Hébreux chapitre 8 médiation de Jésus dans la nouvelle alliance

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En Hébreux chapitre 8, l’auteur explique la nouvelle alliance établie par Jésus, meilleure que l’ancienne, car elle repose sur de meilleures promesses. Le rôle de Christ en tant que Grand Prêtre dans le sanctuaire céleste y est également mis en avant.

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Hébreux chapitre 8 – Étude biblique

Ce chapitre 8 de l’épître aux Hébreux est crucial parce qu’il sert à la fois de récapitulatif des sept premiers chapitres dans lesquels les gloires et les perfections de Christ sont magnifiées, et d’introduction aux vérités fondamentales qui vont suivre. Après avoir démontré dans le chapitre 7 la supériorité du sacerdoce de Jésus sur celui des Lévites, en introduisant un changement de sacerdoce, l’auteur de l’épître va maintenant approfondir la nature de ce sacerdoce.

Dans ce chapitre 8, l’accent est mis sur le sanctuaire céleste dans lequel Jésus, en tant que véritable souverain sacrificateur, accomplit son ministère. Il s’agit du lieu d’où est administrée une Nouvelle Alliance bien supérieure à l’ancienne, tant par sa nature que par ses effets.

Points clés à garder à l’esprit :
  1. Le sacerdoce de Christ est fondé sur une Nouvelle et meilleure Alliance
    Ce chapitre introduit l’idée que l’ancienne Alliance basée sur la loi mosaïque, est remplacée par une Alliance Nouvelle fondée sur de meilleures promesses (Hébreux 8:6). Jésus est le garant de cette dernière qui n’est plus basée sur des sacrifices répétitifs et imparfaits, mais sur un sacrifice unique et parfait.
  2. Un nouveau et meilleur sanctuaire (chapitre 9)
    Contrairement aux prêtres lévitiques qui servaient dans un sanctuaire terrestre, une ombre de la réalité céleste, Jésus officie dans le sanctuaire céleste dans la présence même de Dieu. Le chapitre 9 mettra en lumière la nature de ce sanctuaire supérieur, où Jésus agit comme médiateur entre Dieu et les hommes.
  3. Un nouveau sacrifice parfait (chapitre 10)
    Le chapitre 10 développera l’idée que Jésus n’a pas seulement offert un sacrifice, mais s’est offert lui-même une fois pour toutes. Ce sacrifice parfait met fin aux sacrifices répétitifs de l’Ancienne Alliance, en apportant la rémission complète des péchés et en rendant les croyants justes devant Dieu.

En résumé, le chapitre 8 fait la transition entre l’explication de la supériorité du sacerdoce de Christ et les chapitres suivants, où seront détaillés les aspects essentiels de la Nouvelle Alliance, du sanctuaire céleste et du sacrifice parfait de Jésus. Tout cela démontre la perfection et la finalité de l’œuvre rédemptrice de Christ.

1 – Hébreux chapitre 8 :1-2 – Jésus assis à la droite du trône

Hébreux 8:1-2

1 Le point capital de ce qui vient d’être dit, c’est que nous avons un tel souverain sacrificateur, qui s’est assis à la droite du trône de la majesté divine dans les cieux,

comme ministre du sanctuaire et du véritable tabernacle, qui a été dressé par le Seigneur et non par un homme.

Hébreux 8:1-2 est un moment charnière où l’auteur met en avant l’idée centrale de son argumentation. L’accent est mis sur la fonction supérieure et unique de Jésus en tant que souverain sacrificateur. L’auteur de cette épître souligne qu’il ne s’agit pas seulement d’un grand sacrificateur terrestre, mais de celui qui exerce son ministère dans le véritable tabernacle, c’est-à-dire au ciel, le sanctuaire originel et parfait, dressé par Dieu lui-même.

Points d’amélioration :
  1. Un point capital :
    L’auteur précise que ce qu’il vient de dire culmine ici. Ce « point capital » est que nous avons non seulement un souverain sacrificateur, mais un souverain sacrificateur parfait qui est directement auprès de Dieu. Contrairement aux prêtres lévitiques, Jésus accomplit son ministère dans le sanctuaire céleste, un tabernacle non fait de mains humaines. C’est le sanctuaire authentique, celui que les structures terrestres ne faisaient que symboliser.
  2. L’original et la copie :
    L’auteur met en évidence la différence fondamentale entre le tabernacle céleste et son reflet terrestre. Comme dans de nombreux domaines, l’original est toujours plus précieux que la copie. Le tabernacle terrestre, bien qu’il ait été institué par Dieu, n’était qu’une ombre, une préfiguration du sanctuaire céleste. Le ministère de Jésus se déroule dans cet original, ce qui renforce encore la supériorité de son sacerdoce.
  3. « Jésus qui s’est assis » :
    Le fait que Jésus soit assis à la droite du trône de Dieu est d’une immense signification. Dans l’Ancien Testament, le souverain sacrificateur devait accomplir continuellement des sacrifices, jamais assis, car son travail n’était jamais terminé. Mais Jésus, après avoir offert son sacrifice une fois pour toutes, est assis. Cela montre que son œuvre rédemptrice est entièrement achevée. Il a accompli pleinement le salut des croyants.
  4. « À la droite de Dieu » :
    Être assis à la droite de Dieu n’est pas une simple posture. Cela révèle la position royale et l’autorité suprême de Jésus. « La droite » symbolise la place d’honneur, de pouvoir et d’autorité. Jésus est non seulement notre sacrificateur, mais il est aussi le Roi des rois qui a reçu tout pouvoir dans les cieux et sur la terre. De cette position d’autorité, il intercède continuellement pour nous (Hébreux 7:25 ; Romains 8:34 ; Ésaïe 53:12).
L’œuvre de Jésus est parfaite

Ainsi, ces versets réaffirment que l’œuvre de Christ est complète, parfaite, et que Jésus, notre Souverain Sacrificateur, officie dans le sanctuaire céleste avec une autorité totale, à la droite de Dieu. Ce ministère céleste garantit la puissance et l’efficacité de son intercession pour tous ceux qui s’approchent de Dieu par lui.

2 – Hébreux chapitre 8:3-5 – Le rôle du souverain sacrificateur

Hébreux 8:3-5

Tout souverain sacrificateur est établi pour présenter des offrandes et des sacrifices ; d’où il est nécessaire que celui-ci ait aussi quelque chose à présenter.

S’il était sur la terre, il ne serait pas même sacrificateur, puisque là sont ceux qui présentent des offrandes selon la loi

lesquels célèbrent un culte, image et ombre des choses célestes, selon que Moïse en fut divinement averti lorsqu’il allait construire le tabernacle : Aie soin, lui fut-il dit, de faire tout d’après le modèle qui t’a été montré sur la montagne.

Hébreux 8:3-5 est une section clé qui renforce l’argument de l’auteur sur la supériorité du sacerdoce de Jésus par rapport à celui des prêtres lévitiques. Elle établit un contraste entre le ministère céleste de Jésus et le ministère terrestre des sacrificateurs lévitiques, tout en soulignant que ces derniers n’étaient qu’une ombre des réalités célestes. Voici des améliorations pour clarifier et enrichir l’exposition de ces versets :

Hébreux chapitre 8:3 :

Tout souverain sacrificateur est établi pour présenter des offrandes et des sacrifices ; d’où il est nécessaire que celui-ci ait aussi quelque chose à présenter.

L’auteur commence par rappeler la fonction fondamentale du souverain sacrificateur : il est établi pour offrir des sacrifices et des offrandes à Dieu. Cela met en lumière l’essence même du sacerdoce, qu’il soit terrestre ou céleste. Mais ici, l’auteur souligne une différence cruciale : Jésus, en tant que souverain sacrificateur céleste, devait aussi avoir quelque chose à offrir. Ce sacrifice, comme nous l’avons vu dans Hébreux 7:27, est unique, parfait et offert une fois pour toutes.

Cette mention renforce l’idée que l’offrande de Jésus n’est pas une répétition des sacrifices terrestres faits par les prêtres lévitiques, mais un acte singulier et définitif.

Hébreux chapitre 8:4 : Le ministère terrestre et céleste

S’il était sur la terre, il ne serait pas même sacrificateur, puisque là sont ceux qui présentent des offrandes selon la loi

L’auteur fait une transition en disant que si Jésus était encore sur terre, il ne serait même pas sacrificateur. Cela s’explique par le fait que Jésus n’était pas de la tribu de Lévi, mais de la tribu de Juda. La loi mosaïque exigeait que seuls les Lévites puissent servir comme prêtres. Ainsi, Jésus ne pouvait pas exercer cette fonction sous l’ancienne loi sans la transgresser. Cependant, il est le souverain sacrificateur selon l’ordre de Melchisédek, une réalité spirituelle et céleste qui dépasse le cadre légal terrestre.

Le ministère de Jésus ne se limite donc pas à une fonction sacerdotale liée à la loi mosaïque. Il s’agit d’un ministère céleste exercé dans le véritable tabernacle, le sanctuaire céleste. Ce ministère dépasse la temporalité de la loi, révélant la nécessité d’un sacerdoce supérieur et éternel.

Hébreux chapitre 8:5 : L’ombre et la réalité

lesquels célèbrent un culte, image et ombre des choses célestes, selon que Moïse en fut divinement averti lorsqu’il allait construire le tabernacle : Aie soin, lui fut-il dit, de faire tout d’après le modèle qui t’a été montré sur la montagne.

Ce verset apporte un éclaircissement essentiel : le culte lévitique n’était qu’une image et une ombre des choses célestes. L’auteur utilise ici une analogie visuelle, évoquant une sorte de théâtre d’ombres où les prêtres terrestres, à travers leurs rites, projetaient une image imparfaite des réalités célestes. Le voile qui séparait le lieu saint du lieu très saint dans le tabernacle est ici particulièrement important. Ce voile représentait la séparation entre Dieu et l’humanité. Cependant, par le sacrifice de Jésus, ce voile a été déchiré, dévoilant ainsi les réalités célestes et permettant un accès direct à Dieu.

Hébreux 10:20

20 par la route Nouvelle et vivante qu’il a inaugurée pour nous au travers du voile, c’est-à-dire, de sa chair,

L’auteur cite également l’instruction donnée à Moïse : « Fais tout d’après le modèle qui t’a été montré sur la montagne ».

Exode 25:40

40 Regarde, et fais d’après le modèle qui t’est montré sur la montagne.

Cela montre que le tabernacle terrestre n’était qu’une réplique, une copie du véritable sanctuaire céleste. Le tabernacle de Moïse servait de représentation temporaire de ce que Jésus a accompli une fois pour toutes.

Le contraste entre l’ombre et la réalité

L’exemple de l’ombre permet de comprendre que vouloir retourner aux pratiques de l’ancienne loi équivaut à abandonner la réalité pour l’ombre. L’auteur avertit ses lecteurs : de ne pas « lâcher la proie pour l’ombre », c’est-à-dire de ne pas abandonner le salut complet en Christ pour un retour au judaïsme ou aux anciennes pratiques sacrificielles. Cela concernait directement les judéo-chrétiens du premier siècle, tentés de revenir au cadre rassurant de la loi mosaïque. Mais l’avertissement est tout aussi valable pour ceux, aujourd’hui, qui cherchent à judaïser leur foi ou à se tourner vers des pratiques rituelles pour se sentir plus spirituels. Le message est clair :’’ en ayant Christ, nous avons tout.’’ Christ est la réalité suprême, et retourner aux pratiques rituelles de l’Ancienne Alliance est une perte.

Application personnelle

L’auteur souligne que, de même que Moïse a construit le tabernacle selon un modèle divin, notre vie doit aussi être bâtie selon le modèle parfait de Jésus-Christ. Cela implique de suivre son exemple, non seulement dans l’obéissance aux commandements, mais aussi dans la manière de vivre en relation avec Dieu et les autres. Jésus est le modèle parfait, et les Écritures – aussi bien l’Ancien que le Nouveau Testament – nous montrent comment aligner nos vies sur cet exemple.

Ainsi, l’auteur montre que l’œuvre de Christ est parfaite, accomplie dans le véritable sanctuaire céleste. Il n’y a donc plus besoin de se raccrocher aux ombres de l’Ancienne Alliance, car la réalité est en Christ, notre Souverain Sacrificateur céleste.

3 – Hébreux chapitre 8:6-7 Christ est “le Médiateur d’une Alliance plus excellente”

Hébreux 8:6-7

Mais maintenant il a obtenu un ministère d’autant supérieur qu’il est le médiateur d’une alliance plus excellente, qui a été établie sur de meilleures promesses.

En effet, si la première alliance avait été sans défaut, il n’aurait pas été question de la remplacer par une seconde.

Les versets de Hébreux 8:6-7 développe une idée centrale de l’épître aux Hébreux : la supériorité de Jésus-Christ en tant que médiateur d’une Nouvelle Alliance, plus excellente que l’ancienne. L’auteur montre ici la transition entre l’ombre et la réalité, entre l’Ancienne Alliance qui avait des limites, et la Nouvelle Alliance fondée sur des promesses meilleures. Jésus est présenté comme le garant de cette Nouvelle Alliance, accomplissant ainsi la prophétie de Jérémie et offrant une relation plus intime et directe avec Dieu.

Hébreux chapitre 8:6 : Un ministère supérieur, une meilleure Alliance

L’auteur de l’épître souligne que Christ a obtenu un ministère supérieur parce qu’il est le médiateur d’une Alliance plus excellente. Cette Nouvelle Alliance est établie sur de meilleures promesses. Contrairement à l’ancienne Alliance, fondée sur la loi mosaïque et ses rituels, la Nouvelle Alliance repose sur la grâce et l’œuvre achevée de Jésus-Christ. L’expression « meilleures promesses » implique que cette Nouvelle Alliance contient des bénédictions spirituelles plus profondes, notamment le pardon complet des péchés, une relation directe avec Dieu, et la vie éternelle.

L’Ancienne Alliance, bien qu’instituée par Dieu, était imparfaite en raison de l’incapacité de la loi à transformer pleinement le cœur humain. Cette incapacité résidait dans le fait que la loi révélait le péché mais ne pouvait pas le vaincre. La Nouvelle Alliance, en revanche, est fondée sur la puissance de l’Esprit de Dieu et sur l’œuvre de Jésus-Christ, qui non seulement révèle le péché, mais l’efface définitivement.

Hébreux chapitre 8:7 : La nécessité d’une Nouvelle Alliance

L’auteur explique que si la première Alliance avait été sans défaut, il n’y aurait pas eu besoin d’une Nouvelle. Le fait que Dieu ait prévu une seconde Alliance montre les limites de la première. Comme cela a été mentionné en Hébreux 7:18-19, l’Ancienne Alliance malgré sa sainteté, était impuissante à conduire l’homme à la perfection. Elle ne permettait pas une transformation intérieure, mais était plutôt un ensemble de règles et de rituels externes. C’est pourquoi, elle devait être remplacée par quelque chose de plus efficace et de plus profond, à savoir la Nouvelle Alliance en Christ.

L’Ancienne Alliance servait essentiellement de préparation à la venue de Jésus et à l’établissement de la Nouvelle Alliance. Elle soulignait les besoins de l’humanité et montrait notre incapacité à atteindre la justice parfaite par nos propres efforts. La Nouvelle Alliance répond à ces besoins en offrant une réconciliation définitive avec Dieu, non plus par des sacrifices animaux répétés, mais par le sacrifice unique de Jésus-Christ.

Ombre et réalité

L’auteur de l’épître aux Hébreux compare souvent l’Ancienne Alliance à une ombre, tandis que la réalité est en Christ. Comme le dit:

Colossiens 2:17

17 c’était l’ombre des choses à venir, mais le corps est en Christ.

 Les rituels et les observances de la loi mosaïque n’étaient que des représentations imparfaites des choses célestes à venir. Jésus, en tant que réalité de ces ombres, incarne l’accomplissement total des promesses divines.

Cette transition entre l’ombre et la réalité souligne que tout ce qui a été fait dans l’Ancien Testament depuis les sacrifices jusqu’aux rites du tabernacle, n’était que des préfigurations du ministère parfait de Jésus. Le sacrifice des animaux, par exemple, n’était qu’un symbole temporaire de la purification spirituelle, tandis que le sacrifice de Jésus purifie véritablement et définitivement du péché.

La meilleure espérance, comme il est dit :

Hébreux 7:19

19 car la loi n’a rien amené à la perfection, et introduction d’une meilleure espérance, par laquelle nous nous approchons de Dieu.

La loi n’a rien amené à la perfection. Toutefois, la Nouvelle Alliance introduit une meilleure espérance par laquelle nous nous approchons de Dieu. Cette meilleure espérance se trouve dans l’œuvre de Jésus, qui nous ouvre un accès direct à Dieu. Contrairement à l’Ancienne Alliance où le souverain sacrificateur devait intercéder pour le peuple, Jésus est notre médiateur parfait, assis à la droite de Dieu, intercédant continuellement en notre faveur.

Le médiateur parfait

Le rôle de médiateur dans l’Ancienne Alliance était exercé par le souverain sacrificateur, un homme imparfait qui devait offrir des sacrifices pour ses propres péchés avant de pouvoir intercéder pour le peuple. Jésus, en revanche, est sans péché et n’a pas eu besoin de faire un sacrifice pour lui-même. Son œuvre est complète, et il exerce son ministère dans le sanctuaire céleste, non dans un temple fait de mains d’homme.

L’auteur rappelle ici la prophétie de Jérémie 31:31-34, qui annonce cette Nouvelle Alliance bien avant sa venue.

Jérémie 31:31-34

31 Voici, les jours viennent, dit l’Éternel, Où je ferai avec la maison d’Israël et la maison de Juda Une Alliance Nouvelle,

32 Non comme l’Alliance que je traitai avec leurs pères, Le jour où je les saisis par la main Pour les faire sortir du pays d’Égypte, Alliance qu’ils ont violée, Quoique je sois leur maître, dit l’Éternel.

33 Mais voici l’Alliance que je ferai avec la maison d’Israël, Après ces jours-là, dit l’Éternel : Je mettrai ma loi au dedans d’eux, Je l’écrirai dans leur cœur ; Et je serai leur Dieu, Et ils seront mon peuple.

34 Celui-ci n’enseignera plus son prochain, Ni celui-là son frère, en disant : Connaissez l’Éternel ! Car tous me connaîtront, Depuis le plus petit jusqu’au plus grand, dit l’Éternel ; Car je pardonnerai leur iniquité, Et je ne me souviendrai plus de leur péché.

Jérémie parle d’une transformation intérieure, où la loi de Dieu sera inscrite dans le cœur des croyants, et non simplement sur des tablettes de pierre. C’est cette promesse d’une transformation spirituelle et d’une relation intime avec Dieu qui rend la Nouvelle Alliance supérieure à l’ancienne.

Conclusion

Cette section de l’épître aux Hébreux nous montre que Jésus est bien plus qu’un simple sacrificateur terrestre. Il est le médiateur d’une Alliance Nouvelle, fondée sur des promesses éternelles. L’Ancienne Alliance bien que sainte et juste, était insuffisante pour nous amener à la perfection. En Christ, la réalité des promesses divines est pleinement révélée et accessible à ceux qui croient. Par son sacrifice unique, Jésus a accompli ce que les sacrifices de l’Ancienne Alliance ne pouvaient faire : il a offert une rédemption complète et une relation directe avec Dieu.

Hébreux 8:8-13 présente une réflexion profonde sur la transition entre l’Ancienne et la Nouvelle Alliance. L’auteur souligne que l’Ancienne Alliance, bien qu’instaurée par Dieu, a révélé les faiblesses de l’homme à la respecter pleinement.

4 – Hébreux chapitre 8:8-13 – Annonce d’une nouvelle alliance

Hébreux 8:8-13

Car c’est avec l’expression d’un blâme que le Seigneur dit à Israël : Voici, les jours viennent, dit le Seigneur, Où je ferai avec la maison d’Israël et la maison de Juda Une Alliance Nouvelle,

Non comme l’Alliance que je traitai avec leurs pères, Le jour où je les saisis par la main Pour les faire sortir du pays d’Égypte ; Car ils n’ont pas persévéré dans mon Alliance, Et moi aussi je ne me suis pas soucié d’eux, dit le Seigneur.

10 Mais voici l’Alliance que je ferai avec la maison d’Israël, Après ces jours-là, dit le Seigneur : Je mettrai mes lois dans leur esprit, Je les écrirai dans leur cœur ; Et je serai leur Dieu, Et ils seront mon peuple.

11 Aucun n’enseignera plus son concitoyen, Ni aucun son frère, en disant : Connais le Seigneur ! Car tous me connaîtront, Depuis le plus petit jusqu’au plus grand d’entre eux ;

12 Parce que je pardonnerai leurs iniquités, Et que je ne me souviendrai plus de leurs péchés.

13 En disant : une Alliance Nouvelle, il a déclaré la première ancienne ; or, ce qui est ancien, ce qui a vieilli, est près de disparaître.

Un rappel des Alliances du passé

Ce passage commence par un blâme qui concerne non seulement l’Ancienne Alliance, mais aussi ceux qui étaient censés la respecter. Dans une Alliance, il y a toujours deux parties. Dieu s’engageait à bénir, protéger et guider, tandis que le peuple s’engageait à obéir et à respecter ses commandements. Cependant, les Écritures montrent comment l’humanité a échoué à respecter ses engagements à maintes reprises :

  1. Adam devait obéir à Dieu en ne mangeant pas de l’arbre de la connaissance (Genèse 2:16-17).
  2. Noé, par la foi, a obéi en construisant l’arche, malgré l’absence de signe de pluie (Genèse 6-9).
  3. Abraham a quitté sa terre natale, croyant aux promesses divines d’une postérité (Genèse 15).
  4. Moïse a reçu la Loi au Sinaï, qui contenait des bénédictions et des malédictions en fonction de l’obéissance du peuple (Deutéronome 27-28).

Ces Alliances ont révélé la difficulté humaine à rester fidèle, et l’épître aux Hébreux 8 souligne cette faiblesse.

La Nouvelle Alliance : un changement fondamental

Ce passage introduit la promesse d’une Nouvelle Alliance. Contrairement à l’ancienne, écrite sur des tables de pierre et imposée extérieurement, cette Nouvelle Alliance sera écrite dans les cœurs. Ce passage est tiré de Jérémie 31:31-34 où Dieu promet une transformation intérieure : ses lois ne seront plus perçues comme des règles externes à suivre, mais comme une expression d’un amour interne, profondément gravé dans l’esprit de ceux qui l’acceptent.

Dans cette Nouvelle Alliance, il n’y a plus besoin d’enseigner à quelqu’un à connaître le Seigneur, car tous auront une relation directe avec Lui, du plus petit au plus grand. La loi n’est plus simplement un ensemble de règlements, mais un désir intime de vivre selon la volonté de Dieu. Ce passage fait écho à ce que Paul exprime dans 2 Corinthiens 3:18, où il est question de transformation à l’image du Seigneur.

Le rôle du pardon

Le verset 12 met l’accent sur le pardon : « Parce que je pardonnerai leurs iniquités, et que je ne me souviendrai plus de leurs péchés. » L’Ancienne Alliance était marquée par des sacrifices répétés pour expier les péchés, un rappel constant des faiblesses humaines. La Nouvelle Alliance, en revanche, s’appuie sur le sacrifice unique et parfait de Jésus, qui pardonne une fois pour toutes les péchés, permettant ainsi une réconciliation définitive entre Dieu et l’humanité.

Réflexion sur la Nouvelle Alliance

L’Ancienne Alliance, bien qu’importante dans le cadre de l’histoire du salut, a montré ses limites à cause de la nature déchue de l’homme. Les sacrifices de l’Ancienne Alliance devaient être continuellement répétés, sans jamais résoudre le problème du péché à sa racine. Dans la Nouvelle Alliance, Dieu fait tout le travail : Il place ses lois dans les cœurs, transforme les esprits, et garantit le pardon des péchés. Tout cela ne dépend plus des œuvres humaines mais de la grâce divine.

Cela ne signifie pas pour autant que l’effort humain est totalement exclu. L’homme est toujours invité à répondre par la foi, la repentance, et une vie de transformation à l’image de Christ. Mais cette transformation est rendue possible grâce à la présence du Saint-Esprit en chacun des croyants. Dieu ne réside plus dans une tente ou un temple, mais en chaque individu, faisant de chaque croyant un temple du Saint-Esprit.

Conclusion

Hébreux 8:8-13 invite chacun à réfléchir profondément sur la manière dont Dieu a établi cette Nouvelle Alliance. Alors que l’Ancienne Alliance rappelait constamment aux hommes leur incapacité à être justes par eux-mêmes, la Nouvelle Alliance offre une solution radicale : la loi de Dieu, écrite dans leurs cœurs, combinée au pardon total des péchés par le sacrifice de Jésus. L’obéissance n’est plus une question de conformité extérieure, mais d’un amour et d’un désir profondément ancrés en nous.

Il est important de souligner que l’expression ‘Nouvelle Alliance’ n’apparaît qu’une seule fois dans l’Ancien Testament, précisément dans le passage de Jérémie précité. Cependant, nous en trouvons une description détaillée en :

Ézéchiel 36:22-38

26 Je vous donnerai un cœur nouveau, et je mettrai en vous un esprit nouveau ; j’ôterai de votre corps le cœur de pierre, et je vous donnerai un cœur de chair.

27 Je mettrai mon esprit en vous, et je ferai en sorte que vous suiviez mes ordonnances, et que vous observiez et pratiquiez mes lois.

5 – Le thème central de l’épitre aux Hébreux est en résumé :

« Jésus, le véritable souverain sacrificateur ».

Ce concept est présenté de manière claire dans Hébreux 4:14-16

: Hébreux 4:14-16.

14 Ainsi, puisque nous avons un grand souverain sacrificateur qui a traversé les cieux, Jésus, le Fils de Dieu, demeurons fermes dans la foi que nous professons.

15 Car nous n’avons pas un souverain sacrificateur qui ne puisse compatir à nos faiblesses ; au contraire, il a été tenté comme nous en toutes choses, sans commettre de péché.

16 Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce afin d’obtenir miséricorde et de trouver grâce, pour être secourus dans nos besoins.

Ce passage souligne à la fois l’humanité de Jésus, qui peut comprendre nos faiblesses parce qu’il a été tenté comme nous, et sa divinité parce que sans péché et qu’il siège auprès de Dieu, prêt à offrir sa miséricorde.

Application du thème central

L’application de ce thème est exposée en détail dans Hébreux 7:1 – 10:18 et se décompose en cinq parties distinctes, mettant en lumière la supériorité de Jésus en tant que souverain sacrificateur à différents niveaux :

  1. Hébreux 7:1-28 – La supériorité de Jésus en tant que souverain sacrificateur selon l’ordre de Melchisédek
    Jésus est comparé à Melchisédek, un prêtre mystérieux qui apparaît dans l’Ancien Testament. Contrairement aux prêtres lévitiques, Jésus appartient à un ordre supérieur, éternel, sans début ni fin, soulignant la permanence et l’efficacité de son sacerdoce.
  2. Hébreux 8:1-5 – La supériorité de Jésus en tant que souverain sacrificateur dans le tabernacle céleste
    Jésus n’exerce pas son sacerdoce dans un tabernacle terrestre, comme les prêtres de l’Ancienne Alliance, mais dans le tabernacle céleste, un sanctuaire parfait et éternel, auprès de Dieu lui-même.
  3. Hébreux 8:6-13 – La supériorité de Jésus en tant que souverain sacrificateur de la Nouvelle Alliance
    Jésus est le médiateur d’une Nouvelle Alliance, supérieure à l’ancienne. Contrairement à l’Ancienne Alliance, basée sur des lois extérieures, la Nouvelle Alliance est gravée dans les cœurs et fondée sur une relation directe et personnelle avec Dieu.
  4. Hébreux 9:15-28 – La supériorité de Jésus en tant que médiateur de la Nouvelle Alliance
    En tant que médiateur de cette Nouvelle Alliance, Jésus inaugure une relation de grâce où son sacrifice une fois pour toutes, purifie les croyants de manière définitive. Il entre une fois pour toutes dans le sanctuaire céleste avec son propre sang, offrant une rédemption éternelle.
  5. Hébreux 10:1-18 – La supériorité de Jésus en tant que véritable et parfait sacrifice
    Contrairement aux sacrifices répétés de l’Ancienne Alliance, qui ne pouvaient jamais ôter les péchés de manière permanente, Jésus, par son sacrifice unique, a accompli parfaitement ce que les sacrifices animaux ne pouvaient pas faire : une purification totale et définitive.
Jésus le souverain sacrificateur éternel

Ainsi, l’épître aux Hébreux nous montre la supériorité de Jésus à chaque étape du sacerdoce : il est un prêtre éternel, exerçant son ministère dans le tabernacle céleste, médiateur d’une Nouvelle Alliance et offrant le seul sacrifice parfait et définitif. Tout cela fait de lui le véritable souverain sacrificateur qui nous permet de nous approcher avec assurance du trône de la grâce.

Hébreux Introduction : Contexte et Enseignements

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Introduction à l’épître aux Hébreux. Cette épître parle de la grandeur et de la perfection de l’œuvre de Jésus Christ. Elle fait entrevoir les cieux tels qu’ils sont actuellement, illuminés par le Seigneur Jésus. Jésus est sacrificateur, prophète et roi. Le but de ce livre est de montrer comment détacher les regards d’un christianisme judaïsant terrestre, pour les porter sur Jésus Christ, personne glorieuse et céleste, qui seul remplit le christianisme. À part l’évangile de Jean, aucun livre ne met autant en lumière la gloire du Seigneur Jésus, sa divinité et son humanité, sa gloire comme homme sur la terre et maintenant au ciel.

Étude biblique suivante : Hébreux chapitre 1

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Hébreux Introduction à l’étude biblique de l’épître

Cette épître est d’une importance capitale. Pourquoi ? Parce qu’elle donne des certitudes à la foi et éclaire le plan rédempteur de notre Dieu Sauveur. Il s’agit cependant d’un livre difficile et pour bien en saisir le contenu, il est nécessaire de connaître le service lévitique des sacrificateurs, inauguré par Aaron, et le livre du Lévitique n’est pas un livre très facile à lire.

1-   L’auteur :

Des spécialistes se sont penchés sur le problème de l’identité de l’auteur sans arriver à aucune certitude sur qui a écrit cette épître.  Si des spécialistes en sont incapables, nous le sommes encore moins. Acceptons en le fait et ne procédons pas par affirmation quand les spécialistes reconnaissent leurs incertitudes.

À défaut de précisions définitives données par l’auteur lui-même, nous ne pouvons que nous en tenir aux caractéristiques qui ressortent de l’épître et qui nous permettent de nous faire une idée sur son identité. Selon ces indices, nous pouvons affirmer que de l’auteur que :

1 : C’est un Juif (1:1, nos pères) qui dispense avec habilité les écrits sacrés de la religion juive, surtout en ce qui concerne les détails des rites lévitiques.

Hébreux 1:1

1 Après avoir autrefois, à plusieurs reprises et de plusieurs manières, parlé à nos pères par les prophètes,

2 : C’est un Juif helléniste, ou à la limite un Juif ayant reçu une bonne formation grecque. Il connaît à fond l’Ancien Testament dans sa traduction grecque, prenant toutes ses citations dans la version des Septante (datant du 3e siècle av. J-C) excepté celle de:

Hébreux 10:30

30 Car nous connaissons celui qui a dit: A moi la vengeance, à moi la rétribution! et encore: Le Seigneur jugera son peuple.

cf. Deutéronome 32:35-36.

35 A moi la vengeance et la rétribution, Quand leur pied chancellera! Car le jour de leur malheur est proche, Et ce qui les attend ne tardera pas.

36 L’Éternel jugera son peuple; Mais il aura pitié de ses serviteurs, En voyant que leur force est épuisée, Et qu’il n’y a plus ni esclave ni homme libre.

Le style et la méthode d’argumentation suggèrent également une formation poussée dans la pensée grecque.

– La septante est la traduction des écritures des cinq livres de la Thora de l’hébreu en grec. Elle a été faite à Alexandrie sous le règne de Ptolémée II Philadelphe à l’initiative du responsable de la bibliothèque. Ce sont des savants juifs venus de Jérusalem (six représentants des douze tribus) d’où son nom de septante. Cette traduction sera achevée en septante deux jours. Elle ne porte que sur les cinq livres de Moïse. La traduction des autres livres du TaNaK s’est effectuée ensuite sur plusieurs siècles.

– TaNaK est l’acronyme de Torah (Pentateuque) qui comprend les Nevi’im (prophètes) et Ketouvim (autres écrits, hagiographes = livres poétiques et historiques)

Hébreux 10:30

30 Car nous connaissons celui qui a dit : A moi la vengeance, à moi la rétribution ! et encore: Le Seigneur jugera son peuple.

3: C’est un juif qui connaît ses lecteurs :

Hébreux 5:12

12 Vous, en effet, qui depuis longtemps devriez être des maîtres, vous avez encore besoin qu’on vous enseigne les premiers rudiments des oracles de Dieu, vous en êtes venus à avoir besoin de lait et non d’une nourriture solide.

Il appelle ses lecteurs, ses bien-aimés.

Hébreux 6:9

Quoique nous parlions ainsi, bien-aimés, nous attendons, pour ce qui vous concerne, des choses meilleures et favorables au salut.

4: C’est quelqu’un qui est connu de ses lecteurs :

Hébreux 13:18 ; 22-23

18 Priez pour nous; car nous croyons avoir une bonne conscience, voulant en toutes choses nous bien conduire.

22 Je vous prie, frères, de supporter ces paroles d’exhortation, car je vous ai écrit brièvement.

23 Sachez que notre frère Timothée a été relâché; s’il vient bientôt, j’irai vous voir avec lui.

5 :C’est un ami de Timothée :

Hébreux 13:23

23 Sachez que notre frère Timothée a été relâché; s’il vient bientôt, j’irai vous voir avec lui.

            Par exemple, Barnabas étant présent lorsque Paul a circoncis Timothée.

Actes 16:1-3

1 Il se rendit ensuite à Derbe et à Lystre. Et voici, il y avait là un disciple nommé Timothée, fils d’une femme juive fidèle et d’un père grec.

Les frères de Lystre et d’Icone rendaient de lui un bon témoignage.

Paul voulut l’emmener avec lui; et, l’ayant pris, il le circoncit, à cause des Juifs qui étaient dans ces lieux-là, car tous savaient que son père était grec.

6: C’est un juif qui est de la deuxième génération de chrétiens :

Hébreux 2:3

comment échapperons-nous en négligeant un si grand salut, qui, annoncé d’abord par le Seigneur, nous a été confirmé par ceux qui l’ont entendu,

Pour conclure, toutes ces caractéristiques prises dans leur ensemble, tendent à éliminer Paul comme auteur de cette lettre aux hébreux. L’une des trois autres possibilités sérieuses (Barnabas, Apollos, Silas) semblerait plus plausible, en particulier, Barnabas, originaire de Chypre qui était Lévite selon:

Actes 4:36

36 Joseph, surnommé par les apôtres Barnabas, ce qui signifie fils d’exhortation, Lévite, originaire de Chypre,

Ne cherchons cependant pas à en savoir plus, et restons sur ce qui nous est révélé. Si Dieu n’a pas permis que nous sachions, acceptons le fait. Le message est plus important que le messager.

Les incrédules contestent le fait que la Bible soit d’origine divine et l’attribuent à Pierre, Paul, … Ici, le fait que nous ne connaissions pas l’écrivain pourrait conduire en effet à regarder plus au messager qui n’est que le secrétaire qui a rédigé la lettre sous la dictée et l’inspiration de Dieu, ce qui n’est pas bon.

2- La datation :

L’épître fut écrite bien avant 96 après J-C, date à laquelle Clément de Rome la cite abondamment dans une lettre à l’Église de Corinthe. Qu’elle ait été rédigée avant la destruction de Jérusalem en l’en 70 semble aussi évident, et ce pour plusieurs raisons. La première raison est que lorsque l’auteur décrit le service des sacrificateurs dans le temple (8:3 ; 10:11) il emploie le temps présent, ce qui n’est pas sans importance. Si la destruction du temple et de la ville sainte avait déjà eu lieu, il n’aurait certainement pas été question de parler des rites du temple et de la ville comme s’ils étaient toujours en place. Ensuite, le dessein de l’auteur était de prévenir des judéo-chrétiens contre un retour au Judaïsme.

3- Les destinataires

L’épître s’adresse à des Judéo-chrétiens ayant une connaissance de l’histoire du peuple d’Israël et ils étaient en grand danger de retourner au Judaïsme. Ils pouvaient faire aussi partie d’un groupe ou d’une communauté particulière comme celle des Esséniens qui avaient eu des relations avec Jésus. Leur identité est tout aussi cachée que l’est celle de l’auteur.

Il faut faire la distinction entre cette épître, et celle adressée aux Galates qui étaient, eux, des pagano-chrétiens troublés par des judéo-chrétiens. Les destinataires ici, sont clairement des judéo-chrétiens ayant une bonne connaissance des rites lévitiques.

Nous comprenons que le danger que dénonce cette lettre est que ces derniers s’apprêtaient à céder à la pression juive, au point de renoncer à leur foi en Jésus en faveur d’un retour vers leur ancien mode de vie.

Comprendre le sens du mot « Hébreux »

À cet égard, le titre lui-même constitue le premier point à considérer. Bien qu’ajouté sans doute par un scribe quelque temps après la rédaction de l’épître, les mots «aux Hébreux» se trouvent sur les plus anciens manuscrits. Ensuite il y a le terme en lui-même. Alors que dans l’Ancien Testament le terme Hébreux et celui d’Israélites sont interchangeables, tel n’est pas le cas pour le Nouveau Testament. Dans le Nouveau Testament, un Hébreu est plutôt celui qui a gardé la langue et la culture juives, à l’opposé de l’Helléniste qui, tout en étant Juif, a épousé la culture et la langue des Grecs. (Actes 6:1 ; Actes 9:29 ) Ce dernier avait droit au nom d’Israélite mais non pas à celui d’Hébreu.

Actes 6:1

1 En ce temps-là, le nombre des disciples augmentant, les Hellénistes murmurèrent contre les Hébreux, parce que leurs veuves étaient négligées dans la distribution qui se faisait chaque jour.

et en Actes 9:29

29 Il parlait aussi et disputait avec les Hellénistes; mais ceux-ci cherchaient à lui ôter la vie.

Ne nous trompons pas, une lecture attentive de l’épître démontre, en outre, qu’elle est destinée non pas à toute la nation juive, mais plutôt à une petite communauté de judéo-chrétiens, sans doute au sein d’une assemblée plus grande. Certaines expressions telles que «Saluez tous vos conducteurs et tous les saints» (13:24) et «N’abandonnons pas notre assemblée» (10:25) s’adresseraient aisément à un groupement de chrétiens dévoués à une œuvre spéciale à l’intérieur d’une plus grande assemblée. Leur mission était peut-être d’évangéliser d’autres juifs d’où le trouble qu’ils pouvaient avoir d’être confrontés au judaïsme, et de devoir argumenter face à une opposition théologique.

Il est possible qu’un groupe de sacrificateurs lévitiques devenus chrétiens, peut-être même, aussi des docteurs de la loi, se soient rassemblés, simplement sur le fait d’avoir des points communs. Ils pouvaient confronter leur compréhension en s’appuyant sur leur connaissance approfondie de l’Ancien Testament. Face à la persécution, il y avait la tentation de retourner aux rituels mosaïques.

Les destinataires de la lettre

On relève dans le texte les indices suivants au sujet des destinataires :

1- Ce sont des Hébreux (1:1), descendants d’Abraham l’Hébreu (Genèse 14:13).

2- Ils sont versés dans l’Ancien Testament (1:5, 7-8, 10 ; 2:6, 12, etc.).

3- Ce sont des Juifs devenus chrétiens qui ont reçu l’Évangile de la part de ceux qui ont entendu eux-mêmes le Seigneur (2:3).

4- Ils ont été témoins des miracles et des dons du Saint-Esprit (2:4).

5- Ils sont chrétiens depuis un certain temps déjà, car ils sont en âge, spirituellement parlant, d’être des maîtres (5:12).

6- Ils ont fait preuve d’amour envers les saints (6:10). C’est-à-dire envers d’autres chrétiens.

7- Ils ont soutenu un grand combat et enduré beaucoup de souffrances, entre autres l’enlèvement de leurs biens. Ils ont montré un esprit de fraternité envers ceux qui subissaient le même sort et envers les prisonniers (10:32-34).

8- Ils appartiennent à une assemblée précise (13:19, 23) sans précision de lieu.

9- Ils sont en danger de retomber sous le joug du judaïsme (2:1; 3:6, 14; 6:1-8, 11-12; 10:25, 36-39; 13:9-12).

4- Le thème de l’épître

L’auteur montre la messianité de Jésus en s’appuyant sur les Écritures, c’est-à-dire sur l’Ancien Testament. Il montre aussi que Jésus est supérieur aux anges et que la supériorité de la prêtrise de Jésus en relation avec Melchisédech, est supérieure à celle selon l’ordre d’Aaron. Tout cela est pour amener les lecteurs à suivre Jésus avec foi. (Hébreux 13). Il présente toute la grandeur du sacrifice de Jésus en comparaison avec les sacrifices de l’Ancien Testament en utilisant l’expression ‘’combien plus’’. L’auteur s’appuie surtout sur le psaume 110 qui est un psaume messianique. Le nom de Melchisédek est cité dix fois dans cette épître et les versets de Genèse 14:18 et de Psaumes 110:4 y sont aussi cités.

Hébreux 1:1-3 ‘Le Seigneur parle’,  – Ps 110:1

En Hébreux 1:13 ‘Assieds-toi à ma droite, Jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis ton marchepied. – Ps 110:1

et en Hébreux 5:5 ‘tu es sacrificateur’, – Ps 110:4

Hébreux 5:6 ; 6:20 ; 7:1-17 ; 7:21 ‘sacrificateur pour toujours selon l’ordre de Melchisédek’, – Ps 110:4

Psaume 110

1 De David. Psaume. Parole de l’Éternel à mon Seigneur : Assieds-toi à ma droite, Jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis ton marchepied.

L’Éternel étendra de Sion le sceptre de ta puissance : Domine au milieu de tes ennemis !

Ton peuple est plein d’ardeur, quand tu rassembles ton armée ; Avec des ornements sacrés, du sein de l’aurore Ta jeunesse vient à toi comme une rosée.

L’Éternel l’a juré, et il ne s’en repentira point : Tu es sacrificateur pour toujours, A la manière de Melchisédek.

Le Seigneur, à ta droite, Brise des rois au jour de sa colère.

Il exerce la justice parmi les nations : tout est plein de cadavres ; Il brise des têtes sur toute l’étendue du pays.

Il boit au torrent pendant la marche : C’est pourquoi il relève la tête.

5-  Les circonstances et le but de l’épître

Comme dit précédemment, les destinataires de cette lettre sont des Juifs qui risquaient de retomber dans le judaïsme. Ils étaient donc en grand danger, entourés de toutes les difficultés qui les avaient conduits à remettre ainsi en question leur foi en Christ. De même qu’ils avaient déjà enduré des persécutions (10:32-34), d’autres étaient encore à venir. Leur foi semblait s’être affaiblie au point qu’ils couraient le risque de négliger leur salut (2:3).

Ils risquaient de se détourner de Dieu par l’incrédulité de leurs cœurs endurcis (3:12), de fouler aux pieds le Fils de Dieu et son sacrifice (10:29), et de se laisser entraîner par le découragement et le refus d’entendre le raisonnement divin (12:3 ; 12:25). Il existait peut-être une tentation aux « doctrines diverses et étrangères » (13:9 ; 9:10) liées à certains aliments ou même au culte des anges, d’où le souci de l’auteur de montrer la supériorité du Christ sur ces derniers (1:4-14 ; 2:5).

la tentation du retour au passé

Un point important à comprendre est celui de la résistance de l’homme à tout changement. Selon une expression, on sait ce que l’on quitte, mais on ne sait pas ce que l’on va trouver, d’où la tentation de revenir en arrière. Ce fut vrai des Hébreux quittant l’Égypte qui se lamentaient mais c’est vrai encore aujourd’hui quand nous parlons de la vérité de l’Évangile à un catholique. C’est vrai ici dans cette épître avec les Judéo-chrétiens qui sont tentés à un retour au judaïsme.

En effet, les destinataires avaient probablement beaucoup de mal à comprendre que l’époque de la loi Mosaïque était révolue, et que Jésus Christ n’était pas seulement un grand réformateur cherchant à renouveler et à compléter la religion de leurs pères, mais qu’il était l’auteur de la nouvelle ère rédemptrice, de la miséricorde, de l’amour et de grâce. Ce que l’apôtre Jean résume en :

Jean 1:17

17 car la loi a été donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ.

Deux versets sont à méditer en relation avec cette épître. L’auteur s’applique d’ailleurs à lui-même le verset :

Matthieu 13:52

52 Et il leur dit: C’est pourquoi, tout scribe instruit de ce qui regarde le royaume des cieux est semblable à un maître de maison qui tire de son trésor des choses nouvelles et des choses anciennes.

Cela veut dire que pour chaque déclaration importante, l’auteur de l’épître s’appuie sur des citations de l’Ancien Testament. En d’autres termes il fait comprendre à ses lecteurs que ce n’est pas forcément quelque chose de nouveau, mais un éclairage nouveau des choses anciennes qu’il apporte.

Et pour résumer l’épître il leur dit :

2 Corinthiens 5:17

17 Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées; voici, toutes choses sont devenues nouvelles.

Il ne faut jamais négliger la résistance de l’homme au changement. Certains commettent l’erreur après leur conversion de retourner dans leur assemblée catholique pour amener d’autres personnes à la conversion et ils se leurrent en agissant ainsi. D’une part il y a cette résistance au changement et d’autre part il y a ce qui est dit en

Romains 10:17

17 Ainsi la foi vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend vient de la parole de Christ.

C’est-à-dire que cette personne prend le risque de revenir à son vomi, comme il est dit en:

2 Pierre 2:22

22 Il leur est arrivé ce que dit un proverbe vrai: Le chien est retourné à ce qu’il avait vomi, et la truie lavée s’est vautrée dans le bourbier.

C’est le danger que l’auteur dénonce ici.

Le chrétien d’aujourd’hui qui voudrait agir ainsi est soit inconscient du risque, soit présomptueux, n’ayant pas envisagé ce risque.

Le but de l’auteur motivé par ces graves circonstances est d’encourager, et exhorter (13:22) ces chrétiens affaiblis dans leur vie de foi qu’ils risquent de nier, ce qui les conduirait à leur perte. À cette fin, l’auteur ne ménage pas ses avertissements. Ainsi, il donne plusieurs séries d’avertissements d’une sévérité qui va grandissante.

1. v. 2:1-4 – Le danger de la dérive : emportés loin d’elles

2. v. 3:7- 4:2 – Le danger de l’incrédulité : N’endurcissez pas vos cœurs

3. v. 5:11-14 – Le danger de la sourde oreille : vous êtes devenus lents à comprendre

4. v. 6:1-20 – Le danger de la chute : qui sont tombés, soient encore renouvelés

5. v. 10:26-39 – Le danger du dédain : si nous péchons volontairement

6. v. 12:14-29 – Le danger du rejet : qu’aucune racine d’amertume

Après ces avertissements plutôt négatifs, l’auteur va encourager ses lecteurs en présentant :

  • Jésus-Christ : l’éclaireur qui ouvre et trace le chemin étroit et resserré devant les pèlerins (6:20; 10:20; 12:2; 2:10).
Hébreux 6:19-20

19 Cette espérance, nous la possédons comme une ancre de l’âme, sûre et solide;elle pénètre au-delà du voile,

20 là où Jésus est entré pour nous comme précurseur, ayant été fait souverain sacrificateur pour toujours, selon l’ordre de Melchisédek.

Hébreux 10:20

20 par la route nouvelle et vivante qu’il a inaugurée pour nous au travers du voile, c’est-à-dire, de sa chair,

Hébreux 12:2

2 ayant les regards sur Jésus, le chef et le consommateur de la foi, qui, en vue de la joie qui lui était réservée, a souffert la croix, méprisé l’ignominie, et s’est assis à la droite du trône de Dieu.

  • Jésus-Christ : celui qui connaît à fond leurs faiblesses (4:14-16; 2:14, 17) et
  • Jésus-Christ : celui qui intercède pour eux (7:25).

Par ces moyens, l’auteur espère éviter la catastrophe que représente pour lui le reniement de la foi par ceux qui ont ‘’été une fois éclairés’’, qui ont ‘’goûté le don céleste’’ (6:4-5). Leur fin, dit-il, sera d’être maudits et prêts pour le feu (cf. 6:8; voir 2 Pierre 2:20-22).

Hébreux 6:8

mais, si elle produit des épines et des chardons, elle est réprouvée et près d’être maudite, et on finit par y mettre le feu.

2 Pierre 2:20-22

20 En effet, si, après s’être retirés des souillures du monde, par la connaissance du Seigneur et Sauveur Jésus Christ, ils s’y engagent de nouveau et sont vaincus, leur dernière condition est pire que la première.

21 Car mieux valait pour eux n’avoir pas connu la voie de la justice, que de se détourner, après l’avoir connue, du saint commandement qui leur avait été donné.

22 Il leur est arrivé ce que dit un proverbe vrai : Le chien est retourné à ce qu’il avait vomi, et la truie lavée s’est vautrée dans le bourbier.

Cette épître se compose de deux parties :

  • La partie doctrinale (1:1 – 10:18) ;
  • La partie pratique (10:19 – 13:19).

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6 – Plan de l’Épître

Le Prologue 1:1-3: Gloire personnelle du Fils de Dieu

La Partie doctrinale : Christ médiateur d’une alliance meilleure

1:4 – 7:28 : Christ supérieur aux personnalités de l’A.T.

8:1 – 10:18 : Christ supérieur aux institutions de l’A.T.

La Partie pratique : la vie de la foi

10:19 – 13:19 : La vie céleste transposée dans les réalités de notre vie terrestre.

10:19 – 11:40 : La plénitude de vie dans la foi

12:1 – 13:19 : La vie de la foi : persévérance ; espérance et amour

Épilogue 13:20-25 : les vœux et les salutations.

Toute l’épître tourne autour de la personne de Jésus qui est révélée et annoncée dans l’Ancien Testament.

 Le personnage important de l’épître est Melchisédek, figure de Jésus qui est citée par dix fois dans les chapitres 5 à 7. Jésus est Melchisédek ou Melchisédek est Jésus. Ceci faisait référence au Psaume 110

Il faut être attentif à la lecture car par exemple dans toute l’épître aux Hébreux il y a douze « c’est pourquoi » :

en Hébreux 1:9 ; Hébreux 2:1 ; Hébreux 2:11 ; Hébreux 3:1 ; Hébreux 3:7; Hébreux 6:1; Hébreux 6:17; Hébreux 9:18; Hébreux 10:5; Hébreux 11:12 ; Hébreux 11:16 ; Hébreux 12:28