Hébreux chapitre 5 souligne le rôle de Jésus en tant que Grand Prêtre selon l’ordre de Melchisédek. Le texte encourage aussi les croyants à progresser dans la maturité spirituelle, en abandonnant les enseignements de base pour aller vers la perfection.
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– Hébreux chapitre 5 – Étude biblique

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S’adressant à des Hébreux, l’auteur de l’épître continue à démontrer la supériorité de Christ dans sa fonction de grand souverain sacrificateur. Il le fait en établissant des similitudes et des contrastes avec Aaron, le premier et le plus grand des sacrificateurs de l’ancienne alliance, qui avait été oint pour offrir les sacrifices à Dieu au nom du peuple. Alors qu’Aaron et ses successeurs exerçaient un sacerdoce limité dans le temps et dans l’espace, Christ, en tant que souverain sacrificateur éternel, a offert un sacrifice unique et parfait, non pas d’animaux, mais de sa propre vie. Son sacrifice transcende et accomplit ainsi pleinement les exigences de la loi. Aaron, quant à lui, intercédait au moyen de rituels terrestres. Christ a quant à lui traversé les cieux et siège à la droite de Dieu, assurant une réconciliation définitive entre Dieu et les hommes qui le reconnaitraient comme leur Sauveur et Seigneur.
1 – Le sacerdoce de Christ
À partir du chapitre 5 jusqu’au verset 18 du chapitre 10, l’épître développe le thème central du sacerdoce de Jésus-Christ, en insistant sur sa prééminence et sa perfection. Ce sacerdoce a déjà été évoqué dans les chapitres précédents (2:9, 11, 17 ; 3:1 ; 4:14-16). Le chapitre 6 qui sert de transition, mène à une discussion approfondie dès le chapitre 7 sur la supériorité du sacerdoce de Christ par rapport à l’ordre lévitique. Cela introduit aussi la nouvelle alliance à partir de Hébreux 8:6. Nous devons maintenant porter le regard sur notre grand souverain sacrificateur, Jésus-Christ, qui a traversé les cieux.
Un ministère accompli par un homme pour les hommes
Hébreux 4:14
14 Ainsi, puisque nous avons un grand souverain sacrificateur qui a traversé les cieux, Jésus, le Fils de Dieu, demeurons fermes dans la foi que nous professons.
Le ministère du grand prêtre était accompli par un homme en faveur des hommes. Un souverain sacrificateur légitime devait être appelé par Dieu. Cela était vrai pour le sacerdoce aaronique (Hébreux 5:1-4) et l’est encore plus pour celui de Christ (Hébreux 5:5-10). Contrairement aux prêtres terrestres, Jésus-Christ exerce un sacerdoce céleste, éternel et parfait. Il a offert un sacrifice unique, suffisant pour le salut. Sa traversée des cieux souligne la portée transcendante et éternelle de son œuvre.
2 – Les qualifications pour le souverain sacrificateur sous l’ancienne alliance
Hébreux 5:1-3
1 En effet, tout souverain sacrificateur pris du milieu des hommes est établi pour les hommes dans le service de Dieu, afin de présenter des offrandes et des sacrifices pour les péchés.
2 Il peut être indulgent pour les ignorants et les égarés, puisque la faiblesse est aussi son partage.
3 Et c’est à cause de cette faiblesse qu’il doit offrir des sacrifices pour ses propres péchés, comme pour ceux du peuple.
Dans ces versets, l’auteur présente les qualifications pour le souverain sacrificateur sous l’ancienne alliance. Premièrement, il doit être choisi parmi les hommes, partageant leur humanité et leurs faiblesses. En tant qu’homme, il comprend les faiblesses des autres et peut être indulgent envers eux. Jésus, lui aussi, a partagé la chair et le sang pour accomplir ce rôle pleinement.
Hébreux 2:14-16
14 Ainsi donc, puisque les enfants participent au sang et à la chair, il y a également participé lui-même, afin que, par la mort, il anéantît celui qui a la puissance de la mort, c’est à dire le diable,
15 et qu’il délivrât tous ceux qui, par crainte de la mort, étaient toute leur vie, retenus dans la servitude.
16 Car assurément ce n’est pas à des anges qu’il vient en aide, mais c’est à la postérité d’Abraham.
Un intermédiaire entre Dieu et les hommes
Le sacrificateur servait Dieu au nom des hommes, jouant un rôle d’intermédiaire. Il offrait des sacrifices et des offrandes pour expier les péchés du peuple. Ainsi, il formait le lien entre les hommes pécheurs et le Dieu saint. Sous l’ancienne alliance, le souverain sacrificateur devait d’abord offrir un sacrifice pour ses propres péchés avant de pouvoir présenter les sacrifices pour le peuple, comme cela est montré dans le rituel du Yom Kippour (Lévitique 16:6, 11). Ce rituel souligne la faiblesse du prêtre humain, qui devait être purifié avant d’approcher Dieu.
Christ, le souverain sacrificateur parfait
Le contraste avec Jésus est frappant. Bien qu’il ait partagé notre humanité, il était sans péché et n’avait pas besoin d’offrir de sacrifice pour lui-même. Jésus était le souverain sacrificateur parfait, capable d’offrir un sacrifice unique et parfait pour les péchés du monde. Il était à la fois homme et sans péché.
3 – L’appel divin au sacerdoce de Christ
Hébreux 5:4-6
4 Nul ne s’attribue cette dignité, s’il n’est appelé de Dieu, comme le fut Aaron.
5 Et Christ ne s’est pas non plus attribué la gloire de devenir souverain sacrificateur, mais il la tient de celui qui lui a dit : Tu es mon Fils, Je t’ai engendré aujourd’hui !
6 Comme il dit encore ailleurs : Tu es sacrificateur pour toujours, Selon l’ordre de Melchisédek.
La charge de souverain sacrificateur ne peut être assumée par volonté personnelle ou ambition humaine. C’est une vocation divine, un appel direct de Dieu, comme ce fut le cas pour Aaron. De la même manière, Jésus-Christ n’a pas pris pour lui-même la gloire de devenir souverain sacrificateur. Dieu, son Père, l’a appelé à cette fonction. La citation du Psaume 2:7 montre que Dieu a déclaré Jésus comme son Fils :
Psaume 2:7
7 Je publierai le décret; L’Éternel m’a dit: Tu es mon fils! Je t’ai engendré aujourd’hui.
Un sacerdoce éternel selon l’ordre de Melchisédek
Le verset 6 renforce cette idée en citant le Psaume 110:4 : « Tu es sacrificateur pour toujours, selon l’ordre de Melchisédek. » Jésus n’est pas un sacrificateur temporaire. Il est souverain sacrificateur pour toujours, marquant ainsi la continuité et l’importance de son ministère céleste, bien au-delà de l’ordre selon Aaron.
4 – l’humanité de Jésus
Hébreux 5:7-10
7 C’est lui qui, dans les jours de sa chair, ayant présenté avec de grands cris et avec larmes des prières et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort, et ayant été exaucé à cause de sa piété,
8 a appris, bien qu’il fût Fils, l’obéissance par les choses qu’il a souffertes,
9 et qui, après avoir été élevé à la perfection, est devenu pour tous ceux qui lui obéissent l’auteur d’un salut éternel,
10 Dieu l’ayant souverain sacrificateur selon l’ordre de Melchisédek.
Hébreux 5:7-10 décrit l’humanité de Jésus, notamment avec l’expression « dans les jours de sa chair ». Ceci désigne son incarnation, lorsqu’il partageait notre condition humaine. Il a vécu comme nous, avec des faiblesses et des passions, comme le souligne :
Romains 7:5
5 Car, lorsque nous étions dans la chair, les passions des péchés provoquées par la loi agissaient dans nos membres, de sorte que nous portions des fruits pour la mort.
Ce verset illustre que la chair est le siège des passions pécheresses. Galates 5:13, 19 donne aussi des instructions claires pour ne pas vivre selon la chair, malgré la liberté chrétienne.
Galates 5:13, 19
13 Frères, vous avez été appelés à la liberté, seulement ne faites pas de cette liberté un prétexte de vivre selon la chair; mais rendez-vous, par l’amour, serviteurs les uns des autres.
19 Or, les œuvres de la chair sont manifestes, ce sont l’impudicité, l’impureté, la dissolution,
Cela exhorte à ne pas utiliser la liberté chrétienne pour vivre selon la chair.
Dans Hébreux 5:7, Jésus exprime son humanité par ses prières, ses cris et ses larmes dans le jardin de Gethsémané. Luc 22:42-44 relate cette scène douloureuse
Luc 22:42-44
42 disant: Père, si tu voulais éloigner de moi cette coupe! Toutefois, que ma volonté ne se fasse pas, mais la tienne.
43 Alors un ange lui apparut du ciel, pour le fortifier.
44 Étant en agonie, il priait plus instamment, et sa sueur devint comme des grumeaux de sang, qui tombaient à terre.
Jésus, dans une profonde humanité, prie plus intensément jusqu’à ce que sa sueur devienne comme des gouttes de sang. Cette prière montre à la fois sa nature humaine et sa soumission totale à la volonté de Dieu.
Hébreux 5:8 introduit le paradoxe suivant : Jésus, bien qu’étant Fils, a appris l’obéissance par la souffrance. Cela ne signifie pas qu’il manquait d’obéissance, mais qu’il a expérimenté l’obéissance dans toute son ampleur, même au prix de la souffrance. Philippiens 2:7-8 décrit bien cette soumission :
Philippiens 2:7-8
7 mais s’est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes; et ayant paru comme un simple homme,
8 il s’est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix.
Il s’est humilié, devenant obéissant jusqu’à la mort, même la mort de la croix.
Hébreux 5:9 affirme que Jésus, après avoir été « élevé à la perfection », est devenu l’auteur d’un salut éternel pour tous ceux qui lui obéissent. Ici, la perfection désigne l’accomplissement complet de sa mission. Jésus n’avait pas de défauts à corriger, mais il a achevé son rôle de rédempteur par l’obéissance et la souffrance. Sa mission se résume ainsi : « pas d’épreuves, pas de preuves ».
Luc 19:10 éclaire la raison de la venue de Jésus :
Luc 19:10
10 Car le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu.
La perfection de Jésus inclut non seulement sa mission terrestre, mais aussi son rôle éternel. Contrairement aux sacrifices de l’Ancienne Alliance, qui étaient temporaires, le sacrifice de Jésus est définitif. Il est à la fois le souverain sacrificateur et le sacrifice parfait.
Hébreux 5:10 confirme que Jésus est « souverain sacrificateur selon l’ordre de Melchisédek », un concept développé dans les chapitres suivants. Avant d’expliquer cela en détail, l’auteur adresse un avertissement à ses lecteurs concernant leur stagnation spirituelle.
5 – Avertissements et reproches pour l’immaturité spirituelle
Hébreux 5:11-14
11 Nous avons beaucoup à dire là-dessus, et des choses difficiles à expliquer, parce que vous êtes devenus lents à comprendre.
12 Vous, en effet, qui depuis longtemps devriez être des maîtres, vous avez encore besoin qu’on vous enseigne les premiers rudiments des oracles de Dieu, vous en êtes venus à avoir besoin de lait et non d’une nourriture solide.
13 Or, quiconque en est au lait n’a pas l’expérience de la parole de justice ; car il est un enfant.
14 Mais la nourriture solide est pour les hommes faits, pour ceux dont le jugement est exercé par l’usage à discerner ce qui est bien et ce qui est mal.
Hébreux 5:11 commence par un avertissement. L’auteur souligne que le sujet à venir est complexe, mais que les destinataires de sa lettre, sont devenus lents à comprendre. Le terme grec « nothros », traduit ici par « lents », peut aussi signifier « nonchalants » ou « indolents ». Cela révèle leur affaiblissement spirituel dû à un manque de diligence. Ils sont en effet responsables de leur propre stagnation.
Au verset 12, le reproche est direct : « Vous devriez être des maîtres. » Après un long apprentissage, ils auraient dû atteindre la maturité nécessaire pour enseigner. Pourtant, ils avaient encore besoin des bases, des premiers rudiments des oracles de Dieu. Ils sont restés comme des enfants spirituels. Leur situation n’est pas due à un manque de capacité, mais à une absence d’application personnelle dans l’étude et la mise en pratique de la doctrine.
Le contraste entre le lait et la nourriture solide
L’expression « besoin de lait » contraste avec la « nourriture solide ». Le lait symbolise les enseignements de base, destinés aux nouveaux convertis ou aux croyants faibles. En revanche, la nourriture solide est réservée à ceux qui ont atteint une maturité spirituelle. Cette distinction est aussi mentionnée dans :
1 Pierre 2:2
2 Désirez, comme des enfants nouveau-nés, le lait spirituel et pur, afin que par lui vous croissiez pour le salut.
De même, Paul en parle dans :
1 Corinthiens 3:2
2 Je vous ai donné du lait, non de la nourriture solide, car vous ne pouviez pas la supporter.
La maturité spirituelle ne se limite pas à la connaissance théologique mais elle inclut aussi la capacité à discerner le bien du mal. Hébreux 5:14 souligne que ceux qui consomment une nourriture solide ont exercé leurs facultés à travers l’usage. Ils ont ainsi développé un jugement éclairé et la capacité de naviguer dans les complexités morales de la vie chrétienne.
Croître en maturité spirituelle
Cette croissance est essentielle pour devenir des hommes et des femmes accomplis dans la foi. Éphésiens 4:13 en donne l’objectif :
Éphésiens 4:13 :
13 jusqu’à ce que nous parvenions tous à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme fait, à la mesure de la stature parfaite de Christ.
L’immaturité spirituelle se manifeste souvent par une incapacité à vaincre les désirs de la chair. Cette opposition entre la chair et l’Esprit est clairement décrite dans :
Galates 5:16-17
16 Je dis donc: Marchez selon l’Esprit, et vous n’accomplirez pas les désirs de la chair.
17 Car la chair a des désirs contraires à ceux de l’Esprit, et l’Esprit en a de contraires à ceux de la chair; ils sont opposés entre eux, afin que vous ne fassiez point ce que vous voudriez.
La chair et l’Esprit en opposition
Dans la Bible, la chair désigne souvent ce qui est périssable et corruptible. Elle est associée à la faiblesse humaine et à la tendance au péché. Romains 8:7 en donne un exemple :
Romains 8:7
7 car l’affection de la chair est inimitié contre Dieu, parce qu’elle ne se soumet pas à la loi de Dieu, et qu’elle ne le peut même pas.
En Christ, cependant, la puissance de la chair est brisée.
Romains 8:3 déclare que Dieu a condamné le péché dans la chair par Jésus-Christ. Jésus, en prenant une chair semblable à celle du péché, a détruit cette puissance à la croix et a réconcilié les croyants avec Dieu.
Romains 8:3 déclare
3 Car-chose impossible à la loi, parce que la chair la rendait sans force, –Dieu a condamné le péché dans la chair, en envoyant, à cause du péché, son propre Fils dans une chair semblable à celle du péché,
Dieu a condamné le péché dans la chair par Jésus-Christ. Jésus, en prenant une chair semblable à celle du péché, a détruit cette puissance à la croix et a réconcilié les croyants avec Dieu.
Vivre selon l’Esprit et non selon la chair
Éphésiens 2:14-16 montre que, par sa chair, Jésus a anéanti l’inimitié entre Dieu et les hommes :
Éphésiens 2:14-16
14 Car il est notre paix, lui qui des deux n’en a fait qu’un, et qui a renversé le mur de séparation, l’inimitié,
15 ayant anéanti par sa chair la loi des ordonnances dans ses prescriptions, afin de créer en lui-même avec les deux un seul homme nouveau, en établissant la paix,
16 et de les réconcilier, l’un et l’autre en un seul corps, avec Dieu par la croix, en détruisant par elle l’inimitié.
Ainsi, en Christ, les chrétiens ne vivent plus selon la chair, mais selon l’Esprit, comme l’affirme :
Romains 8:9
9 Pour vous, vous ne vivez pas selon la chair, mais selon l’esprit, si du moins l’Esprit de Dieu habite en vous. Si quelqu’un n’a pas l’Esprit de Christ, il ne lui appartient pas.
Appel à la maturité spirituelle
L’appel à la maturité spirituelle est une exhortation à dépasser les enseignements de base et à développer une compréhension plus profonde de la foi. Cela nécessite de s’efforcer à discerner avec sagesse. 2 Timothée 2:15 encourage à un tel effort :
2 Timothée 2:15
15 Efforce-toi de te présenter devant Dieu comme un homme éprouvé, un ouvrier qui n’a point à rougir, qui dispense droitement la parole de la vérité.
La véritable maturité chrétienne ne consiste donc pas seulement en une accumulation de connaissances, mais en une transformation de la vie, capable de discerner spirituellement et de résister aux désirs de la chair. Cela permet de vivre selon l’Esprit, en progressant vers la perfection promise par Dieu, comme le souligne :
2 Pierre 1:4
4 lesquelles nous assurent de sa part les plus grandes et les plus précieuses promesses, afin que par elles vous deveniez participants de la nature divine, en fuyant la corruption qui existe dans le monde par la convoitise,
Ainsi, la croissance spirituelle conduit à une vie en harmonie avec la volonté de Dieu, marquée par la capacité de discerner et de résister aux tentations de la chair.
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