Dans la parabole de l’esprit impur, Jésus met en garde contre le danger d’un cœur vide après la délivrance. Une rechute peut entraîner une situation pire que l’état initial spirituellement destructeur.
La parabole de l’esprit impur de Matthieu 12:43-45

1 – L’enseignement
Matthieu 12:43-45
43 Lorsque l’esprit impur est sorti d’un homme, il va par des lieux arides, cherchant du repos, et il n’en trouve point.
44 Alors il dit: Je retournerai dans ma maison d’où je suis sorti; et, quand il arrive, il la trouve vide, balayée et ornée.
45 Il s’en va, et il prend avec lui sept autres esprits plus méchants que lui; ils entrent dans la maison, s’y établissent, et la dernière condition de cet homme est pire que la première. Il en sera de même pour cette génération méchante.
2- A qui s’adresse Jésus ?
Au chapitre 12 de Matthieu, Jésus est confronté aux pharisiens qui cherchent toutes les occasions pour le critiquer. Dans ce passage, Jésus s’adresse à eux et à la foule présente qui l’entoure, en parlant de génération méchante. Au sens biblique, le terme méchant s’applique à celui qui se détourne de Dieu ou qui est contre Dieu.
3- Le contexte :
Le contexte de cette parabole se situe dans les versets précédents de Matthieu 12:22-42 quand Jésus délivre un démoniaque aveugle et muet.
Matthieu 12:22
22 Alors on lui amena un démoniaque aveugle et muet, et il le guérit, de sorte que le muet parlait et voyait.
Pour parodier le verset de Matthieu 12:24, on pourrait dire spirituellement parlant, que l’orgueil des pharisiens les rendait eux aussi aveugles et muets. Ceux-ci en effet, étaient incapables de voir la vérité et de reconnaître Jésus comme le Messie qu’ils attendaient pourtant.
L’ironie du passage, c’est que ceux qui pensaient voir clair, étaient en réalité les premiers à avoir besoin de délivrance, non pas d’une délivrance physique, mais d’une délivrance spirituelle.
Ceci amène à une question essentielle :
L’orgueil religieux ne serait-il pas en lui même une manifestation d’une influence spirituelle mauvaise ?
En effet, un cœur fermé, rempli de suffisance spirituelle, empêche la lumière de Christ d’y pénétrer. Il s’agit là d’une forme subtile mais puissante d’aveuglement contre laquelle Jésus a souvent mis en garde.
Cette délivrance qu’a pratiquée Jésus, était le signe manifeste de sa messianité selon ce qui est écrit en :
Ésaïe 35:4-6
4 Dites à ceux qui ont le cœur troublé: Prenez courage, ne craignez point; Voici votre Dieu, la vengeance viendra, La rétribution de Dieu; Il viendra lui-même, et vous sauvera.
5 Alors s’ouvriront les yeux des aveugles, S’ouvriront les oreilles des sourds;
6 Alors le boiteux sautera comme un cerf, Et la langue du muet éclatera de joie. Car des eaux jailliront dans le désert, Et des ruisseaux dans la solitude;
Comme si cela ne suffisait pas, des scribes et des pharisiens réclament un autre miracle.
Pour comprendre le sens de cette parabole et l’intention voulue par Jésus, il faut retenir le mot : ‘génération méchante’. Cela pour réaliser que l’homme symbolise le peuple israélite, cette génération méchante.
4- Explication de la parabole
L’esprit impur dans les lieux arides :
Dans l’Ancien Testament le désert était considéré comme le repaire des démons. C’est ainsi qu’il est écrit en Lévitique 16 que le jour de l’expiation (Yom Kippour), l’un des boucs chargé symboliquement des péchés d’Israël, était envoyé dans le désert pour ‘Azazel’ .
Lévitique 16:8, 10
8 Aaron jettera le sort sur les deux boucs, un sort pour l’Éternel et un sort pour Azazel.
10 Et le bouc sur lequel est tombé le sort pour Azazel sera placé vivant devant l’Éternel, afin qu’il serve à faire l’expiation et qu’il soit lâché dans le désert pour Azazel.
La signification du mot Azazel est incertaine. Il peut désigner « le bouc qui part »,le bouc émissaire, un lieu désertique ou même un ange déchu puisque le verset 8 parle d’un sort pour Azazel. Quoi qu’il en soit, l’idée principale reste celle de renvoyer les péchés à l’envoyeur.
Ce passage biblique enseigne plusieurs choses :
1. Une délivrance incomplète
À l’époque, les Juifs pratiquaient une forme de délivrance des esprits mauvais, mais celle-ci était souvent incomplète puisque personne ne remplaçait l’esprit mauvais. Les démons finissaient par revenir parce qu’on se contentait de les chasser sans enseigner à la personne délivrée d’avoir une foi active et durable en Dieu.
Cette réalité fait aussi écho à la situation de la nation d’Israël. Celle-ci en effet, avait rejeté le culte des idoles mais sans le remplacer par une véritable relation vivante avec l’Éternel. Comme le dit le proverbe : la nature a horreur du vide. Jésus enseigne que si ce vide n’est pas comblé, il peut être occupé par un plus grand nombre d’esprits mauvais.
On se souviendra de ce que Jésus a dit à l’homme guéri à la piscine de Béthesda :
Jean 5:14
« Depuis, Jésus le trouva dans le temple, et lui dit : Voici, tu as été guéri ; ne pèche plus, de peur qu’il ne t’arrive quelque chose de pire. »
2. Le piège du « ne fais pas »
La religion juive de l’époque se focalisait surtout sur l’interdiction : « ne fais pas ceci, ne fais pas cela ». Les pharisiens et docteurs de la loi insistaient davantage sur les aspects négatifs de la Loi que sur ses commandements positifs. Jésus, lui, nous appelle à agir positivement.
En Luc 10, un docteur de la loi interroge Jésus au sujet de la vie éternelle :
Luc 10:26-28
26 Jésus lui dit : Qu’est-il écrit dans la loi? Qu’y lis-tu?
27 Il répondit : Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force, et de toute ta pensée ; et ton prochain comme toi-même.
28 Tu as bien répondu, lui dit Jésus ; fais cela, et tu vivras.
La fin du verset 27 fait écho à Lévitique 19:18. Dans Matthieu 12, les pharisiens ne montrent aucune compassion pour l’homme que Jésus libère d’un démon, contrairement à l’esprit de la Loi qui exigeait l’amour du prochain.
3. Être rempli du Saint-Esprit
Pour le chrétien, il ne suffit pas d’être délivré des esprits impurs, mais il faut ensuite être rempli du Saint-Esprit, Esprit de Dieu qui transforme et renouvelle l’être intérieur.
Ésaïe 11:2
2 L’Esprit de l’Éternel reposera sur lui : Esprit de sagesse et d’intelligence, Esprit de conseil et de force, Esprit de connaissance et de crainte de l’Éternel.
4. Aller au-delà du mal : faire le bien
Ne pas faire le mal est un bon début, mais ce n’est que la moitié du chemin. Le vide moral doit être comblé par des actions concrètes : faire le bien, aimer son prochain, et laisser le fruit de l’Esprit s’épanouir en nous.
Galates 5:22
« Mais le fruit de l’Esprit, c’est l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la foi, la douceur, la maîtrise de soi. »
Le message principal
Jésus dit : «Il en sera de même pour cette génération mauvaise. » Ce qu’il déclare au sujet de la maison propre mais vide s’appliquait à cette génération corrompue, la nation d’Israël, qui a refusé de reconnaître et de croire que Jésus était son Messie. Mais aujourd’hui, alors que nous avons du recul sur ces évènements, considérons-nous Jésus comme notre Sauveur et Seigneur ? Il sera très difficile de nous justifier si ce n’est pas le cas. Nous serons jugés plus sévèrement que ces pharisiens.
5- La leçon pour nous à retenir et Son application personnelle
Le verset 45 est un sérieux avertissement que Jésus adresse à la foule, qu’il qualifie de génération méchante.
Il est dit au verset 43 :
« Lorsque l’esprit impur est sorti d’un homme … »
La manière dont cet esprit sort, n’est pas précisée : s’agit-il d’une délivrance ? D’un acte de repentance ? D’une réforme morale ?
Cela peut aussi représenter une repentance partielle ou une réforme extérieure, sans qu’il y ait eu une véritable transformation intérieure. L’homme est alors « nettoyé », c’est-à-dire purifié en apparence, mais il demeure vide, car il n’est pas habité par l’Esprit de Dieu.
Le mal ne peut pas simplement être « expulsé » : il doit être remplacé par quelque chose de plus fort — la présence de Dieu, la foi, la justice.
Jean-Baptiste avait appelé le peuple d’Israël à la repentance. Puis, ce même peuple a été exposé aux enseignements de Jésus, qui invitait à un changement de vie profond, fondé sur l’amour, la justice, et la foi.
L’apôtre Pierre fait un constat similaire dans sa deuxième épître :
2 Pierre 2:20-21
20 En effet, si, après s’être retirés des souillures du monde, par la connaissance du Seigneur et Sauveur Jésus Christ, ils s’y engagent de nouveau et sont vaincus, leur dernière condition est pire que la première.
21 Car mieux valait pour eux n’avoir pas connu la voie de la justice, que de se détourner, après l’avoir connue, du saint commandement qui leur avait été donné.
Si nous mettons la parabole du fils prodigue de Luc 15 en parallèle avec celle de l’esprit impur, nous observons un contraste marquant Le fils revient vers son père avec des vêtements souillés, symboles de sa souillure intérieure. Il se repent devant son Père. Il n’est pas écrit qu’il s’est lavé , mais la purification est implicite. Ensuite il est revêtu de la plus belle robe. En revanche dans la parabole de l’esprit impur, l’homme après avoir été purifié, délivré du démon, est retourné à son vomi. Il reprend les vêtements souillés qu’il avait abandonnés. Il n’y a eu ni transformation durable, ni vraie habitation de l’Esprit.
Conclusion et application personnelle
Pour comprendre cette parabole et en tirer un enseignement pratique pour notre propre vie, il est important de reconnaître notre état spirituel.
Nous ressemblons parfois à ce peuple qui certes, s’efforçait déjà de ne pas haïr son prochain, ce qui constituait déjà une étape louable. Cependant, Jésus nous appelle à aller plus loin en ne haïssant pas notre prochain mais en l’aimant, en étant bienveillant à son égard et à nous réjouir du bien qu’il reçoit.
Prenons cet exemple de Matthieu 12:22-24, où Jésus délivre un homme possédé, aveugle et muet. Les pharisiens au lieu de se réjouir de la guérison à laquelle ils ont assisté, ont critiqué et accusé Jésus d’agir par la puissance de Béelzébul.
Ce passage doit pousser chacun à faire un examen de conscience :
Sommes-nous simplement « nettoyés », ou habités par l’Esprit de Dieu ?
Notre foi se limite-t-elle à éviter le mal, ou est-elle aussi active, vivante, engagée dans l’amour et la transformation intérieure ?
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