La parabole du bon grain et de l’ivraie, racontée par Jésus, enseigne l’importance de discerner les bons et mauvais éléments dans le monde, afin de mieux comprendre la réalité du royaume de Dieu.
La parabole du bon grain et de l’ivraie expliquée

1 – La parabole du bon grain et de l’ivraie : Une réflexion sur l’hypocrisie et la vraie appartenance
La parabole de l’ivraie qui figure uniquement dans l’Évangile de Matthieu, invite à réfléchir non seulement sur la question de l’appartenance à l’Église, mais aussi sur le danger de l’hypocrisie et de la tromperie. Le message essentiel ici n’est pas de minimiser l’importance de l’adhésion à la communauté chrétienne, mais de reconnaître que ceux qui appartiennent à Dieu ne sont pleinement connus que de Lui. L’appartenance à la véritable Église de Jésus-Christ n’est pas visible aux yeux des hommes. Ce principe se rapproche de l’affirmation de
2 Timothée 2:19
19 Néanmoins, le solide fondement de Dieu reste debout, avec ces paroles qui lui servent de sceau: Le Seigneur connaît ceux qui lui appartiennent; et: Quiconque prononce le nom du Seigneur, qu’il s’éloigne de l’iniquité.
Cela étend à l’Église ce que Paul disait concernant Israël, à savoir que tous ceux qui descendent d’Israël, ne sont pas tous véritablement Israël, mais que seuls les enfants de la promesse en font partie (Romains 9:6-8). Cette parabole met aussi en garde contre la tentation de semer dans la chair, en récoltant de la corruption (Galates 6:7; Romains 8:12-13). Paul lui-même a reconnu la nécessité de la discipline spirituelle pour ne pas être rejeté (1 Corinthiens 9:27; Philippiens 2:12-13).
Enfin, la possibilité pour les membres de l’Église de se détourner, est un thème récurrent dans l’épître aux Hébreux, et elle est également suggérée dans les paraboles de l’ivraie (Matthieu 13:24-43) et des brebis et des boucs (Matthieu 25:31-46). Les avertissements qui en découlent, rappellent à chacun que la vigilance est essentielle.
2- À qui s’adresse Jésus ?
Dans cette parabole, Jésus s’adresse à ses disciples, mais aussi aux foules qui l’entourent. Il leur révèle une vérité importante concernant le royaume des cieux. Pour ce faire, Il utilise des images agricoles simples et accessibles à tous pour illustrer la coexistence du bien et du mal dans ce monde. Tout en soulignant que ce monde n’est pas exempt de difficultés, Il enseigne que le jugement final viendra au moment opportun. Son message ne se limite pas aux croyants, mais s’adresse aussi à ceux qui n’ont pas encore accepté l’Évangile. Jésus appelle chacun à une introspection spirituelle, et à vivre selon les principes du royaume de Dieu. Le mal existe ici-bas, mais il n’aura pas le dernier mot. Le jugement final, tel qu’expliqué dans la parabole, rappelle que Dieu, dans Sa souveraineté, jugera en distinguant le bon grain et l’ivraie.
3- Le contexte :
La parabole se trouve en Matthieu 13 dans laquelle Jésus répond à des questions sur le royaume des cieux. Avant cette parabole, Jésus a enseigné celle du semeur (Matthieu 13:1-23), qui met en évidence les différentes manières dont les gens reçoivent la parole de Dieu. La parabole du bon grain et de l’ivraie introduit une autre dimension, celle de la coexistence des bons et des mauvais éléments dans le royaume. Elle illustre comment jusqu’au jour du jugement, le mal et le bien peuvent sembler se mélanger. Jésus explique que la séparation des bons et des mauvais ne se fera qu’à la fin des temps. Dans cette parabole, contrairement à celle du semeur, il est question de deux semeurs et deux semences différentes. Le mal est semé intentionnellement par l’ennemi. Le champ représente le monde, et Satan, l’ennemi, cherche à semer l’ivraie parmi le bon grain.
Comment faire pour reconnaître le bon grain de l’ivraie ?
Matthieu 7:16 ;20
16 Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Cueille-t-on des raisins sur des épines, ou des figues sur des chardons?
20 C’est donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez.
Ces deux versets s’appliquent parfaitement à cette parabole, où la distinction ne peut être faite que lorsque les fruits apparaissent. Nous recevons l’avertissement qu’il est impossible d’identifier l’un de l’autre tant que la plante n’a pas poussé. Une personne faisant partie d’une assemblée, peut ne pas porter de fruits pendant un certain temps, mais se révéler plus tard être du bon grain, c’est à dire un croyant authentique.
4 – La parabole du bon grain et l’ivraie
Matthieu 13:24-30
24 Il leur proposa une autre parabole, et il dit: Le royaume des cieux est semblable à un homme qui a semé une bonne semence dans son champ.
25 Mais, pendant que les gens dormaient, son ennemi vint, sema de l’ivraie parmi le blé, et s’en alla.
26 Lorsque l’herbe eut poussé et donné du fruit, l’ivraie parut aussi.
27 Les serviteurs du maître de la maison vinrent lui dire: Seigneur, n’as-tu pas semé une bonne semence dans ton champ? D’où vient donc qu’il y a de l’ivraie?
28 Il leur répondit: C’est un ennemi qui a fait cela. Et les serviteurs lui dirent: Veux-tu que nous allions l’arracher?
29 Non, dit-il, de peur qu’en arrachant l’ivraie, vous ne déraciniez en même temps le blé.
30 Laissez croître ensemble l’un et l’autre jusqu’à la moisson, et, à l’époque de la moisson, je dirai aux moissonneurs: Arrachez d’abord l’ivraie, et liez-la en gerbes pour la brûler, mais amassez le blé dans mon grenier.
Et voici l’Explication de la parabole donnée par Jésus
36 Alors il renvoya la foule, et entra dans la maison. Ses disciples s’approchèrent de lui, et dirent: Explique-nous la parabole de l’ivraie du champ.
37 Il répondit: Celui qui sème la bonne semence, c’est le Fils de l’homme;
38 le champ, c’est le monde; la bonne semence, ce sont les fils du royaume; l’ivraie, ce sont les fils du malin;
39 l’ennemi qui l’a semée, c’est le diable; la moisson, c’est la fin du monde; les moissonneurs, ce sont les anges.
40 Or, comme on arrache l’ivraie et qu’on la jette au feu, il en sera de même à la fin du monde.
41 Le Fils de l’homme enverra ses anges, qui arracheront de son royaume tous les scandales et ceux qui commettent l’iniquité:
42 et ils les jetteront dans la fournaise ardente, où il y aura des pleurs et des grincements de dents.
43 Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.
5- Explication de la parabole
La parabole du bon grain et de l’ivraie révèle que, dans ce monde, le mal et le bien coexistent. Ce n’est qu’à la fin des temps, lors du jugement, que Dieu séparera les deux. Le « bon grain » symbolise les enfants du royaume de Dieu, ceux qui suivent ses préceptes, qui sont des disciples de Jésus, et qui tendent à porter le fruit de l’Esprit de Galates 5:22, c’est à dire « l’amour, la paix, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur et la tempérance ». L' »ivraie », quant à elle, représente des personnes non chrétiennes ou des personnes qui ont l’air d’être chrétiennes mais qui en réalité, ne sont pas des disciples de Jésus qui vivent dans le péché, en déviant des enseignements divins. Les serviteurs demandent s’ils doivent arracher l’ivraie, mais le maître de la moisson, Dieu, leur dit de laisser croître ensemble les deux jusqu’à la récolte parce que dans un champ, les racines du blé et de l’ivraie sont entremêlées . Ceci montre la patience et la sagesse de Dieu. Parfois, Il permet que le mal persiste, mais un jugement final est prévu. Ce jugement surviendra lors de la moisson, quand les justes seront séparés des impies, des faux chrétiens.
L’ expression le « fils de l’homme » est Jésus, un titre tiré de:
Daniel 7:13-14
13 Je regardai pendant mes visions nocturnes, et voici, sur les nuées des cieux arriva quelqu’un de semblable à un fils de l’homme; il s’avança vers l’ancien des jours, et on le fit approcher de lui.
14 On lui donna la domination, la gloire et le règne; et tous les peuples, les nations, et les hommes de toutes langues le servirent. Sa domination est une domination éternelle qui ne passera point, et son règne ne sera jamais détruit.
Ce titre souligne son pouvoir divin. Jésus n’est pas seulement le Messie, mais le Sauveur du monde, comme le déclare:
Jean 4:42
42 et ils disaient à la femme: Ce n’est plus à cause de ce que tu as dit que nous croyons; car nous l’avons entendu nous-mêmes, et nous savons qu’il est vraiment le Sauveur du monde.
Il est celui qui a la domination éternelle et qui reviendra pour juger. Ses disciples, appelés à être « les fils du royaume », doivent discerner la vérité de l’erreur, contrairement aux « fils du malin ». Dans l’assemblée, il est important de ne pas juger prématurément. Les chrétiens, jeunes ou anciens, connaissent des degrés différents de maturité spirituelle. L’Évangile enseigne la patience, car le jugement n’interviendra qu’à la fin des temps.
Dans cette idée, il y a le concept de la sanctification qui est différent d’un chrétien à un autre. Ce sera à la fin de la vie que le jugement se fera, avec cet avertissement que l’ivraie sera brulée à la fin du monde. Ce sera le sort réservé à tous ceux qui ne sont pas réellement chrétiens.
L’apôtre Pierre a donné l’avertissement en:
2 Pierre 2:1-2
1 Il y a eu parmi le peuple de faux prophètes, et il y aura de même parmi vous de faux docteurs, qui introduiront des sectes pernicieuses, et qui, reniant le maître qui les a rachetés, attireront sur eux une ruine soudaine.
2 Plusieurs les suivront dans leurs dissolutions, et la voie de la vérité sera calomniée à cause d’eux.
Il y a de faux chrétiens, comme il y a de faux serviteurs, les premiers suivant les seconds dans leurs enseignements.
1 Jean 2:19
19 Ils sont sortis du milieu de nous, mais ils n’étaient pas des nôtres; car s’ils avaient été des nôtres, ils seraient demeurés avec nous, mais cela est arrivé afin qu’il fût manifeste que tous ne sont pas des nôtres.
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Les leçons à mettre en pratique
Cette parabole enseigne plusieurs leçons pratiques. La première est que chacun doit veiller sur lui-même et sur ce qu’il reçoit comme enseignement. Il doit en effet discerner le vrai du faux et porter du fruit. D’autre part :
Matthieu 18:15-18
15 Si ton frère a péché, va et reprends-le entre toi et lui seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère.
16 Mais, s’il ne t’écoute pas, prends avec toi une ou deux personnes, afin que toute l’affaire se règle sur la déclaration de deux ou de trois témoins.
17 S’il refuse de les écouter, dis-le à l’Église ; et s’il refuse aussi d’écouter l’Église, qu’il soit pour toi comme un païen et un publicain.
18 Je vous le dis en vérité, tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel.
Ce passage enseigne également comment reprendre une personne pécheresse pour la ramener à la vérité. Parfois, dans les études bibliques, des fausses doctrines peuvent être introduites par des personnes mal informées ou influencées par de mauvaises intentions. Cela correspond à l’image des deux semeurs et des deux semences. Nous devons être vigilants, car, consciemment ou non, certains peuvent semer de l’ivraie, compromettant ainsi la pureté de l’enseignement chrétien. La question est : de quel esprit sommes-nous animés ?
La parabole du semeur, quant à elle, parle d’un seul semeur et d’une seule semence. Ce sont les différents types de terrain qui produisent des résultats variés. Dans celle du bon grain et de l’ivraie, nous voyons deux semeurs et deux types de semence différents. C’est la nature de la semence qui va faire la différence dans le résultat.
6- La leçon à retenir
La leçon principale de cette parabole, est que le mal ne sera pas éternellement toléré dans le royaume de Dieu. Bien que le mal puisse prospérer et paraître triompher sur terre, Dieu séparera le bien du mal au moment voulu. Aussi, les croyants doivent persévérer dans la foi et ne pas se laisser décourager par les injustices présentes. Même si le mal existe, il est cependant limité par la souveraineté de Dieu. Ainsi, cette parabole enseigne à ne pas juger hâtivement, mais à attendre le tri final que Dieu effectuera lors de son retour.
7- Son application personnelle
Cette parabole invite chacun à examiner son propre cœur. Sommes-nous le bon grain, porteurs de fruits spirituels, ou laissons-nous l’ivraie du péché croître en nous ? Elle nous exhorte aussi à être patients et persévérants, sachant que Dieu jugera tout en temps voulu. Bien qu’il existe des injustices et des épreuves dans ce monde, Dieu régnera souverainement à la fin des temps. En attendant ce jugement final, concentrons-nous sur la vie selon les principes du royaume de Dieu, tout en laissant Dieu gérer les injustices qui nous entourent. La séparation du bon grain et de l’ivraie nous rappelle que nous devons cultiver une vie de sainteté, sans nous laisser envahir par le mal qui nous entoure.
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