La parabole de la main à la charrue de Luc 9:51-62 est un enseignement crucial de Jésus sur l’engagement à servir Dieu. Jésus demande à ses disciples d’ignorer les distractions mondaines et de se consacrer pleinement à l’appel divin. Cette étude examine les symboles et les leçons de cette parabole.
La parabole de la main à la charrue

Sommaire
1 – L’enseignement
2 – A qui s’adresse Jésus ?
3 – Le contexte :
4 – Explication de la parabole
5 – La leçon à retenir
6 – Son application personnelle
Cette parabole est en quelque sorte un avertissement pour toute personne qui veut suivre Jésus, de calculer à la dépense (Luc 14:28) avant de s’engager.
1 – L’enseignement – Luc 9:51-62
51 Lorsque le temps où il devait être enlevé du monde approcha, Jésus prit la résolution de se rendre à Jérusalem.
52 Il envoya devant lui des messagers, qui se mirent en route et entrèrent dans un bourg des Samaritains, pour lui préparer un logement.
53 Mais on ne le reçut pas, parce qu’il se dirigeait sur Jérusalem.
54 Les disciples Jacques et Jean, voyant cela, dirent: Seigneur, veux-tu que nous commandions que le feu descende du ciel et les consume?
55 Jésus se tourna vers eux, et les réprimanda, disant: Vous ne savez de quel esprit vous êtes animés.
56 Car le Fils de l’homme est venu, non pour perdre les âmes des hommes, mais pour les sauver. Et ils allèrent dans un autre bourg.
L’épreuve de la consécration des disciples
57 Pendant qu’ils étaient en chemin, un homme lui dit: Seigneur, je te suivrai partout où tu iras.
58 Jésus lui répondit: Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des nids: mais le Fils de l’homme n’a pas un lieu où il puisse reposer sa tête.
59 Il dit à un autre: Suis-moi. Et il répondit: Seigneur, permets-moi d’aller d’abord ensevelir mon père.
60 Mais Jésus lui dit: Laisse les morts ensevelir leurs morts; et toi, va annoncer le royaume de Dieu.
61 Un autre dit: Je te suivrai, Seigneur, mais permets-moi d’aller d’abord prendre congé de ceux de ma maison.
62 Jésus lui répondit: Quiconque met la main à la charrue, et regarde en arrière, n’est pas propre au royaume de Dieu.
Pour comprendre tout le sens de la parabole, il faut comprendre ce qu’implique la résolution de Jésus d’aller à Jérusalem dite au verset 51 et les conséquences à venir pour Jésus.
Luc 9:51
51 Lorsque le temps où il devait être enlevé du monde approcha, Jésus prit la résolution de se rendre à Jérusalem.
Si nous ne prenons pas en compte ce verset pour expliquer la parabole de la main à la charrue, nous passerons à côté de l’essentiel de l’explication de celle-ci, car Jésus nous montre l’exemple.
Jésus réalise que son temps est presque écoulé. Il se prépare à accomplir sa mission, celle pour laquelle il est venu sur terre, en allant à Jérusalem où l’attend la crucifixion. Sa détermination reste ferme, concentrée sur sa mission. Il sait ce qui l’attend, il l’a annoncé précédemment.
Luc 9:22
22 Il ajouta qu’il fallait que le Fils de l’homme souffrît beaucoup, qu’il fût rejeté par les anciens, par les principaux sacrificateurs et par les scribes, qu’il fût mis à mort, et qu’il ressuscitât le troisième jour.
Puis il ajoute
Luc 9:23-24
23 Puis il dit à tous: Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge chaque jour de sa croix, et qu’il me suive.
24 Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui la perdra à cause de moi la sauvera.
2- A qui s’adresse Jésus ?
Dans Luc 9:51-62, Jésus s’adresse directement à ses disciples et aux personnes qui souhaitent le suivre. Jésus veut clarifier les exigences que l’on attend d’un véritable disciple. Ceux qui souhaitent le suivre doivent comprendre que l’engagement envers lui ne doit pas être motivé par un désir d’un moment ou conditionné par des distractions. La parabole parle non seulement des personnes de son époque mais aussi de nous aujourd’hui, car elle soulève la question fondamentale de la priorité que nous accordons à notre foi.
C’est en quelque sorte un avertissement pour toute personne qui veut suivre Jésus de calculer à la dépense (Luc 14:28) avant de s’engager.
3- Le contexte :
Le contexte de cette parabole se situe dans les derniers jours de Jésus en Galilée. C’est un moment charnière du ministère de Jésus, alors qu’il se dirige vers Jérusalem pour accomplir sa mission. Quand au verset 62 il est question de la main à la charrue. Il faut garder en mémoire le verset 51 pour comprendre la pensée de Jésus !
Luc 9:51
51 Lorsque le temps où il devait être enlevé du monde approcha, Jésus prit la résolution de se rendre à Jérusalem.
Luc rapporte que Jésus se dirige vers Jérusalem, un lieu symbolique de sa souffrance à venir. La tension monte autour de Jésus, qui annonce son sacrifice et exige une entière soumission. Au moment où il parle de la charrue, Jésus met en évidence l’importance de suivre un appel radical à la mission divine, sans regarder en arrière ni s’encombrer de préoccupations humaines.
Ce passage met en lumière les obstacles que chaque croyant peut rencontrer lorsqu’il répond à l’appel divin. Jésus nous explique qu’être chrétien demande des sacrifices et un engagement total.
4- Explication de la parabole
Dans Luc 9:62, Jésus utilise l’image de la personne qui met la main à la charrue et regarde en arrière pour enseigner qu’un disciple véritable doit être pleinement engagé dans la mission. La charrue symbolise le travail de Dieu, et la main représente l’engagement personnel du croyant. Ceux qui, tout en suivant Jésus, retournent à leur vie d’antan ou cherchent à retrouver leurs anciennes priorités ne sont pas prêts pour le royaume de Dieu. La parabole met donc l’accent sur l’importance de l’unité de cœur, de l’orientation vers Dieu et du renoncement aux distractions.
Pour comprendre cette parabole dans ses moindres détails, il faut relire plusieurs passages de ce chapitre 9. Un grand nombre d’éléments sont donnés pour comprendre la pensée de Jésus quand il parle de mettre la main à la charrue.
les détails du chapitre à prendre en compte
- Jésus envoie les disciples en mission. ( aux versets 1-2)
- Jésus nourrit une foule de cinq mille hommes. (aux versets 12-17)
- Jésus annonce sa mort, (sa vraie mission) (aux verset 22 et 44-45)
- Le prix de la consécration (aux versets 23-26)
- La guérison d’un enfant (aux versets 38-43)
- Les disciples s’interrogent à savoir qui est le plus grand. (aux versets 46-48)
L’image du laboureur
Un ouvrier agricole qui veut labourer une terre avec une charrue, réfléchit d’abord pour savoir comment il va procéder. Il se place au début du premier sillon à faire, et là toute son attention est tournée vers le sillon à tracer pour qu’il soit le plus droit possible. Cela veut dire que toute son attention est portée sur son travail. Il dirige les animaux qui tirent la charrue. Il fait attention au soc de la charrue pour qu’il soit correctement orienté, ni trop profond, ni trop en surface. En conséquence, il ne peut pas se permettre d’être distrait.
Ainsi, une fois qu’il a pris la charrue, l’ouvrier ne doit pas se retourner car le sillon ne serait plus droit. Le choix de cette parabole n’est pas anodin. Dans la parabole des deux constructeurs Jésus invite le disciple à bâtir sa vie de foi sur lui (sur la Bible). Celui qui veut bâtir une tour calcule à la dépense avant de la construire. C’est-à-dire qu’il doit réfléchir avant de s’engager. Ici dans cette parabole, Jésus utilise cette image pour souligner la nécessité d’un engagement sans faille, sans retour. Le travail nécessite d’aller jusqu’au bout de la mission. En d’autres termes, toute personne qui s’engage à suivre Jésus ne doit pas être distraite par son passé ou par des priorités superficielles. La main à la charrue symbolise l’engagement continu, inébranlable et sans hésitation, vers le royaume de Dieu.
La détermination des mages et leur obéissance à l’Esprit
Nous avons un exemple de détermination en les personnes des mages d’orient qui sont venus jusqu’à Jérusalem pour voir l’enfant Jésus et qui ont poursuivi leur chemin jusqu’à Bethléhem. En Matthieu 2, les mages d’orient poussés par le Saint-Esprit (l’étoile) ont consacré du temps, parcouru de longues distances pour se prosterner et adorer Jésus. Puis, en Matthieu 2:12, les mages suivent la direction du Saint-Esprit : « divinement avertis en songe »
Pour comprendre cette parabole dans le moindre détail, il faut se rappeler un certain nombre de versets comme il a été dit précédemment. Il est premièrement question d’envoi en mission. Jésus envoie ses douze disciples en mission avec le pouvoir sur les démons et la capacité de guérison pour prêcher le royaume de Dieu. Il exige des disciples une détermination sans faille. La parabole enseigne que le disciple ne doit pas regarder en arrière. Son passé et son entourage ne doivent pas entraver sa marche chrétienne. Un vrai disciple met sa relation avec Christ au-dessus de toutes autres relations, à l’inverse de ce qui est illustré par la réaction des trois postulants.
Le premier candidat – Verset 57
‘’Seigneur, je te suivrai partout où tu iras’’
Quelle est sa motivation ? Elle est charnelle. Il faut revenir au début du chapitre. Cet homme a vu les disciples chasser des démons et guérir des malades. Il a aussi assisté à l’épisode de Jésus nourrissant une grande foule avec peu de ressources. Son désir de rejoindre les disciples semble motivé par l’envie de posséder cette puissance. Mais il ne perçoit que ce qui lui paraît être le côté favorable des choses. Jésus lui rappelle qu’il y a un prix à payer. Est-il prêt à payer ce prix, celui du renoncement au bien être ?
Jésus lui présente une vie de renoncement.
Luc 9:58
58 Jésus lui répondit: Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des nids: mais le Fils de l’homme n’a pas un lieu où il puisse reposer sa tête.
Car autant Jésus attire les foules, autant il est rejeté. La Judée le rejette (Jean 5:18), la Galilée le renvoie (Jean 6:66), la région de Gadara le supplie de partir (Matthieu 8:34), et la Samarie refuse de l’accueillir (Luc 9:53).
Bien que sa réaction ne soit pas mentionnée, il est clair que son ardeur à suivre Jésus a faibli.
Le deuxième candidat – verset 59
Seigneur, permets-moi d’aller d’abord ensevelir mon père.
Lorsque ce candidat à la suite de Jésus déclare : « Permets-moi d’aller d’abord ensevelir mon père », sa requête peut sembler raisonnable. Cependant, dans le contexte culturel de l’époque, cette expression était un idiome. Elle signifiait rester auprès des parents pour s’occuper d’eux jusqu’à leur mort, ce qui pouvait durer des années. C’était une obligation sociale bien ancrée (cf. 1 Rois 19:20).
Quelle priorité?
Ce candidat n’était donc pas prêt à un engagement total et immédiat. La véritable question soulevée ici est celle des priorités. Même le devoir familial, aussi sacré soit-il, ne peut passer avant l’appel de Jésus. La priorité absolue doit être donnée au Royaume de Dieu.
L’erreur de cet homme réside dans sa tendance à différer. Le mot clé qui trahit son cœur est : « d’abord ». Il cherche une bonne excuse pour repousser son obéissance. En remettant sans cesse à plus tard son engagement, il risque de ne jamais entrer pleinement dans la mission à laquelle il est appelé.
Pourtant l’ordre de mission est donné par Jésus :
Luc 9:60
60 Mais Jésus lui dit: Laisse les morts ensevelir leurs morts; et toi, va annoncer le royaume de Dieu.
Le troisième candidat – verset 61
Je te suivrai, Seigneur, mais permets-moi d’aller d’abord prendre congé de ceux de ma maison.
Dans le deuxième cas, ce sont les priorités personnelles du candidat qui le retiennent, et non son père. Ici, Jésus expose un autre obstacle majeur : la pression de l’entourage qu’elle soit familiale ou amicale, que ce soit la mère, le père, ou même, dans d’autres cas, le conjoint. Tous peuvent constituer un frein à la décision de suivre Jésus. Suivre Jésus est une décision personnelle. Le frein à l’engagement peut aussi venir d’amis avec qui l’on entretient des liens étroits.
Suivre Jésus ne nous rendra pas populaires, bien au contraire. C’est une séparation d’avec le monde d’avant. Comme Jésus, nous serons rejetés. Il est crucial d’en être conscient dès le départ. Suivre Jésus, c’est quitter une famille charnelle pour rejoindre une famille spirituelle.
Dans d’autres passages des Évangiles, nous constatons que même les disciples les plus proches de Jésus n’étaient pas exempts de pensées charnelles. Par exemple, au verset 46 de ce même chapitre, ils se demandent : « Qui est le plus grand ? »
5- La leçon pour nous à retenir et son application personnelle
En Luc 9:51
51 Lorsque le temps où il devait être enlevé du monde approcha, Jésus prit la résolution de se rendre à Jérusalem.
La détermination de Jésus-Christ contraste singulièrement avec le manque de détermination des trois candidats disciples. Jésus est notre modèle à suivre.
La leçon centrale de cette parabole est l’appel à une totale concentration sur la mission divine. Suivre Jésus implique de faire des sacrifices et de se détourner des distractions qui nous empêchent d’avancer dans notre foi. Cela nous rappelle aussi que le chemin du disciple n’est pas facile et qu’il faut persévérer sans hésitation. La parabole incite à vivre selon une nouvelle orientation, celle du royaume de Dieu, en abandonnant les préoccupations de ce monde. L’application personnelle de cette parabole est cruciale pour chaque chrétien.
Mesurer le coût de l’engagement
Elle nous invite à évaluer si nous sommes réellement engagés à suivre Jésus ou si nous permettons aux préoccupations mondaines de nous détourner de notre mission spirituelle. L’exigence de ne pas regarder en arrière est un appel à la fidélité et à la constance. Si nous mettons la main à la charrue de la foi, nous devons avancer sans retour en arrière. Cela implique un pardon constant et la volonté de renoncer à notre volonté propre pour rechercher celle de Dieu.
Le verset 62 est comme une conclusion de l’ensemble du chapitre.
Mettre la main à la charrue est en peu de mots une leçon à retenir pour qui veut suivre Jésus.
Cette parabole est étroitement lié avec les versets suivants :
Elle n’est pas le seul avertissement de la Bible sur l’engagement du disciple.
- Luc 14:27 – « Quiconque ne porte pas sa croix pour me suivre ne peut être mon disciple. »
- Philippiens 3:13-14 – « Oubliant ce qui est en arrière et me portant vers ce qui est en avant, je cours vers le but, pour remporter le prix de la vocation céleste de Dieu en Jésus-Christ. »
- Hébreux 12:1-2 – « Nous aussi, rejetons tout fardeau, et le péché qui nous enveloppe si facilement, et courons avec persévérance dans la carrière qui nous est ouverte, les yeux fixés sur Jésus. »
- Luc 9:23 – « Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce lui-même, qu’il prenne chaque jour sa croix, et qu’il me suive. »
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