Matthieu chapitre 27 : Jésus condamné, crucifié et enseveli par amour

Classé dans : Etude Biblique | 0

Matthieu chapitre 27 décrit la condamnation, la crucifixion et l’ensevelissement de Jésus. Celui-ci est livré à Pilate, cloué sur la croix et meurt dans l’abandon. Pourtant, dans cet acte d’amour ultime, s’accomplit le salut promis à l’humanité pécheresse. Ce chapitre central pour l’Évangile.

Étude biblique suivante : Matthieu chapitre 28

Matthieu chapitre 27 – Étude biblique

.

1 – La condamnation de Jésus – Matthieu 27:1-2

1 Dès que le matin fut venu, tous les principaux sacrificateurs et les anciens du peuple tinrent conseil contre Jésus, pour le faire mourir.

Après l’avoir lié, ils l’emmenèrent, et le livrèrent à Ponce Pilate, le gouverneur.

Le contexte :

 Après son arrestation, Jésus est conduit devant le Sanhédrin, puis livré à Pilate pour une condamnation romaine.

Les points clés

  • « Tous les principaux sacrificateurs et les anciens du peuple tinrent conseil contre Jésus pour le faire mourir» : Le Sanhédrin, après avoir condamné Jésus pour blasphème (Matthieu 26:65-66), cherche à obtenir une condamnation politique de la part des Romains, car ils n’ont pas le droit d’exécuter eux mêmes qui que ce soit (Jean 18:31). Leur motivation est claire : éliminer Jésus, perçu comme une menace pour leur autorité religieuse et politique. Pourtant, pour un blasphème, ils auraient dû le lapider selon ce qui est écrit en:
Lévitique 24:16

16 Celui qui blasphémera le nom de l’Éternel sera puni de mort: toute l’assemblée le lapidera. Qu’il soit étranger ou indigène, il mourra, pour avoir blasphémé le nom de Dieu.

Et comme ils l’ont fait pour Étienne en Actes 7.

  • Mais ils tenaient à ce qu’il soit vu par le peuple comme un objet de malédiction selon les versets de :
Deutéronome 21:23

23 son cadavre ne passera point la nuit sur le bois; mais tu l’enterreras le jour même, car celui qui est pendu est un objet de malédiction auprès de Dieu, et tu ne souilleras point le pays que l’Éternel, ton Dieu, te donne pour héritage.

Ceci est confirmé par l’apôtre Paul en :

Galates 3:13

13 Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous-car il est écrit: Maudit est quiconque est pendu au bois,

  • «Ils le livrèrent à Pilate, le gouverneur » : Pilate, préfet romain de Judée, représente l’autorité impériale. Les chefs religieux doivent obtenir son accord pour exécuter Jésus. Cette livraison marque le début du procès romain au cours duquel Jésus sera accusé de s’être déclaré « roi des Juifs » (une prétention politique dangereuse pour Rome).

L’enseignement

  • Injustice et manipulation : Les autorités religieuses agissent par jalousie et peur (Matthieu 27:18), manipulant la foule et le système judiciaire. Cela montre comment l’ambition et la peur peuvent corrompre la justice.
  • Soumission à la volonté de Dieu : Jésus, bien qu’innocent, se soumet au processus, accomplissant ainsi les Écritures et notamment ce qui est écrit en Ésaïe 53:7.

.

2 – Les vains remords de Judas – Matthieu 27:3-10

Alors Judas, qui l’avait livré, voyant qu’il était condamné, se repentit, et rapporta les trente pièces d’argent aux principaux sacrificateurs et aux anciens,

en disant: J’ai péché, en livrant le sang innocent. Ils répondirent: Que nous importe? Cela te regarde.

Judas jeta les pièces d’argent dans le temple, se retira, et alla se pendre.

Les principaux sacrificateurs les ramassèrent, et dirent: Il n’est pas permis de les mettre dans le trésor sacré, puisque c’est le prix du sang.

Et, après en avoir délibéré, ils achetèrent avec cet argent le champ du potier, pour la sépulture des étrangers.

C’est pourquoi ce champ a été appelé champ du sang, jusqu’à ce jour.

Alors s’accomplit ce qui avait été annoncé par Jérémie, le prophète: Ils ont pris les trente pièces d’argent, la valeur de celui qui a été estimé, qu’on a estimé de la part des enfants d’Israël;

10 et il les ont données pour le champ du potier, comme le Seigneur me l’avait ordonné.

Le contexte :

Judas, après avoir trahi Jésus, est accablé par le remords. C’est ainsi que s’est accompli la prophétie de:

Zacharie 11:12-13

12 Je leur dis: Si vous le trouvez bon, donnez-moi mon salaire; sinon, ne le donnez pas. Et ils pesèrent pour mon salaire trente sicles d’argent.

13 L’Éternel me dit: Jette-le au potier, ce prix magnifique auquel ils m’ont estimé! Et je pris les trente sicles d’argent, et je les jetai dans la maison de l’Éternel, pour le potier.

Les points clés

  • « Judas, se repentit» : Le verbe grec metamelomai (se repentir) exprime des remords, mais pas un véritable repentir menant au salut (comparer avec metanoia, qui implique un changement de cœur et de vie). Judas regrette son acte, mais ne cherche pas le pardon de Dieu.
  • « J’ai péché en livrant du sang innocent » : Judas reconnaît l’innocence de Jésus, mais son repentir est désespéré. Il tente de rendre les trente pièces d’argent, symbole de sa trahison (Matthieu 26:15), mais les chefs religieux refusent, montrant leur indifférence à la justice.
  • « Il jeta l’argent dans le temple, se retira, et alla se pendre» : Judas se suicide ce qui constitue un acte de désespoir total. Les chefs religieux utilisent l’argent pour acheter le champ du potier, accomplissant ainsi la prophétie de Zacharie 11:12-13
  • ‘’Champ du sang’’ est la traduction du terme Araméen “Hakeldama,” trouvé dans Actes 1:19.

L’enseignement

  • Le danger du désespoir : Judas montre comment les remords sans espérance, peut mener à la destruction. Le vrai repentir implique de se tourner vers Dieu pour confesser son péché et pour recevoir son pardon.
1 Jean 1:9

Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité.

  • L’accomplissement des Écritures : Même dans la trahison, le plan de Dieu s’accomplit. Le champ acheté avec l’argent de Judas devient un lieu maudit, symbole de la conséquence du péché.

.

3 – Jésus comparait devant Pilate – Matthieu 27:11-14

11 Jésus comparut devant le gouverneur. Le gouverneur l’interrogea, en ces termes: Es-tu le roi des Juifs? Jésus lui répondit: Tu le dis.

12 Mais il ne répondit rien aux accusations des principaux sacrificateurs et des anciens.

13 Alors Pilate lui dit: N’entends-tu pas de combien de choses ils t’accusent?

Le contexte :

Pilate interroge Jésus sur les accusations portées contre lui.

Luc 23:2

Ils se mirent à l’accuser, disant: Nous avons trouvé cet homme excitant notre nation à la révolte, empêchant de payer le tribut à César, et se disant lui-même Christ, roi.

Les points clés

  • « Es-tu le roi des Juifs ? » : C’est la seule question qui intéresse Pilate. Il cherche par là à savoir si Jésus est un agitateur politique. Jésus répond : « Tu le dis », affirmant ainsi sa royauté, mais d’une manière qui dépasse la compréhension terrestre de Pilate.
  • « Il ne répondit rien aux accusations» : Le silence de Jésus accomplit la prophétie d’Ésaïe 53:7 : « Il n’a pas ouvert la bouche, comme un agneau qu’on mène à la boucherie. » Son silence montre sa dignité et sa soumission à la volonté de Dieu, malgré l’injustice.

Enseignement

  • L’autorité de Jésus : Jésus affirme sa royauté, mais pas de la manière attendue par Pilate ou les chefs religieux. Il est roi spirituel, et son royaume n’est « pas de ce monde »
Jean 18:36

36 Mon royaume n’est pas de ce monde, répondit Jésus. Si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs auraient combattu pour moi afin que je ne sois pas livré aux Juifs; mais maintenant mon royaume n’est point d’ici-bas.

  • Le silence comme témoignage : Le silence de Jésus devant ses accusateurs, est un témoignage de sa confiance en Dieu et de son innocence. Il ne se défend pas car sa mission est de se sacrifier pour les pécheurs.

.

4 – Jésus ou Barabbas – Matthieu 27:15-26

15 A chaque fête, le gouverneur avait coutume de relâcher un prisonnier, celui que demandait la foule.

16 Ils avaient alors un prisonnier fameux, nommé Barabbas.

17 Comme ils étaient assemblés, Pilate leur dit: Lequel voulez-vous que je vous relâche, Barabbas, ou Jésus, qu’on appelle Christ?

18 Car il savait que c’était par envie qu’ils avaient livré Jésus.

19 Pendant qu’il était assis sur le tribunal, sa femme lui fit dire: Qu’il n’y ait rien entre toi et ce juste; car aujourd’hui j’ai beaucoup souffert en songe à cause de lui.

20 Les principaux sacrificateurs et les anciens persuadèrent à la foule de demander Barabbas, et de faire périr Jésus.

21 Le gouverneur prenant la parole, leur dit: Lequel des deux voulez-vous que je vous relâche? Ils répondirent: Barabbas.

22 Pilate leur dit: Que ferai-je donc de Jésus, qu’on appelle Christ? Tous répondirent: Qu’il soit crucifié!

23 Le gouverneur dit: Mais quel mal a-t-il fait? Et ils crièrent encore plus fort: Qu’il soit crucifié!

24 Pilate, voyant qu’il ne gagnait rien, mais que le tumulte augmentait, prit de l’eau, se lava les mains en présence de la foule, et dit: Je suis innocent du sang de ce juste. Cela vous regarde.

25 Et tout le peuple répondit: Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants!

26 Alors Pilate leur relâcha Barabbas; et, après avoir fait battre de verges Jésus, il le livra pour être crucifié.

Le contexte :

  • Pilate propose de relâcher un prisonnier selon la coutume, mais la foule demande la libération de Barabbas et la crucifixion de Jésus.
  • Se laver les mains était une coutume juive et non romaine :
Deutéronome 21:6-8

Tous les anciens de cette ville la plus rapprochée du cadavre laveront leurs mains sur la génisse à laquelle on a brisé la nuque dans le torrent.

Et prenant la parole, ils diront: Nos mains n’ont point répandu ce sang et nos yeux ne l’ont point vu répandre.

Pardonne, ô Éternel! à ton peuple d’Israël, que tu as racheté; n’impute pas le sang innocent à ton peuple d’Israël, et ce sang ne lui sera point imputé.

Psaumes 26:6

Je lave mes mains dans l’innocence, Et je vais autour de ton autel, ô Éternel!

et Psaumes 73:13

13 C’est donc en vain que j’ai purifié mon cœur, Et que j’ai lavé mes mains dans l’innocence :

Les points clés

  • « La foule […] demanda Barabbas » : Barabbas était un criminel notoire (Jean 18:40) et il est préféré à Jésus. Ce choix symbolise comment l’humanité rejette le Sauveur pour privilégier le péché.
  • « Que ferai-je donc de Jésus qu’on appelle Christ ? » : Pilate, conscient de l’innocence de Jésus (Matthieu 27:24), tente de le libérer, mais va cèder à la pression de la foule. « Qu’il soit crucifié ! » devient le cri unanime, montrant la haine des chefs religieux et l’influence qu’ils avaient sur le peuple.
  • « Pilate prit de l’eau, se lava les mains en présence de la foule, et dit : Je suis innocent du sang de cet homme » : Ce geste symbolique montre que Pilate rejette toute responsabilité. Cependant, il n’en reste pas moins complice en condamnant Jésus. La foule répond : « Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants ! ». Ceci est une déclaration tragique de leur responsabilité collective, une auto-malédiction qui se porte sur les générations suivantes.

L’enseignement

  • La responsabilité morale : Pilate et la foule montrent comment la lâcheté et la manipulation peuvent mener à des injustices graves. Les croyants sont appelés à assumer leurs responsabilités et à résister à la pression sociale et à quelque pression que ce soit.
  • Le rejet de Jésus : Le choix de Barabbas au lieu de Jésus illustre comment l’humanité préfère souvent le péché à la grâce. Cela rappelle l’importance de choisir Jésus-Christ chaque jour.

.

5 – Le Roi est couronné d’épines – Matthieu 27:27-32

27 Les soldats du gouverneur conduisirent Jésus dans le prétoire, et ils assemblèrent autour de lui toute la cohorte.

28 Ils lui ôtèrent ses vêtements, et le couvrirent d’un manteau écarlate.

29 Ils tressèrent une couronne d’épines, qu’ils posèrent sur sa tête, et ils lui mirent un roseau dans la main droite; puis, s’agenouillant devant lui, ils le raillaient, en disant: Salut, roi des Juifs!

30 Et ils crachaient contre lui, prenaient le roseau, et frappaient sur sa tête.

31 Après s’être ainsi moqués de lui, ils lui ôtèrent le manteau, lui remirent ses vêtements, et l’emmenèrent pour le crucifier.

32 Lorsqu’ils sortirent, ils rencontrèrent un homme de Cyrène, appelé Simon, et ils le forcèrent à porter la croix de Jésus.

Le contexte :

Après la condamnation, Jésus est livré aux soldats romains pour être crucifié. La couronne d’épines rappelle deux épisodes. Celui du sacrifice d’Isaac, où il y a eu substitution avec un bélier.

Genèse 22:13

13 Abraham leva les yeux, et vit derrière lui un bélier retenu dans un buisson par les cornes; et Abraham alla prendre le bélier, et l’offrit en holocauste à la place de son fils.

Et la malédiction de la terre de:

Genèse 3:17-18

17 Il dit à l’homme: Puisque tu as écouté la voix de ta femme, et que tu as mangé de l’arbre au sujet duquel je t’avais donné cet ordre: Tu n’en mangeras point! le sol sera maudit à cause de toi. C’est à force de peine que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie,

18 il te produira des épines et des ronces, et tu mangeras de l’herbe des champs.

Jésus prend sur lui la malédiction liée à nos péchés.

De même, alors que l’humanité méritait la mort, Jésus prend la place de chacun et s’offre lui-même en sacrifice. Il devient ainsi la victime expiatoire, accomplissant le rôle du bélier dans le récit d’Abraham, mais de façon parfaite et définitive.

Les points clés

  • « Les soldats du gouverneur prirent Jésus dans le prétoire » : Les soldats romains vont se moquer de Jésus. Ainsi, Ils lui mettent un manteau écarlate. Marc 15:17 et Jean 19:2 parleront de pourpre, symbole de royauté. Ils le coiffent d’une couronne d’épines, et lui mettent entre les mains un roseau comme un sceptre, le ridiculisant ainsi en le traitant comme un « roi ».
  • « Salut, roi des Juifs ! » : Les soldats se moquent de la prétention royale de Jésus, lui crachent dessus et le frappent. Ces actes montrent le mépris des Romains pour les Juifs et leur Messie.
  • « Après s’être ainsi moqués de lui, ils l’emmenèrent pour le crucifier » : Jésus est conduit au calvaire, portant sa croix (Jean 19:17). Malgré les outrages, il reste silencieux et digne, accomplissant ainsi les Écritures.

L’enseignement

  • L’humiliation de Jésus : Les moqueries des soldats révèlent la profondeur de l’abaissement de Jésus. Il endure l’humiliation pour racheter l’humanité. Paul dira :
Philippiens 2:8

il s’est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix.

  • La royauté de Jésus : Ironiquement, les soldats proclament sans le savoir la vérité. Jésus est bien le Roi, le Roi des rois, mais son royaume est spirituel et éternel.

.

6 – Jésus est crucifié – Matthieu 27:33-44

33 Arrivés au lieu nommé Golgotha, ce qui signifie lieu du crâne,

34 ils lui donnèrent à boire du vin mêlé de fiel; mais, quand il l’eut goûté, il ne voulut pas boire.

35 Après l’avoir crucifié, ils se partagèrent ses vêtements, en tirant au sort, afin que s’accomplît ce qui avait été annoncé par le prophète: Ils se sont partagé mes vêtements, et ils ont tiré au sort ma tunique.

36 Puis ils s’assirent, et le gardèrent.

Les points clés

  • 27:34“ils lui donnèrent à boire du vin mêlé de fiel” Le Talmud Babylonien dit que les femmes de Jérusalem donnaient cette boisson forte aux condamnés pour soulager leur douleur. C’était probablement une référence prophétique au:
Psaumes 69:22

22 Ils mettent du fiel dans ma nourriture, Et, pour apaiser ma soif, ils m’abreuvent de vinaigre.

  • 27:35 – « ils se partagèrent ses vêtements, en tirant au sort » C’est l’accomplissement de la prophétie de:
Psaumes 22:19

19 Ils se partagent mes vêtements, Ils tirent au sort ma tunique.

.

Matthieu 27:37-44 – L’inscription : Le roi des Juifs

37 Pour indiquer le sujet de sa condamnation, on écrivit au-dessus de sa tête: Celui-ci est Jésus, le roi des Juifs.

38 Avec lui furent crucifiés deux brigands, l’un à sa droite, et l’autre à sa gauche.

39 Les passants l’injuriaient, et secouaient la tête,

40 en disant: Toi qui détruis le temple, et qui le rebâtis en trois jours, sauve-toi toi-même! Si tu es le Fils de Dieu, descends de la croix!

41 Les principaux sacrificateurs, avec les scribes et les anciens, se moquaient aussi de lui, et disaient:

42 Il a sauvé les autres, et il ne peut se sauver lui-même! S’il est roi d’Israël, qu’il descende de la croix, et nous croirons en lui.

43 Il s’est confié en Dieu; que Dieu le délivre maintenant, s’il l’aime. Car il a dit: Je suis Fils de Dieu.

44 Les brigands, crucifiés avec lui, l’insultaient de la même manière.

Les points clés

  • 27:37– Jésus, le roi des Juifs, ou plus précisément,Jésus de Nazareth, roi des Juifs. l’acronyme de « Jésus de Nazareth, roi des Juifs » donne le nom de Dieu, équivalent en latin à « INRI ». C’est ce qui explique la réaction des principaux sacrificateurs relatée en:
Jean 19:20-22

20 Beaucoup de Juifs lurent cette inscription, parce que le lieu où Jésus fut crucifié était près de la ville: elle était en hébreu, en grec et en latin.

21 Les principaux sacrificateurs des Juifs dirent à Pilate: N’écris pas: Roi des Juifs. Mais écris qu’il a dit: Je suis roi des Juifs.

22 Pilate répondit: Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit.

  • Tous ceux qui se moquent de Jésus et qui le provoquent, sont inspirés par l’ennemi le diable, qui veut faire échouer le plan de Dieu. Le déchainement des puissances démoniaques est révélée au verset de:
Psaumes 22:13-14

13 De nombreux taureaux sont autour de moi, Des taureaux de Basan m’environnent.

14 Ils ouvrent contre moi leur gueule, Semblables au lion qui déchire et rugit.

  • L’accomplissement des Écritures : Chaque détail (le partage des vêtements, les moqueries…) accomplissait les prophéties de l’Ancien Testament, montrant que la crucifixion faisait partie du plan divin.
  • La souffrance et l’amour : Jésus a enduré toutes les moqueries, les injures et la douleur par amour pour les hommes.
Matthieu 20:28

28 C’est ainsi que le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie comme la rançon de plusieurs.

  • Les moqueries des hommes montrent l’incompréhension humaine et démontrent que la sagesse de Dieu est une folie pour le monde.
1 Corinthiens 1:18

18 Car la prédication de la croix est une folie pour ceux qui périssent ; mais pour nous qui sommes sauvés, elle est une puissance de Dieu.

Ne soyons donc pas surpris quand notre témoignage auprès des autres, est rejeté et que nous soyons rejetés à cause de cela.

.

7 – Jésus accomplit la loi par sa mort – Matthieu 27:45-56

45 Depuis la sixième heure jusqu’à la neuvième, il y eut des ténèbres sur toute la terre.

46 Et vers la neuvième heure, Jésus s’écria d’une voix forte: Éli, Éli, lama sabachthani? c’est-à-dire: Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné?

47 Quelques-uns de ceux qui étaient là, l’ayant entendu, dirent: Il appelle Élie.

48 Et aussitôt l’un d’eux courut prendre une éponge, qu’il remplit de vinaigre, et, l’ayant fixée à un roseau, il lui donna à boire.

49 Mais les autres disaient: Laisse, voyons si Élie viendra le sauver.

50 Jésus poussa de nouveau un grand cri, et rendit l’esprit.

51 Et voici, le voile du temple se déchira en deux, depuis le haut jusqu’en bas, la terre trembla, les rochers se fendirent,

52 les sépulcres s’ouvrirent, et plusieurs corps des saints qui étaient morts ressuscitèrent.

53 Étant sortis des sépulcres, après la résurrection de Jésus, ils entrèrent dans la ville sainte, et apparurent à un grand nombre de personnes.

54 Le centenier et ceux qui étaient avec lui pour garder Jésus, ayant vu le tremblement de terre et ce qui venait d’arriver, furent saisis d’une grande frayeur, et dirent: Assurément, cet homme était Fils de Dieu.

55 Il y avait là plusieurs femmes qui regardaient de loin; qui avaient accompagné Jésus depuis la Galilée, pour le servir.

56 Parmi elles étaient Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques et de Joseph, et la mère des fils de Zébédée.

Les points clés

  • 27:45 : «il y eut des ténèbres sur toute la terre »: Les ténèbres (de 12 à 15 heures) symbolisent le jugement de Dieu et la souffrance spirituelle de Jésus, qui porte le péché du monde, selon :
Ésaïe 53:6

Nous étions tous errants comme des brebis, Chacun suivait sa propre voie; Et l’Éternel a fait retomber sur lui l’iniquité de nous tous.

Au moment où Jésus prend sur lui tous les péchés du monde, Dieu le Père se retire car il est trop pur pour voir le péché. Jésus perd ainsi pour un temps la communion avec le Père.

Habakuk 1:13

13 Tes yeux sont trop purs pour voir le mal, Et tu ne peux pas regarder l’iniquité. Pourquoi regarderais-tu les perfides, et te tairais-tu, Quand le méchant dévore celui qui est plus juste que lui?

  • 27:46 : «Éli, Éli, lama sabachthani ? c’est-à-dire : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Ce verset est la citation du
Psaumes 22:2

2Mon Dieu! mon Dieu! pourquoi m’as-tu abandonné, Et t’éloignes-tu sans me secourir, sans écouter mes plaintes?

Ce verset exprime la détresse extrême de Jésus quand sur la croix, Il porte tout le poids du péché, ce qui le sépare temporairement de Dieu, son Père.

  • 27:47 : «Il appelle Élie » Les spectateurs ne comprennent pas les paroles de Jésus, montrant ainsi leur ignorance des Écritures. Pourtant, ce moment est l’accomplissement de celles-ci.
  • 27:50 :« Jésus dans un grand cri rendit l’esprit » : Par son sacrifice volontaire, Jésus a accompli sa mission rédemptrice.
Jean 10:18

18 Personne ne me l’ôte, mais je la donne de moi-même; j’ai le pouvoir de la donner, et j’ai le pouvoir de la reprendre: tel est l’ordre que j’ai reçu de mon Père.

Son dernier cri est un cri de victoire.

Jean 19:30

30 Quand Jésus eut pris le vinaigre, il dit: Tout est accompli. Et, baissant la tête, il rendit l’esprit.

  • 27:51 : « Le voile du temple se déchira en deux, depuis le haut jusqu’en bas ». Le fait que le voile se soit déchiré du haut vers le bas indique que cela s’est produit à l’initiative de Dieu. En effet, ce voile étant particulièrement haut et épais, il était impossible à des hommes de le déchirer de bas en haut d’un seul coup. A partir du moment où il est déchiré, Il offre un accès direct à la présence de Dieu le Père, en réponse au sacrifice accompli par son Fils Jésus. Ceci est confirmé par :
Hébreux 10:19-20

19 Ainsi donc, frères, puisque nous avons, au moyen du sang de Jésus, une libre entrée dans le sanctuaire

20 par la route nouvelle et vivante qu’il a inaugurée pour nous au travers du voile, c’est-à-dire, de sa chair,

  • 27:51-52 : « La terre trembla, les rochers se fendirent, les sépulcres s’ouvrirent » Ces signes surnaturels montrent l’impact de la mort de Jésus même sur la création.
  • 27:52-53 : « des saints ressuscitèrent » Ces résurrections préfigurent la victoire de Jésus sur la mort.
  • 27:54 : « Le centurion … Assurément, cet homme était Fils de Dieu »: Parmi la foule, c’est un païen (le centurion romain) qui reconnaît la divinité de Jésus après avoir vu les signes surnaturels. Cela montre que la vérité de Jésus dépasse les barrières culturelles et religieuses.
  • 27:55-56 : « Il y avait là plusieurs femmes qui regardaient de loin ». Ces femmes étaient notamment Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques et de Joseph et la mère des fils de Zébédée qui sont restées fidèles jusqu’à la fin. Leur présence montre leur dévouement et prépare leur rôle de témoins de la résurrection.
L’enseignement
  • L’accomplissement des Écritures : La mort de Jésus s’accomplissait selon les prophéties de l’Ancien Testament (Psaume 22, Ésaïe 53). Chaque détail (les ténèbres, le cri d’abandon, la déchirure du voile) montre que le plan de Dieu se réalisait.
  • Le sacrifice rédempteur : Jésus porte le péché du monde
 1 Jean 2:2

Il est lui-même une victime expiatoire pour nos péchés, non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier.

Jésus endure la séparation d’avec Dieu pour racheter l’humanité. Sa mort ouvre la voie du pardon et de la réconciliation avec Dieu.

  • L’accès à Dieu : La déchirure du voile symbolise le fait que tout être humain, peut désormais s’approcher de Dieu le Père, au nom de Jésus-Christ, son Fils.
Hébreux 4:16

16 Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce afin d’obtenir miséricorde et de trouver grâce, pour être secourus dans nos besoins.

  •  Jésus a aboli la séparation entre Dieu et les hommes.
  • La reconnaissance de la divinité : Même un soldat romain reconnaît que Jésus est le Fils de Dieu. Cela montre que la vérité de Jésus se révèle même dans les moments les plus sombres.
  • La fidélité des femmes : Les femmes, contrairement aux disciples qui ont fui, sont restées fidèles jusqu’à la fin. Leur présence prépare leur rôle dans l’annonce de la résurrection (Matthieu 28:1-10).

.

8 – Jésus est enseveli – Matthieu 27:57-61

57 Le soir étant venu, arriva un homme riche d’Arimathée, nommé Joseph, lequel était aussi disciple de Jésus.

58 Il se rendit vers Pilate, et demanda le corps de Jésus. Et Pilate ordonna de le remettre.

59 Joseph prit le corps, l’enveloppa d’un linceul blanc,

60 et le déposa dans un sépulcre neuf, qu’il s’était fait tailler dans le roc. Puis il roula une grande pierre à l’entrée du sépulcre, et il s’en alla.

61 Marie de Magdala et l’autre Marie étaient là, assises vis-à-vis du sépulcre.

Le contexte :

 Après la mort de Jésus, Joseph d’Arimathée va demander son corps pour l’ensevelir.

Les points clés

  • 27:57 : « Joseph d’Arimathée était aussi disciple de Jésus ». Il est membre du Sanhédrin selon Marc 15:43 et est décrit comme un homme bon et juste, attendant le royaume de Dieu (Luc 23:50-51). Selon Jean 19:38, il était disciple de Jésus en secret et il a fait preuve de détermination en demandant publiquement le corps de Jésus à Pilate. Cette initiative comportait un risque pour sa position sociale, reflétant ainsi une démarche courageuse de foi. Les disciples n’eurent le courage de manifester leur foi en Jésus qu’après la Pentecôte.
  • 27:60 : « Il le déposa dans son sépulcre neuf» L’ensevelissement dans un tombeau neuf, accomplissait la prophétie d’Ésaïe 53:9.
  • 27:61 :« Marie de Magdala et l’autre Marie»: Ces femmes vont faire preuve d’une fidélité constante. Présentes lors de la crucifixion, elles assistent également à la mise au tombeau de Jésus, et se préparent à embaumer son corps.
Marc 16:1

1 Lorsque le sabbat fut passé, Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques, et Salomé, achetèrent des aromates, afin d’aller embaumer Jésus.

Leur présence montre leur dévouement.

l’Enseignement

  • Le courage de la foi : Joseph d’Arimathée incarne l’audace de vivre sa foi, même dans l’adversité. Il est pour les croyants une référence pour vivre leur foi avec détermination, même dans des environnements hostiles.
  • L’espérance de la résurrection : Le tombeau neuf et scellé, devient le lieu de la victoire sur la mort. Les chrétiens sont invités à vivre dans l’espérance de la résurrection et de la vie éternelle.

.

9 – Le sépulcre est scellé et gardé – Matthieu 27:62-66

62 Le lendemain, qui était le jour après la préparation, les principaux sacrificateurs et les pharisiens allèrent ensemble auprès de Pilate,

63 et dirent: Seigneur, nous nous souvenons que cet imposteur a dit, quand il vivait encore: Après trois jours je ressusciterai.

64 Ordonne donc que le sépulcre soit gardé jusqu’au troisième jour, afin que ses disciples ne viennent pas dérober le corps, et dire au peuple: Il est ressuscité des morts. Cette dernière imposture serait pire que la première.

65 Pilate leur dit: Vous avez une garde; allez, gardez-le comme vous l’entendrez.

66 Ils s’en allèrent, et s’assurèrent du sépulcre au moyen de la garde, après avoir scellé la pierre.

Le contexte :

Les chefs religieux demandent à Pilate de sécuriser le tombeau pour empêcher une prétendue supercherie. Peut-être qu’au fond d’eux-mêmes, leur motivation était autre, car ils se rappelaient les paroles de Jésus : « Après trois jours je ressusciterai. » 

Matthieu 16:21

21 Dès lors Jésus commença à faire connaître à ses disciples qu’il fallait qu’il aille à Jérusalem, qu’il souffre beaucoup de la part des anciens, des principaux sacrificateurs et des scribes, qu’il soit mis à mort, et qu’il ressuscite le troisième jour.

Les points clés
  • 27:62 : « Les autorités religieuses et Pilate » Se souvenant des paroles de Jésus sur sa résurrection, ces autorités religieuses cherchent à empêcher toute rumeur de résurrection.
  • 27:64 : «Ordonne que le sépulcre soit gardé». Pilate ne veut pas prendre la responsabilité de la garde du sépulcre pour ne pas être accusé de négligence.
  • 27:66 :« Ils scellèrent la pierre»: Les religieux prennent toutes les précautions. La garde est devant le sépulcre, la pierre est scellée. Toute tentative de fraude est rendue impossible.
L’enseignement
  • L’impuissance face à Dieu : Les précautions des chefs religieux seront vaines. La résurrection de Jésus est la preuve de la toute-puissance de Dieu
  • La peur de la vérité : Les autorités cherchent à étouffer la vérité, mais leur mensonge sera démasqué (Matthieu 28:11-15). La vérité triomphera toujours.

La synthèse et les enseignements globaux

  1. L’accomplissement des Écritures : Chaque détail de Matthieu 27 (la trahison de Judas, le silence de Jésus, la déchirure du voile, etc.) accomplissait les prophéties de l’Ancien Testament. Cela montre que la mort de Jésus faisait partie du plan rédempteur de Dieu.
  2. L’amour et le sacrifice de Jésus : Jésus endure la trahison, l’humiliation et la mort par amour pour l’humanité. Son sacrifice ouvre la voie du pardon et de la réconciliation avec Dieu.
  3. La faiblesse humaine et la grâce divine :
    • Judas montre comment le remords sans repentir mène au désespoir.
    • Pierre, bien qu’ayant renié Jésus, sera restauré (Jean 21:15-19). Cela rappelle que la grâce de Dieu est plus forte que nos échecs.
  4. La victoire sur la mort : La déchirure du voile et la reconnaissance du centurion montrent que la mort de Jésus ouvre un nouveau chemin vers Dieu. La résurrection (Matthieu 28) confirmera cette victoire.

L’application pratique

  • Méditer sur le sacrifice de Jésus : Prendre un temps pour réfléchir à l’amour de Jésus, qui a enduré la croix pour nous. Comment cela peut-il transformer notre gratitude et notre engagement envers Lui ?
  • Vivre dans la confiance en Dieu : Comme Joseph d’Arimathée, osons vivre notre foi avec courage, même dans un environnement hostile. Dieu honore ceux qui Lui sont fidèles.
  • Proclamer la vérité de la résurrection : Les chefs religieux ont tenté de cacher la vérité, mais elle a éclaté au grand jour. Les croyants sont appelés à partager l’Évangile avec audace, sans crainte des oppositions.
  • Recevoir la grâce et le pardon : Comme Pierre, nous pouvons échouer, mais la grâce de Dieu est toujours disponible. Tournons-nous vers Lui avec un cœur repentant et recevons son pardon.

Question pour la réflexion

Comment ce chapitre 27 de l’Évangile de Matthieu relatant la mort et l’ensevelissement de Jésus, peut-il renforcer notre foi et nous motiver à vivre pour Christ au quotidien ? En particulier, comment pouvons-nous :

  1. Rester fidèle à Jésus, même dans les épreuves ?
  2. Témoigner de son amour autour de nous ?
  3. Vivre dans l’espérance de la résurrection et de la vie éternelle ?

.

image extraite de : Imagesbibliques.org ou autres sites d’images gratuites

Matthieu chapitre 11 : A quoi comparer cette génération

Classé dans : Etude Biblique | 0

En Matthieu chapitre 11 , Jésus après avoir enseigné ses disciples, les a envoyés en mission, et de son côté il enseigne et prêche. Dans ce chapitre, Jean-Baptiste occupe une place centrale (cf. Jean 1:6-8, 19-36). Il est le dernier des prophètes de l’Ancienne Alliance (cf. Matthieu 11:9), et fait le lien entre l’Ancien et le Nouveau Testament puisqu’il annonce les temps nouveaux.

Étude biblique suivante : Matthieu chapitre 12

Matthieu chapitre 11 – Étude biblique

Concernant la question de savoir si Jésus est le Messie, les prophéties d’Ésaïe énoncent les signes qui permettent de reconnaître le Messie. Parmi eux, se trouvent la guérison des malades, la bonne nouvelle annoncée aux pauvres, les aveugles qui retrouvent la vue (cf. Ésaïe 35:5-6 ; 61:1-2).

Ésaïe 35:5-6

Alors s’ouvriront les yeux des aveugles, S’ouvriront les oreilles des sourds ;

Alors le boiteux sautera comme un cerf, Et la langue du muet éclatera de joie. Car des eaux jailliront dans le désert, Et des ruisseaux dans la solitude ;

Ésaïe 61:1-2

1 L’esprit du Seigneur, l’Éternel, est sur moi, Car l’Éternel m’a oint pour porter de bonnes nouvelles aux malheureux ; Il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé, Pour proclamer aux captifs la liberté, Et aux prisonniers la délivrance ;

Pour publier une année de grâce de l’Éternel, Et un jour de vengeance de notre Dieu ; Pour consoler tous les affligés ;

Jésus a prononcé ces paroles d’Esaïe dans la synagogue de Nazareth en se les appropriant. Jean-Baptiste, précurseur désigné (cf. Ésaïe 40:3 ; Malachie 3:1) était celui qui annonçait la venue imminente du Messie.

Ésaïe 40:3

Une voix crie: Préparez au désert le chemin de l’Éternel, Aplanissez dans les lieux arides Une route pour notre Dieu.

Jésus accomplit les signes montrant sa messianité de manière évidente, comme en témoignent les miracles rapportés dans Matthieu 8 et 9 : guérison de lépreux, résurrection, délivrance de démoniaques, paralysés marchant, aveugles voyant…, autant de preuves concrètes que le Royaume de Dieu était à l’œuvre.

Matthieu 11:1

1 Lorsque Jésus eut achevé de donner ses instructions à ses douze disciples, il partit de là, pour enseigner et prêcher dans les villes du pays.

‘’Lorsque Jésus eut achevé de donner ses instructions” Cette formule apparaît à la conclusion de chacune des cinq grandes parties du livre de Matthieu (cf. Matthieu 7:28 ; 11:1 ; 13:53 ; 19:1 ; 26:1), et semble faire écho à la structure en cinq livres du Pentateuque, soulignant le rôle de Jésus comme le nouveau Moïse, le nouveau législateur.

Les mots “Pour enseigner et prêcher dans les villes du pays” soulignent la mission centrale de Jésus : annoncer l’Évangile. Il ne s’agit pas pour Lui en premier lieu de guérir (cf. Matthieu 4:23 ; 9:35), et ce même si les guérisons ont occupé une place importante dans son ministère sur terre. Celles-ci avaient une fonction précise et étaient subordonnées à la proclamation de l’Évangile :

  1. Manifester l’amour de Dieu envers les hommes.
  2. Révéler la puissance et l’autorité de Jésus, authentifiant sa personne et son message.
  3. Accomplir les prophéties de l’Ancien Testament relatives au Messie (cf. Matthieu 11:5 ; Ésaïe 35:5-6).

Aujourd’hui encore, il est fréquent que la guérison soit davantage mise en avant que l’enseignement. Pourtant, dans la perspective biblique, la guérison est un signe qui atteste la vérité du message, et ne doit jamais éclipser la prédication de l’Évangile qui demeure au cœur du ministère du Christ.

.

1 – Jésus fait l’éloge de Jean-Baptiste

Matthieu 11:2-6

Jean, ayant entendu parler dans sa prison des œuvres du Christ, lui fit dire par ses disciples:

Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre?

Jésus leur répondit: Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et ce que vous voyez:

les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres.

Heureux celui pour qui je ne serai pas une occasion de chute.

Le mot « Christ » est l’équivalent grec du mot hébreu « Mashiah » (ou « Messie »), qui signifie « l’oint de l’Éternel ». Dans l’Ancien Testament, les prophètes, les sacrificateurs et les rois étaient oints. Jésus quant à lui, va accomplir ces trois fonctions de oint.

Hébreux 1:1-3

1 Après avoir autrefois, à plusieurs reprises et de plusieurs manières, parlé à nos pères par les prophètes,

Dieu, dans ces derniers temps, nous a parlé par le Fils, qu’il a établi héritier de toutes choses, par lequel il a aussi créé le monde,

et qui, étant le reflet de sa gloire et l’empreinte de sa personne, et soutenant toutes choses par sa parole puissante, a fait la purification des péchés et s’est assis à la droite de la majesté divine dans les lieux très hauts,

Il est intéressant de noter que même le roi Cyrus, souverain de l’Empire perse, non-juif et non-croyant, fut appelé « l’oint de Dieu » (cf. Ésaïe 44:28 ; 45:1). Cela montre que dans certains contextes, l’onction divine désigne un choix souverain de Dieu pour accomplir ses desseins, indépendamment de l’appartenance ethnique ou religieuse de la personne concernée.

Ésaïe 44:28-45:1

28 Je dis de Cyrus : Il est mon berger, Et il accomplira toute ma volonté ; Il dira de Jérusalem: Qu’elle soit rebâtie ! Et du temple : Qu’il soit fondé !

45:1 Ainsi parle l’Éternel à son oint, à Cyrus,

Cyrus s’est soumis à la volonté de Dieu et l’a accomplie (Cyrus est cité vingt fois dans l’Ancien Testament)

Comment expliquer le verset de Matthieu 11:3 ?

Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ?

Pour comprendre cette expression, il faut se reporter au:

Psaumes 118:26

26 Béni soit celui qui vient au nom de l’Éternel! Nous vous bénissons de la maison de l’Éternel.

Dans ce verset, il s’agit du Messie qui vient au nom du Seigneur  ( Matthieu 21:9, il y a cinq autres références bibliques sur le sujet)

Jean-Baptiste avait clairement reconnu Jésus comme l’Envoyé de Dieu, celui dont il préparait le chemin (cf. Matthieu 3:11-14 ; Jean 1:29-34). Pourtant, en Matthieu 11:3, il envoie ses disciples lui demander :
« Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? »
Cette question peut surprendre, car elle semble exprimer un doute.

Il est possible que Jean ait été troublé parce que Jésus ne correspondait pas aux attentes traditionnelles du Messie. Le peuple, tout comme Jean, attendait un libérateur politique, un Messie de jugement et de puissance, capable de renverser l’oppresseur romain. Or, Jésus annonçait un message de salut, de guérison et de miséricorde, même envers les exclus. Il était venu nous libérer du péché.

Romains 6:14

14 Car le péché n’aura point de pouvoir sur vous, puisque vous êtes, non sous la loi, mais sous la grâce.

D’après Jean Calvin, il se peut aussi que, dans sa fidélité à sa mission, Jean ait voulu diriger ses disciples vers Jésus. Comme André et Jean (futurs apôtres), qui avaient quitté Jean-Baptiste pour suivre Jésus (cf. Jean 1:35-37), Jean aurait pu chercher à encourager les disciples qui le suivaient, en les envoyant personnellement à la rencontre de Jésus et à avoir la révélation de sa personne.

Rappelons-nous les paroles de Jean Baptiste:

Jean 3:30

30 Il faut qu’il croisse, et que je diminue.

La réponse de Jésus

Jésus répond en citant le prophète Ésaïe (cf. Ésaïe 35:5-6 ; 61:1), mettant l’accent sur ce que les disciples de Jean, voient et entendent eux-mêmes :

« Les aveugles recouvrent la vue, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres. »

Il ne s’agit pas de rumeurs ou de ouï-dire, mais ce sont des faits qu’ils ont vu eux-mêmes. Ce sont des faits concrets, montrant que les prophéties messianiques s’accomplissent. Jésus se présente comme le Messie annoncé, mais dans une forme inattendue, humble et miséricordieuse.

Matthieu 11:6 – Une douce réprimande

« Heureux celui pour qui je ne serai pas une occasion de chute ! »

Ces paroles nous interpellent encore aujourd’hui. En effet, quand les circonstances nous déroutent, quand Dieu n’agit pas comme nous l’espérions, serons-nous pris de doutes ? Ou resterons-nous attachés à la vérité de ce que nous avons vu et entendu de Jésus à travers sa Parole ?

La question est toujours actuelle :

Ce passage nous ramène à la question essentielle :

Qui est Jésus ? Plus encore : Qui est Jésus pour moi ?

La réponse ne vient pas d’une théorie, mais d’une rencontre personnelle, avec celui dont les œuvres parlent d’elles-mêmes.

.

2 – Jésus interroge : « Qu’êtes-vous donc allés voir? »

Matthieu 11:7-15

Comme ils s’en allaient, Jésus se mit à dire à la foule, au sujet de Jean: Qu’êtes-vous allés voir au désert? un roseau agité par le vent?

Mais, qu’êtes-vous allés voir? un homme vêtu d’habits précieux? Voici, ceux qui portent des habits précieux sont dans les maisons des rois.

Qu’êtes-vous donc allés voir? un prophète? Oui, vous dis-je, et plus qu’un prophète.

10 Car c’est celui dont il est écrit: Voici, j’envoie mon messager devant ta face, Pour préparer ton chemin devant toi.

11 Je vous le dis en vérité, parmi ceux qui sont nés de femmes, il n’en a point paru de plus grand que Jean Baptiste. Cependant, le plus petit dans le royaume des cieux est plus grand que lui.

12 Depuis le temps de Jean Baptiste jusqu’à présent, le royaume des cieux est forcé, et ce sont les violents qui s’en emparent.

13 Car tous les prophètes et la loi ont prophétisé jusqu’à Jean;

14 et, si vous voulez le comprendre, c’est lui qui est l’Élie qui devait venir.

15 Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.

Jésus interpelle la foule par une question répétée trois fois : « Qu’êtes-vous allés voir ? »
Par cette question insistante, il pousse la foule à réfléchir sérieusement au rôle de Jean-Baptiste, rôle annoncé par les prophètes. En reconnaissant qui est Jean, la foule est aussi conduite à se poser la question fondamentale : qui est Jésus ?

Jean est le dernier prophète de l’Ancien Testament. Avec lui, se clôt l’ère prophétique de l’ancienne alliance, et sa mort marque la transition vers le temps du Nouveau Testament. Il est véritablement la charnière entre l’Ancienne et la Nouvelle Alliance.

Jésus affirme que Jean est l’accomplissement de la prophétie de Malachie 3:1. Cela s’inscrit dans la volonté de Matthieu de convaincre ses lecteurs juifs que Jésus est bien le Messie attendu, annoncé tout au long de l’Ancien Testament. Sous différentes formes, il fait référence à des prophéties de l’Ancien Testament, et notamment en commençant par écrire en Matthieu 1:22 :« tout cela arriva afin que s’accomplit ce que le Seigneur avait annoncé par le prophète… »

Verset 11 : une parole solennelle

Au verset 11, Jésus introduit son affirmation avec « Amen », qui est traduit souvent par « en vérité ».

אֱמוּנָה est la même racine que le mot emounah de Habakuk 2:4 traduit par foi.

Cette expression, utilisée fréquemment par Jésus, sert à souligner une déclaration importante. Elle signifie littéralement :

« C’est vrai, je vous le dis » — autrement dit : « Écoutez bien et prêtez attention ».

Nous pouvons aussi dire « amen » à une parole quand nous sommes d’accord avec celle-ci.

Jésus affirme ainsi que parmi les hommes, aucun n’est plus grand que Jean, mais que le plus petit dans le Royaume des cieux est plus grand que lui. Cela souligne la grandeur de l’œuvre inaugurée par Jésus, qui dépasse même celle des prophètes précédents.

Avec Jean se termine l’Ancienne Alliance. Avec Jésus, il s’agit de la Nouvelle Alliance annoncée par Jérémie et Ézéchiel.

Jérémie 31:31-34 = annonce de la nouvelle alliance sans qu’il soit donné de détails

Ézéchiel 36:22-38 = les détails de la nouvelle alliance : une purification, un cœur et un esprit nouveaux

Verset 12 : les violents et le Royaume

12 Depuis le temps de Jean Baptiste jusqu’à présent, le royaume des cieux est forcé, et ce sont les violents qui s’en emparent.

Ce verset 12 fait l’objet de nombreuses discussions :

« Le royaume des cieux est forcé, et ce sont les violents qui s’en emparent. »

Deux façons de comprendre ce verset :

  • Des hommes violents (religieux) tentent de détourner les personnes du Royaume en les empêchant d’y entrer.
  • C’est celui seul qui est prêt à se libérer de tout pour y entrer, qui a une foi déterminée ! C’est le prix de la consécration du chapitre 10.
    Dans la perspective spirituelle, la « violence » ici ne désigne pas l’agressivité charnelle, mais la détermination spirituelle. Elle parle d’une foi active, d’un engagement profond et total, d’un cœur résolu à saisir les promesses de Dieu.

Ce n’est pas par une foi tiède ou passive que l’on entre dans le Royaume, mais par une volonté ferme de suivre le Christ coûte que coûte. Il faut chercher à être à l’image de Christ, ce qui demande de la détermination.

Versets 13-14 : les Écritures et Jean comme Élie

Au verset 13, Jésus dit :

« Car tous les prophètes et la loi ont prophétisé jusqu’à Jean. »

Il fait ici référence aux deux premières grandes sections du canon hébraïque :

  • La Loi (la Torah : les cinq livres de Moïse),
  • Les Prophètes (de Josué à Malachie).

La troisième partie du canon juif, appelée les Écrits (ou Hagiographes), comprend des livres comme Job, Psaumes, Esther, etc …  Jésus souligne ici que l’ensemble de la révélation prophétique converge vers Jean, qui marque la fin d’une époque.

Matthieu 11:14

14 et, si vous voulez le comprendre, c’est lui qui est l’Élie qui devait venir.

Cela renvoie à Malachie 4:5, où Dieu annonce l’envoi d’Élie avant le jour du jugement.

Malachie 4:5

Voici, je vous enverrai Élie, le prophète, Avant que le jour de l’Éternel arrive, Ce jour grand et redoutable.

Jean-Baptiste n’est pas la réincarnation d’Élie, mais il vient dans l’esprit et la puissance d’Élie (cf. Luc 1:17), accomplissant ainsi cette prophétie.

Matthieu 11:15 – est une invitation personnelle

15 Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.

Cette parole de Jésus est un appel à l’écoute spirituelle. Pour comprendre les vérités du Royaume, il faut ouvrir ses oreilles spirituelles à la voix du Saint-Esprit. Cela demande un engagement personnel, une attitude d’humilité pour se soumettre à la volonté de Dieu pour entendre et répondre à son appel.

La véritable différence entre un chrétien et un non-chrétien ne réside pas simplement dans une appartenance religieuse, mais dans cette ouverture du cœur. Le chrétien choisit d’obéir à la voix du Saint-Esprit, de se rendre disponible à sa direction, et de conformer sa vie à la Parole révélée.

.

3 – Les enfants assis dans les places publiques

Matthieu 11:16-19

16 A qui comparerai-je cette génération? Elle ressemble à des enfants assis dans des places publiques, et qui, s’adressant à d’autres enfants,

17 disent: Nous vous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé; nous avons chanté des complaintes, et vous ne vous êtes pas lamentés.

18 Car Jean est venu, ne mangeant ni ne buvant, et ils disent: Il a un démon.

19 Le Fils de l’homme est venu, mangeant et buvant, et ils disent: C’est un mangeur et un buveur, un ami des publicains et des gens de mauvaise vie. Mais la sagesse a été justifiée par ses œuvres.

Une parabole brève, mais riche de sens

Notre paresse intellectuelle nous pousse parfois à négliger les paraboles qui tiennent en un seul verset, surtout lorsque Jésus n’en donne pas l’explication explicite. Pourtant, elles méritent toute notre attention, car elles recèlent un sens caché que nous sommes appelés à découvrir (cf. Deutéronome 29:29).

Dans cette parabole concise mais percutante, Jésus compare la génération de son temps à des enfants assis sur les places publiques, qui refusent de réagir, quel que soit le message qu’on leur adresse.

Les enfants qui jouent de la flûte symbolisent l’appel joyeux et festif du message de Jésus, mais leurs compagnons restent impassibles : ils ne dansent pas.
Les complaintes, en revanche, illustrent l’appel grave et solennel de Jean-Baptiste à la repentance ; et là encore, l’indifférence domine : personne ne se lamente, personne ne se repent.

Un rejet systématique du message divin

Les versets 18 et 19 viennent éclairer cette image. Jésus met en évidence un refus systématique de la part de cette génération, quel que soit le canal par lequel Dieu parle :

  • Jean est jugé trop austère ;
  • Jésus, trop proche des pécheurs.

Toujours prêts à critiquer, ces auditeurs refusent d’entendre. Leur rejet ne vient pas d’un manque de révélation, mais d’un cœur volontairement fermé, endurci par l’orgueil, la critique et l’indifférence.

Le vrai problème : la disposition du cœur

Cette parabole révèle une vérité spirituelle profonde :
Le problème n’est pas dans le message, mais dans la disposition du cœur.
Lorsque le cœur est fermé, aucun appel — qu’il soit joyeux comme celui de Jésus, ou grave comme celui de Jean — ne porte de fruit.

Jésus dénonce ici le sectarisme religieux de ceux qui rejettent aussi bien Jean que lui, mais pour des raisons opposées :

  • Jean, l’ascète qui « ne mange ni ne boit », est accusé d’avoir un démon ;
  • Jésus, « mangeant et buvant » avec les pécheurs, est traité de glouton et d’ivrogne.

Dans les deux cas, ils refusent de reconnaître que l’autorité de Jean comme celle de Jésus vient de Dieu. Ils vont même jusqu’à attribuer leur œuvre à des puissances démoniaques — ce qui, selon Jésus, constitue un blasphème impardonnable (cf. Matthieu 12:31-32).

La sagesse justifiée par ses œuvres

Jésus conclut :

« Mais la sagesse a été justifiée par ses œuvres. »

Cette expression fait écho à Proverbes 8, où la sagesse est personnifiée.

Proverbes 8:1

1 La sagesse ne crie-t-elle pas? L’intelligence n’élève-t-elle pas sa voix?

Dans l’Évangile, Jésus incarne cette sagesse divine. En Matthieu 12, il affirme être plus grand que Salomon, dont la sagesse était pourtant légendaire.

Le mot « œuvres »du verset 19 renvoie à Matthieu 11:2, où il est question des « œuvres du Christ ».
Autrement dit, la sagesse de Jésus, manifestée dans ses enseignements (notamment dans le Sermon sur la montagne, Matthieu 5–7), est confirmée par ses miracles, ses guérisons et par la transformation profonde des vies.

C’est cette même logique qu’on retrouve dans la réponse de Jésus aux disciples de Jean :

« Ce que vous voyez et entendez » (les œuvres) atteste la véracité de son message.

.

4 – Jésus dénonce les indifférents.

Matthieu 11:20-24

20 Alors il se mit à faire des reproches aux villes dans lesquelles avaient eu lieu la plupart de ses miracles, parce qu’elles ne s’étaient pas repenties.

21 Malheur à toi, Chorazin! malheur à toi, Bethsaïda! car, si les miracles qui ont été faits au milieu de vous avaient été faits dans Tyr et dans Sidon, il y a longtemps qu’elles se seraient repenties, en prenant le sac et la cendre.

22 C’est pourquoi je vous le dis: au jour du jugement, Tyr et Sidon seront traitées moins rigoureusement que vous.

23 Et toi, Capernaüm, seras-tu élevée jusqu’au ciel? Non. Tu seras abaissée jusqu’au séjour des morts; car, si les miracles qui ont été faits au milieu de toi avaient été faits dans Sodome, elle subsisterait encore aujourd’hui.

24 C’est pourquoi je vous le dis: au jour du jugement, le pays de Sodome sera traité moins rigoureusement que toi. 

Ce passage est lourd de gravité, car il enseigne que ceux qui l’auront beaucoup entendu mais qui l’auront rejeté, seront jugés plus sévèrement que ceux qui n’ont pas eu l’occasion d’entendre l’Évangile.
Jésus nous pousse à une profonde repentance, à une réponse personnelle et sérieuse à l’appel de Dieu.

Rappelons que la repentance, selon les Écritures, est bien plus qu’un simple remord. Elle implique un changement de mentalité qui conduit à un changement de comportement.
Comme le dit Paul dans 2 Corinthiens 7:8-11, la vraie repentance produit des fruits visibles : elle mène à un renouveau de vie, pas seulement à des émotions passagères.

2 Corinthiens 7:8-11

je me réjouis à cette heure, non pas de ce que vous avez été attristés, mais de ce que votre tristesse vous a portés à la repentance; car vous avez été attristés selon Dieu, afin de ne recevoir de notre part aucun dommage.

10 En effet, la tristesse selon Dieu produit une repentance à salut dont on ne se repent jamais, tandis que la tristesse du monde produit la mort.

11 Et voici, cette même tristesse selon Dieu, quel empressement n’a-t-elle pas produit en vous! Quelle justification, quelle indignation, quelle crainte, quel désir ardent, quel zèle, quelle punition! Vous avez montré à tous égards que vous étiez purs dans cette affaire.

Le témoignage contre Chorazin, Bethsaïda et Capernaüm

Jésus adresse un reproche sévère à trois villes : Chorazin, Bethsaïda et Capernaüm, où il avait accompli de nombreux miracles. Ces villes avaient reçu une grande lumière, mais elles n’ont pas répondu par la foi et la repentance.

  • Chorazin n’est mentionnée que deux fois dans tout le Nouveau Testament : ici, et dans Luc 10:13. Cela suggère que Jésus y a exercé une partie de son ministère, même si les Évangiles n’en donnent pas de détails.
  • Ce silence partiel montre que les Évangiles synoptiques ne sont pas des biographies complètes de Jésus, mais des témoignages, centrés sur la proclamation de la Bonne Nouvelle et l’enseignement du Royaume.
Le symbole du sac et de la cendre

Lorsque Jésus dit que Tyr et Sidon, voire Sodome, se seraient repenties « en prenant le sac et la cendre », il utilise une expression profondément enracinée dans la culture biblique.
Ce geste symbolise une attitude d’humiliation, de deuil, et de retour sincère vers Dieu.

Ce passage souligne que le problème des villes condamnées n’est pas un manque de preuves de la vérité de l’Évangile, mais un refus de se repentir, malgré les œuvres puissantes dont elles ont été témoins.

1. Origine et contexte biblique

L’expression de prendre le sac et la cendre, est tirée de pratiques culturelles anciennes, notamment en Israël et au Proche-Orient ancien, où les gens, en période de détresse ou de repentance, revêtaient un sac (vêtement grossier en poil de chèvre) et s’asseyaient dans la cendre ou s’en couvraient.

Quelques exemples clés dans l’Écriture :

Jonas 3:6 :

 La chose parvint au roi de Ninive ; il se leva de son trône, ôta son manteau, se couvrit d’un sac, et s’assit sur la cendre.

Job 42:6 :

C’est pourquoi je me condamne et je me repens sur la poussière et sur la cendre.
C’est là l’illustration d’une repentance personnelle, profonde, celle de Job.

Daniel 9:3 :

 Je tournai ma face vers le Seigneur Dieu, afin de recourir à la prière et aux supplications, en jeûnant, en prenant le sac et la cendre.

2. autre signification
  • Le sac et la cendre sont des symboles extérieurs d’un cœur brisé et contrit, que Dieu ne méprise pas (cf. Psaume 51:19).
  • Ces gestes n’ont pas de pouvoir en eux-mêmes. Ce qui compte, c’est la disposition intérieure du cœur (cf. Joël 2:13 : « Déchirez vos cœurs et non vos vêtements »).
  • Ils représentent une attitude de dépendance totale envers Dieu, marquée par la reconnaissance du péché et le désir de restauration.
  • Ceci appelle chaque croyant à une repentance authentique, visible par une vie transformée.
  • Dans les temps de crise, personnels ou collectifs, elle incite à chercher Dieu avec humilité et ferveur.

.

5 – La relation personnelle du disciple avec son Seigneur.

Matthieu 11:25-27 – La révélation souveraine du Père par le Fils

25 En ce temps-là, Jésus prit la parole, et dit: Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux enfants.

26 Oui, Père, je te loue de ce que tu l’as voulu ainsi.

27 Toutes choses m’ont été données par mon Père, et personne ne connaît le Fils, si ce n’est le Père; personne non plus ne connaît le Père, si ce n’est le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler.

28 Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos.

29 Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur; et vous trouverez du repos pour vos âmes.

30 Car mon joug est doux, et mon fardeau léger.

« Seigneur du ciel et de la terre » du verset 25

Cette expression souligne que Dieu est le Créateur souverain de toutes choses, aussi bien dans le ciel que sur la terre. Elle fait référence à la création physique et cosmique.

Jésus en tant que Fils, participe pleinement à cette œuvre créatrice, comme le confirment plusieurs textes du Nouveau Testament :

  • Jean 1:3,10 : « Tout a été fait par lui, et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans lui. »
1 Corinthiens 8:6

néanmoins pour nous il n’y a qu’un seul Dieu, le Père, de qui viennent toutes choses et pour qui nous sommes, et un seul Seigneur, Jésus Christ, par qui sont toutes choses et par qui nous sommes.

  • Colossiens 1:16 ; Hébreux 1:2 ; 2:10 : témoignent également de la médiation de Christ dans la création.
Les « enfants » au verset 25

Les « enfants » désignent ici les nouveaux croyants, humbles de cœur. Ce sont ceux qui reçoivent la révélation divine avec simplicité et foi.
Ils sont opposés aux sages et intelligents – c’est-à-dire aux religieux orgueilleux ou aux érudits qui se ferment à la révélation parce qu’ils s’appuient sur leur propre savoir.

Cela rejoint Ésaïe 50:5

Le Seigneur, l’Éternel, m’a ouvert l’oreille, Et je n’ai point résisté, Je ne me suis point retiré en arrière.

Il faut une oreille spirituelle ouverte pour accueillir le message du Royaume.

Matthieu 11:27

27 Toutes choses m’ont été données par mon Père, et personne ne connaît le Fils, si ce n’est le Père ; personne non plus ne connaît le Père, si ce n’est le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler.

« Toutes choses m’ont été données par mon Père » verset 27

Cette déclaration est extraordinairement forte. Jésus affirme ici qu’il a reçu toute autorité du Père, autorité sur la révélation, sur le salut, et sur toutes choses.

Jésus n’est donc pas simplement un grand enseignant ou un génie religieux, mais le Fils de Dieu incarné.

C.S. Lewis (auteur de Narnia) dans son livre « Mere christianity » soulève le trilemme suivant:

Il est soit le Fils de Dieu, soit un fou, soit un imposteur et menteur et il n’y a pas d’alternative intermédiaire. Il n’est pas possible qu’il soit fou compte tenu de la sagesse qu’il a utilisé dans ses paroles et ce qu’il a fait. Par ailleurs, un imposteur n’aurait jamais été jusqu’au bout des souffrances qui lui ont été infligées, jusqu’à souffrir le supplice de la croix. Ainsi, si Jésus n’est pas un imposteur, s’il n’est pas fou, la seule possibilité qu’il reste est qu’il est Dieu.

Cela rejoint l’enseignement de 1 Corinthiens 15:12-19, où Paul affirme que si Christ n’est pas ressuscité, notre foi est vaine, et le christianisme est une illusion.

Il faut donc se positionner : ou bien le Nouveau Testament dit vrai, ou bien le christianisme est un mensonge.

Cette même affirmation d’autorité revient dans Matthieu 28:18 :

« Toute autorité m’a été donnée dans le ciel et sur la terre. »

« Celui à qui le Fils veut le révéler » verset 27

Il ne s’agit pas ici d’une sélection arbitraire de Jésus, mais d’une réponse volontaire de la personne à la révélation du Christ.

Celui qui reconnaît Jésus comme le Fils de Dieu reçoit, par lui, la révélation du Père.

Jésus est le seul chemin par lequel on peut connaître Dieu :

  1. Il est le seul à révéler le Père :
    • Jean 1:18 – « Personne n’a jamais vu Dieu ; le Fils unique… l’a fait connaître. »
    • Jean 3:11 – « Nous disons ce que nous savons, et nous rendons témoignage de ce que nous avons vu. »
  2. Il est le chemin qui mène au Père :
    • Jean 14:6 – « Nul ne vient au Père que par moi. »
    • Actes 4:12 – « Il n’y a sous le ciel aucun autre nom… par lequel nous devions être sauvés. »
    • 1 Timothée 2:5 – « Il y a un seul médiateur entre Dieu et les hommes : Jésus-Christ. »
Matthieu 11:28-30 – Le repos en Christ

28 Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos.

29 Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur ; et vous trouverez du repos pour vos âmes.

30 Car mon joug est doux, et mon fardeau léger.

Venez à moi est un appel personnel à suivre Jésus en ayant une relation personnelle avec lui. Il ne s’agit pas d’une doctrine.

Ces versets sont uniques à l’Évangile de Matthieu et représentent un sommet d’appel spirituel à la fois intime et profond. Ils condensent deux doctrines fondamentales de la vie chrétienne.

Le verset 28 reflète la doctrine de la justification. (je vous donnerai du repos, c’est Jésus qui nous justifie et notre âme trouve le repos car elle a été pardonnée)

Le verset 29 affirme la doctrine de la sanctification progressive que nous retrouvons en 2 Corinthiens 3:18. (vous trouverez du repos, la finalité est le repos éternel)

Le verset 29 est à comparer en opposition avec:

Actes 15:10

10 Maintenant donc, pourquoi tentez-vous Dieu, en mettant sur le cou des disciples un joug que ni nos pères ni nous n’avons pu porter ?

La Nouvelle Alliance avec Jésus a elle aussi des exigences tout comme l’Ancienne Alliance. Dieu veut toujours un peuple juste qui reflète le caractère de Christ :

1. la repentance

2. la foi

3. l’obéissance

4. la persévérance

Nous sommes appelés à être semblables à l’image de son Fils, Jésus.

Romains 8:29

29 Car ceux qu’il a connus d’avance, il les a aussi prédestinés à être semblables à l’image de son Fils, afin que son Fils fût le premier-né entre plusieurs frères.

‘Recevez mes instructions’ : Jésus s’adresse à ses disciples et comme eux, nous sommes à l’écoute de ses instructions afin d’agir.

‘Je suis doux et humble de cœur’ : Jésus nous a montré l’exemple. L’humilité et la douceur devinrent les mots-clés du nouveau royaume de Dieu. C’est à cette attitude d’humilité et de douceur que le chrétien se fera reconnaître.

.

6 – Leçon à retenir et son application personnelle

L’exemple de Jean baptiste montre que même les plus grands serviteurs peuvent douter. La foi n’exclut pas les moments de doute. Ce n’est pas le doute qui condamne, mais ce que nous en faisons.

La parabole des enfants montre qu’un cœur endurci rejette toute forme de vérité. La disposition du cœur change tout. Un cœur endurci tiendra même des propos contradictoires pour ne pas croire.

La connaissance de Dieu ne dépend pas de l’intellect, mais de l’humilité du cœur. La véritable sagesse est une grâce, un don de Dieu.

Jésus ne propose pas une religion pesante, mais une relation qui restaure. Son joug est « doux » et son fardeau « léger », car il est porté avec lui, dans l’amour et la grâce.

Matthieu 11 dévoile un double mouvement :

  • D’une part, un rejet progressif de Jésus par ceux qui refusent d’ouvrir leur cœur.
  • D’autre part, un dévoilement du Royaume à ceux qui, comme Jean, doutent mais qui cherchent, ou comme les petits, acceptent avec foi.
Applications actuelles

Examinons notre cœur : sommes-nous comme les enfants capricieux ou comme les petits auxquels Dieu se révèle ?

Ne laissons pas le doute nous éloigner de Jésus ; laissons-le nous conduire à chercher des réponses fondées.

Marchons dans l’humilité, car Dieu résiste aux orgueilleux mais il fait grâce aux humbles.

Acceptons le joug de Christ : non comme une charge, mais comme un chemin de repos.

.

image extraite de : Imagesbibliques.org ou autres sites d’images gratuites

Marc 1:15 Repentez-vous et croyez à la bonne nouvelle

Classé dans : Méditation du Jour | 0

En Marc 1:15 Jésus reprend les paroles de Jean Baptiste :

15 Il disait : Le temps est accompli, et le royaume de Dieu est proche. Repentez-vous, et croyez à la bonne nouvelle.

Marc 1:15

Se repentir de quoi ?
Il ne s’agit pas que des mauvais actes commis. Il est primordial de comprendre que le premier péché est venu de la volonté d’indépendance vis à vis de Dieu. Adam, manipulé par Satan a voulu être l’égal de Dieu. La repentance doit porter sur le fait d’avoir vécu et de vivre une vie sans Dieu, en l’ignorant, en allant même jusqu’à nier son existence.

Être son propre patron, gérant sa vie selon notre propre volonté, là est le problème réel de l’homme vis-à-vis de Dieu. Cette tendance naturelle d’indépendance vis à vis de toute contrainte le conduit à sa perte. C’est ce qui fait que ce message est encore valable pour nous tous aujourd’hui.

La bonne nouvelle est que Jésus-Christ est mort à la croix, réglant ainsi la question des péchés et de notre rébellion naturelle. Encore faut-il reconnaître ce fait et revendiquer l’œuvre de Jésus à la croix pour soi-même.

Le salut est gratuit en Jésus ! Oui mais faut-il encore le demander et se repentir pour le recevoir.

.

Pour moi, je regarderai vers l’Éternel, Je mettrai mon espérance dans le Dieu de mon salut ; Mon Dieu m’exaucera.

Michée 7:7

Lévitique 23 à 24 – – – Marc 1:1-22

Lecture de la Bible le 27 Octobre

Classé dans : La Bible en 1 an | 0

La Lecture de la Bible le 27 octobre nous plonge dans des réflexions profondes sur la prière, l’obéissance et les avertissements divins. Nous découvrons la réponse de Dieu aux lamentations de Jérémie, un signe symbolique et un message concernant la sécheresse, avant de recevoir les exhortations de Paul à Timothée.

Proposition de lecture de la Bible le 27 Octobre

Ancien Testament  :

  • Jérémie 12 : La prière de Jérémie et la réponse divine
  • Dans Jérémie 12, le prophète Jérémie, accablé par les injustices qu’il observe, adresse une prière sincère à Dieu. Il se demande pourquoi les méchants prospèrent et pourquoi Dieu semble les laisser impunis. Dieu répond en l’exhortant à persévérer dans sa mission, soulignant que la justice de Dieu prévaut et que l’épreuve mène à une plus grande bénédiction. Cette prière nous invite à confier nos doutes à Dieu et à garder foi en sa justice.
  • Jérémie 13 : Un signe : la ceinture détériorée
  • Dans Jérémie 13, Dieu donne à Jérémie un signe visuel pour illustrer l’état spirituel de son peuple : une ceinture, portée et ensuite cachée dans un creux de pierre, se détériore et devient inutilisable. Ce geste symbolise l’état de corruption et de rejet de Dieu des habitants de Juda. Ce passage nous rappelle que l’orgueil et le péché finissent par séparer l’homme de Dieu et rendre son témoignage inutile.
  • et
  • Jérémie 14 : Le message concernant la sécheresse
  • Jérémie 14 décrit une terrible sécheresse qui frappe le pays, illustrant le jugement divin sur la nation qui refuse de se repentir. Jérémie, en tant qu’intercesseur, implore Dieu de ne pas punir son peuple malgré ses péchés. Ce message sur la sécheresse nous invite à réfléchir à l’importance du retour sincère à Dieu, surtout en des temps de crise et de pénurie.

.

Nouveau Testament :

  • 2 Timothée 1 : Les exhortations de Paul à Timothée
  • Dans 2 Timothée 1, l’apôtre Paul encourage Timothée à rester ferme dans sa foi et à ne pas avoir honte de l’Évangile. Paul lui rappelle la puissance du Saint-Esprit, qui lui donne le courage et l’amour pour accomplir sa mission. Ce passage souligne l’importance de la persévérance et du témoignage authentique, et nous encourage à utiliser les dons spirituels que Dieu nous a confiés pour servir son royaume.

.

Voici les chapitres que nous vous proposons de lire pour une lecture de la Bible en 1 an. 
Il est possible aussi de lire la Bible en deux ans, en lisant l’Ancien Testament une année, suivi de la lecture du nouveau l’année suivante.