Romains chapitre 12 : L’apôtre Paul, après fait une présentation doctrinale de l’Évangile dans les huit premiers chapitres de son Épitre aux Romains, va maintenant présenter ce que doit être la mise en pratique de cette doctrine. C’est ainsi que dans ce chapitre 12, il va exposer la conduite à tenir par les chrétiens dans leur assemblée.
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Romains chapitre 12 : vivre selon la volonté de Dieu et l’amour

Introduction
En commençant l’étude de Romains 12, nous entamons la troisième partie de cet épître composée d’abord d’une partie doctrinale du chapitre 1 à 8, puis d’un complément avec les chapitres 9-10-11 relatifs à Israël. Les chapitres 12 à 15 quant à eux, constituent la partie pratique. Cela veut dire que tout ce qui a été énoncé pour la doctrine, va être développé pour la mise en pratique. Le chapitre 16 quant à lui, constitue le final de cette épître, final qui est réservé aux salutations et aux dernières recommandations.
1 – La morale individuelle et dans l’assemblée
Le sujet du chapitre 12 est la sanctification du chrétien. Déjà le chapitre 6 a enseigné que le fondement de la justification et de la sanctification, est l’identification du chrétien, ou son union spirituelle avec Jésus-Christ dans sa mort et sa résurrection. (Romains 6:2-7 ; 1 Corinthiens 1:30)
1 Corinthiens 1:30
30 Or, c’est par lui que vous êtes en Jésus Christ, lequel, de par Dieu, a été fait pour nous sagesse, justice et sanctification et rédemption,
Cette sanctification est importante selon ce qui est dit en :
Hébreux 12:14
14 Recherchez la paix avec tous, et la sanctification, sans laquelle personne ne verra le Seigneur.
L’union spirituelle du chrétien avec Jésus-Christ passe par le Saint-Esprit qui est en lui. Son identification à Jésus-Christ ne peut se comprendre qu’avec l’aide du Saint-Esprit qui est en lui parce que le Saint Esprit est l’Esprit de Jésus. Donc si l’Esprit de Jésus est en nous, nous avons une relation d’intimité en quelque sorte par le même Esprit avec Jésus. Les progrès dans la sanctification sont possibles parce que le chrétien appartient à Christ et parce que Christ agit dans sa vie par le Saint-Esprit. En clair, si nous ne sommes pas à Jésus-Christ, notre sanctification ne sera pas possible. C’est ainsi que nous pouvons comprendre :
Romains 6:10-11
10 Car il est mort, et c’est pour le péché qu’il est mort une fois pour toutes; il est revenu à la vie, et c’est pour Dieu qu’il vit.
11 Ainsi vous-mêmes, regardez-vous comme morts au péché, et comme vivants pour Dieu en Jésus Christ.
En quelque sorte, on pourrait dire que ce verset résume tout le chapitre 12. Nous sommes donc morts au péché, à cette vie terrestre et nous sommes vivants pour Dieu.
Cette sanctification est progressive, dynamique. Il s’agit d’une marche de chaque jour sur le chemin de la sanctification pour devenir semblable à Jésus. Cette marche ne s’arrêtera qu’au dernier jour de notre vie.
La sanctification ne peut se comprendre qu’avec l’aide du Saint-Esprit à qui il faut laisser la direction de notre vie en apprenant à nous soumettre à lui. La sanctification doit se faire tous les jours, à chaque heure, à chaque instant. Il appartient à chacun de travailler à cette sanctification. Sans le Saint Esprit, rien n’est possible. Il suffit de regarder ce qui s’est passé avec le comportement des hébreux dans le désert. Ils n’avaient pas le Saint Esprit comme nous, nous pouvons l’avoir. Le Saint Esprit venait ponctuellement sur les prophètes pour apporter une parole venant de Dieu, mais en ce qui concerne les chrétiens, il y a une grande différence, c’est qu’ils ont l’aide du Saint Esprit à condition qu’ils en soient remplis.
Œuvrer avec le Saint-Esprit
Il ne suffit pas d’avoir le Saint Esprit en nous, si nous prenons celui-ci comme un trésor que nous enfermons au coffre fort ! Il faut le laisser agir en nous.
Jésus ressuscité règne au ciel et par son Esprit, le Saint-Esprit, il règne en nous. Le combat spirituel est avant tout un combat intérieur. C’est le combat de notre esprit dirigé par le Saint-Esprit contre la chair (Jean 6:63 ; Matthieu 26:41) parce que la chair a des désirs contraires à l’Esprit. La chair est faible et a du mal à résister au péché. Si elle n’est pas contrôlée, c’est elle qui va nous contrôler. Le problème est là. Notre chair est faible parce qu’elle est portée au péché, porté à tout ce qui est sensuel.
Galates 5:17
17 Car la chair a des désirs contraires à ceux de l’Esprit, et l’Esprit en a de contraires à ceux de la chair; ils sont opposés entre eux, afin que vous ne fassiez point ce que vous voudriez.
Romains 12:1 : La véritable consécration et sa source
1 Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable.
Ici se trouve presque tout le condensé du chapitre 12. Nous remarquons toutefois qu’il y a au début de ce verset une conjonction qui est le mot donc. Ainsi, le premier verset du chapitre 12 marque une transition avec cette conjonction, et introduit une conséquence sur tout ce qui vient d’être dit (les 11 chapitres précédents). Cependant, nous pouvons comprendre aussi que cela fait suite au verset de :
Romains 11:36
36 C’est de lui, par lui, et pour lui que sont toutes choses. A lui la gloire dans tous les siècles ! Amen !
Tout d’abord, le ‘je vous exhorte donc’ du premier verset introduit bien l’intention d’exhorter de Paul, car nous avons dans ce seul chapitre 12 une véritable exhortation. En effet, tous les verbes et notamment les verbes être et avoir, à partir du verset 9 jusqu’au verset 21, sont à l’impératif.
Exhorter est la traduction du verbe grec » parakaleo » qui veut dire appeler à son coté, supplier, prier, chercher à convaincre à agir de telle façon, inciter. Donc Paul nous supplie de faire ce qu’il va dire. Quand il est dit: « Exhortez », cela veut dire chercher à convaincre, inciter à. Mais revenons à la suite de ce verset :
(v.1) par les compassions de Dieu, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable.
Raisonnable est la traduction de ‘’logikos’’, donc raisonnable dans le sens logique, naturel, qui va de soi.
Des repères historiques
Le temple de Jérusalem n’ayant été détruit qu’en l’an 70, le culte au moment où Paul écrit, devait encore y avoir lieu. La lettre aux romains quant à elle, a du être écrite dans les années 60. C’est sans doute à cause de cela que Paul a pris l’image du culte de cette époque avec le sacrifice offert. Cependant, dans ce verset, il est question d’un sacrifice vivant ! Cela signifie que nous devons nous-mêmes faire le choix de monter sur l’autel et de nous offrir en sacrifice. Cela veut dire quand même, que certaines conditions doivent être réunies car ici, il n’est pas question du sacrifice d’un animal mort mais de nous vivants.
Que choisissait-on comme animal pour offrir en sacrifice au temple de Jérusalem ? Ce devait être un animal parfait, sans tâche ni défaut. En clair, pour s’offrir comme un sacrifice vivant, il faut être propre. Il faut donc passer avant de s’offrir, par la repentance, nous purifier, nous laver, passer par le baptême par immersion… Ce sont les conditions exigées de notre part. Avec l’expression culte agréable, il y a une analogie avec le sacrifice fait au temple. Ce point sous-entend aussi que nous sommes morts à nous-mêmes, que notre vie est dirigée par le Saint-Esprit et que nous ne faisons plus notre propre volonté mais celle de notre Seigneur et Maître, Jésus-Christ. Ce n’est qu’à cette condition que nous marcherons sur le chemin de sanctification. Cette exhortation découle du verset de :
Romains 6:13 ; 22
13 Ne livrez pas vos membres au péché, comme des instruments d’iniquité; mais donnez-vous vous-mêmes à Dieu, comme étant vivants de morts que vous étiez, et offrez à Dieu vos membres, comme des instruments de justice.
22 Mais maintenant, étant affranchis du péché et devenus esclaves de Dieu, vous avez pour fruit la sainteté et pour fin la vie éternelle.
Tant que nous n’étions pas convertis, nous étions aux yeux de Dieu, comme morts. L’expression « vous avez pour fruit la sainteté » montre le résultat de la sanctification qui aboutit à la vie éternelle ou notre corps sera transformé en corps glorieux semblable à celui de Jésus ressuscité. Notre sanctification est une préparation à la transformation en corps glorieux comme il est écrit en :
Philippiens 3:20-21
20 Mais nous, nous sommes citoyens des cieux, d’où nous attendons aussi comme Sauveur le Seigneur Jésus Christ,
21 qui transformera le corps de notre humiliation, en le rendant semblable au corps de sa gloire, par le pouvoir qu’il a de s’assujettir toutes choses.
Le chrétien est appelé à livrer son corps à la sainteté et non à la convoitise de ses sens, en se soumettant à la volonté de Dieu. L’offrande du corps du chrétien est un culte spirituel. S’il est spirituel, il n’est donc pas physique. Il s’agit d’un travail intérieur, personnel qui est un combat spirituel et pour lequel nous aurons des oppositions. L’opposition est à l’intérieur de nous. Bien souvent, les gens parlent du combat spirituel à l’extérieur d’eux alors qu’il doit être d’abord et surtout en eux. Il est plus facile d’accuser les autres que soi-même alors que c’est nous mêmes qui sommes le problème.
Paul au verset 2, va expliquer comment faire par rapport à ce qui est dit au verset 1.
Romains 12:2 : La volonté de Dieu
2 Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait.
Ce verset est à rapprocher de :
1 Jean 2:15
15 N’aimez point le monde, ni les choses qui sont dans le monde. Si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est point en lui;
La bible invite chacun à être amour, ce qui implique d’être détaché du monde. Ce verset dit que deux modèles de vie sont possibles et qu’il nous faut choisir quel modèle nous voulons suivre.
« Ne vous conformez pas au siècle présent » signifie simplement qu’il ne faut pas imiter les gens du monde. C’est ce que les chrétiens faisaient avant leur conversion, et ce tout naturellement. Avec la conversion, les chrétiens ne vivent plus cela. Quand les gens les voient vivre, ils doivent constater qu’ils ne vivent pas comme eux par leurs actes, par leurs paroles. Ils doivent voir la différence. C’est pour cela qu’on parle de mise à part. Ceci est très important. Les chrétiens doivent assumer leur différence ce qui est une des choses les plus difficiles. Ils ne doivent ni avoir honte, ni peur. Il est écrit en Luc 9:26 que si une personne a honte de Jésus, il aura honte d’elle quand il viendra dans sa gloire.
Pour prendre un exemple, si un enfant est né dans une famille de voleurs, celui-ci tout naturellement va voler et ce tout simplement parce que pour lui, cela fait partie des choses naturelles, qu’il a apprises, ne serait ce qu’en regardant ce que faisait son entourage. Voler n’est qu’un exemple, cela pourrait être n’importe quoi d’autre. C’est pourquoi, nous voyons aujourd’hui beaucoup de familles divisées (divorce, avortement ….). C’est l’exemple du monde qui nous entoure qui joue d’une grande influence.
Paul explique comment nous vivions auparavant en :
Éphésiens 2:1-3
1 Vous étiez morts par vos offenses et par vos péchés,
2 dans lesquels vous marchiez autrefois, selon le train de ce monde, selon le prince de la puissance de l’air, de l’esprit qui agit maintenant dans les fils de la rébellion.
3 Nous tous aussi, nous étions de leur nombre, et nous vivions autrefois selon les convoitises de notre chair, accomplissant les volontés de la chair et de nos pensées, et nous étions par nature des enfants de colère, comme les autres…
Tout ceci constitue le premier modèle qu’il faut rejeter.
Le deuxième modèle, le bon modèle, c’est Jésus qui doit être imité. Pour cela il faut se laisser : transformés par le renouvellement de l’intelligence. Comme il est dit en Romains 12:2, et Paul dans sa lettre aux éphésiens donne la marche à suivre.
Éphésiens 5:1-2
1 Devenez donc les imitateurs de Dieu, comme des enfants bien-aimés;
2 et marchez dans l’amour, à l’exemple de Christ, qui nous a aimés, et qui s’est livré lui-même à Dieu pour nous comme une offrande et un sacrifice de bonne odeur.
Jésus s’est soumis à la volonté de son père. C’est cela le modèle à suivre.
Le mot « transformé » du verset 2 de cette épître aux romains, vient du grec : ‘Métamorphoo’, qui exprime un changement de nature, une métamorphose, mot traduit au sujet de Jésus par « transfiguré » en Matthieu 17:2.
Matthieu 17:2
2 Il fut transfiguré devant eux; son visage resplendit comme le soleil, et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière.
Pour le chrétien tant qu’il est sur terre, sa transformation se fait lentement, progressivement.
2 Corinthiens 3:18
18 Nous tous qui, le visage découvert, contemplons comme dans un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur, l’Esprit.
Le « nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire » sous-entend bien que cette transformation est progressive.
C’est en se laissant transformer par Dieu lui-même par son Saint-Esprit que nous pourrons respecter la norme de vie de Dieu et ce n’est qu’à cette condition. Cette norme de vie est celle qu’il a donnée dans la loi.
Nous nous soumettrons plus facilement à la volonté de Dieu si nous reconnaissons : « ce qui est bon, agréable et parfait« . Ce sera d’autant plus facile si nous reconnaissons pour vrai, le verset de:
Romains 8:28
28 Nous savons, du reste, que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son dessein.
La marche chrétienne est dans le dévouement à Dieu et dans l’obéissance. La vie du chrétien est une vie de soumission à la volonté d’autrui, en l’occurrence à la volonté de Dieu. Le chrétien doit par exemple obéir aux autorités qui ont été voulues par Dieu. Quand on obéit aux autorités qui sont au dessus de nous, nous faisons la volonté de Dieu. Si on ne le fait pas, on sort de la volonté de Dieu. On doit se soumettre tant que cette obéissance ne nous fait pas pécher vis à vis du Seigneur, et là c’est le Saint Esprit qui donnera la direction, d’où l’importance d’être rempli à déborder du Saint Esprit. Cette soumission est empreinte d’humilité et de dépendance qui se caractérise par la mort à soi-même.
Romains 12:3 : L’humilité dans le service
3 Par la grâce qui m’a été donnée, je dis à chacun de vous de n’avoir pas de lui-même une trop haute opinion, mais de revêtir des sentiments modestes, selon la mesure de foi que Dieu a départie à chacun.
Avec ce verset, nous abordons la question de l’humilité dans le service. Il ne nous appartient pas de réclamer et de convoiter une fonction qui ne nous est pas destinée et que nous pensons devoir nous revenir de droit. Rien ne nous empêche par humilité de participer au service de ménage…Bien souvent, ce n’est pas ce genre de service que les gens recherchent mais plutôt d’être derrière un micro, d’être sur une estrade. Personne ne reprochera à quelqu’un de faire le ménage ou de rendre des services modestes. Comme il est dit en Ecclésiaste 9:10, que tout ce que ta main trouve à faire, fais le. C’est cela aussi l’humilité, plutôt que se dire « ce n’est pas digne de moi, c’est dégradant ».
Nous ne devons pas non plus avoir de la fausse modestie en faisant semblant, mais nous devons être humble. La véritable humilité est aussi de reconnaître ce que nous sommes, tout simplement. L’orgueil est la pierre d’achoppement qui est en chaque homme, et ce n’est que dans un lâché prise que nous pouvons parvenir à l’humilité. Cela passe par le brisement, le brisement de notre volonté, de ce que nous sommes en tant qu’être humain. La véritable humilité consiste à savoir être à sa place, ce qui veut dire être à sa place aujourd’hui.
Suivre l’exemple de David
Aujourd’hui, le Seigneur nous place à tel endroit, mais il peut nous placer après à une autre place. Il ne faut pas vouloir brûler les étapes en disant « cette place est pour moi ». Il faut laisser Dieu nous amener à cette place au moment voulu. Les gens reconnaîtront nos qualités, et les choses se feront naturellement, et cela se fera sous la direction du Seigneur. Prenons le simple exemple de David. Saül a été oint roi. Peu de temps après, parce qu’il a désobéi à Dieu, Samuel sur ordre de ce dernier, a oint David.
Ainsi David dès ce moment là était roi. Cependant il n’a jamais cherché à se débarrasser de Saül alors qu’il a eu plusieurs fois l’occasion de le faire, en le tuant alors que Saül, lui cherchait à le tuer. Pour David le problème était celui de Dieu. Il s’est dit qu’il ne régnerait comme roi qu’au temps fixé par celui-ci. David est le modèle à suivre pour cela. Le chrétien doit attendre le temps de Dieu pour exercer la fonction qu’il a prévue pour lui.
Philippiens 2:3, 5, 8
3 Ne faites rien par esprit de parti ou par vaine gloire, mais que l’humilité vous fasse regarder les autres comme étant au-dessus de vous-mêmes.
5 Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus Christ,
8 il s’est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix.
Voilà ce qui est dit et qui est tout simple. Tout est très bien expliqué dans ces trois versets. Avoir une idée juste de soi même, ne veut pas dire que l’on ne peut pas prendre une position inférieure. Jésus savait pertinemment qu’il était Dieu. Cependant cela ne l’a pas empêché de s’abaisser jusqu’à se laisser condamner et subir le châtiment des criminels sur la croix, châtiment qui était la pire des humiliations.
Les versets de Romains 12:4-5 constituent le seul passage dans ce chapitre où il est question du corps de Christ en tant qu’Église.
Romains 12:4-5 : La vie du corps de Christ : l’Église !
4 Car, comme nous avons plusieurs membres dans un seul corps, et que tous les membres n’ont pas la même fonction,
5 ainsi, nous qui sommes plusieurs, nous formons un seul corps en Christ, et nous sommes tous membres les uns des autres.
L’orgueil de l’homme est égocentrique. Il l’amène à ne plus penser qu’à lui, à ramener tout à lui. Tout ce qu’il fait, est pour sa gloire. Beaucoup pour ne pas dire tous dans les assemblées chrétiennes, veulent être différents des autres, veulent être supérieurs aux autres en cherchant à être prophète, pasteur, et ce sans aucunement chercher la volonté de Dieu pour eux. Paul dit dans ces deux versets que la vie chrétienne ne fonctionne pas ainsi.
L’Église, un corps
L’Église est formée d’un seul corps, et nous ne sommes qu’une partie de ce corps, ce qui crée une interdépendance. Paul veut dire par là que si nous voulons quelque chose d’harmonieux au sein de l’Église, il faut que chacun accomplisse la fonction pour laquelle il a été choisi par Dieu. Jésus, la tête de l’Église demande à ce que le nerf commande le muscle qui commande le bras qui commande la main pour cueillir la pomme. Ceci est bien sûr une image pour montrer que les membres du corps de Christ doivent agir pour que les ordres du Seigneur soient suivis, et que ce qu’il attend de nous, soit accompli. Ce corps est rattaché à une tête Jésus-Christ. Nous pourrions donner comme image que le Saint-Esprit coule dans nos veines, qu’il lui donne la vie mais aussi le mouvement.
En paraphrasant la pensée d’une place pour chaque chose, et chaque chose à sa place, il peut être dit: une fonction pour chaque chrétien, et chaque chrétien à sa fonction. Une armée en ordre de bataille exige que chacun soit à sa place, le tout étant pour l’utilité commune, selon 1 Corinthiens 12:7. Il y a une fonction attribuée par Dieu à chaque chrétien, mais il faut que chaque chrétien exerce sa fonction, sans vouloir usurper celle d’un autre. Nous avons en :
Éphésiens 4:15-16
15 mais en professant la vérité dans l’amour, nous croîtrons à tous égards en celui qui est le chef, Christ.
16 C’est de lui, et grâce à tous les liens de son assistance, que tout le corps, bien coordonné et formant un solide assemblage, tire son accroissement selon la force qui convient à chacune de ses parties, et s’édifie lui-même dans l’amour.
Dans les trois versets suivants, il est question de l’appel au service.
Romains 12:6-8 : L’appel au service
6 Puisque nous avons des dons différents, selon la grâce qui nous a été accordée, que celui qui a le don de prophétie l’exerce en proportion de la foi;
7 que celui qui est appelé au ministère s’attache à son ministère; que celui qui enseigne s’attache à son enseignement,
8 et celui qui exhorte à l’exhortation. Que celui qui donne le fasse avec libéralité; que celui qui préside le fasse avec zèle; que celui qui pratique la miséricorde le fasse avec joie.
Chaque membre d’une assemblée doit être à sa place, et remplir la fonction que Dieu lui a assignée, et pas une autre. Paul a dit des choses quasiment identiques à ses différents interlocuteurs. Ainsi en est-il dans sa lettre aux corinthiens en 1 Corinthiens 12:7. D’une manière générale, quand on étudie la Bible, ce qui est intéressant, c’est de trouver la même pensée (c’est là que nous pouvons voir que le Saint Esprit est à l’œuvre) chez Paul, chez Pierre, chez Jean, voire chez Jacques et Jude. Si chaque membre est à sa place, celui-ci doit bien remplir la fonction que Dieu lui a assignée que l’on utilise le terme de ministère ou de service. Les deux mots de ministre et serviteur veulent dire exactement la même chose, c’est à dire esclave.
Avertissements
Deux avertissements s’adressent à tous ceux qui exercent un service qui leur est accordé. Tout d’abord, il faut faire attention à ne pas confondre le prophète avec le diseur ou la diseuse de bonne aventure, ce dernier répondant aux aspirations des gens mus par l’orgueil de la vie, la convoitise de la chair, ce qui n’est pas ce que le Seigneur a envie de dire à ceux qui les consultent. Si le prophète peut annoncer des choses à venir, son rôle est celui de porte-voix de Dieu.
En général, quand il est le porte voix de Dieu, ce n’est jamais pour de bonnes choses, mais pour redresser. Il appelle le peuple à revenir dans les voies de Dieu. Il y a moins de prophètes aujourd’hui dans les assemblées, et ce particulièrement depuis la fin du temps apostolique, puisque aujourd’hui tous les écrits de l’Ancien Testament et du Nouveau Testament sont rassemblés dans la Bible.
Dieu nous parle ainsi directement par la Bible, sans oublier que comme il est dit en Apocalypse 19-10, l’esprit de la prophétie, c’est le témoignage de Jésus. Par ailleurs, Dieu peut nous parler aussi par le biais d’une personne qu’elle soit prophète ou non. L’expression utilisée au verset 6 de cet épître aux Romains « en proportion de leur foi » peut s’interpréter en: ne pas aller au-delà de ce que Dieu dit. Si le prophète dit quelque chose qui va à l’encontre de ce qui est dit dans la Bible, il faut l’arrêter immédiatement et se détourner de lui. Le prophète avertit le peuple de Dieu. Un avertissement est donné en :
Jérémie 23:21-23
21 Je n’ai point envoyé ces prophètes, et ils ont couru; Je ne leur ai point parlé, et ils ont prophétisé.
22 S’ils avaient assisté à mon conseil, Ils auraient dû faire entendre mes paroles à mon peuple, Et les faire revenir de leur mauvaise voie, De la méchanceté de leurs actions.
23 Ne suis-je un Dieu que de près, dit l’Éternel, Et ne suis-je pas aussi un Dieu de loin?
Le travail du prophète est de faire revenir les hommes de leurs mauvaises voies, de leur méchanceté, de leurs mauvaises actions. Si Dieu est Dieu, qu’il soit près ou loin, il est toujours Dieu.
Regardez à propos du ministère, ce qui est dit en :
Colossiens 4:17
17 Et dites à Archippe: Prends garde au ministère que tu as reçu dans le Seigneur, afin de le bien remplir.
Il faut demander au Seigneur d’indiquer le service qu’il attend de nous, et lui demander qu’il nous aide à bien le remplir, à être fidèle dans ce service. Le mot serviteur s’applique à tout le monde. Regardez ce que Paul disait à Timothée en :
1 Timothée 4:13-16
13 Jusqu’à ce que je vienne, applique-toi à la lecture, à l’exhortation, à l’enseignement.
14 Ne néglige pas le don qui est en toi, et qui t’a été donné par prophétie avec l’imposition des mains de l’assemblée des anciens.
15 Occupe-toi de ces choses, donne-toi tout entier à elles, afin que tes progrès soient évidents pour tous.
16 Veille sur toi-même et sur ton enseignement ; persévère dans ces choses, car, en agissant ainsi, tu te sauveras toi-même, et tu sauveras ceux qui t’écoutent.
Timothée très jeune, a été formé par Paul et puis a été envoyé en mission et chargé de s’occuper d’une assemblée. Cependant, il lui est demandé de continuer à se former pour pouvoir enseigner. En veillant sur lui-même et sur son enseignement, il se sauvera lui même, et il sauvera les gens qui l’écoutent. L’expression « Veille sur ton enseignement » veut dire que la personne qui enseigne ne doit pas dire ce qui lui passe par la tête, mais qu’elle doit veiller à porter la parole avec soin. Elle doit continuer encore et encore à étudier la Parole de Dieu et à se laisser conduire par le Saint Esprit.
Tout le monde ne pourra pas être sauvé, mais seulement ceux qui entendent et qui acceptent la Parole de Dieu.Ce n’est pas seulement entendre, mais c’est aussi juger, peser, accepter et croire ce qui est dit, et faire comme Jésus le dit :
Jean 5:30
30 Je ne puis rien faire de moi-même: selon que j’entends, je juge; et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé.
Chacun peut appliquer ce verset à lui-même, à la différence près, que c’est Jésus qui nous envoie. Nous ne devons pas chercher à faire notre propre volonté, mais à faire la volonté de Jésus qui nous envoie. C’est une question de fidélité. Nous allons prendre l’ exemple de Barnabas qui arrive à Antioche ainsi que cela est relaté en :
Actes 11:23-25
23 Lorsqu’il fut arrivé, et qu’il eut vu la grâce de Dieu, il s’en réjouit, et il les exhorta tous à rester d’un cœur ferme attachés au Seigneur.
24 Car c’était un homme de bien, plein d’Esprit Saint et de foi. Et une foule assez nombreuse se joignit au Seigneur.
25 Barnabas se rendit ensuite à Tarse, pour chercher Saul;
C’est Barnabas qui avait amené Paul à Jérusalem et qui l’avait présenté aux apôtres. C’est lui qui en quelque sorte a expliqué ce qu’était devenu Paul parce que les gens tremblaient à la simple évocation de son nom, sachant comment il était avant. Là, Barnabas arrive à Antioche et voit qu’il y a une transformation des gens qui se convertissent. Il s’est dit qu’il n’était pas suffisant pour remplir la mission . Le Seigneur va en quelque sorte, le pousser à aller chercher Paul à Tarse qui avait le don d’exhortation, pour qu’il vienne à Antioche et l’aide dans le travail, les hommes de cette ville ayant besoin de plus de nourriture spirituelle. C’est ainsi qu’ils seront deux à travailler ensemble pour le ministère.
Si Barnabas avait marché par la chair, il aurait garder la gloire pour lui-même. Nous voyons hélas parfois des gens qui évitent de s’associer à telle ou telle personne qui pourraient vraiment les aider par peur que ceux-ci leur ravissent leur gloire. En réalité, ce qui s’est passé ici, ce n’est pas Paul qui a été l’aide de Barnabas, mais que c’est ce dernier qui est devenu l’aide de Paul.
la révélation par les petits détails
Bien souvent, ce sont dans les petits détails de la Bible que nous pouvons avoir une meilleure compréhension des choses. Barnabas a reconnu les qualités de Paul. Il faut dire que ce dernier avait une solide connaissance des Écritures (Ancien Testament), qu’il avait été touché par la puissance et la grâce de Dieu, qu’il avait passé trois ans en Arabie où il avait été enseigné directement par le Seigneur, chose que Barnabas n’avait pas eue. Quand nous regardons bien les premiers disciples, nous observons qu’ils étaient pleins d’humilité après avoir reçu le baptême du Saint Esprit, ce qui n’était pas le cas avant. Ils ne cherchaient pas à se battre pour jouer tel rôle ou tel rôle.
Il faut faire attention à deux choses : Si l’enseignement reste au niveau théorique, l’exhortation risque fort d’être légaliste (ce qui conduit à la mort). Au contraire, l’enseignement doit être pratique et produire vie.
2 – Les exhortations pour la conduite des croyants.
Nous entrons dans ce passage où Paul exhorte les croyants en employant trente fois des verbes à l’impératif.
Romains 12:9-16 : L’amour pour les autres
9 Que l’amour soit sans hypocrisie. Ayez le mal en horreur ; attachez-vous fortement au bien.
10 Par amour fraternel, soyez pleins d’affection les uns pour les autres ; par honneur, usez de prévenances réciproques.
11 Ayez du zèle, et non de la paresse. Soyez fervents d’esprit. Servez le Seigneur.
12 Réjouissez-vous en espérance. Soyez patients dans l’affliction. Persévérez dans la prière.
13 Pourvoyez aux besoins des saints. Exercez l’hospitalité.
14 Bénissez ceux qui vous persécutent, bénissez et ne maudissez pas.
15 Réjouissez-vous avec ceux qui se réjouissent ; pleurez avec ceux qui pleurent.
16 Ayez les mêmes sentiments les uns envers les autres. N’aspirez pas à ce qui est élevé, mais laissez-vous attirer par ce qui est humble. Ne soyez point sages à vos propres yeux.
Ceci a déjà été vu avec l’étude des précédents versets. Toute la première partie de ce passage, concerne l’amour envers les autres. La deuxième partie de cette fin de chapitre (versets 17-21) concerne la conduite à tenir vis à vis des autres qui consiste à ne pas nous venger.
Romains 12:17-21 : Ne pas se venger
17 Ne rendez à personne le mal pour le mal. Recherchez ce qui est bien devant tous les hommes.
18 S’il est possible, autant que cela dépend de vous, soyez en paix avec tous les hommes.
19 Ne vous vengez point vous-mêmes, bien-aimés, mais laissez agir la colère ; car il est écrit: A moi la vengeance, à moi la rétribution, dit le Seigneur. (Hébreux 12:14)
20 Mais si ton ennemi a faim, donne-lui à manger; s’il a soif, donne-lui à boire; car en agissant ainsi, ce sont des charbons ardents que tu amasseras sur sa tête.
21 Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais surmonte le mal par le bien.
Voici toute la conduite à tenir face à la méchanceté des autres. Nous pouvons observer qu’à partir du verset 9, l’amour est cité en premier en précisant qu’il doit être sans hypocrisie, c’est à dire sincère. Ceci doit être la première qualité attendue du chrétien. L’amour dont il s’agit, est l’amour que Dieu déverse dans nos cœurs par le Saint-Esprit. C’est le maître mot de l’Évangile !
Jésus en Marc 12:30-31 dira « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu de tout ton cœur et de toute ton âme et de toute ta pensée, et de toute ta force. Voici le second: tu aimeras ton prochain comme toi même. Il n’y a pas d’autre commandement plus grand que ceux-là« .
Donc, l’Ancien Testament, s’il est bien compris, et le Nouveau Testament, invitent à avoir de l’amour pour tous les hommes. Ceci est normal dans la mesure où Dieu est Amour et que les chrétiens sont appelés ses enfants. Par conséquent, ceux-ci doivent être des enfants remplis d’amour pour tous les hommes.
Romains 5:5
5 Or, l’espérance ne trompe point, parce que l’amour de Dieu est répandu dans nos cœurs par le Saint Esprit qui nous a été donné.
Dans ce verset, le mot grec agape signifie amour divin Il ne s’agit pas de l’amour humain (philae en grec) qui est un amour toujours intéressé, et qui attend un retour, une contrepartie. Dans ce verset, il est important de voir que c’est le Saint Esprit qui répand l’amour divin dans le cœur du chrétien.
1 Corinthiens 13:6
6 il ne se réjouit point de l’injustice, mais il se réjouit de la vérité;
Éphésiens 5:1-2
1 Devenez donc les imitateurs de Dieu, comme des enfants bien-aimés;
2 et marchez dans l’amour, à l’exemple de Christ, qui nous a aimés, et qui s’est livré lui-même à Dieu pour nous comme une offrande et un sacrifice de bonne odeur.
La transformation du chrétien va s’opérer aussi sur un autre plan
Éphésiens 5:8
8 Autrefois vous étiez ténèbres, et maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur. Marchez comme des enfants de lumière!
Plus nous avancerons sur le chemin de sanctification, plus la lumière de Dieu sera en nous. Même si elle n’est pas visible, les autres la percevront, la détecteront.
La première piste à suivre est le fait qu’avant sa conversion, le chrétien, comme tout homme, vivait pour lui. Il centrait tout sur lui. Il développait son égoïsme et son égocentrisme. Cet égoïsme et cet égocentrisme allaient de pair avec l’orgueil qui l’encourageait dans cette voie. C’est cette partie de l’être qui doit mourir. Le chrétien ne s’appartient plus, il appartient à Jésus qui l’a racheté. Dieu va lui demander trois sacrifices, le troisième est exposé en Romains 13 qui sera étudié ultérieurement. Les deux premiers sacrifice à faire sont les suivants:
3 – a) Premier sacrifice : l’humilité
Le premier sacrifice de l’humilité consiste dans le brisement, le brisement de notre orgueil. En effet, l’humilité chez l’homme n’est pas naturelle. Il doit passer par le brisement. Au verset de Romains 12:3, Paul invite le chrétien à développer la modestie, l’humilité.
3 Par la grâce qui m’a été donnée, je dis à chacun de vous de n’avoir pas de lui-même une trop haute opinion, mais de revêtir des sentiments modestes, selon la mesure de foi que Dieu a départie à chacun.
Il est nécessaire d’apprendre et de pratiquer l’humilité pour détruire l’orgueil ou du moins le contrôler, l’étouffer jusqu’à ce qu’il disparaisse. Pour cela, il faut laisser l’Esprit Saint contrôler notre vie.
Notre humilité témoignera de la mesure de foi que nous avons. L’humilité sera le vrai baromètre de la foi, car est-il pensable d’avoir une foi orgueilleuse ? L’orgueil qui se manifeste chez quelqu’un est bien le signe que le vieil homme en lui n’est pas mort, et que sa chair est encore au contrôle de sa vie.
Le don, ou la qualité spécifique de chacun n’est pas pour se mettre en valeur par rapport à l’autre, mais pour se mettre à son service. Il faut s’oublier en mourant à soi-même pour servir l’autre. Celui qui exerce un ministère n’est pas au-dessus des autres. Il est inférieur aux autres, puisque dans l’exercice de son ministère, il est à leur service. Voyez ce que dit Jésus en :
Matthieu 18:4
4 C’est pourquoi, quiconque se rendra humble comme ce petit enfant sera le plus grand dans le royaume des cieux.
Jésus a montré l’exemple en faisant lui-même la démonstration de son humilité lorsqu’il a lavé les pieds des disciples ainsi que cela est relaté en Jean 13 :14-15. Il a mis cela en pratique en prenant la place d’un esclave pour que ses disciples comprennent bien. A l’époque, quand une personne rentrait dans une maison, la première chose qui se faisait, était qu’un esclave de la maison lave les pieds de l’invité. Jésus là, a pris la position la plus basse, celui de l’esclave, et il n’est pas possible d’être plus humble que le dernier des esclaves.
Ce qui se passe avec Dieu, c’est que tout ce qui est spirituel, est comme une image inversée du naturel, et inversement. Ce qui est élevé, sera abaissé, et ce qui sera abaissé sera élevé. Il y a ainsi une totale inversion des valeurs.
– b) Deuxième sacrifice : l’amour
Le deuxième sacrifice est l’amour.
Romains 12:9
9 Que l’amour soit sans hypocrisie. Ayez le mal en horreur ; attachez-vous fortement au bien.
Ce verset pose des questions et il mérite qu’on s’y attarde. Pourquoi ? Parce que je dois aimer sans hypocrisie, sans arrière-pensée. L’hypocrisie chez les grecs était représentée par leur dieu Janus, le dieu aux deux visages. Le mot grec « agape » traduit par charité ou amour, est le mot pour parler d’amour divin comme cela a déjà été dit. C’est le niveau suprême de l’amour. Le mot charité a perdu de sa force dans notre société où il est plutôt associé à l’aumône, les œuvres de bienfaisance. Trop souvent les personnes cachent leur vraie nature derrière une charité extérieure, au point où l’on parle de « charity business » deux mots bien incompatibles, mais qui révèle la fausse charité, le faux amour.
Le mot grec « Anupokritos » traduit ici par sans hypocrisie, peut aussi être traduit par sincère. Ces deux expressions se complètent bien, et se renforcent. Cet amour s’exprime sans arrière-pensée.
Ce verset à lui seul pose bien des questions, et mérite de s’y attarder.
– 1 Je dois aimer sans arrière-pensées (ex : ne pas dire du bien devant, et du mal derrière.)
– 2 Je dois avoir le mal (ce qui est mauvais) en horreur, l’avoir en aversion, l’abhorrer
-3 Au contraire, je dois m’attacher au bien
la mise en pratique
Ainsi il faut :
Avoir le mal en horreur ce qui conduit à réprouver le péché, péché qui bien souvent s’expose ouvertement sur la place publique. Pour autant, cela doit se faire sans haine. Il faut apprendre à aimer le pécheur (ex : homosexuel….), tout en désapprouvant sa conduire, lui dire librement et sans agressivité que nous haïssons le péché (ex : l’homosexualité). Cependant plus que tout, nous devons haïr le mal, c’est-à-dire tout ce qui est mauvais en nous.
Il faut apprendre aussi une chose difficile, celle qui est de vivre en harmonie avec tout le monde, ce qui est plus que de vivre en paix. Cependant Paul dira :
Romains 12:18
18 S’il est possible, autant que cela dépend de vous, soyez en paix avec tous les hommes.
Bref dans la mesure du possible, de notre possible, la paix doit émaner de notre être, l’animosité devant venir des autres et en aucun cas de nous.
L’amour est une puissance, une très grande puissance.
L’amour a la puissance de la bombe atomique, mais nous ne savons pas l’utiliser. Dieu seul, Dieu qui est Amour pleinement, est capable de s’en servir parfaitement. C’est pourquoi, il est le tout puissant « El Shaddaï »
Là où il y a de la haine, du mal, nous devons manifester de l’amour, de la bonté, de la compassion. Ce sont toutes des valeurs qui ne sont pas de ce monde.
Dans ce passage de Romains 12:9-21 sont citées les quatre vertus de 2 Pierre 1:5-7 : l’amour, la patience, la piété et l’amitié fraternelle.
Les versets 18 à 21 de cette épître aux romains concernent l’attitude à adopter envers les païens avec lesquels nous pourrions être en conflit. Notre attitude doit être pacifique et nous devons chercher à établir une relation harmonieuse.
Pour mettre en pratique le verset 18, toujours dans la mesure du possible :
– Le chrétien ne doit pas se quereller avec les hommes
– Le chrétien s’efforce de réparer les relations brisées avec eux
– De plus, le chrétien leur fait du bien, sans oublier de bénir ceux qui le persécutent.
– Le chrétien doit être en paix
Hébreux 12:14
14 Recherchez la paix avec tous, et la sanctification, sans laquelle personne ne verra le Seigneur.
Bref, le chrétien doit triompher du mal par le bien !
Notre attitude de bienveillance perturbera le méchant qui ne comprendra pas que nous puissions répondre à la méchanceté par de la gentillesse. Il s’interrogera car il s’attend à ce que nous agissions de la même façon que lui.
Notre modèle étant Jésus, il suffit de l’imiter après qu’il se soit fait arrêter dans le jardin de Gethsémané.
Il est intéressant de faire une comparaison entre Romains 12:9-18 et Galates 5:22 à propos du fruit de l’Esprit que doit produire le chrétien :
22 Mais le fruit de l’Esprit c’est :
En Galates 5:22 En Romains 12:9-18
– l’amour, – v.9-10 amour
– la joie, – v.15 réjouissez-vous
– la paix, – v.18 soyez en paix
– la patience, – v.12 patience
– la bonté, – v.17 rechercher le bien
– la bienveillance, – v.13 pourvoir, hospitalité
– la foi, – v.11-19 laissez agir Dieu
– la douceur, – v.16 laissez-vous attirer par ce qui est humble
– la maîtrise de soi ; – v.19 ne vous vengez pas

