Avec la parabole des deux débiteurs de Luc 7:40-50, Jésus enseigne l’importance du pardon et de la repentance. Ce récit destiné à Simon le Pharisien, met en lumière la manière dont le pardon divin transforme nos vies. À travers cette parabole, Jésus nous invite à comprendre le cœur de Dieu, riche en grâce et en miséricorde.
La parabole des deux débiteurs : comprendre le pardon et l’amour

1 – L’enseignement
Luc 7:40-43
40 Jésus prit la parole, et lui dit: Simon, j’ai quelque chose à te dire. -Maître, parle, répondit-il.
41 Un créancier avait deux débiteurs: l’un devait cinq cents deniers, et l’autre cinquante.
42 Comme ils n’avaient pas de quoi payer, il leur remit à tous deux leur dette. Lequel l’aimera le plus?
43 Simon répondit: Celui, je pense, auquel il a le plus remis. Jésus lui dit: Tu as bien jugé.
Un denier à l’époque de Jésus, représentait le salaire d’une journée de travail d’un ouvrier. Ainsi un des débiteurs avait une dette équivalente à dix-huit mois de salaire quand l’autre n’avait qu’une dette équivalente à moins de deux mois de salaire.
Observation
En étudiant cette parabole, bien souvent nous oublions de prendre en compte l’attitude du créancier qui pouvait condamner chacun de ses deux débiteurs à la prison pour dette, et ce parce que l’un et l’autre se trouvaient dans l’incapacité de rembourser. Au lieu de cela, le créancier leur fait remise de leur dette. Il leur fait grâce !
2- A qui s’adresse Jésus ?
Jésus s’adresse à Simon le pharisien, dont il a perçu les pensées lorsque la femme pécheresse est intervenue.
Simon semble avoir mal interprété les actions de Jésus lorsque cette femme s’est présentée et qu’elle l’a oint de parfum. Celui-ci ayant connaissance des pensées de Simon, va utiliser cette parabole pour transmettre une leçon sur le pardon et le jugement, afin de remettre en question son attitude. Il invite Simon et les autres personnes présentes à réfléchir sur le pardon divin et sur l’humilité requise pour l’obtenir.
3- Le contexte de la parabole des deux débiteurs
Jésus est invité par Simon le pharisien, et il laisse une femme pécheresse manifester son affection envers lui, ce qui choque Simon. Jésus en effet, suscitait beaucoup l’intérêt de la part des Pharisiens en raison de ses enseignements, des guérisons et des miracles qu’il accomplissait. Tous les pharisiens n’étaient pas hostiles envers Jésus, mais celui-ci défiait leur religiosité. Simon manifeste donc une certaine réserve, peut-être en raison de la présence de coreligionnaires. Il n’a manifestement pas respecté les règles de courtoisie et d’hospitalité envers un invité ce que Jésus d’abord va lui faire remarquer.
Luc 7:36-39
36 Un pharisien pria Jésus de manger avec lui. Jésus entra dans la maison du pharisien, et se mit à table.
37 Et voici, une femme pécheresse qui se trouvait dans la ville, ayant su qu’il était à table dans la maison du pharisien, apporta un vase d’albâtre plein de parfum,
38 et se tint derrière, aux pieds de Jésus. Elle pleurait; et bientôt elle lui mouilla les pieds de ses larmes, puis les essuya avec ses cheveux, les baisa, et les oignit de parfum.
39 Le pharisien qui l’avait invité, voyant cela, dit en lui-même: Si cet homme était prophète, il connaîtrait qui et de quelle espèce est la femme qui le touche, il connaîtrait que c’est une pécheresse.
Le geste de dévotion de la femme va surprendre Simon, qui se demande si Jésus est véritablement un prophète, puisqu’il laisse une pécheresse le toucher. En réponse, Jésus va raconter la parabole des deux débiteurs pour l’éclairer sur le véritable sens du pardon.
4- Explication de la parabole des deux débiteurs
Luc 7:40-43
40 Jésus prit la parole, et lui dit: Simon, j’ai quelque chose à te dire. -Maître, parle, répondit-il.
41 Un créancier avait deux débiteurs: l’un devait cinq cents deniers, et l’autre cinquante.
42 Comme ils n’avaient pas de quoi payer, il leur remit à tous deux leur dette. Lequel l’aimera le plus?
43 Simon répondit : Celui, je pense, auquel il a le plus remis. Jésus lui dit: Tu as bien jugé.
Il ne faut pas oublier que, dans cette parabole, le créancier représente Dieu le Père. Le récit ne parle pas uniquement de dettes, mais aussi d’amour.
Jésus demande à Simon lequel des deux débiteurs aimera le plus le créancier. Simon répond que ce sera celui à qui l’on a remis la plus grande dette. Jésus approuve sa réponse, puis souligne que la femme pécheresse a montré qu’elle avait compris la valeur du pardon. Contrairement à elle, Simon ne semble pas conscient de son propre besoin de grâce. En comparant leurs attitudes respectives, Jésus enseigne que l’amour et la reconnaissance dépendent de l’ampleur du pardon reçu.
Le pardon est la remise de dette
La parabole illustre donc un principe spirituel fondamental : le pardon est comme une remise de dette, et la reconnaissance qui en découle est proportionnelle à la conscience qu’on a de cette dette.
Quand Jésus pose la question : « Lequel des deux aimera le plus le créancier ? », la réponse de Simon est juste, mais reste théorique. En réalité, c’est la femme pécheresse qui, par ses gestes d’amour et d’humilité, montre une compréhension profonde du pardon. Simon, lui, reste distant et ne perçoit pas son propre besoin de miséricorde.
Jésus met en contraste Simon, le pharisien, et la femme pécheresse pour révéler deux attitudes opposées face à la grâce. Il montre que l’amour et la reconnaissance envers Dieu naissent de la conscience du pardon reçu.
Au verset de Luc 7:42
42 Comme ils n’avaient pas de quoi payer, il leur remit à tous deux leur dette. Lequel l’aimera le plus ?
puis au verset de Luc 7:47, il conclut
47 C’est pourquoi, je te le dis, ses nombreux péchés ont été pardonnés : car elle a beaucoup aimé. Mais celui à qui on pardonne peu aime peu.
Le cœur du message est que Dieu ne cherche pas une obéissance froide ou contrainte, mais un service motivé par l’amour. Beaucoup adoptent une approche intellectuelle de la foi, sans l’appliquer à leur propre vie, préférant penser : « C’est pour les autres, moi je ne suis pas concerné. »
Luc 7:44-50
44 Puis, se tournant vers la femme, il dit à Simon : Vois-tu cette femme ? Je suis entré dans ta maison, et tu ne m’as point donné d’eau pour laver mes pieds ; mais elle, elle les a mouillés de ses larmes, et les a essuyés avec ses cheveux.
45 Tu ne m’as point donné de baiser ; mais elle, depuis que je suis entré, elle n’a point cessé de me baiser les pieds.
46 Tu n’as point versé d’huile sur ma tête ; mais elle, elle a versé du parfum sur mes pieds.
47 C’est pourquoi, je te le dis, ses nombreux péchés ont été pardonnés : car elle a beaucoup aimé. Mais celui à qui on pardonne peu aime peu.
48 Et il dit à la femme : Tes péchés sont pardonnés.
49 Ceux qui étaient à table avec lui se mirent à dire en eux-mêmes: Qui est celui-ci, qui pardonne même les péchés?
50 Mais Jésus dit à la femme : Ta foi t’a sauvée, va en paix.
Dans ce passage, Jésus souligne à Simon son manque d’hospitalité. Il ne l’accuse pas frontalement, mais met en contraste l’accueil de Simon avec l’attitude de la femme pécheresse. Celle-ci a fait preuve d’une profonde humilité et d’un amour sincère, alors que Simon n’a pas respecté les gestes d’hospitalité usuels.
Il est probable que Simon, en présence de ses invités, ait voulu garder ses distances vis-à-vis de Jésus pour ne pas être critiqué par les autres membres de sa secte ou groupe religieux. En agissant ainsi, il pense être juste, oubliant pourtant ce que dit en :
Ecclésiaste 7:20 :
Non, il n’y a sur la terre point d’homme juste qui fasse le bien et qui ne pèche jamais.
Si cette femme est entrée dans la maison de Simon, c’est qu’elle savait que Jésus s’y trouvait. Il est probable qu’elle ait déjà entendu son message, peut-être même un appel à la repentance, et qu’elle ait été profondément touchée. Elle a reconnu son péché, accepté le pardon, et vient maintenant exprimer son amour et sa reconnaissance à Jésus.
Jésus dit à Simon et à la femme pécheresse :
Luc 7:47-48
47 C’est pourquoi, je te le dis, ses nombreux péchés ont été pardonnés : car elle a beaucoup aimé. Mais celui à qui on pardonne peu aime peu.
48 Et il dit à la femme: Tes péchés sont pardonnés.
Puis, un peu plus loin, en Luc 7:50 :
50 Mais Jésus dit à la femme : Ta foi t’a sauvée, va en paix.
La femme a cru au message de l’Évangile proclamé par Jésus. Son amour envers lui témoigne de sa conviction intérieure. Elle sait qu’elle a été pardonnée. Jésus ne fait ici que confirmer ce qu’elle a déjà expérimenté dans son cœur :
« Tes péchés sont pardonnés… Ta foi t’a sauvée, va en paix. »
Contrairement à ce qu’il dit à la femme adultère dans :
Jean 8:11
« … Va, et ne pèche plus. »
il dit ici simplement :
Luc 7:50
«… Ta foi t’a sauvée, va en paix. »
Cette nuance est significative. Elle montre que cette femme a déjà entrepris un chemin de transformation intérieure. La parabole du pardon et de l’amour révèle qu’elle a pleinement pris conscience du poids de ses péchés. Libérée de ce fardeau, elle exprime une profonde gratitude envers celui qui a été l’instrument de sa délivrance. Son offrande — un parfum précieux — est le reflet de cette reconnaissance.
Simon, le pharisien, quant à lui, semble avoir entendu les enseignements de Jésus, mais sans que cela produise une conviction personnelle de péché. Il reste dans une posture d’observation, voire de jugement, sans remise en question.
Le message central de cette parabole est le suivant :
L’amour véritable découle de la conscience d’avoir été pardonné, et cette conscience naît de la foi en l’Évangile.
Celui à qui l’on pardonne beaucoup aime beaucoup et celui à qui l’on pardonne peu aime peu.
5- La leçon à retenir et Son application personnelle
L’attitude de Simon nous invite à une réflexion profonde. Il est facile de juger les autres tout en oubliant de s’examiner soi-même. Jésus, en confrontant Simon à ses manquements d’hospitalité, révèle cette tendance humaine à voir la faute chez autrui, sans reconnaître notre propre besoin de grâce.
La leçon principale de cette parabole est que le pardon de Dieu, bien qu’infini, ne produit ses effets transformateurs que lorsqu’il est pleinement reconnu et accueilli. Ceux qui prennent conscience de la gravité de leurs fautes sont généralement ceux qui manifestent le plus d’amour, de reconnaissance et de dévotion envers Dieu. L’amour que l’on exprime est à la mesure du pardon que l’on a compris avoir reçu.
Jésus nous enseigne aussi que, tout comme Dieu nous pardonne, nous devons apprendre à pardonner aux autres. Le pardon est un acte de grâce — un choix qui libère, restaure, et transforme nos relations, avec Dieu comme avec nos semblables.
La femme pécheresse a pris conscience du poids de ses fautes. Libérée de ce fardeau, elle nourrit dans son cœur un profond sentiment d’amour et de gratitude. C’est ce qui la pousse à poser un geste fort : offrir à Jésus un parfum de grande valeur. Elle ne vient pas chercher le pardon, elle vient l’exprimer — parce qu’elle sait déjà qu’elle a été pardonnée.
Et nous, où en sommes-nous ?
Sommes-nous conscients du pardon que Dieu nous a accordé ?
Vivons-nous dans une reconnaissance active, qui se traduit par l’amour, l’humilité et la grâce envers les autres ?
Ou sommes-nous plus proches de Simon, enclins à la critique, mais lents à reconnaître notre propre besoin de miséricorde ?
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