Dans Hébreux chapitre 4, l’auteur invite les croyants à entrer dans le repos de Dieu en maintenant leur foi en Jésus-Christ. Il souligne la puissance de la Parole de Dieu et l’accès que nous avons à son trône de grâce.
Étude biblique suivante : Hébreux chapitre 5
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– Hébreux chapitre 4 : Étude biblique

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Une première réflexion : L’épître aux Hébreux peut être vue comme une étude approfondie de l’Ancien Testament, en particulier sur le rôle de la sacrificature et de son accomplissement en Jésus-Christ. Ainsi, lorsque nous faisons une étude biblique sur cette épître, nous sommes en quelque sorte en train d’étudier une étude biblique déjà existante. L’auteur de l’épître, en effet, examine les Écritures de l’Ancienne Alliance pour montrer comment elles pointent toutes vers la personne et l’œuvre de Jésus, et nous poursuivons cette exploration à travers notre propre étude.
1- Hébreux chapitre 4 : Le repos de Dieu
Hébreux 4:1-3
1 Craignons donc, tandis que la promesse d’entrer dans son repos subsiste encore, qu’aucun de vous ne paraisse être venu trop tard.
2 Car cette bonne nouvelle nous a été annoncée aussi bien qu’à eux ; mais la parole qui leur fut annoncée ne leur servit de rien, parce qu’elle ne trouva pas de la foi chez ceux qui l’entendirent.
3 Pour nous qui avons cru, nous entrons dans le repos, selon qu’il dit: Je jurai dans ma colère: Ils n’entreront pas dans mon repos! Il dit cela, quoique ses œuvres aient été achevées depuis la création du monde.
Le verset 1 – L’expression « Craignons donc »
Ce verset fait écho à l’avertissement donné en Hébreux 3:17-19, où il est rappelé que les Hébreux, au cours de leur séjour dans le désert, ont été privés d’entrer dans le repos de Dieu à cause de leur désobéissance et de leur incrédulité. Ceux qui ont vu les miracles de Dieu mais qui ont manqué de foi, en ont payé le prix. Ce même avertissement s’applique aux lecteurs de cette épître qui les exhortent à ne pas commettre la même erreur. Il y a une invitation solennelle à craindre de rater cette opportunité d’entrer dans le repos de Dieu.
Les Hébreux dans le désert ont vu les miracles de Dieu. De même les juifs du temps de Jésus ont vu des miracles. Mais cela ‘’ne leur servit de rien, parce qu’elle ne trouva pas de la foi chez ceux qui l’entendirent.’’
Nous comprenons que le repos de Dieu est toujours accessible aujourd’hui, ce qui souligne la continuité de cette promesse à travers les âges. Cependant, l’auteur met en garde : personne ne doit croire qu’il est trop tard ou qu’il est exclu de cette promesse, à moins qu’il ne manque de foi.
Il peut être parfois difficile de suivre la pensée de l’auteur de l’épître car il fait le lien entre le repos promis aux Hébreux dans le désert – celui de la terre de Canaan – et le repos spirituel offert par Dieu dans le ciel. Canaan est ici une préfiguration du repos spirituel et éternel que Dieu réserve à ses fidèles.
Le verset 2 : Qui est désigné par le « eux » ?
Ce « eux » pourrait simplement faire référence aux Hébreux du temps de l’Exode, qui, à cause de leur incrédulité, n’ont pas accédé au repos de Dieu. Cependant, l’auteur semble aussi s’adresser aux Juifs contemporains de Jésus, qui ont refusé de croire en lui, et qui, de ce fait, ne peuvent entrer dans ce repos spirituel. Ce repos est donc à la disposition de toute personne qui manifeste une foi véritable en Dieu, contrairement à ceux qui, par incrédulité, se coupent de cette bénédiction.
Le fait que « le repos de Dieu subsiste encore » souligne l’importance de ne pas se détourner de cette promesse en restant dans l’incrédulité. « Qu’aucun de vous ne paraisse être venu trop tard » est un appel pressant à répondre à cette invitation divine.
L’auteur semble établir un parallèle entre les Juifs croyants ou non en Jésus, et les Hébreux du temps de l’Exode. Cela invite à une réflexion personnelle : si ce parallèle est valable pour eux, qu’en est-il pour nous ? Nous devons nous poser cette même question. Manifestons-nous la foi nécessaire pour entrer dans ce repos, ou restons-nous dans l’incrédulité qui nous en prive ?
Le verset 3 reprend le passage de
Psaume 95:11
11 Aussi je jurai dans ma colère : Ils n’entreront pas dans mon repos !
Cette phrase résonne comme un avertissement solennel à ceux qui, par manque de foi, et par désobéissance, se privent de l’accès au repos de Dieu.
Les versets 3-4 font référence à
Genèse 2:2
2 Dieu acheva au septième jour son œuvre, qu’il avait faite: et il se reposa au septième jour de toute son œuvre, qu’il avait faite.
Dieu instaure ainsi un modèle de repos après l’accomplissement de la création, un repos parfait et achevé qui symbolise ce vers quoi tend le croyant : un repos spirituel avec Dieu, après l’accomplissement de sa foi.
Bien que Josué ait conduit le peuple dans la terre promise et leur ait procuré un certain repos, ce repos n’était pas celui de Dieu en plénitude. En effet, les combats ont continué, montrant ainsi que ce repos physique et temporaire n’était qu’un avant-goût du repos ultime. Le repos véritable et définitif reste à venir, réservé à ceux qui croient et persévèrent dans la foi.
Ce passage nous rappelle que le repos offert par Dieu n’est pas simplement physique, mais qu’il est spirituel et éternel. Il est encore accessible aujourd’hui pour ceux qui manifestent leur foi en Lui, et il trouve son accomplissement ultime dans la communion parfaite avec Dieu.
2 – Hébreux chapitre 4 :4-7 : Dieu fixe un nouveau jour
Hébreux 4:4-7
4 Car il a parlé quelque part ainsi du septième jour : Et Dieu se reposa de toutes ses œuvres le septième jour.
5 Et ici encore : Ils n’entreront pas dans mon repos !
6 Or, puisqu’il est encore réservé à quelques-uns d’y entrer, et que ceux à qui d’abord la promesse a été faite n’y sont pas entrés à cause de leur désobéissance,
7 Dieu fixe de nouveau un jour-aujourd’hui-en disant dans David si longtemps après, comme il est dit plus haut : Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, N’endurcissez pas vos cœurs.
Le verset 4 commence par rappeler un verset fondamental de la création :
« Et Dieu se reposa de toutes ses œuvres le septième jour. »
Dieu établit ainsi un modèle de repos après l’achèvement de la création, un repos sacré et exemplaire. Pourtant, un contraste est immédiatement souligné au verset 5 : « Ils n’entreront pas dans mon repos ! »
Cela montre que certains, malgré l’offre divine, n’ont pas pu accéder à ce repos à cause de leur désobéissance.
Les versets 6 et 7
Le verset 6 clarifie que bien que ce repos soit encore accessible, il reste réservé à ceux qui, par la foi, y entrent. Les Hébreux, à qui la promesse avait été faite en premier, n’ont pas pu entrer à cause de leur manque de foi et de leur désobéissance. Cependant, Dieu, dans sa miséricorde, renouvelle son invitation :
Le verset 7 déclare que Dieu fixe « un jour – aujourd’hui ». Il appelle à la repentance et à l’obéissance, reprenant l’appel du psalmiste :
« Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs. »
Les Hébreux, qui étaient sortis du dur esclavage égyptien, devaient goûter au repos promis par Dieu. Ce repos est une image du repos divin que Dieu désirait leur offrir, symbolisant également le repos dont Dieu jouit après la création. Le livre de Josué (21:43-45) témoigne de cette promesse partiellement réalisée :
« L’Éternel leur accorda du repos tout alentour… De toutes les bonnes paroles que l’Éternel avait dites à la maison d’Israël, aucune ne resta sans effet : toutes s’accomplirent. »
Cependant, ce repos n’était pas complet, car le peuple continuait à pécher et à désobéir, empêchant la pleine réalisation de la promesse. C’est pourquoi, dans le verset 7, Dieu renouvelle cette promesse, fixant un autre jour, « aujourd’hui », pour inviter à entrer dans ce repos spirituel à travers la foi.
L’auteur de l’épître aux Hébreux reprend l’appel du psalmiste au retour à Dieu, citant:
Psaumes 97:7-8
7 Car il est notre Dieu, Et nous sommes le peuple de son pâturage, Le troupeau que sa main conduit… Oh! si vous pouviez écouter aujourd’hui sa voix !
8 N’endurcissez pas votre cœur, comme à Meriba, Comme à la journée de Massa, dans le désert,
Ce rappel poignant souligne l’urgence de la foi. Le mot clé de ce passage est « aujourd’hui » — un appel pressant à ne pas retarder la réponse à Dieu. Aujourd’hui est le moment de faire le bon choix, de choisir le chemin qui mène au repos spirituel et à la communion avec Dieu.
Cette décision est cruciale, car elle engage notre avenir éternel. Nous ne savons pas de quoi demain sera fait, mais aujourd’hui, nous avons l’opportunité de répondre à l’appel de Dieu.
3 – Hébreux chapitre 4 :8-11 : Être dans le repos de Dieu
Hébreux 4:8-11
8 Car, si Josué leur avait donné le repos, il ne parlerait pas après cela d’un autre jour.
9 Il y a donc un repos de sabbat réservé au peuple de Dieu.
10 Car celui qui entre dans le repos de Dieu se repose de ses œuvres, comme Dieu s’est reposé des siennes.
11 Efforçons-nous donc d’entrer dans ce repos, afin que personne ne tombe en donnant le même exemple de désobéissance.
Ce passage souligne que le repos promis par Dieu n’était pas pleinement réalisé à l’époque de Josué :
Le verset 8 « Si Josué leur avait donné le repos, il ne parlerait pas après cela d’un autre jour. »
Le repos mentionné par les Psaumes (notamment 95 et 97), bien après l’époque de Josué, indique clairement qu’il existe un repos supérieur, un repos éternel et définitif, distinct de celui de Canaan.
Le verset 9 établit qu’il reste « un repos de sabbat réservé au peuple de Dieu ». Ce repos, plus qu’une simple cessation des activités humaines, est spirituel, reflétant la paix et l’harmonie avec Dieu. Le sabbat, en tant qu’institution divine, symbolise un repos parfait et total que Dieu accorde à son peuple.
Le parallèle entre Josué et Jésus est pertinent ici. Josué (dont le nom en hébreu, Yéhowshuwa, signifie « l’Éternel est salut ») avait conduit Israël dans la terre promise, mais il n’a pu leur procurer le repos ultime. En revanche, Jésus (dont le nom, Yéshua, est la forme contractée de Yéhowshuwa) a accompli ce que Josué n’a pu : offrir le repos éternel par son sacrifice.
1 Pierre 1:18-21 nous rappelle l’immensité de ce salut :
18 sachant que ce n’est pas par des choses périssables, par de l’argent ou de l’or, que vous avez été rachetés de la vaine manière de vivre que vous avez héritée de vos pères,
19 mais par le sang précieux de Christ, comme d’un agneau sans défaut et sans tache,
20 prédestiné avant la fondation du monde, et manifesté à la fin des temps, à cause de vous,
21 qui par lui croyez en Dieu, lequel l’a ressuscité des morts et lui a donné la gloire, en sorte que votre foi et votre espérance reposent sur Dieu.
Ce rachat acquis par le sacrifice de Jésus, est ce qui nous permet d’entrer dans ce repos divin.
Le verset 10 : « Celui qui entre dans le repos de Dieu se repose de ses œuvres, comme Dieu s’est reposé des siennes. » Cette déclaration implique que ceux qui ont accompli les œuvres préparées d’avance par Dieu, peuvent enfin entrer dans le repos. Ces œuvres ne sont pas de simples actions humaines, mais des bonnes œuvres préparées d’avance par Dieu, comme le souligne:
Éphésiens 2:10
10 Car nous sommes son ouvrage, ayant été créés en Jésus Christ pour de bonnes œuvres, que Dieu a préparées d’avance, afin que nous les pratiquions.
Ces œuvres sont le fruit de la foi et de l’obéissance à Dieu.
Le verset 11 exhorte à nous « efforcer d’entrer dans ce repos ». Cela implique qu’il y a un effort de foi et de persévérance pour entrer dans ce repos, et l’obstacle majeur à cela est la désobéissance, tout comme celle des Hébreux dans le désert qui les a empêchés d’entrer dans la terre promise.
Mais qu’est-ce que ce repos de Dieu ?
Le repos de Dieu est intimement lié à la paix avec Dieu. Il s’agit d’une cessation des œuvres humaines de justification ou de lutte contre Dieu, et d’un état d’harmonie parfaite avec Lui. Cette paix est le résultat de la réconciliation avec Dieu par Jésus-Christ, nous permettant de vivre dans la plénitude de son repos ici et maintenant, tout en attendant le repos éternel dans la gloire à venir.
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4 – Hébreux chapitre 4 :12-13 La parole de Dieu
Hébreux 4:12-13
12 Car la parole de Dieu est vivante et efficace, plus tranchante qu’une épée quelconque à deux tranchants, pénétrante jusqu’à partager âme et esprit, jointures et moelles ; elle juge les sentiments et les pensées du cœur.
13 Nulle créature n’est cachée devant lui, mais tout est à nu et à découvert aux yeux de celui à qui nous devons rendre compte.
Le verset 12 commence par le mot « Car », soulignant une insistance particulière sur ce qui suit. L’auteur met en garde : « Vous refusez cette Parole, mais c’est elle qui vous jugera ». Cette Parole n’est pas une simple écriture figée ou morte. Elle est « vivante et efficace » et elle a une puissance dynamique et active, capable d’opérer des changements profonds dans l’être humain. Elle est « plus tranchante qu’une épée à deux tranchants », une métaphore qui évoque non seulement la précision et la force de cette Parole, mais aussi sa capacité à pénétrer les aspects les plus profonds et intimes de notre être. La Parole « pénètre jusqu’à partager âme et esprit, jointures et moelles », c’est-à-dire qu’elle atteint ce que nous avons de plus caché, même ce que nous ignorons parfois nous-mêmes. Elle « juge les sentiments et les pensées du cœur », révélant les intentions véritables, souvent dissimulées derrière nos actions ou nos paroles.
L’immuabilité de Dieu même dans sa Parole
Contrairement aux lois humaines qui changent et évoluent selon les époques, la Parole de Dieu est éternelle et immuable, semblable à Dieu lui-même. Elle est stable, ne se soumettant pas aux fluctuations des normes sociales. Sa « vivacité » fait qu’elle n’est jamais caduque ou inefficace.
L’efficacité de la Parole de Dieu est illustrée par:
Ésaïe 55:11 :
11 Ainsi en est-il de ma parole, qui sort de ma bouche: Elle ne retourne point à moi sans effet, Sans avoir exécuté ma volonté et accompli mes desseins.
Ainsi, lorsque nous acceptons cette Parole, elle agit en nous, nous transforme et nous donne la vie. Elle travaille en nous en collaboration avec le Saint-Esprit, éclairant notre chemin, réorientant nos pensées et renouvelant notre cœur. Il est donc essentiel que toute révélation personnelle soit soumise à la Parole de Dieu, pour s’assurer qu’elle provient réellement du Saint-Esprit et non de nos propres désirs ou d’influences externes.
Le Verset 13 poursuit cette idée en approfondissant l’effet de la Parole divine :
« Nulle créature n’est cachée devant lui« . Dieu, par sa Parole, voit tout, connaît tout. Rien ne lui échappe, ni nos actions, ni nos pensées les plus secrètes. « Tout est à nu et à découvert« devant lui, soulignant que rien ne peut être caché à celui à qui nous devons rendre compte.
Le terme grec « trachelizo » utilisé ici, traduit par « à découvert », a une connotation forte. Il peut signifier saisir quelqu’un à la gorge ou forcer un accusé à lever la tête devant un juge pour montrer son visage. L’idée est que devant Dieu, il n’y a aucune dissimulation possible. Nous serons forcés à la vérité. Tout sera révélé, comme si nous étions mis à nu devant le juge divin.
Cette image impose un sérieux avertissement. Sachant cela, la seule réponse logique serait de se soumettre à cette Parole maintenant, tant qu’il est encore temps, plutôt que d’attendre qu’elle nous juge implacablement dans le futur.
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5 – Hébreux chapitre 4 :14-16 – Jésus le grand souverain sacrificateur
Hébreux 4 :14-16
14 Ainsi, puisque nous avons un grand souverain sacrificateur qui a traversé les cieux, Jésus, le Fils de Dieu, demeurons fermes dans la foi que nous professons.
15 Car nous n’avons pas un souverain sacrificateur qui ne puisse compatir à nos faiblesses; au contraire, il a été tenté comme nous en toutes choses, sans commettre de péché.
16 Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce afin d’obtenir miséricorde et de trouver grâce, pour être secourus dans nos besoins.
Le Verset 14 : L’auteur commence par un ton moins sévère, plus chaleureux, presque encourageant, en affirmant une vérité fondamentale pour les croyants : « Puisque nous avons un grand souverain sacrificateur« , il devient évident que notre foi doit rester solide. Ce souverain sacrificateur, c’est Jésus, non seulement un homme, mais le Fils de Dieu lui-même, qui a « traversé les cieux« . Cela nous invite à garder « ferme dans la foi que nous professons ».
Quelle est donc cette foi ? C’est la confession que Jésus est le Messie, le Christ, le Fils de Dieu, et l’héritier de toutes choses. Il est celui que nous proclamons et celui en qui nous plaçons toute notre confiance. Personne ne peut mieux nous comprendre que Jésus, parce qu’il a vécu dans la chair, affrontant les mêmes épreuves et tentations que nous.
Une vérité réconfortante
Le Verset 15 souligne : « Nous n’avons pas un souverain sacrificateur qui ne puisse compatir à nos faiblesses« . Contrairement à un Dieu distant et inatteignable, Jésus est pleinement capable de comprendre nos difficultés et nos luttes, car il a été « tenté en toutes choses comme nous« , mais avec une différence capitale : « sans commettre de péché ». Ce détail essentiel est aussi affirmé dans d’autres Écritures telles que 2 Corinthiens 5:21, 1 Pierre 1:19, 1 Pierre 2:22, et Jean 7:18.
Jésus, bien qu’il ait connu la tentation, n’a jamais failli, ce qui en fait l’intercesseur parfait entre Dieu et les hommes.
Ce qui est particulièrement touchant dans ce passage, c’est que Jésus ne se contente pas d’être un juge : il est aussi un frère compatissant. Cette compassion fait de lui non seulement un souverain sacrificateur parfait, mais aussi un refuge sûr, vers qui nous pouvons nous tourner avec confiance.
L’exhortation à être dans l’assurance
Le verset 16 : C’est pourquoi l’auteur nous exhorte : « Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce« . Contrairement à l’Ancienne Alliance, où le peuple ne pouvait s’approcher de Dieu (seul le grand sacrificateur pouvait entrer dans le lieu très saint du tabernacle), nous avons maintenant la possibilité de nous approcher de Dieu « avec assurance« , non pas pour être jugés, mais pour « obtenir miséricorde et trouver grâce« . Le trône de la grâce évoque l’autel où les sacrificateurs offraient des sacrifices dans l’Ancienne Alliance, mais ici, nous sommes invités à nous approcher directement de Dieu pour recevoir son pardon et son aide.
« Être secourus dans nos besoins« montre que l’œuvre de Christ n’est pas seulement eschatologique, réservée pour un jugement futur, mais elle est également présente et active aujourd’hui. Il est notre aide quotidienne, celui qui pourvoit à nos besoins immédiats, et qui agit dans nos vies ici et maintenant. Cette grâce est accessible à tous ceux qui s’en approchent avec un cœur repentant et une foi sincère.
Le trône de la grâce représente donc non seulement l’autel de l’ancien culte, mais aussi l’endroit spirituel où nous pouvons trouver refuge, assistance, et communion intime avec Dieu.
Hébreux 4:1
1 Craignons donc, tandis que la promesse d’entrer dans son repos subsiste encore, qu’aucun de vous ne paraisse être venu trop tard.
L’avertissement du verset commence par « Craignons », un terme qui exprime une véritable solennité et une prise de conscience. Nous ne devons pas aborder la promesse de Dieu « la fleur au fusil », avec désinvolture ou présomption. Il est nécessaire de reconnaître notre besoin profond de la grâce de Dieu, car entrer dans son repos n’est pas automatique ni acquis d’avance. Ce verset met en lumière le sérieux avec lequel nous devons répondre à l’invitation divine.
Le combat ici évoqué est avant tout intérieur. Il s’agit d’un affrontement contre notre incrédulité et notre orgueil, deux obstacles qui vont souvent de pair. L’orgueil en particulier, nous pousse à refuser de croire que nous avons besoin de Dieu, car il nous incite à penser que nous savons mieux que quiconque. Cette tentation n’était pas étrangère au peuple d’Israël, qui, se croyant le peuple élu, pensait automatiquement être en sécurité sous la protection de Dieu. Cependant l’auteur de l’épître avertit que cette sécurité ne peut être considérée comme un dû.
Le piège subtil de l’orgueil
De même, un piège subtil de l’orgueil, est de croire que nous en sommes dépourvus. Lorsque nous nous sentons sûrs de notre foi et de notre statut devant Dieu, il est facile de tomber dans cette illusion. Pourtant, l’orgueil spirituel est l’un des plus grands dangers, car il nous empêche de reconnaître notre besoin de grâce et de transformation.
Par ailleurs, nous pouvons parfois attendre des manifestations extérieures spectaculaires pour prouver la présence de Dieu dans nos vies, alors que Dieu désire souvent se révéler dans l’intimité, dans la simplicité d’un doux murmure (1 Rois 19:12). Il nous invite à écouter sa voix, non pas dans le tonnerre ou les éclairs, mais dans la tranquillité de notre cœur. Comme l’enseigne Jean 10:27, « Mes brebis entendent ma voix ; je les connais, et elles me suivent« , nous sommes appelés à être attentifs et humbles, reconnaissant la voix de notre berger.
Le verset nous invite donc à être vigilants, à examiner notre cœur, et à rester à l’écoute de Dieu avec humilité, afin de ne pas manquer l’occasion d’entrer dans son repos, ceci par manque de foi ou à cause d’un cœur endurci.
Hébreux 4:11
11 Efforçons-nous donc d’entrer dans ce repos, afin que personne ne tombe en donnant le même exemple de désobéissance.
En réponse à la grâce que Dieu nous offre, l’auteur nous exhorte à nous efforcer d’entrer dans son repos. Le verbe « efforcer » suggère bien plus qu’un simple souhait ou une intention passive. Il implique de se hâter, de s’appliquer avec sérieux, de mettre tout son cœur et son énergie à l’œuvre. Cela nous appelle à un engagement ardent et délibéré.
Cependant, il est important de comprendre que cet effort n’est pas un acte de performance humaine ou d’auto-justification, mais une réponse humble à l’œuvre de Dieu en nous. La véritable démarche spirituelle consiste à s’abandonner à Dieu, à reconnaître que ce n’est pas notre propre force qui nous permet d’entrer dans son repos, mais sa grâce qui nous transforme. Ce n’est pas par l’orgueil ou la prétention que nous accédons à ce repos, mais par l’humilité, en nous laissant guider et toucher par lui.
S’abandonner à Dieu
Cette expression ne signifie pas pour autant la passivité ou l’inaction. L’obéissance à Dieu nécessite des efforts conscients et des actions. En d’autres termes, nous sommes appelés à agir avec diligence, à faire les œuvres de Dieu avec zèle et à être pleinement investis dans sa volonté. Cet effort demande de l’obéissance, non à la manière de ceux qui désobéissaient dans le désert, mais en suivant l’exemple de ceux qui marchent par la foi, animés par l’amour de Dieu.
Nous devons comprendre que ce repos que Dieu propose n’est pas un simple arrêt des activités humaines, mais un état spirituel de paix et d’harmonie avec lui, accessible à ceux qui obéissent et se confient en lui. Le véritable danger réside dans la désobéissance, qui nous empêche d’entrer dans ce repos. C’est pourquoi l’exhortation ici est à la vigilance et que personne ne tombe en reproduisant l’exemple des Hébreux de l’Exode, qui ont manqué le repos de Dieu en raison de leur incrédulité et de leur rébellion.
Apprendre à se soumettre à la volonté de Dieu
L’effort demandé est donc à la fois un acte de foi et de soumission, un abandon actif à la volonté de Dieu. Nous ne nous reposons pas en nous-mêmes, mais en lui, tout en demeurant fidèles à l’appel qu’il nous adresse.
En réponse à la grâce de Dieu, nous nous efforçons. S’efforcer veut dire se hâter, s’appliquer, avoir soin, avec ardeur. Nos mots sont bien souvent faibles pour exprimer une pensée. Faisons tout notre possible pour entrer dans le repos de Dieu, et cela en nous laissant toucher par Dieu. Nous avons là l’humilité et non l’orgueil. S’abandonner à Dieu; s’en remettre à lui ne veut pas dire paresse, mais au contraire faire les œuvres de Dieu avec diligence (efforcez-vous) et dans l’obéissance.
Hébreux 4:14
14 Ainsi, puisque nous avons un grand souverain sacrificateur qui a traversé les cieux, Jésus, le Fils de Dieu, demeurons fermes dans la foi que nous professons.
Le verbe « professer » signifie déclarer ouvertement ce qui est notre conviction profonde, proclamer notre foi sans hésitation ni crainte. Professer sa foi, c’est aligner nos paroles avec la Parole de Dieu, affirmant avec clarté et conviction ce que nous croyons. Il ne s’agit pas seulement d’une déclaration ponctuelle, mais d’un engagement à parler et vivre selon cette foi jour après jour.
Dans ce contexte, demeurer fermes dans cette confession signifie que, même face aux difficultés, aux tentations ou aux doutes, nous devons rester inébranlables dans notre foi en Jésus-Christ, notre grand souverain sacrificateur. Il a non seulement traversé les cieux, mais il intercède pour nous auprès de Dieu, assurant notre salut.
Cela nous donne l’assurance nécessaire pour proclamer notre foi avec audace et confiance. « Parce que la Bible le dit, je le crois » devient plus qu’une simple phrase. C’est la fondation de notre confiance inébranlable en la promesse de Dieu.
Hébreux 4:16
16 Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce afin d’obtenir miséricorde et de trouver grâce, pour être secourus dans nos besoins.
Parce que nous avons confessé notre foi avec assurance et obéi aux injonctions précédentes – craindre (verset 1), s’efforcer (verset 11), et demeurer ferme (verset 14) – nous pouvons nous approcher du trône de la grâce avec une pleine confiance.
Le trône de la grâce évoque la présence de Dieu où son amour, sa miséricorde et son pardon sont offerts sans restriction. Nous venons à lui non pas comme des étrangers, mais comme des enfants qui s’adressent à leur père. Même si nous avons échoué ou péché, Dieu nous invite à venir sans crainte. Le but de notre approche est double : obtenir miséricorde pour nos fautes, car nous reconnaissons notre état de pécheur, et trouver grâce, c’est-à-dire recevoir ce don immérité qui découle de l’amour de Dieu.
Être secourus dans nos besoins
Contrairement à l’attitude de ce monde où beaucoup réclament leurs droits et exigent ce qui leur est dû, nous venons devant Dieu non avec des revendications, mais avec humilité, en nous reposant sur sa grâce et sa miséricorde. Nous reconnaissons que ce que nous recevons ne dépend pas de ce que nous méritons, mais de l’amour et de la bienveillance de Dieu envers nous.
Enfin, la promesse à la fin du verset est capitale : « pour être secourus dans nos besoins. » Nous ne venons pas avec nos solutions ou nos exigences, mais simplement pour exposer nos besoins à Dieu, en sachant qu’il peut agir même là où tout semble impossible. Dieu est le Dieu de l’impossible, et c’est vers lui que nous nous tournons, convaincus qu’il saura répondre à nos nécessités selon sa volonté parfaite.
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