Matthieu chapitre 18 enseigne comment vivre en communauté selon le cœur de Dieu. Jésus appelle à l’humilité, met en garde contre le scandale, et montre comment corriger avec amour. Il insiste aussi sur le pardon sans limite. Un vrai guide pour restaurer et garder l’unité entre frères.
Matthieu chapitre 18 – Étude biblique
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1 – Le plus grand dans le royaume des cieux
Matthieu 18:1-5 — L’humilité, clé du royaume
1 En ce moment, les disciples s’approchèrent de Jésus, et dirent: Qui donc est le plus grand dans le royaume des cieux?
2 Jésus, ayant appelé un petit enfant, le plaça au milieu d’eux,
3 et dit: Je vous le dis en vérité, si vous ne vous convertissez et si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux.
4 C’est pourquoi, quiconque se rendra humble comme ce petit enfant sera le plus grand dans le royaume des cieux.
5 Et quiconque reçoit en mon nom un petit enfant comme celui-ci, me reçoit moi-même.
Le verset 1 montre que Jésus s’adresse ici à ses disciples, donc à des croyants, et non à des non-croyants.
Qui donc est le plus grand dans le royaume des cieux ?
Cette question révèle que les disciples entretiennent encore une mentalité de compétition, de comparaison. Ils cherchent à savoir qui surpassera les autres. Dans les églises locales, il est possible de constater le même problème. Cependant, dans le royaume des cieux, tous sont égaux en valeur, bien que les fonctions puissent varier.
Aujourd’hui encore, ce royaume est accessible à quiconque entend l’appel de Jésus et y répond avec foi.
Comme ce petit enfant… (verset 4)
Cette scène se produit quand Jésus est de retour à Capernaum. Marc 9:33-37, il est précisé que Jésus se trouve dans une maison sans doute celle de Pierre car il ne faut pas oublier que sa belle mère y réside et qu’il prend un enfant et le place au milieu. Il pourrait s’agir alors de l’un des enfants de Pierre. Ce détail n’est pas central, mais il montre l’intérêt de lire et de comparer les passages parallèles dans la Bible pour enrichir notre compréhension dans nos études. C’est en accompagnant l’apôtre Pierre et c’est à partir des échanges qu’il a eu avec lui sur la vie de Jésus que Marc a écrit son évangile.
Avec ces premiers versets de Matthieu 18, Jésus nous appelle à adopter une attitude simple et confiante, semblable à celle d’un enfant. Il s’agit de cette foi enfantine qui dit : « Je le crois, parce que c’est écrit dans la Bible ! »
Romains 10:17
17 Ainsi la foi vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend vient de la parole de Christ.
Jésus insiste ainsi sur l’humilité qui est une condition d’entrée dans le royaume des cieux. Cette humilité s’oppose à l’orgueil naturel du cœur humain. Il s’agit d’accepter de faire confiance, de croire sans tout comprendre, de marcher par la foi et non par la vue.
Jacques 4:6
6 Il accorde, au contraire, une grâce plus excellente; c’est pourquoi l’Écriture dit: Dieu résiste aux l’orgueilleux, Mais il fait grâce aux humbles.
Matthieu 18:5
5 Et quiconque reçoit en mon nom un petit enfant comme celui-ci, me reçoit moi-même.
Ici, le petit enfant peut aussi symboliser un nouveau converti. Recevoir une telle personne « en mon nom », c’est accueillir Jésus lui-même. Rejeter ce croyant revient donc à rejeter Christ.
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2 – Les scandales : une mise en garde solennelle
Matthieu 18:6-7
6Mais, si quelqu’un scandalisait un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu’on suspendît à son cou une meule de moulin, et qu’on le jetât au fond de la mer.
7 Malheur au monde à cause des scandales! Car il est nécessaire qu’il arrive des scandales; mais malheur à l’homme par qui le scandale arrive!
Après avoir exhorté ses disciples à devenir comme des petits enfants, Jésus les avertit qu’il ne faut pas devenir une pierre d’achoppement pour les « petits », c’est-à-dire les croyants humbles, fragiles ou nouveaux dans la foi.
Des scandales inévitables… mais impardonnables
Jésus déclare que les scandales sont inévitables dans un monde corrompu par le péché. Le mot grec « anankē » peut se traduire par obligé, nécessaire ou inévitable, selon le contexte. Mais cette nécessité n’excuse en rien celui qui en est la cause. Le terme « scandale » (grec ‘skandalon’) évoque un piège, un obstacle volontairement placé pour faire trébucher un croyant, le pousser à pécher, ou l’éloigner de Dieu. Un tel comportement trahit l’ordre clair de Jésus de faire des disciples, non de les détruire.
Un avertissement très clair nous est donné par Paul en:
Romains 14:13
13 Ne nous jugeons donc plus les uns les autres; mais pensez plutôt à ne rien faire qui soit pour votre frère une pierre d’achoppement ou une occasion de chute.
Et en:
1 Corinthiens 8:9-13
9 Prenez garde, toutefois, que votre liberté ne devienne une pierre d’achoppement pour les faibles.
10 Car, si quelqu’un te voit, toi qui as de la connaissance, assis à table dans un temple d’idoles, sa conscience, à lui qui est faible, ne le portera-t-elle pas à manger des viandes sacrifiées aux idoles?
11 Et ainsi le faible périra par ta connaissance, le frère pour lequel Christ est mort!
12 En péchant de la sorte contre les frères, et en blessant leur conscience faible, vous péchez contre Christ.
13 C’est pourquoi, si un aliment scandalise mon frère, je ne mangerai jamais de viande, afin de ne pas scandaliser mon frère.
Ainsi, les croyants doivent surveiller leur comportement, leurs conseils, leur enseignement parce qu’un faux pas peut ébranler la foi d’un frère faible et avoir des conséquences graves.
C’est la raison pour laquelle Jacques nous dit :
Jacques 3:1
1 Mes frères, qu’il n’y ait pas parmi vous un grand nombre de personnes qui se mettent à enseigner, car vous savez que nous serons jugés plus sévèrement.
Les versets de Matthieu 18:6-7 nous exhortent à surveiller notre témoignage, nos paroles, nos conseils et notre comportement. En effet, une négligence morale ou doctrinale peut avoir de graves conséquences sur la vie d’un autre croyant. C’est aussi un encouragement à prendre soin des autres croyants, et en particulier des plus faibles dans la foi.
Matthieu 18:8-10 – Prendre le péché au sérieux
8 Si ta main ou ton pied est pour toi une occasion de chute, coupe-les et jette-les loin de toi; mieux vaut pour toi entrer dans la vie boiteux ou manchot, que d’avoir deux pieds ou deux mains et d’être jeté dans le feu éternel.
9 Et si ton œil est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi; mieux vaut pour toi entrer dans la vie, n’ayant qu’un œil, que d’avoir deux yeux et d’être jeté dans le feu de la géhenne.
10 Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits; car je vous dis que leurs anges dans les cieux voient continuellement la face de mon Père qui est dans les cieux.
Ces paroles fortes de Jésus ne doivent pas être prises littéralement mais il s’agit d’une image forte pour souligner la gravité du péché et les conséquences éternelles qu’il entraîne. Rien ne vaut la perte du salut. Le feu de la géhenne mentionné ici, renvoie symboliquement à l’enfer. C’est dans la vallée de la Géhenne située hors les murs de Jérusalem qu’ont eu lieu des sacrifice d’enfants passés par le feu dans le cadre du culte de Baal, et où étaient brulées constamment les ordures (déchets ménagers et autres). Cela évoque le jugement en enfer sans fin.
Ces paroles rappellent celles de Matthieu 5:29-30, où Jésus appelait déjà à la radicalité contre le péché. L’objectif est qu’il faut ne rien laisser dans notre vie qui puisse devenir un piège pour nous ou pour autrui.
Honorer et protéger les petits
Le verset 10 nous ramène au cœur du message de Matthieu 18 qui est de prendre soin des croyants les plus fragiles. Ces « petits » ont une valeur immense aux yeux de Dieu. Leurs anges, dit Jésus, contemplent constamment la face du Père.
Nous n’avons pas le droit de les mépriser, ni de les négliger. Il s’agit de prendre soin les uns des autres et de ne pas avoir l’attitude de Caïn rapportée en :
Genèse 4:9
9 L’Éternel dit à Caïn: Où est ton frère Abel? Il répondit: Je ne sais pas; suis-je le gardien de mon frère?
La réponse implicite de Jésus à cette question est : OUI !
Matthieu 18:11 – La mission du disciple
11 Car le Fils de l’homme est venu sauver ce qui était perdu.
Nous ne sommes pas appelés à causer la chute des autres, mais à participer au salut. Le disciple authentique suit l’exemple de Jésus. Ainsi, il prend soin, protège, relève et conduit vers Dieu ceux qui vacillent.
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3 – La brebis égarée : la valeur d’une seule âme
Matthieu 18:11-14
11 Car le Fils de l’homme est venu sauver ce qui était perdu.
12 Que vous en semble? Si un homme a cent brebis, et que l’une d’elles s’égare, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres sur les montagnes, pour aller chercher celle qui s’est égarée?
13 Et, s’il la trouve, je vous le dis en vérité, elle lui cause plus de joie que les quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées.
14 De même, ce n’est pas la volonté de votre Père qui est dans les cieux qu’il se perde un seul de ces petits.
Voir la parabole de la brebis perdue pour une étude approfondie.
Une parabole profondément pastorale
Cette courte parabole illustre le cœur de Dieu et la mission de Jésus : sauver ce qui était perdu (v.11). Celle-ci ne s’adresse pas aux incroyants, mais aux croyants égarés, tombés dans le péché ou affaiblis dans leur marche. Jésus affirme la valeur inestimable de chaque âme en disant que le bon berger quitte les quatre vingt dix neuf pour chercher la brebis unique qui s’est éloignée.
Il n’est pas ici question d’un reproche, mais d’un acte d’amour, et la joie du berger lorsqu’il retrouve cette brebis perdue dépasse même celle qu’il éprouve pour les autres qui sont restées dans l’enclos. Cela nous parle du regard de grâce que Dieu porte sur ceux qui reviennent à lui, même après un écart.
La restauration est un devoir communautaire
En tant que disciples, nous avons la responsabilité d’imiter le bon berger. Paul rappelle que lorsqu’un frère tombe, les croyants « spirituels » doivent agir, non dans le jugement, mais avec douceur.
Galates 6:1-2
1 Frères, si un homme vient à être surpris en quelque faute, vous qui êtes spirituels, redressez-le avec un esprit de douceur. Prends garde à toi-même, de peur que tu ne sois aussi tenté.
2 Portez les fardeaux les uns des autres, et vous accomplirez ainsi la loi de Christ.
Plutôt que de rejeter ceux qui faiblissent, nous devons les relever, les entourer et les restaurer, dans un esprit de miséricorde.
Une mission de salut, non de condamnation
Jésus n’est pas venu pour condamner, mais pour sauver. Le célèbre passage de Jean 3:16-18 nous rappelle que la volonté de Dieu est la vie éternelle pour tous, et non la perte d’un seul.
Jean 3:16-18
16 Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle.
17 Dieu, en effet, n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour qu’il juge le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui.
18 Celui qui croit en lui n’est point jugé; mais celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.
Matthieu 18:14 Une vérité essentielle : Dieu ne veut perdre aucun des siens
14 Ce n’est pas la volonté de votre Père… qu’il se perde un seul de ces petits.
Cette affirmation éclaire tout le chapitre 18. Jésus insiste sur l’attention à porter aux plus faibles, aux plus fragiles, à ceux que le monde méprise ou oublie. Dans l’Église, personne ne doit être abandonné.
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4 – La discipline dans l’Église
Matthieu 18:15-20
15 Si ton frère a péché, va et reprends-le entre toi et lui seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère.
16 Mais, s’il ne t’écoute pas, prends avec toi une ou deux personnes, afin que toute l’affaire se règle sur la déclaration de deux ou de trois témoins.
17 S’il refuse de les écouter, dis-le à l’Église; et s’il refuse aussi d’écouter l’Église, qu’il soit pour toi comme un païen et un publicain.
18 Je vous le dis en vérité, tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel.
19 Je vous dis encore que, si deux d’entre vous s’accordent sur la terre pour demander une chose quelconque, elle leur sera accordée par mon Père qui est dans les cieux.
20 Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux.
Une démarche ordonnée et guidée par l’Esprit
Ce passage s’inscrit dans le prolongement de tout le chapitre 18, où Jésus enseigne comment ses disciples doivent se comporter les uns envers les autres, notamment face au péché au sein de la communauté.
Lorsqu’un frère chute, Jésus commande d’agir discrètement, avec sagesse et douceur, en suivant une progression claire :
- (v.15) Commencer en privé: ne pas exposer publiquement la faute.
- (v.16) Impliquer des témoins: assurer l’équité du processus.
- (v.17) Informer l’Église : si le frère persiste, l’assemblée intervient.
- La séparation spirituelle : s’il refuse encore, il est considéré « comme un païen et un publicain » – c’est-à-dire en dehors de la communion, sans haine ni mépris, mais comme quelqu’un à reconquérir par l’amour.
Proverbes 19:11
11 L’homme qui a de la sagesse est lent à la colère, Et il met sa gloire à oublier les offenses.
Un appel à l’humilité dans la correction
Toute démarche de discipline doit se faire avec un esprit d’humilité, en se gardant de toute supériorité. Le but reste toujours le même, la restauration du frère et non sa condamnation.
Galates 6:1
1 Frères, si un homme vient à être surpris en quelque faute, vous qui êtes spirituels, redressez-le avec un esprit de douceur. Prends garde à toi-même, de peur que tu ne sois aussi tenté.
Jacques 5:15 ; 19-20
15 la prière de la foi sauvera le malade, et le Seigneur le relèvera; et s’il a commis des péchés, il lui sera pardonné.
19 Mes frères, si quelqu’un parmi vous s’est égaré loin de la vérité, et qu’un autre l’y ramène,
20 qu’il sache que celui qui ramènera un pécheur de la voie où il s’était égaré sauvera une âme de la mort et couvrira une multitude de péchés.
Ignorer un péché non confessé peut nuire à la santé spirituelle de toute l’assemblée. Comme une gangrène, il peut contaminer d’autres membres. Laisser la situation se détériorer, c’est abandonner la responsabilité que Dieu a confiée à son peuple.
Matthieu 18:18 – Lier et délier : juger selon la Parole
Tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel…
Jésus reprend ici ce qu’il avait dit à Pierre (Matthieu 16:19), mais cette fois à la forme plurielle : tous les disciples sont concernés. « Lier et délier » signifie exercer un jugement spirituel, en accord avec la volonté divine révélée dans les Écritures.
Jean 20:23
23 Ceux à qui vous pardonnerez les péchés, ils leur seront pardonnés ; et ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus.
Il ne s’agit pas d’accorder un pouvoir arbitraire, mais de discerner et déclarer ce que Dieu a déjà tranché, sous la conduite du Saint-Esprit.
Matthieu 18:19-20 – L’unité dans la prière, la clé du discernement spirituel
19 Je vous dis encore que, si deux d’entre vous s’accordent sur la terre pour demander une chose quelconque, elle leur sera accordée par mon Père qui est dans les cieux.
20 Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux.
Ces versets, souvent cités hors contexte, font ici référence à la discipline dans l’Église. Jésus promet sa présence et l’action du Père lorsque deux ou trois croyants, unis dans la prière et dans l’Esprit, recherchent la volonté de Dieu dans une situation difficile.
Son application se trouve en :
Jacques 5:16
16 Confessez donc vos péchés les uns aux autres, et priez les uns pour les autres, afin que vous soyez guéris. La prière fervente du juste a une grande efficace.
Psaumes 133:1
1 Cantique des degrés. De David. Voici, oh! qu’il est agréable, qu’il est doux Pour des frères de demeurer ensemble !
Cette promesse encourage les petits groupes, les familles, les couples ou les croyants isolés. La puissance spirituelle ne dépend pas du nombre, mais de l’unité sincère et de la communion autour de Christ.
Une Église saine prend ses responsabilités
Ce passage nous rappelle que la discipline spirituelle est une responsabilité donnée à l’Église qui doit agir avec discernement, unité et obéissance. Son but reste toujours la restauration, la paix, et la gloire de Dieu au milieu de son peuple.
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5 – Le pardon des offenses
Matthieu 18:21-22
21 Alors Pierre s’approcha de lui, et dit: Seigneur, combien de fois pardonnerai-je à mon frère, lorsqu’il péchera contre moi ? Sera-ce jusqu’à sept fois ?
22 Jésus lui dit : Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois.
Pardonner sans compter : une exigence du royaume
Pierre pensait bien faire en proposant de pardonner jusqu’à sept fois, bien au-delà des trois fois enseignées dans le judaïsme rabbinique. Mais Jésus élargit radicalement la perspective. Il ne donne pas un nouveau plafond numérique. Il supprime le calcul même du pardon.
Soixante-dix fois sept fois ne signifie pas quatre vingt dix sept fois, mais un pardon illimité. C’est un contraste direct avec la logique de vengeance sans fin, exprimée en Genèse 4:24 par Lemec.
Genèse 4:24
24 Caïn sera vengé sept fois, Et Lémec soixante-dix-sept fois.
Jésus renverse cette dynamique de violence. Il substitue au cycle de la vengeance une dynamique de grâce, fondée sur l’amour inlassable de Dieu.
Le pardon, reflet du cœur du Père
Le pardon n’est pas une option dans le royaume de Dieu. Il en est le fondement moral. Pardonner, c’est refléter la nature même du Père céleste.
Éphésiens 4:32
32 Soyez bons les uns envers les autres, compatissants, vous pardonnant réciproquement, comme Dieu vous a pardonné en Christ.
Colossiens 3:13-14
13 Supportez-vous les uns les autres, et, si l’un a sujet de se plaindre de l’autre, pardonnez-vous réciproquement. De même que Christ vous a pardonné, pardonnez-vous aussi.
14 Mais par-dessus toutes ces choses revêtez-vous de l’amour, qui est le lien de la perfection.
Le pardon ne minimise pas le péché, mais choisit l’amour plutôt que la rancune, la réconciliation plutôt que la séparation.
Le pardon restaure la communion fraternelle
L’objectif ne consiste pas simplement à passer l’éponge, mais à gagner son frère. Le pardon ouvre la voie à la restauration, à la paix, et à l’unité dans l’Église. Il exige de l’humilité, de la patience, et une foi active dans la puissance de Dieu à changer les cœurs.
Un enseignement approfondi par une parabole
La suite du passage (Matthieu 18:23-35) illustre cet enseignement par la parabole du serviteur impitoyable, qui met en contraste un pardon immense accordé par le roi, et l’intransigeance cruelle d’un homme envers son semblable. Jésus y montre que celui qui refuse de pardonner, ferme sur lui-même la porte du pardon divin.
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6 – Le serviteur impitoyable
Voir l’étude de la parabole
Matthieu 18:23-27
23 C’est pourquoi, le royaume des cieux est semblable à un roi qui voulut faire rendre compte à ses serviteurs.
24 Quand il se mit à compter, on lui en amena un qui devait dix mille talents.
25 Comme il n’avait pas de quoi payer, son maître ordonna qu’il fût vendu, lui, sa femme, ses enfants, et tout ce qu’il avait, et que la dette fût acquittée.
26 Le serviteur, se jetant à terre, se prosterna devant lui, et dit: Seigneur, aie patience envers moi, et je te paierai tout.
27 Ému de compassion, le maître de ce serviteur le laissa aller, et lui remit la dette.
Le pardon immense de Dieu
Dans cette parabole, le roi représente Dieu, et le serviteur, chacun de nous. Notre dette envers Dieu est écrasante : dix mille talents, une somme astronomique, impossible à rembourser. Pourtant, lorsque nous nous prosternons devant lui avec un cœur repentant, Dieu choisit la compassion. Il nous remet tout.
Matthieu 18:26
… : Seigneur, aie patience envers moi, et je te paierai tout.
C’est la prière de chaque pécheur sincère. Et Dieu répond avec grâce, sans exiger le paiement de ce que nous ne pourrons jamais rendre.
Matthieu 18:28-35 – Le scandale de l’oubli du pardon
28 Après qu’il fut sorti, ce serviteur rencontra un de ses compagnons qui lui devait cent deniers. Il le saisit et l’étranglait, en disant: Paie ce que tu me dois.
29 Son compagnon, se jetant à terre, le suppliait, disant: Aie patience envers moi, et je te paierai.
30 Mais l’autre ne voulut pas, et il alla le jeter en prison, jusqu’à ce qu’il eût payé ce qu’il devait.
31 Ses compagnons, ayant vu ce qui était arrivé, furent profondément attristés, et ils allèrent raconter à leur maître tout ce qui s’était passé.
32 Alors le maître fit appeler ce serviteur, et lui dit: Méchant serviteur, je t’avais remis en entier ta dette, parce que tu m’en avais supplié;
33 ne devais-tu pas aussi avoir pitié de ton compagnon, comme j’ai eu pitié de toi?
34 Et son maître, irrité, le livra aux bourreaux, jusqu’à ce qu’il eût payé tout ce qu’il devait.
35 C’est ainsi que mon Père céleste vous traitera, si chacun de vous ne pardonne à son frère de tout son cœur.
Après avoir été pardonné, le méchant serviteur rencontre un compagnon qui lui doit une somme dérisoire au regard de la dette remise qui lui a été remise. ( 1 talent = 6 000 deniers, soit 600 000 fois moins) Il oublie les paroles prononcées qu’il a prononcées devant le roi et reste sourd à la demande de clémence, verset 29 :
29 Son compagnon, se jetant à terre, le suppliait, disant: Aie patience envers moi, et je te paierai.
Matthieu 18:33
33 ne devais-tu pas aussi avoir pitié de ton compagnon, comme j’ai eu pitié de toi ?
Le maître le traite alors comme il a traité son compagnon. Il le livre aux bourreaux. Puis Jésus conclut d’une parole ferme, sans équivoque :
Matthieu 18:35
35 C’est ainsi que mon Père céleste vous traitera, si chacun de vous ne pardonne à son frère de tout son cœur.
Ce verset exprime sans ambiguïté la pensée de Jésus. Le pardon entre frères n’est pas facultatif. Pardonner aux autres est la condition essentielle si nous voulons être pardonné par Dieu le Père.
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7 – Leçon à retenir et application personnelle
Vivre en assemblée selon le cœur de Dieu
Ce chapitre entier de Matthieu 18 trace les fondations d’une vie communautaire conforme au royaume des cieux. Il appelle chaque disciple à :
. Marcher dans l’humilité, à l’image de Jésus :
Philippiens 2:8
8 il s’est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix.
. Prendre soin des petits, des faibles et des égarés avec compassion et bienveillance.
. Rechercher la restauration et non la condamnation.
. Pardonner sans limite comme Dieu nous a pardonné.
. Vivre une communion sincère et fraternelle.
Colossiens 3:13-14
13 Supportez-vous les uns les autres, et, si l’un a sujet de se plaindre de l’autre, pardonnez-vous réciproquement. De même que Christ vous a pardonné, pardonnez-vous aussi.
14 Mais par-dessus toutes ces choses revêtez-vous de l’amour, qui est le lien de la perfection.
L’Église ne repose pas sur des hiérarchies humaines, mais sur l’égalité entre frères et sœurs, unis par l’Esprit pour une édification mutuelle.
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