudain : « Pourquoi personne d’entre vous ne veut-il croire ? » Quelqu’un dans la foule répliqua aussitôt :
– Nous avons un dieu, un seul dieu ; Ta-Wang et il ne nous a jamais abandonnés. C’est un dieu efficace.
– Comment savez-vous que vous pouvez lui faire confiance ? demanda Wu.
– Voilà 286 ans que nous organisons une procession en son honneur, au mois de janvier, à une date prédite chaque année, et chaque année sans faute il fait ce jour-là un temps parfait sans pluie ni nuage.
– Quand la procession aura-t-elle lieu cette année ?
– Elle est fixée au 11 janvier à huit heures du matin.
– Alors, dit Wu avec impétuosité, je vous promets qu’il pleuvra le 11.
Ce fut un concert de cris :
– Assez. ! Nous ne voulons plus entendre aucune prédication. S’il pleut le 11 au matin, alors, c’est votre dieu qui est Dieu !
J’étais dans une autre partie du village, et dès que j’entendis ce qui était arrivé, je compris que c’était très sérieux. La nouvelle s’était répandue comme une traînée de poudre et plus de vingt mille personnes seraient bientôt au courant.
La prière dans l’angoisse
Que faire ? Nous ne pouvions que cesser aussitôt toute prédication pour nous livrer à la prière. Nous demandâmes à Dieu de nous pardonner si nous avions trop présumé de nous-mêmes. Je vous le dis, nous étions dans l’angoisse. Qu’avions-nous fait ? Avions-nous commis une faute terrible, ou bien osions-nous demander un miracle à Dieu ?
Plus on désire recevoir une réponse à la prière, plus il faut être au clair avec Dieu. Il ne doit y avoir aucun doute sur votre communion avec Dieu, aucune ombre entre vous. C’est seulement dans l’union avec Lui par la foi que l’on peut tenter de forcer l’intervention de Dieu. On ne saurait l’espérer autrement. Nous acceptions d’être chassés de l’île si nous avions commis une faute. Après tout, on ne peut pas entraîner Dieu dans une affaire contre sa volonté ! Mais en y réfléchissant, nous trouvâmes que cela mettrait fin au témoignage chrétien dans l’île, et Ta-Wang y régnerait alors en maître absolu, et pour toujours. Que devions-nous faire ? Devions-nous partir immédiatement ?
Jusque-là, nous n’avions pas osé demander la pluie. Alors, comme un éclair, cette parole vint à l’esprit : « Où est le Dieu d’Élie ? » Elle me vint avec une telle clarté et une telle puissance, que je sus qu’elle venait de Dieu. Avec confiance, je dis aux frères : « j’ai la réponse. Le Seigneur enverra la pluie le 11 au matin. »
Relever le défi
Tous ensembles, nous avons remercié le Seigneur, et ensuite, remplis d’adoration, nous sommes partis tous les sept pour annoncer cette nouvelle à tout le monde. Nous avions pu relever le défi de l’Ennemi au Nom du Seigneur, et nous allions proclamer notre engagement.
Ce soir-là l’herboriste nous fit deux observations pertinentes. Sans aucun doute, affirmait-il, Ta-Wang était un dieu efficace. Le diable était avec cette idole. Leur foi en lui n’était pas sans fondement. Ou bien, si l’on veut donner une explication rationnelle, on dira que c’était un village de pêcheurs : pendant deux ou trois mois de suite, les hommes sont en mer, et le 15 janvier, ils devaient repartir ; et grâce à leur longue expérience ils étaient bien capables de prédire le temps deux ou trois jours à l’avance.
Cela nous troubla. Comme nous nous retirions pour la prière du soir, et que nous commencions une fois de plus à demander la pluie « maintenant ! » nous reçûmes un reproche sévère du Seigneur : « Où est le Dieu d’Élie ? » Allions-nous continuer à lutter par nous-mêmes dans cette bataille, ou bien allions-nous nous reposer dans la victoire remportée par Christ ? Qu’avait fait Élisée, en s’exprimant ainsi ? Il s’était approprié, pour le vivre à son tour, le miracle que son maître Élie, désormais dans la gloire, avait accompli. Dans l’optique du Nouveau Testament, il avait pris position par la foi, sur la base d’une œuvre accomplie.
Où est le Dieu d’Élie ?
Alors, nous avons de nouveau confessé notre péché. « Seigneur, avons-nous dit, inutile d’envoyer la pluie avant le 11 au matin ». Puis nous nous sommes couchés, et le lendemain matin (c’était le 10), nous sommes partis dans une île voisine pour une journée d’évangélisation. Le Seigneur nous a bénis dans sa grâce, et ce jour-là, trois familles se sont converties, ont confessé publiquement son Nom et ont brûlé leurs idoles. Nous sommes rentrés tard, fatigués mais remplis de joie. Nous pouvions dormir longtemps le lendemain matin.
Je fus réveillé par les rayons du soleil, entrant par l’unique fenêtre de notre grenier. « Il ne pleut donc pas ! » dis-je. Il était déjà plus de sept heures. Je me levai, m’agenouillai, et priai : « Seigneur, envoie la pluie, je te prie ! » Mais une fois de plus, j’entendis cette parole qui résonnait dans mes oreilles : « Où est le Dieu d’Élie ? ».
Humilié, je descendis l’escalier, faisant silence devant Dieu. Nous prîmes place pour déjeuner, nous étions huit, y compris notre hôte tous très tranquilles. Il n’y avait aucun nuage au ciel, mais nous savions que Dieu s’était engagé. Tandis que nous courbions la tête pour rendre grâces avant notre repas, je dis : « Je pense que le moment est arrivé. Il faut que la pluie vienne maintenant. Nous pouvons le rappeler au Seigneur ».
C’est Dieu qui est Dieu !
C’est ce que nous fîmes tranquillement, et cette fois, la réponse arriva sans aucune trace de reproche. « Où est le Dieu d’Élie ? » Avant même d’avoir dit Amen, nous entendîmes quelques gouttes de pluie sur les tuiles. Après le premier bol de riz, tandis qu’on nous servait une seconde portion, l’averse tombait dru. « Rendons encore grâces » dis-je, et cette fois nous osâmes demander à Dieu une pluie plus forte. La pluie tombait à seaux tandis que nous entamions ce deuxième bol de riz. Quand nous eûmes fini, la rue était noyée et les trois marches à l’entrée de la maison étaient entièrement recouvertes.
Bientôt nous apprenions ce qui était arrivé dans le village. À la première goutte de pluie, quelques-uns de ceux de la jeune génération avaient commencé à dire ouvertement : « C’est Dieu qui est Dieu : il n’ y a plus de Ta-Wang ! Il a été retenu par la pluie. » Mais non. On l’avait sorti sur une chaise à porteurs. Il allait sûrement arrêter la pluie ! C’est alors qu’avait commencé la trombe d’eau. Après quelque dix ou douze mètres, trois des coolies avaient trébuché et étaient tombés. La chaise s’était renversée, et Ta-Wang avec elle, se cassant la mâchoire et le bras gauche. Sans se laisser décourager, ils firent les réparations d’urgence et remirent Ta-Wang dans la chaise. Tant bien que mal, en glissant et en trébuchant, ils le traînèrent ou le portèrent, en faisant la moitié du tour du village.
La procession est arrêtée
Alors les eaux déchaînées eurent raison d’eux. Quelques-uns des anciens du village, des hommes âgés de soixante à quatre-vingts ans, tête nue et sans parapluie, comme l’exigeait la foi en Ta-Wang, étaient tombés, et se trouvaient assez mal en point. On arrêta la procession et l’idole fut portée dans une maison. On consulta les esprits. « Ce n’était pas aujourd’hui le bon jour », fut la réponse. « Il faut fixer la fête au 14, et la procession à six heures du soir. » Dès que nous entendîmes cela, nos cœurs furent remplis d’assurance : « Dieu enverra la pluie le 14. » Nous eûmes un moment de prière : « Seigneur, envoie la pluie le 14 à six heures du soir, et accorde-nous quatre journées bénies jusque-là. »
L’après-midi le ciel s’éclaircit, et nous eûmes un auditoire nombreux pour la prédication de l’évangile. Pendant ces trois courtes journées le Seigneur nous donna plus de trente conversions authentiques, dans le village et dans toute l’île. Comme le soir du 14 approchait, nous nous retrouvâmes de nouveau à l’heure dite, et nous apportâmes paisiblement la situation au Seigneur. Sans une minute de retard, sa réponse vint sous la forme d’une pluie torrentielle et d’inondations, tout comme la première fois. Notre séjour s’achevait le lendemain. Nous ne sommes pas retournés sur cette île.
Être au centre même de la volonté de Dieu
D’autres ouvriers ont demandé à y aller, et nous ne nous opposons jamais à ce que quelqu’un aille travailler dans un champ qu’il a à cœur. Mais l’essentiel était pour nous que dans cette idole la puissance de Satan avait été brisée, ce qui avait pour nous une valeur éternelle. Ta-Wang n’était plus « un dieu efficace ». Le salut des âmes suivrait mais cela était secondaire par rapport à ce fait essentiel et immuable,
Nous sommes restés marqués par cette expérience : Dieu s’était engagé pour nous. Nous avions réalisé l’autorité du Nom qui est au-dessus de tout nom ; le Nom qui a tout pouvoir, dans les cieux, et sur la terre, et dans l’enfer. Durant ces quelques jours, nous avions su ce que signifie être, comme nous le disions, « au centre même de la volonté de Dieu ». Ces mots n’étaient plus quelque chose de vague ou d’obscur pour nous. Ils exprimaient une vérité que nous avions vécue. Il nous avait été donné d’avoir ensemble une brève vision du « mystère de sa volonté » Éphésiens 1.9, 3.9.
Éphésiens 1.9
9 nous faisant connaître le mystère de sa volonté, selon le bienveillant dessein qu’il avait formé en lui-même,
Éphésiens 3.9
9 et de mettre en lumière quelle est la dispensation du mystère caché de tout temps en Dieu qui a créé toutes choses,
Pour le reste de notre vie nous serions comme soulevés au-dessus de la terre. Après quelques années, je retrouvai le frère Wu. Il est devenu pilote de ligne. Je lui demandai s’il marchait toujours avec le Seigneur. « M. Nee ! me dit-il, pourriez-vous penser qu’après tout ce que nous avons expérimenté, je pourrais l’abandonner ? »
Voyons-nous ce que signifie « tenir ferme » ? Il ne s’agit pas de gagner du terrain. Il suffit de se tenir sur le terrain que le Seigneur nous a gagnés et de refuser d’en bouger. Lorsque nos yeux ont réellement été ouverts sur Christ, notre Seigneur victorieux, la louange jaillit librement et sans contrainte. Célébrant de tout notre cœur notre Seigneur, nous rendons grâces pour toutes choses, en son Nom.
Éphésiens 5.19-20
19 entretenez-vous par des psaumes, par des hymnes, et par des cantiques spirituels, chantant et célébrant de tout votre cœur les louanges du Seigneur;
20 rendez continuellement grâces pour toutes choses à Dieu le Père, au nom de notre Seigneur Jésus Christ,
La louange qui n’est que le fruit d’un effort a un caractère forcé et discordant, mais la louange qui jaillit des cœurs qui se reposent en Lui est toujours pure et douce. La vie chrétienne consiste à « être assis » avec Christ, à « marcher » avec Lui, et à « tenir ferme » en Lui. Nous commençons notre vie spirituelle en nous reposant sur l’œuvre accomplie par le Seigneur Jésus. Ce repos est la source de notre force pour marcher ferme et décidé dans le monde. Et, après une guerre sans merci contre les armées des ténèbres, nous serons enfin avec Lui, maîtres du champ de bataille.
À Lui… soit la gloire… aux siècles des siècles
La prophétie d’Elie : sa prière pour la pluie
41 Et Élie dit à Achab: Monte, mange et bois; car il se fait un bruit qui annonce la pluie.
42 Achab monta pour manger et pour boire. Mais Élie monta au sommet du Carmel; et, se penchant contre terre, il mit son visage entre ses genoux,
43 et dit à son serviteur: Monte, regarde du côté de la mer. Le serviteur monta, il regarda, et dit: Il n’y a rien. Élie dit sept fois: Retourne.
44 A la septième fois, il dit: Voici un petit nuage qui s’élève de la mer, et qui est comme la paume de la main d’un homme. Élie dit: Monte, et dis à Achab: Attelle et descends, afin que la pluie ne t’arrête pas.
45 En peu d’instants, le ciel s’obscurcit par les nuages, le vent s’établit, et il y eut une forte pluie. Achab monta sur son char, et partit pour Jizreel.
46 Et la main de l’Éternel fut sur Élie, qui se ceignit les reins et courut devant Achab jusqu’à l’entrée de Jizreel.