Parabole de Matthieu 11:16-19 : enfants assis, le cœur endurci

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Dans la parabole de Matthieu 11:16-19, Jésus expose le rejet systématique du message divin par les hommes. Cette courte parabole éclaire la responsabilité de chacun face à la révélation. Elle enseigne qu’un cœur endurci reste sourd, peu importe le contenu du message. Quelle est la signification de cette parabole et son application pour la vie chrétienne.

La parabole modèle

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1 – L’enseignement

Matthieu 11:16-19

16 A qui comparerai-je cette génération? Elle ressemble à des enfants assis dans des places publiques, et qui, s’adressant à d’autres enfants,

17 disent: Nous vous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé; nous avons chanté des complaintes, et vous ne vous êtes pas lamentés.

18 Car Jean est venu, ne mangeant ni ne buvant, et ils disent: Il a un démon.

19 Le Fils de l’homme est venu, mangeant et buvant, et ils disent: C’est un mangeur et un buveur, un ami des publicains et des gens de mauvaise vie. Mais la sagesse a été justifiée par ses œuvres.

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2-   A qui s’adresse Jésus ?

Par « cette génération », Jésus s’adresse aux religieux très opposés à la révélation divine. Il vise en particulier les pharisiens, les scribes mais aussi la foule animée d’un esprit religieux qui suivaient son ministère. Ces groupes connaissaient Jean le Baptiste. Ils avaient vu les miracles de Jésus, entendu ses messages mais restaient incrédules ou critiques.

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3-  Le contexte :

Ce passage s’inscrit dans un moment où l’opposition à Jésus grandit (Matthieu 11:1-24). Jean-Baptiste en prison, envoie ses disciples pour vérifier si Jésus est le Messie. Jésus lui fait répondre avec les œuvres visibles du Royaume que sont les guérisons, les libérations, la bonne nouvelle qui est annoncée aux pauvres. Par là, il cite les critères de messianité  énoncés par le prophète Ésaïe en 35:5-6.

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4-  Explication de la parabole

Une parabole brève, mais riche de sens

La paresse intellectuelle de l’homme le pousse parfois à négliger les paraboles qui tiennent en un seul verset, surtout lorsque Jésus n’en donne pas une explication explicite. Pourtant, celles-ci méritent toute notre attention, car elles recèlent un sens caché que nous sommes appelés à découvrir (cf. Deutéronome 29:29).

Dans cette parabole concise mais percutante, Jésus compare la génération de son temps à des enfants assis sur les places publiques, qui refusent de réagir quel que soit le message qu’on leur adresse.

Les enfants qui jouent de la flûte symbolisent l’appel joyeux et festif du message de Jésus, mais leurs compagnons restent impassibles et ne dansent pas.
Les complaintes en revanche, illustrent l’appel grave et solennel de Jean-Baptiste à la repentance. Là encore, l’indifférence est de mise car personne ne se lamente, personne ne se repent.

Un rejet systématique du message divin

Les versets 18 et 19 viennent éclairer cette image. Jésus met en évidence un refus systématique de la part des hommes, quel que soit le canal par lequel Dieu parle :

  • Jean est jugé trop austère ;
  • Jésus, trop proche des pécheurs.

Toujours prêts à critiquer, ses auditeurs refusent d’entendre. Leur rejet ne vient pas d’un manque de révélation, mais d’un cœur volontairement fermé, endurci par l’orgueil, la critique et l’indifférence.

Le vrai problème : la disposition du cœur

Cette parabole révèle une vérité spirituelle profonde :
Le problème n’est pas le message qui est donné, mais la disposition du cœur de celui qui l’entend.
Lorsque le cœur est fermé, aucun appel, qu’il soit joyeux comme celui de Jésus, ou grave comme celui de Jean Baptiste ne porte de fruit.

Jésus dénonce ici le sectarisme religieux de ceux qui rejettent aussi bien Jean que lui-même, mais pour des raisons opposées :

  • Jean, l’ascète qui « ne mange ni ne boit », est accusé d’avoir un démon ;
  • Jésus, « mangeant et buvant » avec les pécheurs, est traité de glouton et d’ivrogne.

Dans les deux cas, les hommes refusent de reconnaître que l’autorité de Jean comme celle de Jésus vient de Dieu. Ils vont même jusqu’à attribuer leur œuvre à des puissances démoniaques, ce qui, selon Jésus, constitue un blasphème impardonnable (cf. Matthieu 12:31-32).

La sagesse justifiée par ses œuvres

Jésus conclut :

« Mais la sagesse a été justifiée par ses œuvres. »

L’expression utilisée, fait écho à Proverbes 8, où la sagesse est personnifiée.

Proverbes 8:1

1 La sagesse ne crie-t-elle pas? L’intelligence n’élève-t-elle pas sa voix?

Dans l’Évangile, Jésus incarne cette sagesse divine. En Matthieu 12, il affirme être plus grand que Salomon dont la sagesse était pourtant légendaire.

Le mot « œuvres »du verset 19 renvoie à Matthieu 11:2, où il est question des « œuvres du Christ ».
Autrement dit, la sagesse de Jésus, manifestée dans ses enseignements (notamment dans le Sermon sur la montagne dont il est question en Matthieu 5–7), est confirmée par ses miracles, ses guérisons et par la transformation profonde des vies.

C’est cette même logique qu’on retrouve dans la réponse de Jésus aux disciples de Jean :

« Ce que vous voyez et entendez » (les œuvres) atteste la véracité de son message.

 

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5- La leçon pour nous à retenir et Son application personnelle

Cette parabole enseigne que la réaction au message de Dieu dépend de l’état du cœur. Ce n’est ni la forme du message, ni le style du messager qui compte. Un cœur endurci résistera toujours, même devant des miracles.

Cette parabole nous appelle à examiner notre réceptivité à la Parole de Dieu. Sommes-nous comme ces enfants insensibles ? Ou bien avons-nous un cœur ouvert, humble, disposé à entendre même ce qui nous dérange ?

Aujourd’hui quand nous parlons de Jésus aux autres, nous sommes les messagers de la bonne nouvelle de l’Évangile. Si le rejet ne porte que sur le messager, ce n’est pas grave,  mais si le rejet porte sur le message, c’est extrêmement grave, car c’est Jésus-Christ qui est rejeté

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