La parabole des deux chemins en Matthieu 7:13-14, illustre le contraste entre la voie facile menant à la perdition et le chemin étroit conduisant à la vie. Jésus appelle ainsi à faire un choix clair et exigeant, soulignant que suivre Dieu demande une foi authentique et une obéissance sincère, loin des compromis et de la foule.
La parabole des deux chemins de Matthieu 7:13-14
1 – L’enseignement
Matthieu 7:13-14
13 Entrez par la porte étroite. Car large est la porte, spacieux est le chemin qui mènent à la perdition, et il y en a beaucoup qui entrent par là.
14 Mais étroite est la porte, resserré le chemin qui mènent à la vie, et il y en a peu qui les trouvent.
2- A qui s’adresse Jésus ?
Ce passage fait partie du Sermon sur la Montagne (Matthieu 5 à 7). Il s’agit d’un enseignement fondamental adressé à la foule qui suivait Jésus, mais aussi à ses disciples. Par extension, cet appel s’adresse à chacun de nous aujourd’hui, confrontés à ce même choix : quel chemin allons-nous prendre ?
3- Le contexte :
Cette parabole se place dans l’ensemble des enseignements que Matthieu a rassemblés. Jésus résume son message et invite à une réponse concrète. Cette parabole se présente aussi comme une partie de la conclusion de l’ensemble du sermon.
4- Explication de la parabole des deux chemins
Dans ce passage, Jésus évoque quatre éléments : deux portes et deux chemins, formant deux paires opposées :
- d’un côté, la porte large et le chemin spacieux,
- de l’autre, la porte étroite et le chemin resserré.
La porte large
Cette porte large est comparable à une porte cochère que l’on trouve dans les anciennes façades d’immeubles et conçue pour laisser passer des véhicules. Elle est haute, imposante et dotée de deux grands battants. Elle symbolise la facilité, le confort, et le courant majoritaire. On y entre sans réflexion, souvent porté par la foule. Beaucoup la choisissent. Cependant, se laisser entraîner par la foule, peut être dangereux et Jésus avertit : le chemin large qui se présente conduit à la perdition.
La porte étroite
En ce qui concerne la porte étroite, il s’agit d’une petite ouverture, souvent dissimulée, ne laissant passer qu’une personne à la fois, par laquelle il faut se courber pour entrer.
Elle ne laisse passer qu’un individu à la fois et y passer nécessite une réflexion personnelle. Cette porte symbolise une démarche personnelle, réfléchie, volontaire. Choisir cette porte demande un effort, une décision consciente de ne pas suivre le courant majoritaire et cela demande de l’humilité.
Les deux chemins
- Le chemin spacieux ressemble à l’autoroute du soleil très animée un jour de départ en vacances : large, encombrée par des foules en quête de confort ou de plaisir. Ce chemin semble facile, mais il mène à la perdition, dit Jésus.
- Le chemin resserré, en revanche, est comme un sentier de montagne, étroit, escarpé, raide, parfois isolé. Il demande persévérance, vigilance et foi.. Pourtant, c’est le chemin qui mène à la vie. Une belle image est celle du GR20, chemin de crête exigeant, où le Saint-Esprit est notre guide.
Choisir la porte étroite et le chemin resserré, c’est choisir un style de vie différent, souvent incompris, mais conduisant à la vie véritable.
5 – Marcher entre légalisme et antinomisme
Le chemin étroit évoque un sentier sur la crête d’une montagne, avec un danger de chute de chaque côté :
- Le légalisme, d’un côté,
- L’antinomisme, de l’autre.
Le légalisme
Le légalisme est l’idée que l’obéissance stricte à la loi, voire à des règles humaines, peut assurer le salut. Il donne une apparence de piété, mais oublie la grâce et l’intention du cœur.
L’antinomisme
À l’inverse, l’antinomisme rejette toute loi, sous prétexte que la grâce suffit. Il néglige la sainteté de Dieu et la transformation de vie attendue du croyant. ( la sanctification)
L’antinomisme affirme que, puisque Jésus-Christ a accompli parfaitement la Loi, les chrétiens ne sont plus soumis à aucune règle morale et peuvent vivre sans contrainte légale, ce qui est une grave déviation de l’Évangile.
Cette doctrine met en avant la suprématie de la Grâce au point de considérer la Loi comme inutile, voire nuisible. Elle enseigne que la liberté chrétienne implique une absence totale d’obligation morale.
En résumé :
- Le légalisme affirme que le salut dépend de l’obéissance scrupuleuse à la loi, en plus de la foi en Jésus.
- L’antinomisme à l’inverse, enseigne que la foi en Jésus seule suffit, rendant toute loi caduque.
Ce genre de message n’est pas nouveau. En effet : Les versets 13 et 14 de Matthieu 7 constituent ce que la tradition appelle « les deux chemins » ou « les deux voies », un thème bien ancré dans l’Ancien Testament. Ce motif oppose deux styles de vie : l’un mène à la vie, l’autre à la perdition.
On retrouve cette idée dans plusieurs passages bibliques, en :
- Psaume 1 : où le juste est comparé à un arbre planté près d’un courant d’eau, tandis que le méchant est comme la paille emportée par le vent.
- Proverbes 4:10-19 : qui est un appel à suivre le chemin de la sagesse, en évitant le sentier des méchants.
- Ésaïe 1:19-20 : où sont présentées deux issues opposées à l’appel de Dieu : bénédiction pour l’obéissance, jugement pour la rébellion.
et particulièrement en :
Deutéronome 30:15, 19 – les deux voies
15 Vois, je mets aujourd’hui devant toi la vie et le bien, la mort et le mal.
19 J’en prends aujourd’hui à témoin contre vous le ciel et la terre : j’ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie, afin que tu vives, toi et ta postérité,
Jérémie 21:8
8 Tu diras à ce peuple : Ainsi parle l’Éternel : Voici, je mets devant vous le chemin de la vie et le chemin de la mort.
Dans Matthieu 7:14, Jésus affirme : « Il y en a peu qui les trouvent », ce qui fait écho à:
Luc 13:23-24
23 Quelqu’un lui dit: Seigneur, n’y a-t-il que peu de gens qui soient sauvés ? Il leur répondit :
24 Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite. Car, je vous le dis, beaucoup chercheront à entrer, et ne le pourront pas.
Jésus ici, appelle à l’effort spirituel pour entrer par la porte étroite, soulignant que le salut n’est pas automatique.
L’ordre spirituel : d’abord la porte, ensuite le chemin
Cet ordre est essentiel :
- La porte représente la foi initiale en Jésus-Christ, la repentance, et la nouvelle naissance suivies du baptême par immersion.
- Le chemin symbolise la vie chrétienne vécue en conformité avec Christ — le chemin de la sanctification.
Jésus est à la fois la porte et le chemin :
Jean 14:6
« Je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. »
Le mot »resserré » en grec
Le mot grec »thlibo » signifie être pressé, affligé, opprimé. Le chemin chrétien est fait de tension et de résistance parfois difficile, mais empreint de la présence de Dieu. Il appelle à la fidélité dans les épreuves, non au confort. Il demande renoncement, persévérance et foi.
Deux styles de vie opposés
Jésus oppose clairement deux modes de vie :
- L’un centré sur soi-même avec le plaisir immédiat, la facilité qui mène à la perdition.
- L’autre centré sur Dieu, l’obéissance, et l’espérance éternelle qui mène à la vie véritable.
Ce n’est pas simplement la fin qui diffère, mais toute la manière de vivre ici-bas.
6- Son application personnelle : quelle voie choisir ?
La parabole de la porte étroite est un appel personnel et urgent. Elle nous dit que :
- Le salut commence par une décision initiale : entrer par la porte étroite, en recevant Jésus par la foi.
- Cette décision transforme notre mode de vie : suivre un chemin parfois exigeant, mais plein de sens.
Elle fait deux mises en garde :
- Il est naturel de préférer ce qui est large, visible, et facile.
- Il est naturel de suivre la majorité.
Mais Jésus appelle à une démarche qui va à l’encontre du plus grand nombre, à un choix lucide et courageux :
Choisis la vie !
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