En Hébreux chapitre 9, l’auteur compare l’ancien système des sacrifices avec le sacrifice parfait de Jésus-Christ. Ce chapitre décrit comment le sang de Christ purifie nos consciences et ouvre le chemin vers la rédemption éternelle.
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Hébreux chapitre 9 : Étude biblique
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Le chapitre 9 révèle le nouveau culte céleste, soulignant la supériorité du service sacerdotal céleste par rapport à celui de l’ancienne alliance. Cette supériorité repose sur deux vérités essentielles :
a) Christ s’est offert une fois pour toutes, à la différence des sacrifices continus de l’ancienne alliance.
b) Ce sacrifice a été accompli par son propre sang, et non par celui des animaux.
Une observation importante doit être faite ici : il est essentiel de saisir la valeur et la puissance du sang selon sa source. Le sang d’un animal, d’un homme, ou du Fils de Dieu ne possède pas la même valeur. De plus, le sang d’un premier-né a une importance particulière, supérieure à celles des autres individus. Ainsi :
- Le sang d’un taureau ordinaire est moins précieux que celui d’un taureau premier-né.
- Le sang d’un homme est plus précieux que celui d’un animal.
- Le sang d’un premier-né humain a une valeur supérieure à celle des autres humains.
- Mais le sang du Fils unique de Dieu dépasse toutes ces valeurs, étant d’une portée incommensurable.
Cela met en lumière la grandeur inégalée du sacrifice de Christ, qui surpasse tous les autres sacrifices grâce à la puissance et à la valeur incomparable de son sang divin.
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1 – Hébreux chapitre 9:1-5 – La première alliance
Hébreux 9:1-5
1 La première alliance avait aussi des ordonnances relatives au culte, et le sanctuaire terrestre.
2 Un tabernacle fut, en effet, construit. Dans la partie antérieure, appelée le lieu saint, étaient le chandelier, la table, et les pains de proposition.
3 Derrière le second voile se trouvait la partie du tabernacle appelée le saint des saints,
4 renfermant l’autel d’or pour les parfums, et l’arche de l’alliance, entièrement recouverte d’or. Il y avait dans l’arche un vase d’or contenant la manne, la verge d’Aaron, qui avait fleuri, et les tables de l’alliance.
5 Au-dessus de l’arche étaient les chérubins de la gloire, couvrant de leur ombre le propitiatoire. Ce n’est pas le moment de parler en détail là-dessus.
La première alliance comprenait des ordonnances relatives au culte, ainsi qu’un sanctuaire terrestre.
- Un tabernacle fut construit. Dans la partie antérieure, appelée le lieu saint, se trouvaient le chandelier, la table, et les pains de proposition.
- Derrière le second voile se trouvait la partie du tabernacle appelée le « Saint des saints »,
- contenant l’autel des parfums et l’arche de l’alliance, entièrement recouverte d’or. À l’intérieur de l’arche se trouvaient un vase d’or avec la manne, la verge d’Aaron qui avait fleuri, et les tables de l’alliance.
- Au-dessus de l’arche, les chérubins de la gloire couvraient de leur ombre le propitiatoire. L’auteur indique alors : « Ce n’est pas le moment de parler en détail là-dessus. »
Le sanctuaire et le tabernacle : signification et éléments
Le terme grec « hagion » pour sanctuaire désigne un lieu sacré, réservé exclusivement à Dieu, digne de vénération. Le mot grec « skene » est l’équivalent de l’hébreu « Ohel », qui se réfère à la tente d’assignation ou au tabernacle, la demeure de l’Éternel. L’auteur décrit précisément le contenu du tabernacle.
La tente d’assignation : le lieu de rencontre avec Dieu
La tente d’assignation représente un lieu où Dieu avait fixé un rendez-vous avec son peuple, souvent lors des fêtes solennelles. Mais l’expression « tente de la rencontre » porte un sens plus profond, car c’est là où Dieu disait : « Je me rencontrerai avec toi »
Exode 30:36
36 Tu le réduiras en poudre, et tu le mettras devant le témoignage, dans la tente d’assignation, où je me rencontrerai avec toi. Ce sera pour vous une chose très sainte.
Cela fait écho à Matthieu 6:6, où Jésus nous invite à prier dans notre chambre, transformant ainsi cet espace en lieu de rencontre avec Dieu.
Description détaillée du tabernacle
Pour une description plus complète du tabernacle, il faut se référer aux chapitres 25, 31 et 40 de l’Exode. Dans le lieu saint se trouvaient le chandelier et la table des pains de proposition. Le second voile séparait le lieu saint du lieu très saint, tandis que le premier voile marquait l’entrée du tabernacle. Dans le lieu très saint se trouvait l’autel d’or pour les parfums et l’arche de l’alliance, sur laquelle reposait le propitiatoire, en hébreu « kapporeth », signifiant « le siège de la miséricorde », lieu d’expiation.
L’autel d’or et l’encensoir
Il est important de ne pas confondre l’autel d’or pour les parfums avec l’encensoir utilisé par Aaron lors du Jour des Expiations, car l’encensoir n’était pas conservé dans le saint des saints. L’emplacement de l’autel d’or semble poser un problème par rapport aux instructions de l’Exode. En effet, Exode 30:6 et 40:5 mentionnent que l’autel doit être placé « devant le voile »,
Exode 30:6
6 Tu placeras l’autel en face du voile qui est devant l’arche du témoignage, en face du propitiatoire qui est sur le témoignage, et où je me rencontrerai avec toi.
Exode 40:5
5 Tu placeras l’autel d’or pour le parfum devant l’arche du témoignage, et tu mettras le rideau à l’entrée du tabernacle
Tandis que Lévitique 16:13 précise que la nuée de l’encens doit couvrir le propitiatoire afin qu’Aaron ne meure pas.
Lévitique 16:13
13 il mettra le parfum sur le feu devant l’Éternel, afin que la nuée du parfum couvre le propitiatoire qui est sur le témoignage, et il ne mourra point.
Ce détail pourrait refléter une différence d’interprétation sur le terme « devant le voile ».
Lévitique 16:2
2 L’Éternel dit à Moïse : Parle à ton frère Aaron, afin qu’il n’entre pas en tout temps dans le sanctuaire, au dedans du voile, devant le propitiatoire qui est sur l’arche, de peur qu’il ne meure ; car j’apparaîtrai dans la nuée sur le propitiatoire.
Lévitique 16:2 avertit qu’Aaron ne doit pas entrer dans le lieu très saint en tout temps, sous peine de mort, car Dieu apparaissait dans la nuée sur le propitiatoire.
La présence divine et le lien avec la tradition juive
Dans la tradition juive, il est enseigné que nul ne peut voir Dieu et vivre. Dieu se manifestait entre les chérubins du propitiatoire, une image qui rappelle la vision de Marie de Magdala au tombeau où elle aperçoit deux anges assis là où le corps de Jésus avait été déposé, un à la tête et l’autre aux pieds.
Jean 20:11-12
11 Cependant Marie se tenait dehors près du sépulcre, et pleurait. Comme elle pleurait, elle se baissa pour regarder dans le sépulcre;
12 et elle vit deux anges vêtus de blanc, assis à la place où avait été couché le corps de Jésus, l’un à la tête, l’autre aux pieds.
Cette vision évoque le « kapporeth », le siège de la miséricorde. Cela est également évoqué dans 1 Samuel 4:4, où il est dit que l’Éternel des armées siège entre les chérubins.
1 Samuel 4:4
4 Le peuple envoya à Silo, d’où l’on apporta l’arche de l’alliance de l’Éternel des armées qui siège entre les chérubins. Les deux fils d’Éli, Hophni et Phinées,
Les chérubins de la gloire et les réalités célestes
Au verset 5 du chapitre 9, l’auteur parle des chérubins de la gloire, mais il interrompt sa description pour se concentrer sur des réalités plus urgentes. En disant : « Ce n’est pas le moment de parler en détail là-dessus », il indique qu’il pourrait approfondir ces aspects, mais qu’il y a une urgence plus grande. L’auteur cherche à alerter ses lecteurs sur l’importance de leur avenir éternel, surtout ceux qui envisagent de revenir au culte judaïque, en les invitant à comprendre la gravité et la portée des réalités célestes qu’il expose.
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2 – Hébreux 9:6-10 – le chemin du lieu très saint
Hébreux 9:6-10
6 Or, ces choses étant ainsi disposées, les sacrificateurs qui font le service entrent en tout temps dans la première partie du tabernacle ;
7 et dans la seconde le souverain sacrificateur seul entre une fois par an, non sans y porter du sang qu’il offre pour lui-même et pour les péchés du peuple.
8 Le Saint Esprit montrait par-là que le chemin du lieu très saint n’était pas encore ouvert, tant que le premier tabernacle subsistait.
9 C’est une figure pour le temps actuel, où l’on présente des offrandes et des sacrifices qui ne peuvent rendre parfait sous le rapport de la conscience celui qui rend ce culte,
10 et qui, avec les aliments, les boissons et les diverses ablutions, étaient des ordonnances charnelles imposées seulement jusqu’à une époque de réformation.
Analyse et implications des deux alliances
L’auteur de l’épître aux Hébreux met ici en lumière plusieurs points fondamentaux qui permettent de distinguer les deux alliances et leurs implications. Tous les sacrificateurs avaient un accès régulier au lieu saint pour y accomplir leur service quotidien. Cependant, l’accès au « Saint des saints » était réservé exclusivement au souverain sacrificateur, qui n’y entrait qu’une fois par an, et toujours avec du sang, d’abord pour ses propres péchés, puis pour les péchés involontaires du peuple. Cet accès restreint montre que le chemin du lieu très saint, qui représente la présence directe de Dieu, n’était pas encore pleinement ouvert.
Le verset 9, en utilisant le temps présent, indique que le Temple de Jérusalem n’avait pas encore été détruit au moment de la rédaction de l’épître, ce qui situe ce texte avant la chute du Temple en 70 après J.-C. Mais comment comprendre que « le chemin du lieu très saint n’était pas encore ouvert, tant que le premier tabernacle subsistait » ? L’auteur souligne que tant que le système ancien restait en place, l’accès direct à Dieu, représenté par le Saint des saints, demeurait fermé.
Les offrandes et sacrifices, bien qu’importants dans l’ancienne alliance, ne pouvaient rendre la conscience parfaite. Selon Nombres 15:22-29, seuls les péchés involontaires étaient pardonnés par ces sacrifices, tandis que rien n’était prévu pour les péchés volontaires. Cela démontre une limite évidente de l’ancienne alliance.
Nombres 15:25
25 Le sacrificateur fera l’expiation pour toute l’assemblée des enfants d’Israël, et il leur sera pardonné ; car ils ont péché involontairement, et ils ont apporté leur offrande, un sacrifice consumé par le feu en l’honneur de l’Éternel et une victime expiatoire devant l’Éternel, à cause du péché qu’ils ont involontairement commis.
Le lieu très saint : la présence de Dieu
Le lieu très saint, ou Saint des saints, est décrit comme le lieu où se manifeste la présence de Dieu, selon Lévitique 16:2. Nul ne pouvait y accéder librement, pas même le souverain sacrificateur, sauf lors de l’annuelle fête des expiations, et ce sous peine de mort. Cela renforce l’idée que l’accès à Dieu était restreint et temporaire sous l’ancienne alliance.
Le tabernacle de Dieu, qu’il soit sous forme de tente durant l’époque de Moïse ou sous forme de temple (comme celui construit par Salomon), a toujours été un symbole temporaire. Le Temple de Salomon, édifié avec l’aide du roi Hiram de Tyr, fut détruit par Nabuchodonosor, puis reconstruit après l’exil, avant d’être finalement amélioré par Hérode. Ce temple fut lui aussi détruit par les Romains en l’an 70. Cela souligne le caractère éphémère et non définitif de ces structures.
Le culte de l’ancienne alliance : imparfait et temporaire
Le problème de l’ancienne alliance réside dans le fait que ses rites ne permettaient pas une purification complète de la conscience. Les sacrifices lévitiques ne pouvaient rendre les adorateurs « parfaits » (dans le sens de matures ou accomplis). La conscience, définie comme cette partie de l’âme qui distingue le bien du mal, ne pouvait être pleinement purifiée par les sacrifices d’animaux. C’est ce que Jésus reprochait aux scribes et pharisiens, qui se focalisaient sur les apparences extérieures sans purifier leur cœur.
Matthieu 23:25-26
25 Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! parce que vous nettoyez le dehors de la coupe et du plat, et qu’au dedans ils sont pleins de rapine et d’intempérance.
26 Pharisien aveugle ! nettoie premièrement l’intérieur de la coupe et du plat, afin que l’extérieur aussi devienne net.
27 Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! parce que vous ressemblez à des sépulcres blanchis, qui paraissent beaux au dehors, et qui, au dedans, sont pleins d’ossements de morts et de toute espèce d’impuretés.
28 Vous de même, au dehors, vous paraissez justes aux hommes, mais, au dedans, vous êtes pleins d’hypocrisie et d’iniquité.
Ils perdaient ainsi toute conscience de leur propre état spirituel.
Dans le Nouveau Testament, la conscience est vue comme un guide moral et spirituel. Pierre fait une analogie avec le baptême, qui ne consiste pas en une purification extérieure, mais en l’engagement d’une bonne conscience envers Dieu.
1 Pierre 3:21
21 Cette eau était une figure du baptême, qui n’est pas la purification des souillures du corps, mais l’engagement d’une bonne conscience envers Dieu, et qui maintenant vous sauve, vous aussi, par la résurrection de Jésus Christ,
Ce guide moral était absent chez les pharisiens, qui apparaissaient justes extérieurement mais étaient pleins d’hypocrisie et d’iniquité.
L’éveil de la conscience et la réformation
La conscience est le lieu où Dieu peut parler à chacun de nous de manière subtile, comme Il l’a fait avec Élie dans un murmure doux et léger.
1 Rois 19:12-13
12 Et après le tremblement de terre, un feu : l’Éternel n’était pas dans le feu. Et après le feu, un murmure doux et léger.
13 Quand Élie l’entendit, il s’enveloppa le visage de son manteau, il sortit et se tint à l’entrée de la caverne. Et voici, une voix lui fit entendre ces paroles : Que fais-tu ici, Élie ?
Les versets 8 à 10 nous montrent que tant que le premier tabernacle subsistait, le système de l’ancienne alliance restait en place, avec ses rituels et ses ordonnances charnelles. Ces rituels étaient imposés jusqu’à l’ère de la « réformation », c’est-à-dire jusqu’à la venue de Christ, qui apporte une nouvelle alliance.
Cette « époque de réformation » mentionnée au verset 10 se réfère à l’arrivée de Jésus-Christ, qui a accompli ce que le sacerdoce lévitique ne pouvait réaliser : la perfection et la maturité spirituelle. C’est un temps où tout est mis en ordre, comme annoncé dans Jérémie, où Dieu appelle à réformer ses voies et ses œuvres.
Jérémie 7:3
3 Ainsi parle l’Éternel des armées, le Dieu d’Israël : Réformez vos voies et vos œuvres, Et je vous laisserai demeurer dans ce lieu.
Conclusion : articulation entre l’ancien et le nouveau
Les versets 7 à 10 marquent la transition entre l’ancienne et la nouvelle alliance. Il est important de rappeler qu’entre la mort de Jésus et la destruction du Temple, les sacrifices continuaient à être offerts au Temple. Ces sacrifices servaient de préfiguration à ce qui se passait dans les cieux. Les versets 9 et 10 agissent comme une parenthèse dans le texte, introduisant la venue du Christ au verset 11 : « Mais Christ est venu ». Cette période de l’ancienne alliance était temporaire, et les rituels imposés ne dureraient que jusqu’à l’avènement du temps de réformation, où Jésus mène l’humanité à la maturité spirituelle et où les choses terrestres sont mises en ordre à la lumière des réalités célestes.
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3 – Hébreux chapitre 9 :11-14 – Le sanctuaire et le sacrifice de la nouvelle alliance sont des réalités
Hébreux 9:11-14
11 Mais Christ est venu comme souverain sacrificateur des biens à venir ; il a traversé le tabernacle plus grand et plus parfait, qui n’est pas construit de main d’homme, c’est-à-dire, qui n’est pas de cette création ;
12 et il est entré une fois pour toutes dans le lieu très saint, non avec le sang des boucs et des veaux, mais avec son propre sang, ayant obtenu une rédemption éternelle.
13 Car si le sang des taureaux et des boucs, et la cendre d’une vache, répandue sur ceux qui sont souillés, sanctifient et procurent la pureté de la chair,
14 combien plus le sang de Christ, qui, par un esprit éternel, s’est offert lui-même sans tache à Dieu, purifiera-t-il votre conscience des œuvres mortes, afin que vous serviez le Dieu vivant !
Explication et approfondissement
L’auteur de l’épître aux Hébreux fait ici une démonstration cruciale pour ses lecteurs : revenir à l’ancienne alliance et au sacerdoce lévitique, avec ses rituels et ses sacrifices, serait non seulement inefficace, mais insensé. Le sacerdoce de Christ et son sacrifice surpassent infiniment le culte lévitique, car il inaugure une réalité spirituelle durable : les « biens à venir » dont le tabernacle céleste fait partie.
Le verset 11 met l’accent sur le rôle de Jésus en tant que souverain sacrificateur d’une alliance supérieure. Le tabernacle qu’il a traversé n’est pas une copie ou une ombre de la réalité céleste, mais la réalité elle-même. Contrairement aux anciens sacrificateurs, qui entraient dans un tabernacle construit de mains humaines, Christ accède au tabernacle véritable, éternel et parfait.
Au verset 12, l’expression « une fois pour toutes » est centrale. Elle est utilisée trois fois dans l’épître aux Hébreux :
Hébreux 7:27
27 qui n’a pas besoin, comme les souverains sacrificateurs, d’offrir chaque jour des sacrifices, d’abord pour ses propres péchés, ensuite pour ceux du peuple, -car ceci, il l’a fait une fois pour toutes en s’offrant lui-même.
et Hébreux 9:12
12 et il est entré une fois pour toutes dans le lieu très saint, non avec le sang des boucs et des veaux, mais avec son propre sang, ayant obtenu une rédemption éternelle.
Hébreux 10:10
10 C’est en vertu de cette volonté que nous sommes sanctifiés, par l’offrande du corps de Jésus Christ, une fois pour toutes.
Ces versets soulignent que l’œuvre de Christ est complète et définitive, et ce contrairement aux sacrifices répétitifs de l’ancienne alliance, qui ne pouvaient jamais ôter les péchés complètement. Jésus est entré dans le lieu très saint céleste avec son propre sang, apportant ainsi une rédemption éternelle.
Le contraste avec l’ancienne alliance est encore plus frappant dans les versets 13 et 14. Les sacrifices lévitiques, incluant le sang des taureaux et des boucs ainsi que la cendre de la vache rousse (cf. Nombres 19), purifiaient seulement l’extérieur. Ces rites pouvaient rendre quelqu’un rituellement pur, mais ils ne touchaient pas à la conscience ni ne fournissaient une purification intérieure. Jésus, en s’offrant lui-même, sans tache, « par l’Esprit éternel », purifie la conscience humaine.
Le sacrifice de Christ : plus grand, plus efficace, plus profond
Le sang de Jésus a une valeur infinie, incomparable à celui des animaux sacrifiés sous la loi. Non seulement Jésus est sans péché, mais il est aussi le Fils unique de Dieu, rendant son sacrifice d’une valeur inestimable. Le texte de Lévitique 16, qui parle des sacrifices pour le souverain sacrificateur (le veau) et pour le peuple (le bouc), met en lumière la différence marquée entre ces sacrifices d’animaux et l’offrande de Jésus, l’agneau sans tache.
1 Pierre 1:19
19 mais par le sang précieux de Christ, comme d’un agneau sans défaut et sans tache,
Dans les sacrifices de l’ancienne alliance, il était essentiel que les animaux soient sans défaut, reflétant une exigence de pureté rituelle (cf. Malachie 1:6-8). Jésus, lui, est le sacrifice parfait, sans tache ni péché. Son sacrifice va bien au-delà des rites extérieurs pour toucher à l’essence même de la nature humaine : la conscience.
Les « œuvres mortes » mentionnées au verset 14 font référence à toutes les actions religieuses, rituelles ou morales, qui sont faites en dehors de la volonté de Dieu ou sans véritable vie spirituelle. Elles ne produisent aucun fruit spirituel et ne peuvent pas sauver. C’est par la purification de la conscience, rendue possible par le sang de Christ, que les croyants peuvent entrer dans un service vivant et authentique pour Dieu.
Une rédemption relationnelle
La rédemption obtenue par Christ n’est pas simplement légale, mais elle est profondément relationnelle. L’image de la rédemption dans l’Ancien Testament, notamment dans le livre de Ruth, montre que la rédemption est liée au proche parent. En cela, Dieu nous rachète non comme des étrangers, mais comme des membres de sa famille. Le sacrifice de Jésus démontre la volonté de Dieu de nous adopter et de nous faire entrer dans une relation intime avec Lui.
Le service du « Dieu vivant » n’est donc pas un simple accomplissement de devoirs religieux. Il s’agit d’une réponse active, joyeuse et volontaire à l’amour de Dieu, enracinée dans la purification de notre conscience et dans la grâce qui découle de l’œuvre parfaite de Christ. C’est à cela que nous sommes appelés en tant que membres du corps de Christ, vivant et animé par l’Esprit de Dieu.
1 Corinthiens 12:7,12
7 Or, à chacun la manifestation de l’Esprit est donnée pour l’utilité commune.12 Car, comme le corps est un et a plusieurs membres, et comme tous les membres du corps, malgré leur nombre, ne forment qu’un seul corps, ainsi en est-il de Christ.
Conclusion
Ce passage de Hébreux 9:11-14 met en lumière la supériorité de l’œuvre de Jésus-Christ, notre souverain sacrificateur parfait. Contrairement à l’ancien système de sacrifices répétitifs, inefficaces pour purifier la conscience, Christ a accompli une œuvre éternelle et parfaite. Par son propre sang, il a obtenu une rédemption complète, ouvrant la voie à un service vivant et authentique du Dieu vivant. Sa rédemption est un appel à une relation personnelle et pleine de sens avec Dieu, et à un engagement dans un service fondé sur l’amour et la foi.
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4 – Hébreux chapitre 9 :15-22 – La nouvelle alliance expose les clauses du testament de Christ
Hébreux 9:15-22
15 Et c’est pour cela qu’il est le médiateur d’une nouvelle alliance, afin que, la mort étant intervenue pour le rachat des transgressions commises sous la première alliance, ceux qui ont été appelés reçoivent l’héritage éternel qui leur a été promis.
16 Car là où il y a un testament, il est nécessaire que la mort du testateur soit constatée.
17 Un testament, en effet, n’est valable qu’en cas de mort, puisqu’il n’a aucune force tant que le testateur vit.
18 Voilà pourquoi c’est avec du sang que même la première alliance fut inaugurée.
19 Moïse, après avoir prononcé devant tout le peuple tous les commandements de la loi, prit le sang des veaux et des boucs, avec de l’eau, de la laine écarlate, et de l’hysope; et il fit l’aspersion sur le livre lui-même et sur tout le peuple, en disant:
20 Ceci est le sang de l’alliance que Dieu a ordonnée pour vous.
21 Il fit pareillement l’aspersion avec le sang sur le tabernacle et sur tous les ustensiles du culte.
22 Et presque tout, d’après la loi, est purifié avec du sang, et sans effusion de sang il n’y a pas de pardon.
Les termes « alliance » et « testament » (ainsi que « disposition ») traduisent le même mot grec, diatheke. Ce terme, largement utilisé dans l’épître aux Hébreux (17 fois sur les 33 fois du Nouveau Testament), est particulièrement prévalent en Hébreux 8 (5 fois) et Hébreux 9 (7 fois). Le contexte détermine l’usage du mot « testament », qui n’apparaît que trois fois dans le Nouveau Testament.
L’auteur avait déjà montré, aux versets 11-14, la supériorité du sacerdoce du Christ. Il arrive maintenant à une conclusion logique : un sacerdoce parfait nécessite une alliance parfaite, une nouvelle alliance, meilleure que l’ancienne.
Hébreux 7:22 déclare
22 Jésus est par cela même le garant d’une alliance plus excellente.
Le problème de la première alliance était que le sang des animaux ne supprimait pas les péchés ; il les couvrait simplement, les cachant aux yeux de Dieu, mais les péchés subsistaient. Le sang de Christ, en revanche, efface véritablement les transgressions de ceux qui par la foi, reçoivent l’héritage promis. Ceux-ci bénéficient pleinement du sacrifice de Christ.
Le sang des animaux avait une action superficielle, tandis que le sang de Jésus purifie en profondeur, agissant dans le cœur et l’esprit des croyants, créant un cœur nouveau et un esprit nouveau.
Cette idée est reflétée également en :
Apocalypse 7:14
14 Je lui dis : Mon seigneur, tu le sais. Et il me dit : Ce sont ceux qui viennent de la grande tribulation ; ils ont lavé leurs robes, et ils les ont blanchies dans le sang de l’agneau.
L’image ici évoque une comparaison avec certaines publicités sur les produits de lessive : avec le sang des animaux, les vêtements restent marqués par les péchés passés, tandis qu’avec le sang de Jésus, les vêtements sont comme neufs, sans aucune trace de péché.
Il est question de « testament » aux versets 16 et 17 parce que le verset 15 parle d’héritage. L’héritage, ou la transmission d’une propriété, est la conséquence d’un testament. Pourquoi un testament ? Parce que Jésus est mort en se sacrifiant pour nous, et nous bénéficions de son sacrifice. Nous sommes les héritiers de Jésus, et l’héritage qu’il nous laisse est sa vie, c’est-à-dire la vie éternelle.
Imaginons un instant être devant un notaire qui nous lit le testament de Jésus : « Je vous donne ma vie, la vie éternelle. » Ceux qui entendent ce testament sont ceux qui ont répondu à l’appel de Christ et ont réclamé son sacrifice pour eux-mêmes.
L’argumentation de l’auteur implique la mort du testateur, Jésus. Les péchés commis sous l’ancienne alliance n’ont pu être effacés qu’après sa mort, soulignant que l’événement central de la foi chrétienne est la mort de Jésus, non sa naissance. C’est pourquoi Pâques, marquant la mort et la résurrection de Jésus, est d’une importance capitale pour le chrétien, bien plus que Noël.
Les versets 20-21 rappellent l’épisode de Exode 24:4-8 où Moïse scelle l’alliance avec le peuple d’Israël en aspergeant du sang sur l’autel et le peuple.
Exode 24:4-8
4 Moïse écrivit toutes les paroles de l’Éternel. Puis il se leva de bon matin ; il bâtit un autel au pied de la montagne, et dressa douze pierres pour les douze tribus d’Israël.
5 Il envoya des jeunes hommes, enfants d’Israël, pour offrir à l’Éternel des holocaustes, et immoler des taureaux en sacrifices d’actions de grâces.
6 Moïse prit la moitié du sang, qu’il mit dans des bassins, et il répandit l’autre moitié sur l’autel.
7 Il prit le livre de l’alliance, et le lut en présence du peuple ; ils dirent: Nous ferons tout ce que l’Éternel a dit, et nous obéirons.
8 Moïse prit le sang, et il le répandit sur le peuple, en disant : Voici le sang de l’alliance que l’Éternel a faite avec vous selon toutes ces paroles.
Ce passage évoque directement la parole de Jésus en :
Matthieu 26:28
28 car ceci est mon sang, le sang de l’alliance, qui est répandu pour plusieurs, pour la rémission des péchés.
L’auteur de l’épître souligne en Hébreux 9:22 que « sans effusion de sang, il n’y a pas de pardon », renforçant la signification de Matthieu 26:28. Il s’appuie sur :
Lévitique 17:11
11 Car l’âme de la chair est dans le sang. Je vous l’ai donné sur l’autel, afin qu’il servît d’expiation pour vos âmes, car c’est par l’âme que le sang fait l’expiation.
La démonstration de l’auteur est magistrale, débouchant logiquement sur Hébreux 10:22 : « Approchons-nous donc avec un cœur sincère, dans la plénitude de la foi, les cœurs purifiés d’une mauvaise conscience et le corps lavé d’une eau pure. »
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5 – Hébreux chapitre 9 :23-28 – Le sanctuaire céleste a été purifié par un sacrifice plus excellent
Hébreux 9:23-28
23 Il était donc nécessaire, puisque les images des choses qui sont dans les cieux devaient être purifiées de cette manière, que les choses célestes elles-mêmes le soient par des sacrifices plus excellents que ceux-là.
24 Car Christ n’est pas entré dans un sanctuaire fait de main d’homme, en imitation du véritable, mais il est entré dans le ciel même, afin de comparaître maintenant pour nous devant la face de Dieu.
25 Et ce n’est pas pour s’offrir lui-même plusieurs fois qu’il y est entré, comme le souverain sacrificateur entre chaque année dans le sanctuaire avec du sang étranger ;
26 autrement, il aurait fallu qu’il eût souffert plusieurs fois depuis la création du monde, tandis que maintenant, à la fin des siècles, il a paru une seule fois pour abolir le péché par son sacrifice.
27 Et comme il est réservé aux hommes de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement,
28 de même Christ, qui s’est offert une seule fois pour porter les péchés de plusieurs, apparaîtra sans péché une seconde fois à ceux qui l’attendent pour leur salut.
Analyse du passage
Le verset 23 commence par une comparaison entre le tabernacle terrestre, qui devait être purifié par le sang d’animaux, et le tabernacle céleste. Cette comparaison implique que le sanctuaire céleste, bien plus parfait, devait également être purifié, mais par un sacrifice bien plus excellent : le sang de Jésus.
Lévitique 16:33 décrit l’expiation que le souverain sacrificateur faisait pour purifier le sanctuaire terrestre.
Lévitique 16:33
3 Il fera l’expiation pour le sanctuaire de sainteté, il fera l’expiation pour la tente d’assignation et pour l’autel, et il fera l’expiation pour les sacrificateurs et pour tout le peuple de l’assemblée.
Mais ici, il est question du sanctuaire céleste, qui exigeait une purification par un sacrifice supérieur.
Le verset 23 soulève plusieurs questions clés :
- Quels sont ces « meilleurs sacrifices » ?
Il semble que l’auteur utilise ici le pluriel pour insister sur l’excellence unique du sacrifice de Jésus par rapport aux nombreux sacrifices lévitiques. Il ne s’agit pas d’une multiplicité de sacrifices, mais d’un sacrifice d’une valeur infinie. - Quelles sont ces réalités célestes purifiées ?
Les réalités célestes mentionnées semblent désigner le tabernacle céleste où Jésus, après sa résurrection, a présenté son sang en tant que sacrifice parfait devant Dieu. - Pourquoi une purification des choses célestes était-elle nécessaire ?
Cela pourrait sembler surprenant à première vue, mais Romains 8:19-22 nous éclaire
Romains 8:19-22
19 Aussi la création attend-elle avec un ardent désir la révélation des fils de Dieu.
20 Car la création a été soumise à la vanité, -non de son gré, mais à cause de celui qui l’y a soumise, –
21 avec l’espérance qu’elle aussi sera affranchie de la servitude de la corruption, pour avoir part à la liberté de la gloire des enfants de Dieu.
22 Or, nous savons que, jusqu’à ce jour, la création tout entière soupire et souffre les douleurs de l’enfantement.
En expliquant que la création tout entière, à cause du péché, a été soumise à la vanité et attend la rédemption. Cette malédiction consécutive à la chute s’étend à l’ensemble de la création. (voir Genèse 3:17)
Genèse 3:17
17 Il dit à l’homme : Puisque tu as écouté la voix de ta femme, et que tu as mangé de l’arbre au sujet duquel je t’avais donné cet ordre : Tu n’en mangeras point ! le sol sera maudit à cause de toi. C’est à force de peine que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie,
Par conséquent, la purification s’applique même aux réalités célestes, car le péché de l’homme a affecté toute la création.
Par le sacrifice de Jésus, la purification de la création a commencé, incluant le sanctuaire céleste, lieu où se rétablit l’ordre divin.
Le sacrifice unique de Christ
Le contraste est ensuite établi entre le souverain sacrificateur qui offrait chaque année un sang étranger (c’est-à-dire le sang des animaux) et Jésus, qui a offert son propre sang. Les versets 25 et 26 insistent sur le caractère unique du sacrifice de Jésus, contrairement aux sacrifices répétés du système lévitique. Le Christ, par son unique sacrifice, a définitivement aboli le péché.
Hébreux 9:27-28 introduit un parallèle entre le destin de l’humanité (mourir une seule fois, puis être jugé) et celui de Jésus (qui s’est offert une seule fois pour porter les péchés). Ce sacrifice unique est suffisant pour effacer les péchés de « plusieurs », c’est-à-dire de tous ceux qui croient en lui. La répétition de l’expression « une seule fois » souligne la perfection et l’achèvement de l’œuvre rédemptrice du Christ.
La deuxième venue de Christ
Le verset 28 évoque également la seconde venue de Christ. Cette fois, il apparaîtra « sans péché » pour ceux qui attendent son salut. Ici, l’auteur parle du retour de Christ pour sauver pleinement ceux qui espèrent en lui, leur offrant la plénitude du salut qu’ils attendent avec foi. Cette idée de la seconde venue est confirmée par :
2 Thessaloniciens 1:7-9
7 et de vous donner, à vous qui êtes affligés, du repos avec nous, lorsque le Seigneur Jésus apparaîtra du ciel avec les anges de sa puissance,
8 au milieu d’une flamme de feu, pour punir ceux qui ne connaissent pas Dieu et ceux qui n’obéissent pas à l’Évangile de notre Seigneur Jésus.
9 Ils auront pour châtiment une ruine éternelle, loin de la face du Seigneur et de la gloire de sa force,
Versets qui parlent du retour de Jésus pour rendre justice à ceux qui n’ont pas obéi à l’Évangile, mais aussi pour apporter le repos à ses fidèles.
Réfutation des fausses doctrines
Hébreux 9:27 répond également aux conceptions erronées telles que la réincarnation ou le purgatoire. La Bible est claire : l’homme meurt une seule fois, et après cela vient le jugement. Le destin éternel de chacun est scellé à la mort, et c’est durant sa vie que l’homme doit se tourner vers Dieu.
Ces versets insistent sur l’importance du sacrifice unique de Christ, la purification des réalités célestes, et la différence fondamentale entre les sacrifices répétés du système lévitique et le sacrifice parfait de Jésus. Ils rappellent également aux destinataires de l’épître l’importance de la foi en Jésus-Christ, afin de ne pas retourner aux anciens systèmes religieux.
Enfin, il faut noter l’insistance répétée sur le caractère unique de l’offrande de Jésus : « une seule fois, une fois pour toutes ». Le sacrifice de Christ est parfait, accompli, et ne nécessite ni répétition ni complément.
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