Matthieu chapitre 5 : Les enseignements de Jésus sur le Royaume

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Dans Matthieu chapitre 5, Jésus enseigne les principes fondamentaux du gouvernement du Roi à travers les béatitudes et des paraboles. Ces enseignements montrent comment vivre selon les valeurs du royaume des cieux.

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Matthieu chapitre 5 – Étude biblique

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Introduction

Les chapitre 5, 6 et 7 le l’Évangile de Matthieu, ont été appelés le sermon sur la montagne par Saint Augustin. C’est ainsi que ce nom est resté et s’est transmis. Ces trois chapitres constituent un condensé de la doctrine chrétienne.

Il existe une différence avec le sermon sur la montagne de Luc 6, différence qui est peut-être liée à celle du public ciblé par les auteurs des Évangiles. Les lecteurs de Matthieu étaient des juifs locaux alors que ceux de Luc étaient des gentils, c’est à dire à des païens.

Rappelons que les Évangiles sont plus à considérer comme des brochures d’évangélisation ou des enseignements pour disciples que des biographies de Jésus. Chaque auteur (évangéliste) a composé son évangile en fonction de sa pensée, de son but et du public à qui il s’adressait.

Il nous faut donc chercher à comprendre ce qu’ils ont voulu nous communiquer.

Les Évangiles sont destinés à convaincre les perdus et à motiver les sauvés. C’est ce que nous devons garder en mémoire. Il faut savoir que lorsque nous proclamons la bonne nouvelle du salut, l’Évangile, celle-ci apporte soit la condamnation pour celui qui la rejette, soit le salut pour celui qui l’accepte en l’incitant à une vie de foi et d’obéissance à Dieu. Le but de l’évangile n’est pas de montrer aux perdus comment être sauvés mais plutôt comment Dieu s’attend à ce que les sauvés vivent.

En écoutant notamment les béatitudes, qui pourraient prétendre mériter son salut.

Le constat est dit en:

Romains 3:23

23 Car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu;

Ce verset pousse les croyants à s’appuyer sur la grâce qui est la seule espérance pour le salut.

Ésaïe 55:1-3

1 Vous tous qui avez soif, venez aux eaux, Même celui qui n’a pas d’argent ! Venez, achetez et mangez, Venez, achetez du vin et du lait, sans argent, sans rien payer !

Pourquoi pesez-vous de l’argent pour ce qui ne nourrit pas ? Pourquoi travaillez-vous pour ce qui ne rassasie pas ? Écoutez-moi donc, et vous mangerez ce qui est bon, et votre âme se délectera de mets succulents.

Prêtez l’oreille, et venez à moi, Écoutez, et votre âme vivra : Je traiterai avec vous une alliance éternelle, pour rendre durables mes faveurs envers David.

Il nous faut compter sur la puissance de l’Esprit qui est la seule espérance pour la vie du royaume.

Ésaïe 55:6-7

Cherchez l’Éternel pendant qu’il se trouve ; Invoquez-le, tandis qu’il est près.

Que le méchant abandonne sa voie, et l’homme d’iniquité ses pensées ; qu’il retourne à l’Éternel, qui aura pitié de lui, A notre Dieu, qui ne se lasse pas de pardonner.

Il faut se rappeler que le public de Jésus était composé de plusieurs groupes : les disciples, les curieux, les malades, les sceptiques et les religieux.

Le sermon sur la montagne s’adresse principalement aux disciples, même si d’autres personnes écoutaient. Certaines paroles ne concernent que les disciples. Les douze apôtres n’étaient pas les seuls disciples dont le nombre s’est augmenté de soixante, voire plus.

Luc 10:1

1 Après cela, le Seigneur désigna encore soixante-dix autres disciples, et il les envoya deux à deux devant lui dans toutes les villes et dans tous les lieux où lui-même devait aller.

Voyant la foule dont il est question en Matthieu 4, Jésus monte sur la montagne, mais la foule le suivait-elle ? Probablement au moins une partie.

Matthieu 5:1-2

1 Voyant la foule, Jésus monta sur la montagne; et, après qu’il se fut assis, ses disciples s’approchèrent de lui.

Puis, ayant ouvert la bouche, il les enseigna, et dit

Les béatitudes sont comme une échelle spirituelle de dix barreaux dont chaque barreau est identifié par « Heureux » pour finir avec le dernier barreau : « réjouissez-vous ». Cela commence par le salut pour monter de plus en plus à la ressemblance avec Jésus. C’est l’identification à ce que Jésus a vécu.

Jésus nous donne au premier « heureux » la finalité : « le royaume des cieux est à eux »

Puis il donne les étapes à franchir pour atteindre le but.

Ainsi, le Seigneur montre qu’il veut transformer notre caractère pour nous faire découvrir le secret du bonheur. Il s’agit d’un travail intérieur à effectuer sur nous-mêmes, travail qui ne peut se faire qu’avec l’aide et par le Saint-Esprit.

Matthieu 5:1-2

1 Voyant la foule, Jésus monta sur la montagne ; et, après qu’il se fut assis, ses disciples s’approchèrent de lui.

Puis, ayant ouvert la bouche, il les enseigna, et dit :

Il ne faut pas oublier que Matthieu présente Jésus comme le nouveau Moïse, le nouveau législateur, d’où le parallèle entre ici le mot la montagne et le mont Sinaï ( Matthieu 5:21-48)

1 – Les béatitudes

Matthieu 5:3-12

Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux!

Heureux les affligés, car ils seront consolés!

Heureux les débonnaires, car ils hériteront la terre!

Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés!

Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde!

Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu!

Heureux ceux qui procurent la paix, car ils seront appelés fils de Dieu!

10 Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des cieux est à eux!

11 Heureux serez-vous, lorsqu’on vous outragera, qu’on vous persécutera et qu’on dira faussement de vous toute sorte de mal, à cause de moi.

12 Réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse, parce que votre récompense sera grande dans les cieux; car c’est ainsi qu’on a persécuté les prophètes qui ont été avant vous.

Première observation : Ces versets rappellent les Psaumes

Psaumes 1 :1 ; Psaumes 32 :1

Heureux l’homme … ; heureux celui dont …

Puisque nous parlerons de Jésus en tant que nouveau législateur, il faut avant de rentrer dans le détail, considérer que si nous comparons les béatitudes avec les tables de la loi, la grande différence se trouve dans la manière de donner le commandement.

Par Moïse : « tu ne feras pas … »

Par Jésus : « fais cela et tu vivras » : Luc 10:28

Il faut comprendre le mot Heureux comme afférent à un bonheur intérieur, à une joie intérieure, qui est de connaître Dieu.

L’objectif est une transformation de notre être. Cependant, cette transformation ne peut pas venir de l’extérieur. Elle est intérieure. Il s’agit de faire un travail sur soi, sur notre caractère.

Les principes de bases sont :
  1. Le caractère est le secret du bonheur ( optimisme-pessimiste : le verre a moitié plein)
  2. La justice est fondée sur la vie intérieure. Le caractère n’est pas quelque chose d’imposé de l’extérieur mais c’est un travail qui se fait de l’intérieur.
  3. Le caractère et la vie existent dans et pour une communion avec Dieu le Père par le Saint-Esprit.
  4. C’est parce que notre caractère va changer, que notre vie va changer. C’est le chemin de sanctification qui a pour but la transformation qui se manifeste par le fruit de l’Esprit.
  5. Il est évident que la manifestation du fruit de l’Esprit, qui est l’expression de l’amour sous ses différentes formes ne peut se faire avec le temps que par la transformation de notre caractère et cela avec l’aide du Saint-Esprit et non par nos propres forces.
  6. Pour cela, cela va demander de l’endurance et c’est un travail de toute une vie. C’est l’épreuve finale.
Le verset 3 – les pauvres en esprit :

 Le terme grec pour pauvre est le terme le plus dur pour exprimer la pauvreté. Il qualifie celui qui est totalement démuni, ce qui implique pour lui que son espérance est en Dieu seul. Il ne se sent pas fort mais faible et il ne compte pas sur ses propres forces mentales (2 Corinthiens 12:9: « ma grâce te suffit »). Dieu montre dans sa Parole, qu’il est près de ceux qui ont le coeur brisé et humilié. Il en est ainsi en:

Ésaïe 57:15

15 Car ainsi parle le Très Haut, Dont la demeure est éternelle et dont le nom est saint: J’habite dans les lieux élevés et dans la sainteté; Mais je suis avec l’homme contrit et humilié, Afin de ranimer les esprits humiliés, Afin de ranimer les cœurs contrits.

Psaumes 34:19

19 L’Éternel est près de ceux qui ont le cœur brisé, Et il sauve ceux qui ont l’esprit dans l’abattement.

Ces premières béatitudes se réfèrent probablement à:

Ésaïe 61:1-3

L’esprit du Seigneur, l’Éternel, est sur moi, Car l’Éternel m’a oint pour porter de bonnes nouvelles aux malheureux; Il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé, Pour proclamer aux captifs la liberté, Et aux prisonniers la délivrance;

Pour publier une année de grâce de l’Éternel, Et un jour de vengeance de notre Dieu; Pour consoler tous les affligés;

Pour accorder aux affligés de Sion, Pour leur donner un diadème au lieu de la cendre, Une huile de joie au lieu du deuil, Un vêtement de louange au lieu d’un esprit abattu, Afin qu’on les appelle des térébinthes de la justice, Une plantation de l’Éternel, pour servir à sa gloire.

 C’est le passage que Jésus a lu dans la synagogue de Nazareth (Luc 4:17-19)

Le verset 4 – les affligés :

Les affligés sont ceux qui ont conscience de leurs péchés et qui se lamentent, crient et expriment leur repentance et Dieu console son peuple comme il est écrit en :

Ésaïe 49:13

13 Cieux, réjouissez-vous ! Terre, sois dans l’allégresse ! Montagnes, éclatez en cris de joie ! Car l’Éternel console son peuple, Il a pitié de ses malheureux.

Le verset 5 – humble de cœur :

Se traduit aussi par : débonnaire, plein de douceur, esprit doux, esprit de soumission

Jésus s’est attribué à lui-même ce trait de caractère en :

Matthieu 11:29

29 Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur ; et vous trouverez du repos pour vos âmes.

Psaumes 37:11

11 Les misérables possèdent le pays, Et ils jouissent abondamment de la paix.

L’origine du mot implique une force domestiquée comme un cheval dressé. Cela fait penser à la maitrise de soi.

La dépendance à Dieu et à Jésus-Christ rend le croyant humble et soumis, enseignable par le Saint-Esprit. C’est ainsi que Dieu peut diriger nos forces pour accomplir ses desseins.

Le verset 6 – Faim et soif de justice :

Le bonheur ne peut se comprendre que dans la justice. Cela implique la justification et le fait d’être justifié, mais aussi la sanctification et une vie sanctifiée.

Ésaïe 51:1

1 Écoutez-moi, vous qui poursuivez la justice, Qui cherchez l’Éternel! Portez les regards sur le rocher d’où vous avez été taillés, Sur le creux de la fosse d’où vous avez été tirés.

Le verset 7 – Miséricordieux :

Être capable de souffrir avec, d’avoir de la compassion, fait que nous obtiendrons miséricorde.

Jacques 2:13

13 car le jugement est sans miséricorde pour qui n’a pas fait miséricorde. La miséricorde triomphe du jugement.

Ici, il y a l’idée qu’au jugement dernier, nous serons pardonnés si nous avons été capables de pardon.

Le verset 8 – Cœur pur :

Le mot grec pour coeur désigne ce qui est à l’intérieur de l’homme, la source ou le siège de la pensée, des désirs, des passions, c’est à dire la nature profonde de l’homme.

« Ils verront Dieu » :  l’interprétation première est de dire qu’à la fin, ils verront Dieu au paradis. Cependant, ce n’est pas la seule pensée de l’auteur qui est que, quelqu’un de simple, de pur verra Dieu dans toute sa création et dans chaque situation.

Psaumes 73:1 , Ps 24:4

1 Psaume d’Asaph. Oui, Dieu est bon pour Israël, Pour ceux qui ont le cœur pur.

Il faut comprendre le fait que les béatitudes n’ont pas pour but d’informer mais celui de motiver pour mettre en pratique l’enseignement.

Le verset 9 – procurent la paix :

Ici, la paix vient d’une personne capable d’humilité plutôt que campée sur sa position par orgueil. Il s’agit d’une personne capable de repentance manifestant sa foi en Dieu.

Les termes « Appelés fils de Dieu », sont dans le sens où ceux qui procurent la paix, manifestent le caractère de Dieu. (fruit de l’Esprit).

Le verset 10 – persécutés pour la justice :

Il s’agit de ceux qui seront persécutés pour leur foi en Dieu (la justice) car ils sont justes. Ils sont à l’image de Christ qui a été persécuté pour son témoignage.

Il faut pour chacun choisir: ou nous témoignons et nous sommes rejetés voire persécutés, ou bien nous nous taisons, donnant ainsi l’illusion que nous sommes comme les gens du monde. Cette dernière position est une position entre deux qui ne tient pas devant Dieu. Ou nous sommes pour Dieu, ou nous sommes contre. Il n’existe pas d’entre deux.

Les versets 11 et 12

11 Heureux serez-vous, lorsqu’on vous outragera, qu’on vous persécutera et qu’on dira faussement de vous toute sorte de mal, à cause de moi.

12 Réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse, parce que votre récompense sera grande dans les cieux; car c’est ainsi qu’on a persécuté les prophètes qui ont été avant vous.

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Ces deux versets se distinguent des versets précédents avec un changement de pronom. Les verbes sont ici passés de la troisième personne du pluriel à la deuxième personne. Ils sont pourtant dans la continuité du verset 10.

Ici en fait, Jésus s’adresse directement à ses disciples parce que les outrages et les persécutions sont potentielles, et qu’il faut le savoir pour ne pas être surpris.

Jacques 1:2-4

Mes frères, regardez comme un sujet de joie complète les diverses épreuves auxquelles vous pouvez être exposés,

sachant que l’épreuve de votre foi produit la patience.

Mais il faut que la patience accomplisse parfaitement son œuvre, afin que vous soyez parfaits et accomplis, sans faillir en rien.

1 Pierre 4:12-19

12 Bien-aimés, ne soyez pas surpris, comme d’une chose étrange qui vous arrive, de la fournaise qui est au milieu de vous pour vous éprouver.

13 Réjouissez-vous, au contraire, de la part que vous avez aux souffrances de Christ, afin que vous soyez aussi dans la joie et dans l’allégresse lorsque sa gloire apparaîtra.

14 Si vous êtes outragés pour le nom de Christ, vous êtes heureux, parce que l’Esprit de gloire, l’Esprit de Dieu, repose sur vous.

15 Que nul de vous, en effet, ne souffre comme meurtrier, ou voleur, ou malfaiteur, ou comme s’ingérant dans les affaires d’autrui.

16 Mais si quelqu’un souffre comme chrétien, qu’il n’en ait point honte, et que plutôt il glorifie Dieu à cause de ce nom.

17 Car c’est le moment où le jugement va commencer par la maison de Dieu. Or, si c’est par nous qu’il commence, quelle sera la fin de ceux qui n’obéissent pas à l’Évangile de Dieu?

18 Et si le juste se sauve avec peine, que deviendront l’impie et le pécheur ?

19 Ainsi, que ceux qui souffrent selon la volonté de Dieu remettent leurs âmes au fidèle Créateur, en faisant ce qui est bien.

Ainsi, le chrétien ne doit pas refuser la persécution, mais il ne doit pas non plus la rechercher pour paraître plus spirituel, meilleur chrétien.

Paul dresse dans la première Épître à Timothée, un simple constat :

1 Timothée 3:12

12 Or, tous ceux qui veulent vivre pieusement en Jésus Christ seront persécutés.

Être disciple de Jésus a un coût, non pas un coût financier mais les persécutions sont spécifiquement liées au fait d’être un disciple actif de Jésus-Christ ! (Matthieu 5:11)

11 … On dira faussement de vous toute sorte de mal, à cause de moi.

Ceci est une pratique courante que nous retrouvons dans le proverbe : « Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage ! »

Nous avons vu cela avec le peuple juif. Nous pouvons voir cela encore envers les chrétiens.

Pour nous, il faut considérer que la souffrance a un but dans le plan de Dieu. Elle fait partie du chemin de la sanctification.

12 … car c’est ainsi qu’on a persécuté les prophètes qui ont été avant vous.

Les prophètes de l’Ancienne Alliance étaient persécutés parce qu’ils servaient Dieu. De la même façon, nous qui servons Jésus, nous serons persécutés.

2 – Deux paraboles le sel et la lumière du monde

Matthieu 5:13-16

13 Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel perd sa saveur, avec quoi la lui rendra-t-on? Il ne sert plus qu’à être jeté dehors, et foulé aux pieds par les hommes.

14 Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée;

15 et on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le chandelier, et elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison.

16 Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu’ils voient vos bonnes œuvres, et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux.

Il faut se reporter ici à l’étude qui a été préalablement faite sur ces deux paraboles: le sel de la terre et la lumière du monde

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3 – Jésus et la loi

Jésus a rejeté la tradition orale (Talmud) de l’interprétation de la Thora. Jésus se présente comme le véritable accomplissement de la loi, et comme son interprète.

Sa vie a démontré qu’il était possible d’accomplir la loi.

Par leur interprétation, les anciens tordaient les Écritures en leur donnant un sens qu’elles n’avaient pas, et Jésus a cassé ainsi l’orgueil des religieux légalistes qui s’auto-justifiaient.

Les pharisiens et les scribes plaçaient en fait la tradition orale, donc humaine, au-dessus des commandements de Dieu. 

Matthieu 23:23

23 Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! parce que vous payez la dîme de la menthe, de l’aneth et du cumin, et que vous laissez ce qui est plus important dans la loi, la justice, la miséricorde et la fidélité : c’est là ce qu’il fallait pratiquer, sans négliger les autres choses.

Matthieu 5:17-20

17 Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes ; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir.

18 Car, je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota ou un seul trait de lettre, jusqu’à ce que tout soit arrivé.

19 Celui donc qui supprimera l’un de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire de même, sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux; mais celui qui les observera, et qui enseignera à les observer, celui-là sera appelé grand dans le royaume des cieux.

20 Car, je vous le dis, si votre justice ne surpasse celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez point dans le royaume des cieux.

Le verset 19 explique toute la pensée de Jésus. Pour lui, il y a d’une part, l’observance des commandements, et d’autre part la mauvaise interprétation faites par les légalistes (Pharisiens et scribes) avec leur mauvais enseignement totalement condamnables. C’est pourquoi:

Jacques 3:1 dit :

1 Mes frères, qu’il n’y ait pas parmi vous un grand nombre de personnes qui se mettent à enseigner, car vous savez que nous serons jugés plus sévèrement.

La loi est parfaite et par conséquent, il n’est pas question d’en changer la moindre chose.

David disait déjà:

Psaumes 19:8

8 La loi de l’Éternel est parfaite, elle restaure l’âme; Le témoignage de l’Éternel est véritable, il rend sage l’ignorant.

Jacques redit les paroles du Seigneur en:

Jacques 1:25

25 Mais celui qui aura plongé les regards dans la loi parfaite, la loi de la liberté, et qui aura persévéré, n’étant pas un auditeur oublieux, mais se mettant à l’œuvre, celui-là sera heureux dans son activité.

4 – Jésus le nouveau législateur

Il faut comprendre Matthieu quand il compare Jésus avec Moïse. Jésus est le nouveau législateur, mais la comparaison ne s’arrête pas là. Il y a plus.

L’Ancienne Alliance était caractérisée par un ensemble de règles écrites sur des tables de la loi (des tables de pierre)

La Nouvelle Alliance est caractérisée par une personne, Jésus. La loi de Jésus sera écrite sur des cœur de chair.

Ceci est déjà évoqué en:

Ézéchiel 36:26

26 Je vous donnerai un cœur nouveau, et je mettrai en vous un esprit nouveau ; j’ôterai de votre corps le cœur de pierre, et je vous donnerai un cœur de chair.

2 Corinthiens 3:3

3 Vous êtes manifestement une lettre de Christ, écrite, par notre ministère, non avec de l’encre, mais avec l’Esprit du Dieu vivant, non sur des tables de pierre, mais sur des tables de chair, sur les cœurs.

Il existe un grand changement. En effet, la loi de Moïse écrite, l’était sur des tables de pierre et jugeait les actes extérieurs, alors qu’avec Jésus, c’est le cœur qui est jugé par les actes mais aussi les pensées.

Le verset 18 – le ciel et la terre :

Le ciel et la terre sont pris comme deux témoins, ce qui était nécessaire pour juger une personne. La terre et le ciel sont les deux témoins qui confirment la déclaration de Dieu.

L’expression « jusqu’à ce que tout soit arrivé » peut se comprendre par le « tout est accompli » de Jésus ou par l’accomplissement de toutes choses.

Il faut comprendre que Jésus combattait la dureté de cœur des légalistes, et il dit au sujet du divorce:

Marc 10:4-5 ou Matthieu 19:8

Moïse, dirent-ils, a permis d’écrire une lettre de divorce et de répudier.

Et Jésus leur dit: C’est à cause de la dureté de votre cœur que Moïse vous a donné ce précepte.

Le verset 20 est très dur envers les scribes et les pharisiens, il conclut ce passage.

5 – Le nouveau législateur est plus strict

Vous avez entendu qu’il a été dit  … et Mais moi je vous dis …

Ceci est répété plusieurs fois, montrant que Jésus n’assouplit pas la loi. Cela montre que les pensées, les intentions seront jugées tout autant que les acte commis. Nous avons ainsi l’idée que l’intention est tout autant condamnable que l’acte lui-même.

Matthieu 5:21-26

21 Vous avez entendu qu’il a été dit aux anciens: Tu ne tueras point; celui qui tuera mérite d’être puni par les juges.

22 Mais moi, je vous dis que quiconque se met en colère contre son frère mérite d’être puni par les juges; que celui qui dira à son frère: Raca! mérite d’être puni par le sanhédrin; et que celui qui lui dira: Insensé! mérite d’être puni par le feu de la géhenne.

23 Si donc tu présentes ton offrande à l’autel, et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi,

24 laisse là ton offrande devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère; puis, viens présenter ton offrande.

25 Accorde-toi promptement avec ton adversaire, pendant que tu es en chemin avec lui, de peur qu’il ne te livre au juge, que le juge ne te livre à l’officier de justice, et que tu ne sois mis en prison.

26 Je te le dis en vérité, tu ne sortiras pas de là que tu n’aies payé le dernier quadrant.

Le verset 21, tu ne tueras point est la citation de Exode 20:13 figurant dans les dix commandements et la suite « celui qui tuera mérite d’être puni par les juges » est probablement une citation d’une école rabbinique.

Les rabbins de l’époque tiraient leur autorité des citations d’anciens enseignants juifs alors que Jésus manifeste son autorité personnelle.

 

 

Hypocrisie cachée

Nous retrouvons cela encore aujourd’hui quand les personnes plutôt que de dire clairement ce qu’elles pensent en s’engageant par leurs paroles, se réfugient derrière tel auteur. Untel a dit que …Ainsi si vous contestez, lui ne se sent pas concerné. C’est la preuve d’un manque de courage de sa part.

Jésus quant à lui assumait totalement ses paroles ce qui déplaisaient aux religieux légalistes.

Au passage : quiconque se met en colère contre son frère. Certaines versions de la Bible précisent : sans cause.

Raca signifie insensé, stupide, homme à la tête vide. Il s’agit d’un terme de reproche.

Pourtant en Matthieu 23:17 Jésus utilise le terme d’insensé à l’encontre des Pharisiens et des scribes. Alors pourquoi ?

Matthieu 23:17

17 Insensés et aveugles! lequel est le plus grand, l’or, ou le temple qui sanctifie l’or?

D’une part, les propos de ces pharisiens et scribes, étaient insensés et d’autre part leur orgueil les aveuglait et ils ne comprenaient pas qu’ils étaient loin de mériter le ciel.

Attention à l’usage de mot « insensé » qui pourrait être fait. Il ne s’agit de mépriser un frère, un frère qui partage la même foi. Ceci veut dire qu’il nous faut faire attention à nos paroles envers un frère chrétien. Un chrétien qui reconnait Jésus comme son sauveur ne peut pas être un insensé. Le terme insensé ne peut s’appliquer qu’à ceux qui rejettent Jésus.

Avec Jésus ce ne sont pas seulement nos actes qui sont jugés comme ils sont jugés par la loi. Sont jugés non seulement nos actes mais aussi nos pensées, nos motivations, nos attitudes. Si nous avons de la haine contre un frère ou une sœur, cela démontre que nous ne connaissons pas Dieu, car la foi chrétienne est basée sur l’amour du prochain (1 Jean 2:9-11 ; 3:15 ; 4:20)

Le chemin de la sanctification se comprend par le fait de grandir dans l’amour et par le fait de manifester le fruit de l’Esprit qui se résume en l’amour ce que Jacques appelle la loi royale.

Jacques 2:8

Si vous accomplissez la loi royale, selon l’Écriture: Tu aimeras ton prochain comme toi-même, vous faites bien.

Ce passage de Matthieu 5 :17-20 est destiné à briser tout orgueil et toute autojustification. Le fait de se réconcilier avec son frère permet de recréer le lien d’amour. C’est à cette condition que Dieu le Père peut nous accueillir et recevoir notre offrande. L’amour précède les actes religieux, et les relations que nous entretenons entre frères priment sur les rituels. Nous retrouvons toujours le principe que ce qui est dans notre cœur prévaut sur nos actes, car nos actes peuvent être hypocrites.

A propos du verset 25, quand il existe un différend avec une personne, notre attitude est de deux types. Si l’autre nous a blessé d’une façon ou d’une autre, nous devons pardonner. Si nous avons blessé l’autre, nous devons chercher la réconciliation en nous mettant en règle avec lui.

Au verset 26, le quadrant était la plus petite pièce de monnaie romaine de l’époque.

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6 – La convoitise, l’adultère et le divorce.

Matthieu 5:27-30

27 Vous avez appris qu’il a été dit: Tu ne commettras point d’adultère.

28 Mais moi, je vous dis que quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis un adultère avec elle dans son cœur.

29 Si ton œil droit est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi; car il est avantageux pour toi qu’un seul de tes membres périsse, et que ton corps entier ne soit pas jeté dans la géhenne.

30 Et si ta main droite est pour toi une occasion de chute, coupe-la et jette-la loin de toi; car il est avantageux pour toi qu’un seul de tes membres périsse, et que ton corps entier n’aille pas dans la géhenne.

Le verset 27 fait référence à Exode 20:14 et à Deutéronome 5:18. Cela ne se limite pas au seul adultère mais cela concerne toute activité sexuelle illicite qui est en dehors du mariage.

Le verset 30 une occasion de chute : La responsabilité de chacun est de se retirer de tous lieux de tentation. Ne croyons pas que nous puissions être plus fort que Satan. Les avertissements dans le Nouveau Testament ne manquent pas (Jacques 4 :7 ; 1 Pierre 5 :8-9)

L’union d’un homme et d’une femme est la base de la société voulue par Dieu. Toute autre forme de relation est contraire à la volonté de Dieu.

Matthieu 5:31-32

31 Il a été dit: Que celui qui répudie sa femme lui donne une lettre de divorce.

32 Mais moi, je vous dis que celui qui répudie sa femme, sauf pour cause d’infidélité, l’expose à devenir adultère, et que celui qui épouse une femme répudiée commet un adultère.

Au verset 28 et 32, deux causes d’adultère qui n’existaient pas dans l’Ancien Testament sont donnés par Jésus. D’une part, il s’agit de la convoitise charnelle qui est déjà un adultère et d’autre part, donner une lettre de divorce pour en épouser une autre est un adultère.

Le seul fait de divorcer d’une femme faisait que cette femme était stigmatisée comme une femme adultère, que cela soit justifié ou non. Celui qui épousait une femme répudiée était lui aussi stigmatisé (il faut penser à ce sujet à la samaritaine de Jean 4).

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7 – L’interdiction du parjure et de la vengeance

Matthieu 5:33-37

33 Vous avez encore appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne te parjureras point, mais tu t’acquitteras envers le Seigneur de ce que tu as déclaré par serment.

34 Mais moi, je vous dis de ne jurer aucunement, ni par le ciel, parce que c’est le trône de Dieu;

35 ni par la terre, parce que c’est son marchepied; ni par Jérusalem, parce que c’est la ville du grand roi.

36 Ne jure pas non plus par ta tête, car tu ne peux rendre blanc ou noir un seul cheveu.

37 Que votre parole soit oui, oui, non, non ; ce qu’on y ajoute vient du malin.

Au verset 33, il est question du parjure, de la violation d’un serment. D’une manière générale, il faut faire très attention à nos paroles car celles-ci nous engagent. Lorsqu’on fait une promesse, il s’agit à la fois d’un engagement envers un homme et d’un engagement pris devant Dieu. Il faut faire aussi très attention au fait d’invoquer le nom de Dieu de manière inconsidérée, par exemple dans l’expression : « je te le jure au nom de Dieu …ou devant Dieu… »

Comme il est dit en Jacques 5:12, il suffit que notre oui soit oui, et que notre non, soit non ! Il n’est pas nécessaire dans ce cas de jurer.

Le mais derrière un oui, constitue déjà le début d’une restriction. La question devient : jusqu’où va la restriction ?

Le problème n’est pas de prendre un engagement par serment, mais il est, de ne pas ensuite le respecter.

Matthieu 5:38-42

38 Vous avez appris qu’il a été dit: œil pour œil, et dent pour dent.

39 Mais moi, je vous dis de ne pas résister au méchant. Si quelqu’un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l’autre.

40 Si quelqu’un veut plaider contre toi, et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau.

41 Si quelqu’un te force à faire un mille, fais-en deux avec lui.

42 Donne à celui qui te demande, et ne te détourne pas de celui qui veut emprunter de toi.

Le œil pour œil dont il est question dans l’Ancien Testament, constituait seulement une limite à la vengeance. Ce n’était pas un dû. Cela voulait dire que la personne ne pouvait pas se venger au-delà du préjudice subi.

Ce n’était pas comme l’a fait Lemec qui s’est vengé de façon excessive, en:

Genèse 4:23-24

23 Lémec dit à ses femmes: Ada et Tsilla, écoutez ma voix! Femmes de Lémec, écoutez ma parole! J’ai tué un homme pour ma blessure, Et un jeune homme pour ma meurtrissure.

24 Caïn sera vengé sept fois, Et Lémec soixante-dix-sept fois.

Ce passage de Matthieu 5:39-42 est simplement une recommandation d’un comportement à adopter sans qu’il y ait une obligation. Plutôt que de répondre au mal par le mal, il faut répondre par le bien. C’est ce que nous dira Paul en:

Romains 12:21

21 Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais surmonte le mal par le bien.

Notre réponse au mal, doit -être motivée par l’amour sans pour autant que cela conduise à répondre à des demandes inappropriées ou répétées de la part de personnes rusées ou paresseuses.

L’idée est plus dans le sens de répondre aux exigences et de faire même au-delà de ce qui est attendu. C’est une attitude d’amour envers les autres en particulier envers ceux qui sont dans le besoin.

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8 – La loi de l’amour

Matthieu 5:43-48

43 Vous avez appris qu’il a été dit: Tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi.

44 Mais moi, je vous dis: Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent,

45 afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les cieux; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes.

46 Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous? Les publicains aussi n’agissent-ils pas de même?

47 Et si vous saluez seulement vos frères, que faites-vous d’extraordinaire? Les païens aussi n’agissent-ils pas de même?

48 Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait.

Le verset 43 dans sa première partie est une citation de Lévitique 19:18, mais dans sa seconde partie, il s’agit d’une inférence de certains religieux juifs (conséquence considérée comme logique)

Le verset 44 quant à lui, défie la logique charnelle en concluant qu’il faut faire du bien à ceux qui nous veulent du mal.

Tout ce passage de Matthieu 5:43-48 se retrouve dans l’épître aux Romains 12:10-21

Romains 12:20

20 Mais si ton ennemi a faim, donne-lui à manger; s’il a soif, donne-lui à boire; car en agissant ainsi, ce sont des charbons ardents que tu amasseras sur sa tête.

Nous dirions aujourd’hui de façon familière qu’en faisant cela, cela va « mettre la tempête sous le casque » de celui qui nous fait du mal.

Victor Hugo a parlé de la tempête sous le crâne. Cela veut dire que faire quelque chose à quelqu’un qui ne s’y attend pas, ce qui va le déconcerter. Cela va alors chercher à comprendre pourquoi nous répondons à sa méchanceté par une gentillesse .

Ceci est une vieille expression qui signifie que la bienveillance est le meilleur moyen de changer l’ennemi en un ami.

Ce verset 44 introduit le verset 45. Par cette attitude d’amour même envers un ennemi, le chrétien témoigne du caractère de Dieu et par cela de sa filiation. La preuve est que Dieu ne fait pas de différence de traitement envers le juste et le méchant.

45il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes.

Le verset 46 fait une correction envers le chrétien qui se justifierait en disant qu’il aime ses enfants ou qu’il fait du bien à ses enfants.

46 … Les publicains aussi n’agissent-ils pas de même?

C’est-à-dire que ceux qui sont considérés comme des personnes de mauvaise vie, en font tout autant. C’est le minimum que l’on puisse attendre d’un être humain.

Le chrétien doit se démarquer des non-croyants !

La conclusion du chapitre

Ce chapitre se termine par une exhortation puissante :

Matthieu 5:48

48 Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait.

Le mot parfait ici se comprend dans le sens de mature, accompli, ne manquant de rien. Il ne s’agit pas d’une perfection absolue selon nos standards humains, mais d’une plénitude spirituelle rendue possible uniquement en Christ. C’est en étant enracinés en lui que nous devenons des chrétiens accomplis et matures.

La seule manière pour un croyant d’être « parfait comme le Père », est d’être en Christ et de tendre vers sa ressemblance.

2 Corinthiens 5:17

17 Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées ; voici, toutes choses sont devenues nouvelles.

Tel est le désir de Dieu pour nous : que nous devenions semblables à son Fils.

Romains 8:29

29 Car ceux qu’il a connus d’avance, il les a aussi prédestinés à être semblables à l’image de son Fils, afin que son Fils fût le premier-né entre plusieurs frères.

Pour parvenir à cette ressemblance, deux principes sont fondamentaux :

1 – Le chemin de sanctification dans lequel Christ grandit en nous par l’œuvre du Saint-Esprit.

2 Corinthiens 3:18

18 Nous tous qui, le visage découvert, contemplons comme dans un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur, l’Esprit

2 – Le développement de l’amour, qui se manifeste à travers le fruit de l’Esprit, le fruit de l’amour de Galates 5:22.

Dans ce processus, Jésus s’oppose fermement aux scribes et aux pharisiens, non par orgueil pour simplement les humilier, mais par amour, pour les interpeller et les amener à la repentance et au salut.

Matthieu 23:3

Faites donc et observez tout ce qu’ils vous disent; mais n’agissez pas selon leurs œuvres. Car ils disent, et ne font pas.

Dieu, dans sa miséricorde, est toujours proche de ceux qui s’humilient :

Psaumes 34:19

19 L’Éternel est près de ceux qui ont le cœur brisé, Et il sauve ceux qui ont l’esprit dans l’abattement.

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Parabole de l’homme fort : Jésus plus fort que Satan

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La parabole de l’homme fort de Matthieu 12:28-29 présente Jésus plus fort que Satan (Jean 12:31 ; Jean 16:11). Jésus est venu sur terre pour libérer les captif et le chapitre 12 de l’Évangile de Matthieu invite à chasser l’esprit religieux en nous, et à laisser toute la place à Jésus. L’homme fort de cette parabole, Satan, est celui que les Écritures appellent le prince de ce monde.

Jean 12:31

31 Maintenant a lieu le jugement de ce monde; maintenant le prince de ce monde sera jeté dehors.

Quand il est question d’esprits démoniaques, un des mots pour les désigner est domination. Celui-ci est utilisé à plusieurs reprises :

En : 1 Corinthiens 15:24 ; Éphésiens 1:21 ; 3:10 ; 6:12 ; Colossiens 1:16 ; 2:10 ; 2:15

1 Corinthiens 15:24

Ensuite viendra la fin, quand il remettra le royaume à celui qui est Dieu et Père, après avoir détruit toute domination, toute autorité et toute puissance.

En Éphésiens 1: 16-21, Paul déclare que Jésus est au-dessus de toute domination, de toute autorité.

Éphésiens 1:21

21 au-dessus de toute domination, de toute autorité, de toute puissance, de toute dignité, et de tout nom qui se peut nommer, non seulement dans le siècle présent, mais encore dans le siècle à venir.

La parabole de Matthieu 12:28-29

L’établissement du royaume de Dieu

Le chapitre 12 de Matthieu présente deux paraboles très courtes qui traitent de deux sujets proches mais distincts. Celles-ci constituent en quelque sorte l’introduction du chapitre 13 qui comprend huit paraboles en relation avec le royaume des cieux. Il faut bien faire la distinction entre ces deux paraboles de Matthieu 12 parce qu’elles présentent deux personnages distincts. Dans cette parabole de l’homme fort, il est question de Jésus qui vient délivrer le monde du joug de Satan, appelé ici l’homme fort, alors que la parabole de Matthieu 12:43-45 parle de la responsabilité de l’homme après la délivrance.

1 – L’enseignement

Matthieu 12:28-29

28 Mais, si c’est par l’Esprit de Dieu que je chasse les démons, le royaume de Dieu est donc venu vers vous.

29 Ou, comment quelqu’un peut-il entrer dans la maison d’un homme fort et piller ses biens, sans avoir auparavant lié cet homme fort? Alors seulement il pillera sa maison.

Jésus ne dit pas qu’il s’agit d’une parabole. Il n’a pas prémédité ce qu’il dit comme un enseignement, mais il profite de l’occasion de la fausse accusation des pharisiens pour donner un enseignement.

2-   A qui s’adresse Jésus ?

A des pharisiens jaloux qui contestent l’autorité de Jésus (par quelle autorité Jésus chasse les démons ?)

Il réplique à leur fausse accusation car :

  1. Versets 23-24 – l’accusation a pour but de cacher la réalité, les pharisiens refusant de reconnaître la messianité de Jésus.
  2. Verset 25 – l’accusation est illogique : tout royaume divisé est dévasté
  3. Versets 31-32 – l’accusation est impardonnable : c’est le péché contre le Saint-Esprit que d’attribuer à Satan l’œuvre du Saint-Esprit.
  4. Cette accusation révèle la vraie nature des accusateurs que l’orgueil religieux pousse à la jalousie et à la méchanceté.

3-  Le contexte : Matthieu 12:22-30

Le contexte débute lorsqu’un démoniaque est amené à Jésus pour le délivrer.

22 Alors on lui amena un démoniaque aveugle et muet, et il le guérit, de sorte que le muet parlait et voyait.

23 Toute la foule étonnée disait: N’est-ce point là le Fils de David?

24 Les pharisiens, ayant entendu cela, dirent: Cet homme ne chasse les démons que par Béelzébul, prince des démons.

25 Comme Jésus connaissait leurs pensées, il leur dit: Tout royaume divisé contre lui-même est dévasté, et toute ville ou maison divisée contre elle-même ne peut subsister.

26 Si Satan chasse Satan, il est divisé contre lui-même; comment donc son royaume subsistera-t-il?

27 Et si moi, je chasse les démons par Béelzébul, vos fils, par qui les chassent-ils? C’est pourquoi ils seront eux-mêmes vos juges.

28 Mais, si c’est par l’Esprit de Dieu que je chasse les démons, le royaume de Dieu est donc venu vers vous.

29 Ou, comment quelqu’un peut-il entrer dans la maison d’un homme fort et piller ses biens, sans avoir auparavant lié cet homme fort? Alors seulement il pillera sa maison.

30 Celui qui n’est pas avec moi est contre moi, et celui qui n’assemble pas avec moi disperse.

31 C’est pourquoi je vous dis: Tout péché et tout blasphème sera pardonné aux hommes, mais le blasphème contre l’Esprit ne sera point pardonné.

32 Quiconque parlera contre le Fils de l’homme, il lui sera pardonné; mais quiconque parlera contre le Saint Esprit, il ne lui sera pardonné ni dans ce siècle ni dans le siècle à venir.

A la suite de la guérison par Jésus du démoniaque aveugle et muet, l’opposition des pharisiens et des religieux se manifeste en raison de la réflexion de la foule : ‘’N’est-ce point là le Fils de David ?’’

L’expression ‘’Fils de David’’ était synonyme de messie. La foule s’interroge sur la signification de ce qu’elle a vu car les juifs qui attendaient le messie, avaient reconnu les signes messianiques donnés par le prophète Ésaïe :

Ésaïe 35:4-6

Dites à ceux qui ont le cœur troublé: Prenez courage, ne craignez point; Voici votre Dieu, la vengeance viendra, La rétribution de Dieu; Il viendra lui-même, et vous sauvera.

Alors s’ouvriront les yeux des aveugles, S’ouvriront les oreilles des sourds;

Alors le boiteux sautera comme un cerf, Et la langue du muet éclatera de joie. Car des eaux jailliront dans le désert, Et des ruisseaux dans la solitude;

4-  Explication de la parabole

Il est question ici de deux hommes, d’une part l’homme fort, image de Satan, esprit démoniaque et l’homme plus fort, Jésus animé de l’Esprit de Dieu (v.28)

En entendant la foule dire que Jésus serait le messie (Le Fils de David), les pharisiens jaloux en deviennent aveugles intellectuellement et spirituellement. Jésus répond à l’accusation des religieux pour montrer toute l’incohérence de leurs paroles :

Matthieu 12:25

«… Tout royaume divisé contre lui-même est dévasté, et toute ville ou maison divisée contre elle-même ne peut subsister. »

Un royaume divisé ne peut perdurer. Si Satan chasse Satan, alors son royaume est condamné à la disparition.

Puis, Il retourne ensuite l’accusation contre eux :

Matthieu 12:27

« Et si moi, je chasse les démons par Béelzébul, vos fils, par qui les chassent-ils ? …»

Si les religieux acceptent que d’autres pratiquent des délivrances sans les accuser d’agir par Satan, pourquoi Jésus serait-il le seul qu’ils accusent d’agir ainsi ?

Puis il les met face à une possibilité décisive : Le royaume de Dieu est là !

Matthieu 12:28

28 Mais, si c’est par l’Esprit de Dieu que je chasse les démons, le royaume de Dieu est donc venu vers vous.

Ce verset est la clé de la parabole de l’homme fort. Jésus affirme que sa puissance vient de l’Esprit de Dieu ce qui est donc un signe que le Royaume de Dieu est déjà à l’œuvre sur terre. C’est la réalisation de la prophétie de Jean Baptiste :

Matthieu 3:2

Il disait: Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche.

Ce verset 28 de cette parabole donne l’explication spirituelle du verset 29. Sans lui, le verset 29 est banal et ne justifie par lui-même aucun commentaire. Seul un homme plus fort peut maitriser et lier un homme fort. C’est une évidence !

Le message principal :

En la personne de Jésus, le royaume de Dieu est venu sur terre. C’est l’annonce de la victoire du Royaume de Dieu sur le royaume de Satan. C’est une réponse à la prière de Matthieu 6.

Matthieu 6:10

10 que ton règne vienne; que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.

Dans le verset 29 que représente la maison ? C’est le monde sur lequel Satan exerce sa domination.

Matthieu 12:29

29 Ou, comment quelqu’un peut-il entrer dans la maison d’un homme fort et piller ses biens, sans avoir auparavant lié cet homme fort? Alors seulement il pillera sa maison.

Le diable, l’ennemi de nos âmes est cet homme fort qui exerce sa domination. Il agit en troublant le cœur des hommes pour qu’ils ne croient pas à la parole du salut, et pour les maintenir captifs.

Les versets 28 et 29 de Matthieu 12 sont la réalisation de la parole de Jésus en:

Luc 4:18-19

18 L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres; Il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé,

19 Pour proclamer aux captifs la délivrance, et aux aveugles le recouvrement de la vue, pour renvoyer libres les opprimés, pour publier une année de grâce du Seigneur

Ces versets de Luc 4 sont la citation de la prophétie d’Ésaïe 61.

C’est parce que l’Esprit du Seigneur est sur Jésus qu’il peut libérer les captifs !

Un épisode cité en Luc 13 montre la réalité de cette parabole de l’homme fort.

Luc 13:11, 16

11 Et voici, il y avait là une femme possédée d’un esprit qui la rendait infirme depuis dix-huit ans; elle était courbée, et ne pouvait pas du tout se redresser.

16 Et cette femme, qui est une fille d’Abraham, et que Satan tenait liée depuis dix-huit ans, ne fallait-il pas la délivrer de cette chaîne le jour du sabbat?

Ceci nous est confirmé en Colossiens 2:15 où il est dit en que Jésus a vaincu et dépouillé les dominations démoniaques.

Colossiens 2:1

15 il a dépouillé les dominations et les autorités, et les a livrées publiquement en spectacle, en triomphant d’elles par la croix.

Ce qui avait été annoncé par Jésus en:

Jean 12:31-32

31 Maintenant a lieu le jugement de ce monde ; maintenant le prince de ce monde sera jeté dehors.

32 Et moi, quand j’aurai été élevé de la terre, j’attirerai tous les hommes à moi.

La conséquence de tout le passage est donnée en Matthieu 12:31-32

Attribuer à Satan, l’œuvre du Saint-Esprit, constitue un blasphème. C’est faire insulte à Dieu, et à l’Esprit Saint. C’est ce grave péché que les pharisiens commettent par leur accusation.

En agissant ainsi, l’homme montre son hostilité envers Dieu en considérant son acte de bonté, de bienveillance comme émanant de Satan qui est parfaitement incapable d’agir avec amour et bonté.

La concrétisation définitive du verset 29 de ce chapitre 12 de Matthieu, aura lieu à la fin des temps, pour un temps comme il est écrit en:

 Apocalypse 20:2-3

2  Il saisit le dragon, le serpent ancien, qui est le diable et Satan, et il le lia pour mille ans.

Il le jeta dans l’abîme, ferma et scella l’entrée au-dessus de lui, afin qu’il ne séduisît plus les nations, jusqu’à ce que les mille ans soient accomplis. Après cela, il faut qu’il soit délié pour un peu de temps.

Puis, elle sera totale et définitive en

Apocalypse 20:10

10 Et le diable, qui les séduisait, fut jeté dans l’étang de feu et de soufre, où sont la bête et le faux prophète. Et ils seront tourmentés jour et nuit, aux siècles des siècles. 

5- La leçon pour nous à retenir et son application personnelle

Le monde est sous la domination de Satan, mais avec la venue de Jésus, le royaume de Dieu est venu sur terre. C’est une réalité, même si le monde reste sous l’influence de Satan qui manipule la chair par la convoitise des yeux, la convoitise de la chair et l’orgueil de la vie.

1 Jean 2:16

16 car tout ce qui est dans le monde, la convoitise de la chair, la convoitise des yeux, et l’orgueil de la vie, ne vient point du Père, mais vient du monde.

Après avoir reconnu vrai ce constat, pour s’approprier et garder la victoire de Jésus, il faut garder en mémoire :

1 Jean 4:4

Vous, petits-enfants, vous êtes de Dieu, et vous les avez vaincus, parce que celui qui est en vous est plus grand que celui qui est dans le monde.

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Matthieu chapitre 4 : Début du ministère, les premiers disciples

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Matthieu chapitre 4 met en lumière des étapes cruciales du ministère de Jésus-Christ. Ce chapitre traite de la tentation de Jésus, du début de son ministère à Capernaüm, de l’appel de ses premiers disciples, et de ses enseignements en Galilée. Cette étude biblique approfondit chaque section tout en soulignant les applications personnelles pour le croyant d’aujourd’hui.

Étude biblique suivante : Matthieu chapitre 5

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1 – La tentation de Jésus-Christ Matthieu chapitre 4 :1-11

Matthieu 4:1-11

1 Alors Jésus fut emmené par l’Esprit dans le désert, pour être tenté par le diable.

Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim.

Le tentateur, s’étant approché, lui dit: Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains.

Jésus répondit: Il est écrit: L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.

Le diable le transporta dans la ville sainte, le plaça sur le haut du temple,

et lui dit: Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas; car il est écrit: Il donnera des ordres à ses anges à ton sujet; Et ils te porteront sur les mains, De peur que ton pied ne heurte contre une pierre.

Jésus lui dit: Il est aussi écrit: Tu ne tenteras point le Seigneur, ton Dieu.

Le diable le transporta encore sur une montagne très élevée, lui montra tous les royaumes du monde et leur gloire,

et lui dit: Je te donnerai toutes ces choses, si tu te prosternes et m’adores.

10 Jésus lui dit: Retire-toi, Satan! Car il est écrit: Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul.

11 Alors le diable le laissa. Et voici, des anges vinrent auprès de Jésus, et le servaient.

Jésus est conduit par l’Esprit dans le désert pour y être mis à l’épreuve. Cette tentation n’est pas pour l’éprouver, mais elle est une étape dans sa préparation spirituelle, comme le souligne:

Hébreux 5:8

(Jésus) a appris, bien qu’il fût Fils, l’obéissance par les choses qu’il a souffertes,

La durée de quarante jours rappelle la période vécue par Moïse au mont Sinaï (Exode 34:28), renforçant ainsi l’idée que Jésus est le prophète annoncé en :

Deutéronome 18:15

15 L’Éternel, ton Dieu, te suscitera du milieu de toi, d’entre tes frères, un prophète comme moi: vous l’écouterez!

Le tentateur se manifeste après cette longue période de jeûne, au moment où Jésus se trouve dans un grand état de faiblesse physique. Il en est également ainsi pour nous, dans des moments de vulnérabilité.

Luc 4:13

13 Après l’avoir tenté de toutes ces manières, le diable s’éloigna de lui jusqu’à un moment favorable.

Ceci nous appelle à une vigilance constante :

Éphésiens 6:13

13 C’est pourquoi, prenez toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir résister dans le mauvais jour, et tenir ferme après avoir tout surmonté.

Au moment du baptême, Jésus est déclaré fils de Dieu. Au désert, Satan va lui tendre un piège en lui disant en substance de le prouver.

Les trois tentations et la Parole comme réponse

À deux reprises, Satan dit à Jésus : « Si tu es le Fils de Dieu… ». Par cette expression, il va tenter de semer le doute chez Jésus, juste après que celui-ci ait été proclamé Fils bien-aimé lors de son baptême (Matthieu 3:17). Le piège est clair : « prouve-le ! ». Cependant, Jésus refuse de se justifier.

À chaque tentation, Jésus répond par la Parole de Dieu, tirée du Deutéronome :

1 – Convoitise de la chair – Transforme ces pierres en pain

Deutéronome 8:3

Il t’a humilié, il t’a fait souffrir de la faim, et il t’a nourri de la manne, que tu ne connaissais pas et que n’avaient pas connue tes pères, afin de t’apprendre que l’homme ne vit pas de pain seulement, mais que l’homme vit de tout ce qui sort de la bouche de l’Éternel.

Jésus fait ici référence à la manne, le pain venant du ciel que Dieu a donné dans le désert.

2 – Orgueil de la vie – Jette-toi du haut du temple

Deutéronome 6:16

16 Vous ne tenterez point l’Éternel, votre Dieu, comme vous l’avez tenté à Massa.

Satan cite le Psaume 91:11-12,

Psaumes 91:11-13

11 Car il ordonnera à ses anges De te garder dans toutes tes voies;

12 Ils te porteront sur les mains, De peur que ton pied ne heurte contre une pierre.

13 Tu marcheras sur le lion et sur l’aspic, Tu fouleras le lionceau et le dragon.

Cependant, il se garde bien, et ce volontairement de citer le verset 13, qui parle de la domination sur le lion et le dragon — symboles du mal. Le diable connaît parfaitement les Écritures, mais il les détournent ou les tronquent à son avantage.

3 – Convoitise des yeux – Je te donnerai tous les royaumes du monde

Deutéronome 6:13

Tu craindras l’Éternel, ton Dieu, tu le serviras, et tu jureras par son nom.

Ces trois tentations correspondent aux trois domaines mentionnés en :

1 Jean 2:16

16 car tout ce qui est dans le monde, la convoitise de la chair, la convoitise des yeux, et l’orgueil de la vie, ne vient point du Père, mais vient du monde.

Jésus et le sommet du temple : un faux Messie ?

Pourquoi le diable place-t-il Jésus au sommet du Temple ? Parce que, selon Malachie 3:1, le Messie devait apparaître subitement dans le Temple. Satan tente ainsi d’amener Jésus à forcer sa reconnaissance publique. Cependant, ce dernier refuse la voie du spectaculaire.

Malachie 3:1

1 Voici, j’enverrai mon messager ; Il préparera le chemin devant moi. Et soudain entrera dans son temple le Seigneur que vous cherchez ; Et le messager de l’alliance que vous désirez, voici, il vient, Dit l’Éternel des armées.

Jésus, Fils de Dieu, mais aussi Serviteur

Face à la provocation du diable, Jésus ne cherche pas à prouver son identité. Il sait que Dieu seul justifie, comme le rappelle:

Romains 8:33

33 Qui accusera les élus de Dieu? C’est Dieu qui justifie!

Enfin, notons que le diable (le tentateur) et Satan (l’accusateur) désignent deux aspects de l’adversaire, l’un cherchant à nous faire tomber, l’autre cherchant à nous condamner.

Matthieu 4:11 – la diable le laissa

11 Alors le diable le laissa. Et voici, des anges vinrent auprès de Jésus, et le servaient.

Le comportement de Jésus illustre parfaitement le verset de :

Jacques 4:7

Soumettez-vous donc à Dieu ; résistez au diable, et il fuira loin de vous.

Face à la tentation de transformer des pierres en pain, Jésus refuse d’agir de manière égoïste. Il choisit plutôt de faire confiance à Dieu le Père pour pourvoir à ses besoins. Cela souligne le principe fondamental que la victoire sur la tentation ne vient pas de nos propres forces, mais d’une soumission totale à Dieu et d’une fidélité à sa Parole.

Enseignement : Un croyant doit résister à la tentation en s’appuyant sur les Écritures et en se soumettant à la volonté divine.

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2 – Jésus-Christ commence son ministère en Galilée Matthieu chapitre 4 :12-17

Matthieu 4:12-17

12 Jésus, ayant appris que Jean avait été livré, se retira dans la Galilée.

13 Il quitta Nazareth, et vint demeurer à Capernaüm, située près de la mer, dans le territoire de Zabulon et de Nephthali,

14 afin que s’accomplît ce qui avait été annoncé par Ésaïe, le prophète:

15 Le peuple de Zabulon et de Nephthali, De la contrée voisine de la mer, du pays au delà du Jourdain, Et de la Galilée des Gentils,

16 Ce peuple, assis dans les ténèbres, A vu une grande lumière; Et sur ceux qui étaient assis dans la région et l’ombre de la mort La lumière s’est levée.

17 Dès ce moment Jésus commença à prêcher, et à dire: Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche.

Matthieu 14:3-5

Car Hérode, qui avait fait arrêter Jean, l’avait lié et mis en prison, à cause d’Hérodias, femme de Philippe, son frère,

parce que Jean lui disait : Il ne t’est pas permis de l’avoir pour femme.

Il voulait le faire mourir, mais il craignait la foule, parce qu’elle regardait Jean comme un prophète.

À la suite de cette arrestation, Jésus quitte la Judée sous l’autorité d’Hérode pour s’installer en Galilée, à Capernaüm. Le nom de cette ville signifie « village de Nahum ».

Le fait que Jésus commence son ministère en Galilée, suscite des controverses.

Jean 7:41

41 D’autres disaient: C’est le Christ. Et d’autres disaient: Est-ce bien de la Galilée que doit venir le Christ?

Beaucoup s’attendaient à ce que le Messie exerce son ministère à Jérusalem, la ville du Grand Roi, comme évoqué en Matthieu 5:35.

Psaumes 48:3

3 Belle est la colline, joie de toute la terre, la montagne de Sion; Le côté septentrional, c’est la ville du grand roi.

En Matthieu 4:17, l’expression « Dès ce moment » marque un tournant :

17 Dès ce moment Jésus commença à prêcher, et à dire: Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche.

Jésus reprend ici le message de Jean-Baptiste en ce qui concerne la repentance. La repentance est au cœur de l’évangile. Elle ne consiste pas simplement en un regret, mais en un changement profond, produit par une tristesse sincère :

 2 Corinthiens 7:10

10 En effet, la tristesse selon Dieu produit une repentance à salut dont on ne se repent jamais, tandis que la tristesse du monde produit la mort.

Par contraste, la fausse repentance de Judas ou d’Ésaü n’a pas conduit à un réel changement.

L’expression grecque « tote » (dès lors, alors, dès ce moment) apparaît à plusieurs moments charnières de l’évangile selon Matthieu. (la révélation de la divinité de Jésus.)

  • Matthieu 4:17 : Après la déclaration de Dieu lors du baptême — « Celui-ci est mon Fils bien-aimé. »
  • Matthieu 16:21 : Après la confession de Pierre — « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. »
  • Matthieu 26:16 : Après l’onction de Jésus avec un parfum de grand prix, symbolisant sa mort.

Enseignement : L’appel à la repentance reste un message central de la foi chrétienne. Il nous rappelle l’importance de reconnaître nos fautes, de nous détourner du mal et de nous tourner sincèrement vers Dieu.

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3 – Jésus appelle ses premiers disciples – Matthieu chapitre 4 :18-22

Matthieu 4:18-22

18 Comme il marchait le long de la mer de Galilée, il vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et André, son frère, qui jetaient un filet dans la mer; car ils étaient pêcheurs.

19 Il leur dit: Suivez-moi, et je vous ferai pêcheurs d’hommes.

20 Aussitôt, ils laissèrent les filets, et le suivirent.

21 De là étant allé plus loin, il vit deux autres frères, Jacques, fils de Zébédée, et Jean, son frère, qui étaient dans une barque avec Zébédée, leur père, et qui réparaient leurs filets.

22 Il les appela, et aussitôt ils laissèrent la barque et leur père, et le suivirent.

Il n’est pas ici précisé si Jésus avait déjà rencontré ces hommes auparavant. Cependant l’apôtre Jean nous informe qu’André et Jean étaient disciples de Jean Baptiste avant de suivre Jésus

Jean 1:35-37

35 Le lendemain, Jean était encore là, avec deux de ses disciples;

36 et, ayant regardé Jésus qui passait, il dit: Voilà l’Agneau de Dieu.

37 Les deux disciples l’entendirent prononcer ces paroles, et ils suivirent Jésus.

En Matthieu 4:18, il est question d’un filet jeté, probablement un filet en forme d’épervier, lancé depuis un bateau. Les filets mentionnés aux versets 20 et 21 désignent plutôt de longs filets traînés entre deux barques, utilisés pour la pêche en eau profonde.

Jésus utilise un jeu de mots lié à leur profession :

« Suivez-moi, et je vous ferai pêcheurs d’hommes. »

Il ne change pas seulement leur activité, mais leur vocation. Il les appelle à un nouveau type de mission : ramener les âmes à Dieu.

Matthieu 4:20

20 Aussitôt, ils laissèrent les filets, et le suivirent.

Ce verset met en contraste la réponse immédiate de ces premiers disciples avec celle des aspirants disciples de Luc 9-57 à 62, qui voulaient retarder leur engagement.

Enseignement : Le véritable disciple répond sans hésitation à l’appel du Seigneur, prêt à tout abandonner pour accomplir la volonté de Dieu.

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4 – Le ministère de Jésus-Christ en Galilée – Matthieu chapitre 4 : 23-25

Matthieu 4:23-25

23 Jésus parcourait toute la Galilée, enseignant dans les synagogues, prêchant la bonne nouvelle du royaume, et guérissant toute maladie et toute infirmité parmi le peuple.

24 Sa renommée se répandit dans toute la Syrie, et on lui amenait tous ceux qui souffraient de maladies et de douleurs de divers genres, des démoniaques, des lunatiques, des paralytiques; et il les guérissait.

25 Une grande foule le suivit, de la Galilée, de la Décapole, de Jérusalem, de la Judée, et d’au delà du Jourdain.

Le ministère de Jésus s’articule autour de trois dimensions fondamentales :

  1. L’enseignement (dans les synagogues)
  2. La prédication (de la bonne nouvelle du royaume)
  3. La guérison (des maladies et infirmités)

Ces guérisons venaient confirmer la Parole annoncée. Pourtant, les foules se focalisaient davantage sur les miracles que sur le message. Comme il est dit en:

1 Samuel 16:7 :

Et l’Éternel dit à Samuel: Ne prends point garde à son apparence et à la hauteur de sa taille, car je l’ai rejeté. L’Éternel ne considère pas ce que l’homme considère; l’homme regarde à ce qui frappe les yeux, mais l’Éternel regarde au cœur.

« L’homme regarde à ce qui frappe les yeux. »

Les chefs religieux, quant à eux, deviennent jaloux de la popularité croissante de Jésus, craignant de perdre leur influence sur le peuple (cf. Jean 12).

Enseignement : Le ministère de Jésus montre que l’annonce du royaume de Dieu va de pair avec la guérison, aussi bien spirituelle que physique. Le royaume n’est pas qu’un discours : il se manifeste dans la vie, dans la restauration, et dans la puissance.

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5 – Leçon à retenir et application personnelle de Matthieu 4 :

Matthieu 4 enseigne que la vie chrétienne implique des épreuves, un appel clair à suivre Jésus, et un engagement actif dans son œuvre.
Jésus a résisté à la tentation en s’appuyant sur la Parole de Dieu. Nous sommes donc appelés, nous aussi, à connaître, à méditer et à utiliser les Écritures pour tenir ferme face aux tentations.
Il a appelé ses disciples à le suivre sans délai . Cela nous invite à répondre à son appel avec obéissance et foi, sans excuses ni demi-mesure.
Enfin, son ministère allie annonce du royaume et guérison . Cela nous rappelle que notre témoignage doit toucher l’esprit, l’âme et le corps, en paroles comme en actes.

Application personnelle :

Suis-je prêt(e) à faire confiance à Dieu dans les moments d’épreuve ?
Ma réponse à l’appel de Jésus est-elle immédiate et sincère ?
Est-ce que je vis ma foi de manière active, en annonçant l’Évangile et en servant les autres avec compassion ?

Comment la parabole du serviteur inutile nous instruit

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La Parabole du serviteur inutile pousse à repenser notre attitude de service envers Dieu. Elle déconstruit toute prétention religieuse et exalte l’humilité. En mettant en lumière notre rôle de simples serviteurs, cette parabole appelle à obéir sans attendre de récompense. Elle s’inscrit dans une logique de foi active et de soumission volontaire.

La parabole de Luc 17:7-10

1 – L’enseignement

Luc 17:7-10

Qui de vous, ayant un serviteur qui laboure ou paît les troupeaux, lui dira, quand il revient des champs: Approche vite, et mets-toi à table?

Ne lui dira-t-il pas au contraire: Prépare-moi à souper, ceins-toi, et sers-moi, jusqu’à ce que j’aie mangé et bu; après cela, toi, tu mangeras et boiras?

Doit-il de la reconnaissance à ce serviteur parce qu’il a fait ce qui lui était ordonné?

10 Vous de même, quand vous avez fait tout ce qui vous a été ordonné, dites: Nous sommes des serviteurs inutiles, nous avons fait ce que nous devions faire.

En Luc 17:7-10, Jésus expose une vérité déroutante qui est, que l’obéissance à Dieu ne mérite aucune gloire personnelle. Il compare le disciple à un serviteur qui, après une journée de labeur, sert encore son maître sans réclamer d’honneur. Cette parabole remet en cause notre perception du mérite spirituel. Jésus enseigne que servir Dieu est un devoir et non un exploit.

L’accent ne porte pas sur le rendement du serviteur, mais sur son attitude. L’obéissance sans attente de quoique ce soit, reflète une foi sincère. Le croyant n’agit pas pour gagner des faveurs, mais pour honorer Dieu. Cette mentalité libère de la quête de reconnaissance et recentre notre vie spirituelle sur la fidélité. Paul appuie cette idée :

Galates 1:10

10 Et maintenant, est-ce la faveur des hommes que je désire, ou celle de Dieu? Est-ce que je cherche à plaire aux hommes? Si je plaisais encore aux hommes, je ne serais pas serviteur de Christ.

2-   A qui s’adresse Jésus ?

Même si d’autres personnes que les disciples entendaient ses paroles (par exemple, des pharisiens – cf. Luc 16:1,14 ; 17:20), Jésus s’adresse ici principalement à ses disciples (Luc 17:1,5). Le sérieux de son avertissement concerne aussi les non-croyants, mais le cœur de son message vise les disciples, les chrétiens, et en particulier ceux engagés dans un ministère.

Matthieu 13:41

41 Le Fils de l’homme enverra ses anges, qui arracheront de son royaume tous les scandales et ceux qui commettent l’iniquité:

Cela montre que le Royaume de Dieu sur terre n’est pas exempt de scandales, et ce même parmi ceux qui s’en réclament.

En Luc 17, Jésus parle à ses disciples. Ces paroles suivent un appel au pardon constant (Luc 17:3-4). Conscients de la difficulté d’un tel engagement, les apôtres demandent à Jésus d’augmenter leur foi. En réponse, Jésus leur propose une parabole : celle du serviteur inutile (Luc 17:7-10).

Cette parabole souligne une vérité essentielle, c’est que la foi ne donne pas des droits ou des mérites particuliers. Au contraire, elle renforce l’humilité. Elle rappelle que le service pour Dieu n’élève pas le croyant au-dessus des autres, mais qu’il reste un serviteur, accomplissant simplement ce qu’il doit faire.

Ainsi, cette parabole ne s’adresse pas aux foules ni aux pharisiens, mais aux croyants sincères. Elle vient corriger une tentation subtile qui est de croire que l’obéissance donne des privilèges. Jésus appelle ses disciples à vivre dans une conscience constante de leur statut de serviteurs inutiles au sens où leur fidélité ne mérite pas de récompense particulière, mais reflète simplement leur devoir.

3-  Le contexte :

Cette parabole se situe dans le chapitre 17 de l’Évangile de Luc, plus précisément dans une section allant des versets 1 à 6 et poursuivant jusqu’aux versets 11 à 19. Le passage traite principalement des relations entre disciples. Il aborde les sujets du scandale, du pardon et de la foi.

Dans ce contexte, Jésus élève le niveau d’exigence spirituelle. Il montre que même une foi vivante, capable de grandes choses, ne modifie pas la nature fondamentale de notre position devant Dieu, c’est à dire que nous restons des serviteurs.

À l’époque, il n’était pas habituel pour un maître de remercier ses serviteurs pour l’accomplissement de leur devoir quotidien. Jésus se sert de cette réalité sociale pour frapper les esprits. Il n’approuve pas l’injustice des rapports maîtres-serviteurs, mais il s’appuie sur un cadre culturel bien connu de ses auditeurs pour illustrer son enseignement spirituel.

Cette parabole s’inscrit dans une continuité logique avec d’autres enseignements de Jésus sur l’humilité, notamment en Luc 14:7-11 (l’invité prétentieux), où il exhorte à ne pas rechercher les premières places. Le message est clair : le Royaume de Dieu appartient aux humbles. Servir Dieu, même avec zèle et fidélité, ne nous place pas en position de réclamer une récompense. C’est dans l’humilité et la reconnaissance de notre dépendance que réside la véritable grandeur spirituelle.

4-  Explication de la parabole

Dans cette parabole, le maître représente Dieu, et le serviteur symbolise le croyant. Travailler aux champs ou préparer le repas évoque les différentes formes de service chrétien. Qu’il s’agisse d’un engagement visible ou plus discret, tout service appartient à Dieu. Le fait que le maître ne remercie pas son serviteur illustre une vérité importante, c’est que Dieu ne nous doit rien, même lorsque nous Lui obéissons fidèlement. Notre obéissance n’est pas un mérite, mais simplement notre devoir.

Lorsque Jésus déclare : « Nous sommes des serviteurs inutiles » (Luc 17:10), il ne nie pas la valeur du croyant aux yeux de Dieu. Il souligne plutôt que notre service n’ajoute rien à Dieu, qui est parfait en Lui-même. Cette déclaration vient renverser la logique humaine selon laquelle le mérite appelle automatiquement une récompense. Dans le Royaume, tout est grâce.

le mot inutile

Le mot grec achréios, traduit ici par « inutile », ne signifie pas « sans valeur » ou « bon à rien », mais plutôt « non indispensable ». Dieu n’a pas besoin de nous, mais Il choisit de nous utiliser par amour et par grâce. Le même terme achréios est utilisé dans la parabole des talents (Matthieu 25), mais dans un contexte différent. En Matthieu 25, le « serviteur inutile » est celui qui n’a pas accompli la volonté de son maître et a été rejeté. En Luc 17, au contraire, le serviteur a accompli son devoir — et c’est précisément ce que Jésus veut souligner : avoir fait ce qui était attendu ne donne pas lieu à une récompense spéciale. C’est simplement normal.

Nous servons Dieu, non dans l’attente d’une récompense, mais dans la reconnaissance de sa grâce. Tout est don. Dieu nous fait grâce, et nous servons par grâce, par gratitude.

Dans le Sermon sur la montagne (Matthieu 5:23-48), Jésus distingue l’ordinaire de l’extraordinaire. L’ordinaire correspond au minimum que Dieu attend de ses disciples. L’extraordinaire, c’est quand nous allons au-delà, animés par l’amour. Par exemple :

Matthieu 5:40-41

40 Si quelqu’un veut plaider contre toi, et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau.

41 Si quelqu’un te force à faire un mille, fais-en deux avec lui.

Ces paroles illustrent une obéissance qui dépasse le devoir, une réponse pleine de grâce, à l’image du Christ.

5- La leçon pour nous à retenir et son application personnelles

L’enseignement principal de cette parabole est clair : servir Dieu ne donne aucun droit particulier. Le croyant fidèle ne cherche pas les honneurs. Il ne sert ni pour la reconnaissance ni pour une récompense, mais par amour et par reconnaissance pour la grâce reçue. Ce principe nous pousse à cultiver l’humilité, l’obéissance et la persévérance. L’orgueil spirituel n’a pas sa place dans le Royaume de Dieu.

Appliquer cette leçon dans notre vie quotidienne, c’est continuer à servir même lorsque personne ne le voit ou ne le reconnaît. C’est pardonner sans limite, aider sans être applaudi, enseigner ou prier sans chercher de retour. C’est aussi se souvenir que tout ce que nous avons et faisons vient de Dieu.

L’apôtre Paul le résume magnifiquement en:

1 Corinthiens 4:7 :

« Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? Et si tu l’as reçu, pourquoi te glorifies-tu comme si tu ne l’avais pas reçu ? »

Quel type de serviteur sommes-nous ?

Voici quelques figures bibliques de serviteurs à méditer :

  • Un serviteur indigne ou fidèle ? (Matthieu 25) – Celui qui enterre le talent ou celui qui le fait fructifier ?
  • Un serviteur ordinaire ou extraordinaire ? (Matthieu 5:23-48) – Celui qui fait le strict minimum ou celui qui dépasse les attentes ?
  • Un serviteur reconnaissant ? (Luc 17:11-19) – Comme le lépreux guéri qui revient pour remercier Jésus.
  • Un serviteur humble ? (Luc 12:35-37 ; Luc 22:27) – Celui qui veille et sert, même en l’absence du maître.
  • Un serviteur sincère ? (Colossiens 3:22-24) – Qui sert non pour plaire aux hommes, mais avec droiture de cœur, comme pour le Seigneur.

Jésus lui-même, nous a montré l’exemple suprême du serviteur. Il s’est abaissé, il a lavé les pieds de ses disciples, il a donné sa vie. Il est allé bien au-delà de ce qui était attendu, et il nous dit : « Faites de même » (Jean 13:14-15).

Jean 13:15

15 car je vous ai donné un exemple, afin que vous fassiez comme je vous ai fait.

Jésus-Christ confie à chaque croyant des tâches et des responsabilités. Il attend de nous fidélité, zèle, joie et amour dans le service, non pas pour être récompensés, mais pour glorifier Celui qui nous a tout donné.

Paul nous offre également un modèle à suivre :

1 Corinthiens 9:22

22 J’ai été faible avec les faibles, afin de gagner les faibles. Je me suis fait tout à tous, afin d’en sauver de toute manière quelques-uns.

1 Corinthiens 10:31

31 Soit donc que vous mangiez, soit que vous buviez, soit que vous fassiez quelque autre chose, faites tout pour la gloire de Dieu.

Le vrai chrétien ne sert pas sous la contrainte, mais avec joie, poussé par l’amour pour son Maître. Il se distingue du religieux qui se comporte comme un esclave. Ce service libre et aimant témoigne de la grâce de Dieu à l’œuvre dans sa vie.

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Matthieu 5:13-16 : Parabole du sel et de la lumière

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La parabole du sel et de la lumière, enseignée par Jésus en Matthieu 5:13-16, invite chacun à vivre une foi active et visible. Elle souligne l’importance de témoigner de notre lumière dans le monde.

Parabole du sel et de la lumière : Témoigner activement

Introduction

La parabole du sel et de la lumière s’inscrit dans le sermon sur la montagne de Matthieu 5-7. Elle illustre l’impact que doivent avoir les disciples de Jésus dans le monde. Jésus les compare au sel qui conserve et donne du goût, de la saveur, et à la lumière qui éclaire les ténèbres. Ce passage souligne le rôle essentiel que le chrétien doit jouer dans la société où il se trouve. Il doit donner d’une part envie aux non croyants de devenir semblables à lui, et d’autre part éclairer leur chemin, c’est à dire les enseigner pour devenir semblables à Jésus en prenant celui-ci comme modèle.

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1 – La parabole du sel et de la lumière

Matthieu 5:13-16

13 Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel perd sa saveur, avec quoi la lui rendra-t-on? Il ne sert plus qu’à être jeté dehors, et foulé aux pieds par les hommes.

14 Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée;

15 et on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le chandelier, et elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison.

16 Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu’ils voient vos bonnes œuvres, et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux.

2 – À qui s’adresse Jésus ?

Bien que la foule entende Jésus, ses paroles ne s’adressent qu’à ses disciples. Il veut que ceux-ci comprennent leur rôle d’influence et de témoignage dans le monde. Jésus leur parle de la manifestation de leur relation avec Dieu dans la société. La parabole du sel et de la lumière les appelle à partager activement leur foi, plutôt que de la vivre en secret.

3 – Le contexte :

La parabole du sel et de la lumière dans Matthieu 5, fait partie du Sermon sur la Montagne, où Jésus expose les principes du royaume de Dieu à ses disciples. Avant cette parabole, il a présenté les Béatitudes qui décrivent une vie d’humilité, de pureté, et de miséricorde. Jésus incite ses disciples à incarner ces valeurs divines malgré le risque de persécution.

Matthieu 5:11-12

11 Heureux serez-vous, lorsqu’on vous outragera, qu’on vous persécutera et qu’on dira faussement de vous toute sorte de mal, à cause de moi.

12 Réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse, parce que votre récompense sera grande dans les cieux; car c’est ainsi qu’on a persécuté les prophètes qui ont été avant vous.

Ces versets sont une explication de Jésus concernant les raisons pour lesquelles nous serons persécutés. Cela ne doit ni nous surprendre, ni nous inquiéter car c’est attendu. Ceci est illustré par les versets suivants :

Jean 15:19

19 Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui est à lui; mais parce que vous n’êtes pas du monde, et que je vous ai choisis du milieu du monde, à cause de cela le monde vous hait.

et de Jean 17:14

14 Je leur ai donné ta parole; et le monde les a haïs, parce qu’ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde.

4 – L’explication des paraboles

a-   Le sel :

Considérons plusieurs caractéristiques du sel : sa blancheur, sa saveur et son pouvoir conservateur. Il préserve de la détérioration. En presqu’île guérandaise, en « Terre de sel », on peut aussi parler de fleur de sel. En effet, la fleur de sel se distingue par sa pureté et sa blancheur, du gros sel. Par ailleurs, la fleur de sel, grâce à sa saveur, améliore le goût des aliments. Il faut se rappeler que toute offrande doit être faite avec du sel selon :

Lévitique 2:13

13 Tu mettras du sel sur toutes tes offrandes; tu ne laisseras point ton offrande manquer de sel, signe de l’alliance de ton Dieu; sur toutes tes offrandes tu mettras du sel.

Le gros sel, ou sel gris, est utilisé pour préserver les aliments grâce à son pouvoir antiseptique et conservateur. Il empêche la décomposition et ajoute de la saveur (Lévitique 2:13 ; Colossiens 4:6). Il est dit que nous devons offrir nos corps en …

Romains 12:1

1 Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable.

Nos paroles doivent être aussi assaisonnées de sel ainsi qu’il est écrit

Colossiens 4:6

Que votre parole soit toujours accompagnée de grâce, assaisonnée de sel, afin que vous sachiez comment il faut répondre à chacun.

L’action du sel a deux fonctions pour lutter contre la corruption.

Il combat la corruption intérieure et extérieure, ambiante, préservant les aliments. Le Saint-Esprit est ce sel en nous.

Matthieu 5:13

13 Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel perd sa saveur, avec quoi la lui rendra-t-on? Il ne sert plus qu’à être jeté dehors, et foulé aux pieds par les hommes.

Si nous sommes chrétiens (sel), et que nous connaissons la corruption, nous sommes devenus inutiles pour Dieu. Si nous sommes corrompus, comment pourrions-nous combattre la corruption extérieure, ambiante ? Nos paroles ne seront plus crédibles. Selon la critique : « Il dit, mais il ne fait pas ». Nous serons foulés aux pieds par les hommes qui nous mépriseront.

Le meilleur exemple biblique à imiter est celui de Daniel et de ses trois compagnons.

Daniel 1:8

Daniel résolut de ne pas se souiller par les mets du roi et par le vin dont le roi buvait, et il pria le chef des eunuques de ne pas l’obliger à se souiller.

Mais si le chrétien est devenu comme le sel qui a perdu sa saveur …

Luc 14:34-35

34 Le sel est une bonne chose; mais si le sel perd sa saveur, avec quoi l’assaisonnera-t-on?

35 Il n’est bon ni pour la terre, ni pour le fumier; on le jette dehors. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.

Il n’est plus apte pour le service du Seigneur, il est jeté au dehors, sous-entendu dans les ténèbres du dehors.

2- La lumière :

Le fidèle chrétien est appelé à être une source de lumière dans ce monde de ténèbres. Il a la responsabilité de guider autrui vers l’illumination véritable. Examinons ce qui est indiqué :

Matthieu 5:14-16

14 Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée;

15 et on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le chandelier, et elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison.

16 Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu’ils voient vos bonnes œuvres, et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux.

Dans ces versets, il est question du monde, puis d’une ville, puis d’une maison, puis du chrétien. Il faut comprendre que la lumière doit d’abord être présente dans le chrétien (le Saint-Esprit), puis s’étendre à sa maison, son quartier, sa ville, et enfin au monde entier, comme l’a fait Jésus.

Jean 1:9

9 Cette lumière était la véritable lumière, qui, en venant dans le monde, éclaire tout homme.

Jean décrit Jésus comme la lumière, symbolisant le Saint-Esprit en nous. Nous portons cette lumière lorsque nous annonçons la Parole de Dieu. Ainsi, nous devenons des sources de lumière pour nos familles, notre voisinage et même dans nos missions à l’étranger.

Psaumes 119:105

105 Ta parole est une lampe à mes pieds, Et une lumière sur mon sentier.

Les deux actions du Saint-Esprit sont le sel et la lumière. Le sel révèle la corruption du monde et montre que ce n’est pas inéluctable, à travers notre témoignage chrétien. La lumière expose l’état du monde et guide vers Jésus, la vraie lumière.

5 – La leçon à retenir et son application personnelle

Être sel et lumière implique de vivre selon les principes de Christ et de témoigner de sa grâce. Les croyants doivent influencer leur entourage, rejeter le compromis et manifester la justice (rejeter la corruption). Cette parabole rappelle l’importance de rayonner la vérité divine au quotidien. Le chrétien est censé porter le message du salut à son entourage.

Luc 8:16-17

16 Personne, après avoir allumé une lampe, ne la couvre d’un vase, ou ne la met sous un lit; mais il la met sur un chandelier, afin que ceux qui entrent voient la lumière.

17 Car il n’est rien de caché qui ne doive être découvert, rien de secret qui ne doive être connu et mis au jour.

Ce passage exhorte les chrétiens à manifester leur foi ouvertement. Il est essentiel de ne pas cacher son identité chrétienne alors que nous vivons dans des pays sans persécution d’état.

Ces versets sont suivis d’un avertissement.

Luc 8:18

18 Prenez donc garde à la manière dont vous écoutez; car on donnera à celui qui a, mais à celui qui n’a pas on ôtera même ce qu’il croit avoir.

Voilà ce que le Seigneur attend de nous :

Éphésiens 4:29

29 Qu’il ne sorte de votre bouche aucune parole mauvaise, mais, s’il y a lieu, quelque bonne parole, qui serve à l’édification et communique une grâce à ceux qui l’entendent.

Colossiens 4:6

Que votre parole soit toujours accompagnée de grâce, assaisonnée de sel, afin que vous sachiez comment il faut répondre à chacun.

1 Timothée 4:12

12 Que personne ne méprise ta jeunesse; mais sois un modèle pour les fidèles, en parole, en conduite, en amour, en foi, en pureté.

Plus nous serons remplis du Saint-Esprit, plus cela combattra la corruption morale et spirituelle en nous et cela se répercutera sur notre entourage. Il y aura un combat contre la corruption morale et spirituelle de ceux qui nous entourent et du monde.

Voici ce que nous sommes ! ou ce que nous devrions être :

Philippiens 2:15

15 afin que vous soyez irréprochables et purs, des enfants de Dieu irrépréhensibles au milieu d’une génération perverse et corrompue, parmi laquelle vous brillez comme des flambeaux dans le monde,

Les hommes voient-ils en nous Jésus ?

Avant la résurrection, des pharisiens comme Joseph d’Arimathée et Nicodème ont caché leur foi en Jésus. Cachons-nous aussi notre foi ? Prenons-nous soin de rester intègres et d’influencer positivement les autres ?

Colossiens 3:23

23 Tout ce que vous faites, faites-le de bon cœur, comme pour le Seigneur et non pour des hommes,

Que nos œuvres amènent les hommes à glorifier Dieu. La lumière de Christ en nous doit inspirer les autres. L’objectif de cette parabole du sel et de la lumière nous est donné en :

1 Jean 1:5-7

La nouvelle que nous avons apprise de lui, et que nous vous annonçons, c’est que Dieu est lumière, et qu’il n’y a point en lui de ténèbres.

Si nous disons que nous sommes en communion avec lui, et que nous marchions dans les ténèbres, nous mentons, et nous ne pratiquons pas la vérité.

Mais si nous marchons dans la lumière, comme il est lui-même dans la lumière, nous sommes mutuellement en communion, et le sang de Jésus son Fils nous purifie de tout péché.

6 – Supplément Comprendre la parabole de la LAMPE 

Comprendre la parabole de la LAMPE : Jésus, la LUMIÈRE du monde !

La première fonction d’une lampe, que nous pouvons comparer à la lumière de la Parole de Dieu, est de nous éclairer pas à pas. Comme Abraham, qui a marché par la foi sans connaître sa destination, la lumière divine nous montre notre chemin actuel. Elle nous permet de laisser notre passé derrière nous, car en Christ, nous sommes de nouvelles créatures.

La deuxième fonction de la lampe est de ne pas révéler la destination finale. Cela rappelle que Dieu connaît notre destinée, même si nous ne la comprenons pas toujours. Joseph, par exemple, a dû endurer de nombreuses épreuves avant que la promesse de Dieu ne se réalise dans sa vie. Nos chemins peuvent être mystérieux, mais Dieu travaille toujours pour notre bien.

Enfin, la troisième fonction de la lampe est de ne montrer que deux ou trois pas devant nous. Cette réalité nous enseigne à vivre un jour à la fois, à ne pas nous inquiéter du lendemain, mais à faire confiance à Dieu pour notre avenir. Alors, que tu marches dans une période de ténèbres ou que tu cherches à comprendre le rôle de la lumière divine, sache que Jésus est là pour te guider. Il t’aime inconditionnellement, au point de donner sa vie pour toi. Chaque pas que tu fais avec Lui t’éloigne des ténèbres et te rapproche de la lumière éternelle.

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Matthieu chapitre 3 : Jean-Baptiste prépare le chemin du Seigneur

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Le chapitre 3 de Matthieu marque une étape clé. Jean-Baptiste, le précurseur, annonce la venue imminente du Messie. Il prêche la repentance et prépare les cœurs à recevoir Jésus. Ce chapitre présente également le baptême de Jésus, moment crucial où sa mission publique débute, accompagnée d’une révélation divine affirmant son identité de Fils de Dieu.

Étude biblique suivante : Matthieu chapitre 4

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1 – Le ministère de Jean-Baptiste, le précurseur

Matthieu 3:1-12

1 En ce temps-là parut Jean Baptiste, prêchant dans le désert de Judée.
Il disait: Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche.

Jean est celui qui avait été annoncé par Ésaïe, le prophète, lorsqu’il dit: C’est ici la voix de celui qui crie dans le désert: Préparez le chemin du Seigneur, Aplanissez ses sentiers.

Jean avait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins. Il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage.

Les habitants de Jérusalem, de toute la Judée et de tout le pays des environs du Jourdain, se rendaient auprès de lui;

et, confessant leurs péchés, ils se faisaient baptiser par lui dans le fleuve du Jourdain.

Mais, voyant venir à son baptême beaucoup de pharisiens et de sadducéens, il leur dit: Races de vipères, qui vous a appris à fuir la colère à venir?

Produisez donc du fruit digne de la repentance,

et ne prétendez pas dire en vous-mêmes: Nous avons Abraham pour père! Car je vous déclare que de ces pierres-ci Dieu peut susciter des enfants à Abraham.

10 Déjà la cognée est mise à la racine des arbres: tout arbre donc qui ne produit pas de bons fruits sera coupé et jeté au feu.

11 Moi, je vous baptise d’eau, pour vous amener à la repentance; mais celui qui vient après moi est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de porter ses souliers. Lui, il vous baptisera du Saint Esprit et de feu.

12 Il a son van à la main; il nettoiera son aire, et il amassera son blé dans le grenier, mais il brûlera la paille dans un feu qui ne s’éteint point.

Matthieu 3:1-4 Présentation de Jean

1 En ce temps-là parut Jean Baptiste, prêchant dans le désert de Judée.
Il disait: Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche.

Jean est celui qui avait été annoncé par Ésaïe, le prophète, lorsqu’il dit: C’est ici la voix de celui qui crie dans le désert: Préparez le chemin du Seigneur, Aplanissez ses sentiers.

Jean avait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins. Il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage.

Jean-Baptiste, bien qu’apparaissant dans le Nouveau Testament, est en réalité le dernier prophète de l’Ancien Testament. Après quatre cents ans de silence prophétique, celui-ci est envoyé pour préparer le chemin du Messie. Il fait ainsi le lien entre l’Ancienne et la Nouvelle Alliance.

Il prêche dans le désert (en hébreu Midbar), une région semi-aride où paissent les troupeaux. Ceux qui veulent entendre son message doivent faire l’effort de se déplacer, ce qui renforce le caractère intentionnel d’une démarche spirituelle.

Son message est nouveau car il ne se contente pas de dénoncer le péché comme les prophètes avant lui, mais il appelle à la repentance et annonce l’imminence du royaume des cieux. En cela, il prépare directement la venue de Jésus-Christ.

Matthieu identifie Jean comme l’accomplissement de la prophétie d’Ésaïe :

Ésaïe 40:3

Une voix crie: Préparez au désert le chemin de l’Éternel, Aplanissez dans les lieux arides Une route pour notre Dieu.

Le prophète Malachie est encore plus précis que le prophète Esaïe en :

Malachie 3:1

1 Voici, j’enverrai mon messager; Il préparera le chemin devant moi. Et soudain entrera dans son temple le Seigneur que vous cherchez; Et le messager de l’alliance que vous désirez, voici, il vient, Dit l’Éternel des armées.

Ainsi, lorsque Jean proclame :

Matthieu 3:3

3 … Préparez le chemin du Seigneur, Aplanissez ses sentiers.

Celui-ci annonce la venue d’une personne royale, le Roi lui-même, Dieu incarné.

Nous comprenons que si le royaume est proche, c’est qu’il vient en personne, puisque l’expression » aplanissez ses sentiers » est une expression utilisée pour la venue d’une personne royale.

Le message de Jean-Baptiste repose sur trois points essentiels :

  1. Repentez-vous;
  2. Le royaume des cieux est proche;
  3. Préparez le chemin du Seigneur, Aplanissez ses sentiers.

La repentance est le premier pas vers Dieu. Elle prépare le cœur à accueillir le Christ. C’est une disposition intérieure qui consiste à reconnaître son péché, s’en détourner, et se tourner vers Dieu avec foi.

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2 – Le baptême de Jean : une nouveauté spirituelle

À l’époque de Jean, les bains rituels de purification étaient connus et pratiqués, mais ils étaient auto-administrés, c’est-à-dire que les personnes descendaient elles-mêmes dans un mikvé et qu’elles s’y plongeaient elles-mêmes. En revanche, le baptême de Jean est différent. En effet, Jean baptisait personnellement ceux qui venaient à lui, et il les appelait à confesser publiquement leurs péchés.

Cela s’inscrit dans la continuité de l’appel d’Ésaïe :

Ésaïe 1:16-18

16 Lavez-vous, purifiez-vous, Ôtez de devant mes yeux la méchanceté de vos actions ; Cessez de faire le mal.

17 Apprenez à faire le bien, recherchez la justice, Protégez l’opprimé ; Faites droit à l’orphelin, Défendez la veuve.

18 Venez et plaidons ! dit l’Éternel. Si vos péchés sont comme le cramoisi, ils deviendront blancs comme la neige ; S’ils sont rouges comme la pourpre, ils deviendront comme la laine.

Ce baptême de repentance est mentionné aussi dans le livre des Actes : (13:24 ; 19:4) et préfigurait le baptême instauré par Jésus.

Actes 19:3-5

Il dit : De quel baptême avez-vous donc été baptisés ? Et ils répondirent : Du baptême de Jean.

Alors Paul dit : Jean a baptisé du baptême de repentance, disant au peuple de croire en celui qui venait après lui, c’est-à-dire, en Jésus.

Sur ces paroles, ils furent baptisés au nom du Seigneur Jésus.

Jean demandait aux personnes de confesser publiquement leurs péchés ce qui ne plaisait pas aux Pharisiens et aux sadducéens. Par cette pratique du baptême de repentance, Jean est véritablement une préfiguration de Jésus. Le manteau de poils de chameau est pour montrer son rôle de prophète.

Matthieu 3:5-6

5 Les habitants de Jérusalem, de toute la Judée et de tout le pays des environs du Jourdain, se rendaient auprès de lui;

6 et, confessant leurs péchés, ils se faisaient baptiser par lui dans le fleuve du Jourdain.

Le peuple reconnaît en Jean un véritable prophète. Sa ferveur témoigne d’un profond désir de retour à Dieu. Jean annonce le royaume des cieux, mais pour y entrer, la repentance est indispensable :

Luc 13:3

Non, je vous le dis. Mais si vous ne vous repentez, vous périrez tous également.

En hébreu, « se repentir » signifie changer de comportement, et en grec, cela signifie changer d’avis ou de pensée. Pour le chrétien, c’est un changement global : vision, valeurs, actions. Il s’agit pour lui, de ne plus vivre selon sa propre volonté, mais selon celle de Dieu.

Pour accueillir Jésus dans son cœur, il faut que le cœur soit préparé à le recevoir, et cela passe par un acte de repentance.
La repentance procède de trois actions. Il doit y avoir reconnaissance du péché, suivie d’une décision de s’en détourner, et elle doit conduire à chercher Dieu et sa justice.

Matthieu 3:7-10– Une dénonciation des hypocrites religieux

Mais, voyant venir à son baptême beaucoup de pharisiens et de sadducéens, il leur dit: Races de vipères, qui vous a appris à fuir la colère à venir?

Produisez donc du fruit digne de la repentance,

et ne prétendez pas dire en vous-mêmes: Nous avons Abraham pour père! Car je vous déclare que de ces pierres-ci Dieu peut susciter des enfants à Abraham.

10 Déjà la cognée est mise à la racine des arbres: tout arbre donc qui ne produit pas de bons fruits sera coupé et jeté au feu.

L’expression « races de vipères » évoque la tromperie et l’hypocrisie, en lien avec le serpent de Genèse 3. Jean reproche aux chefs religieux leur prétention à être justes par le fait qu’ils descendent d’Abraham, sans produire les fruits de la repentance.

Matthieu 3:9

et ne prétendez pas dire en vous-mêmes: Nous avons Abraham pour père! Car je vous déclare que de ces pierres-ci Dieu peut susciter des enfants à Abraham.

Les Juifs croyaient que le mérite de la foi d’Abraham leur était imputé automatiquement. Leur comportement était humain. En effet, il est humain de vouloir bénéficier de ce qui est bien chez l’autre comme un héritage.
Cependant, un véritable enfant d’Abraham se reconnait (cf. Romains 2:28-29) à sa vie de foi, et non à sa lignée.

Romains 2:28-29

28 Le Juif, ce n’est pas celui qui en a les dehors; et la circoncision, ce n’est pas celle qui est visible dans la chair.

29 Mais le Juif, c’est celui qui l’est intérieurement ; et la circoncision, c’est celle du cœur, selon l’esprit et non selon la lettre. La louange de ce Juif ne vient pas des hommes, mais de Dieu.

Par analogie, on peut dire que le chrétien, ce n’est pas celui qui en a l’apparence, mais celui dont le coeur est transformé par l’Esprit de Dieu.

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3 – Jean annonce Jésus et le baptême à venir

Matthieu 3:11

11 Moi, je vous baptise d’eau, pour vous amener à la repentance; mais celui qui vient après moi est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de porter ses souliers. Lui, il vous baptisera du Saint Esprit et de feu.

Ce feu peut symboliser à la fois le jugement (comme dans Malachie 3:2-3) et la purification, comme lors de la Pentecôte (Actes 2), où des langues de feu sont venues sur les croyants, les revêtant de puissance.

Malachie 3:1-3

1 Voici, j’enverrai mon messager; Il préparera le chemin devant moi. Et soudain entrera dans son temple le Seigneur que vous cherchez; Et le messager de l’alliance que vous désirez, voici, il vient, Dit l’Éternel des armées.

Qui pourra soutenir le jour de sa venue? Qui restera debout quand il paraîtra ? Car il sera comme le feu du fondeur, Comme la potasse des foulons.

Il s’assiéra, fondra et purifiera l’argent ; Il purifiera les fils de Lévi, Il les épurera comme on épure l’or et l’argent, Et ils présenteront à l’Éternel des offrandes avec justice.

Matthieu 3:12 – Une image du jugement

12 Il a son van à la main; il nettoiera son aire, et il amassera son blé dans le grenier, mais il brûlera la paille dans un feu qui ne s’éteint point.

Cette image est celle d’un jugement final : le blé représente les justes, et la paille, les méchants. Jean annonce une séparation, une sélection opérée par le Christ à sa venue.

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4 – Le baptême de Jésus-Christ

Matthieu 3:13-17

13 Alors Jésus vint de la Galilée au Jourdain vers Jean, pour être baptisé par lui.

14 Mais Jean s’y opposait, en disant: C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et tu viens à moi!

15 Jésus lui répondit: Laisse faire maintenant, car il est convenable que nous accomplissions ainsi tout ce qui est juste. Et Jean ne lui résista plus.

16 Dès que Jésus eut été baptisé, il sortit de l’eau. Et voici, les cieux s’ouvrirent, et il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui.

17 Et voici, une voix fit entendre des cieux ces paroles: Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection.

Le baptême de Jésus peut surprendre, car il semble paradoxal. En effet, le baptême de Jean était un baptême de repentance alors que Jésus était sans péché et qu’il n’avait donc pas besoin de repentance. Pourtant, celui-ci a choisi d’être baptisé.

Pourquoi ?

Il faut comprendre ce geste comme un acte volontaire d’identification et un modèle à suivre. Jésus ouvre la voie. Il est l’exemple parfait pour tous les croyants. De la même manière qu’en Luc 9, la parabole de la main à la charrue trouve son sens dans l’exemple donné par Jésus en Luc 9:51, alors qu’il se dirige résolument vers Jérusalem, déterminé à accomplir jusqu’au bout la mission que le Père lui a confiée, c’est à dire se sacrifier pour sauver l’humanité et subir le supplice de la crucifixion.

Le baptême de Jésus par Jean peut être compris sous plusieurs angles spirituels et théologiques qui sont :

1. Un exemple à suivre pour les croyants

Jésus montre l’importance de l’obéissance. Il ne demande rien qu’il ne soit prêt à faire lui-même. En se faisant baptiser, il valide et montre le chemin que ses disciples devront emprunter.

2. Une identification avec les pécheurs

Bien qu’il soit sans péché, Jésus s’identifie aux êtres humains dans leur condition, prenant sur lui leur fardeau et leurs besoins spirituels.

3. Une ordination et un équipement pour le ministère

Ce moment marque le début public de son ministère. Il est « oint » de l’Esprit, non par onction d’huile, mais par la descente du Saint-Esprit sur lui.

4. Un symbole de sa mission rédemptrice

Son baptême préfigure son œuvre de salut : mort, ensevelissement et résurrection.

Romains 6:4

Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême en sa mort, afin que, comme Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, de même nous aussi nous marchions en nouveauté de vie.

Colossiens 2:12

12 ayant été ensevelis avec lui par le baptême, vous êtes aussi ressuscités en lui et avec lui, par la foi en la puissance de Dieu, qui l’a ressuscité des morts.

5. Une approbation du ministère et du message de Jean-Baptiste

En se soumettant au baptême de Jean, Jésus valide son ministère et son message : l’appel à la repentance et la préparation du peuple à l’accueil du Messie.

6. Une image prophétique de sa mort, de son ensevelissement et de sa résurrection

a – Le baptême est une immersion dans la mort et une remontée vers une vie nouvelle — une image puissante de la croix et de la résurrection.

b – Le baptême de Jésus confirme publiquement l’identité divine de Jésus et inaugure son ministère public.

c – Le baptême de Jésus est aussi un moment clé dans la révélation de l’identité trinitaire de Dieu. C’est l’un des rares passages de la Bible où les trois personnes de la Trinité sont manifestées simultanément :

  • Le Fils est baptisé,
  • Le Saint-Esprit descend sur lui comme une colombe,
  • Le Père parle du ciel :
Matthieu 3:17

17 Et voici, une voix fit entendre des cieux ces paroles: Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection.

 

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La Parabole du pharisien et du publicain – deux attitudes opposées

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La Parabole du pharisien éclaire notre compréhension de l’humilité devant Dieu. Jésus y confronte deux attitudes spirituelles : l’orgueil religieux et la repentance sincère. Par cette image forte, il nous interpelle sur l’authenticité de notre foi. L’enseignement révèle que seule l’humilité attire la grâce divine, et non les apparences de justice.

La parabole de Luc 18:9-14

1 – L’enseignement

Il dit encore cette parabole, en vue de certaines personnes se persuadant qu’elles étaient justes, et ne faisant aucun cas des autres:

10 Deux hommes montèrent au temple pour prier; l’un était pharisien, et l’autre publicain.

11 Le pharisien, debout, priait ainsi en lui-même: O Dieu, je te rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont ravisseurs, injustes, adultères, ou même comme ce publicain;

12 je jeûne deux fois la semaine, je donne la dîme de tous mes revenus.

13 Le publicain, se tenant à distance, n’osait même pas lever les yeux au ciel; mais il se frappait la poitrine, en disant: O Dieu, sois apaisé envers moi, qui suis un pécheur.

14 Je vous le dis, celui-ci descendit dans sa maison justifié, plutôt que l’autre. Car quiconque s’élève sera abaissé, et celui qui s’abaisse sera élevé.

Au verset 9

Se persuadant :  le mot grec « peitho » est traduit par différents mots.

  • Se persuader est un très bon choix dans le sens où la personne n’est pas sûre d’elle, mais veut se convaincre de la chose.
  • Une autre traduction : être assuré indiquerait une certitude sans fondement, mais nous pouvons aussi en déduire qu’à force de nous persuader d’une chose, nous finissons par en être assuré.
  • C’est-à-dire qu’à force de refuser la réalité, nous finissons par croire à la fausseté, et nous nous éloignons de la réalité.  

Le contraste souligne la valeur que Dieu accorde à l’attitude du cœur. La parabole ne rejette pas les bonnes œuvres, mais elle montre que l’orgueil spirituel en annule leur portée. Jésus rappelle que Dieu s’oppose aux orgueilleux et élève les humbles.

Jacques 4:6

Il accorde, au contraire, une grâce plus excellente; c’est pourquoi l’Écriture dit: Dieu résiste aux l’orgueilleux, Mais il fait grâce aux humbles.

2-   A qui s’adresse Jésus ?

Si en Luc 15 à 17, les paraboles sont adressées aux pharisiens et aux disciples, ici l’auditoire n’est pas précisé spécifiquement : « en vue de certaines personnes. » 

Luc 18:9

Il dit encore cette parabole, en vue de certaines personnes se persuadant qu’elles étaient justes, et ne faisant aucun cas des autres:

Cela s’adresse donc à ceux qui se croient supérieurs aux autres, souvent des chefs religieux. Cette parabole vise les cœurs endurcis par l’orgueil religieux. Les paraboles étaient toujours contées dans des lieux publics. Elles clarifiaient ou voilaient/cachaient la vérité selon la disposition de cœur de l’auditeur !

3-  Le contexte :

Les juifs avaient l’habitude de prier trois fois par jour.

Daniel 6:10

10 Lorsque Daniel sut que le décret était écrit, il se retira dans sa maison, où les fenêtres de la chambre supérieure étaient ouvertes dans la direction de Jérusalem ; et trois fois le jour il se mettait à genoux, il priait, et il louait son Dieu, comme il le faisait auparavant.

Cette parabole s’insère dans un ensemble d’enseignements sur la prière et le Royaume de Dieu (Luc 17–18). Elle suit immédiatement la parabole de la veuve importune, qui parle de la persévérance dans la prière. Jésus enchaîne avec une autre leçon sur la prière, mais cette fois sur l’attitude intérieure.

Jésus dénonce une attitude qu’il voyait régulièrement de la part des pharisiens. Il n’y a pas un contexte précis. Jésus veut nous montrer la bonne et la mauvaise attitude à adopter lorsque nous prions.

Le contexte de la parabole est donné en Luc 18:9 :

Il est très probable que Jésus ait raconté cette parabole à un groupe de pharisiens.

Luc 16:15

15 Jésus leur dit : Vous, vous cherchez à paraître justes devant les hommes, mais Dieu connaît vos cœurs ; car ce qui est élevé parmi les hommes est une abomination devant Dieu.

Ces hommes étaient convaincus de leur propre justice. Ils se croyaient justes aux yeux de Dieu, et de ce fait, n’avaient ni faim ni soif de la vraie justice. Parce qu’ils se considéraient comme justes, ils ne ressentaient pas le besoin d’un médecin ni celui de la repentance :

Luc 5:31-32

31 Jésus, prenant la parole, leur dit: Ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin de médecin, mais les malades.

32 Je ne suis pas venu appeler à la repentance des justes, mais des pécheurs.

Les pharisiens rejetaient ainsi le dessein de Dieu pour leur vie, qui était qu’ils se repentent de leurs péchés et reçoivent le pardon :

Luc 7:30

30 mais les pharisiens et les docteurs de la loi, en ne se faisant pas baptiser par lui, ont rendu nul à leur égard le dessein de Dieu.

4-  Explication de la parabole

Jésus utilise cette parabole pour opposer deux personnages aux profils radicalement différents : le pharisien et le publicain. Il souligne non seulement leur contraste, mais aussi tout ce qui les distingue profondément.

Luc 18:11-12 – Le pharisien :

11 Le pharisien, debout, priait ainsi en lui-même: O Dieu, je te rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont ravisseurs, injustes, adultères, ou même comme ce publicain;

12 je jeûne deux fois la semaine, je donne la dîme de tous mes revenus.

Au verset 11 : Il se tient debout, bien en vue, les mains et les yeux levés vers le ciel. Son attitude n’a rien d’inhabituelle pour un juif pieux :

1 Timothée 2:8

 Je veux donc que les hommes prient en tout lieu, en élevant des mains pures, sans colère ni mauvaises pensées.

Mais il est probable qu’il se tenait là où tout le monde pouvait le voir. En apparence, il s’adresse à Dieu, mais en réalité, il parle à lui-même — et de lui-même. Toute sa prière n’est qu’un monologue d’autosatisfaction. Il se félicite, se compare aux autres, mais jamais à des hommes vraiment pieux comme Samuel ou David. Il se mesure plutôt à ceux qu’il considère comme des pécheurs.

Dans la première partie de sa prière, il se présente comme pur en dénonçant les fautes qu’il attribue aux autres, en particulier au publicain.
Dans la seconde partie, il énumère ses œuvres religieuses, qu’il accomplit avec excès : il jeûne plus que la Loi ne l’exige et donne la dîme même sur des produits non concernés par cette obligation (Deutéronome 14:22-23).

Deutéronome 14:22

22 Tu lèveras la dîme de tout ce que produira ta semence, de ce que rapportera ton champ chaque année.

Luc 11:42

42 Mais malheur à vous, pharisiens ! parce que vous payez la dîme de la menthe, de la rue, et de toutes les herbes, et que vous négligez la justice et l’amour de Dieu : c’est là ce qu’il fallait pratiquer, sans omettre les autres choses.

Nulle part dans sa prière, le pharisien confesse un péché, et ne demande pardon. Il n’implore rien ; il se convainc juste de sa propre piété.
Sa prière n’est pas tournée vers Dieu, mais vers lui-même. Il se satisfait de lui-même. Et en conséquence … il ne reçoit rien.

Il se glorifie !

Luc 18:13 – le publicain :

13 Le publicain, se tenant à distance, n’osait même pas lever les yeux au ciel; mais il se frappait la poitrine, en disant : O Dieu, sois apaisé envers moi, qui suis un pécheur.

Le publicain, lui, se tient à distance — probablement loin du sanctuaire, quelque part dans le complexe du temple. Son attitude est l’exact opposé de celle du pharisien. Il baisse les yeux, il se frappe la poitrine en signe de repentir. Cet homme reconnaît ses fautes et ses péchés.

Il est seul devant Dieu et ne se compare à personne. Le publicain confesse son péché et supplie Dieu de lui faire grâce.

Il s’humilie !

Bilan de ce temps de prière.

  • Le pharisien repart chez lui sans que rien n’ait changé. Il aurait tout aussi bien pu ne pas venir.
  • Le publicain, lui, repart justifié. Dieu lui pardonne. Il est déclaré juste et accepté par Dieu.
Luc 18:14

14 Je vous le dis, celui-ci descendit dans sa maison justifié, plutôt que l’autre. Car quiconque s’élève sera abaissé, et celui qui s’abaisse sera élevé.

L’humilité est l’une des caractéristiques fondamentales du royaume de Dieu. Les véritables sujets de ce royaume n’adoptent pas une attitude orgueilleuse ou de propre justice. Au contraire, ils cultivent une conscience réaliste et sincère de leur besoin de pardon de la part de Dieu et que celui-ci leur accorde sa grâce.

Ils expriment leur humilité en confessant leurs péchés, et Dieu manifeste son approbation en les pardonnant — c’est-à-dire en les justifiant à ses yeux. Ceux qui renoncent à leur orgueil et à leur propre justice en confessant leurs fautes à Dieu découvriront qu’il leur a effectivement pardonné.

5- La leçon pour nous à retenir, et son application personnelle

Cette parabole traite de ceux qui, en apparence, semblent croire en Dieu et le respectent, mais qui en réalité, s’appuient sur leur propre bonté et leurs efforts personnels. Ils estiment que Dieu leur doit quelque chose ! Ils s’attendent à des récompenses en retour de leurs actes de justice — comme l’aumône, le jeûne, la prière, ou encore l’observance des règles issues de la Tradition Orale des anciens.

Cependant, elle interpelle aussi chaque croyant. Le danger de l’autojustification guette tous ceux qui fréquentent assidûment les lieux de culte. Jésus appelle chacun à s’examiner honnêtement. Qui suis-je dans cette parabole ? Le pharisien ou le publicain ?

L’autojustification est peut-être le péché le plus dangereux pour les personnes “religieuses”. (cf. Luc 10:29 ; 16:15 ; 18:9, 14)

Luc 16:15

15 Jésus leur dit : Vous, vous cherchez à paraître justes devant les hommes, mais Dieu connaît vos cœurs ; car ce qui est élevé parmi les hommes est une abomination devant Dieu.

Chaque chrétien doit cultiver une prière authentique, sans masque. Le pardon ne se mérite pas, il se reçoit. Ainsi, la vie chrétienne repose non sur nos performances, mais sur la grâce de Dieu.

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Matthieu chapitre 2 : Jésus est menacé dès son enfance

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Matthieu chapitre 2 rapporte des événements majeurs liés à la naissance de Jésus, qui sont l’arrivée des mages, leur adoration, puis la fuite en Égypte de Joseph et Marie. Ce chapitre met en lumière la direction divine, la protection de Dieu et l’accomplissement des prophéties.

Étude biblique suivante : Matthieu chapitre 3

Matthieu chapitre 2 – Étude biblique

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Introduction

Un point est tout d’abord à rappeler, c’est que les Évangiles ne sont pas des biographies. Ce sont des textes destinés à l’évangélisation et à l’enseignement. Ce qui y est rapporté peut s’interpréter de plusieurs manières, selon ce que l’on cherche à comprendre. Il est donc essentiel de faire la distinction entre ce qui est fondamental et ce qui est secondaire.

Les récits proviennent de témoins humains. Ils peuvent contenir des imprécisions liées à leur condition humaine. C’est pourquoi, la lecture de la Bible demande un esprit de recherche et de discernement (cf. Matthieu 7:7).

Nous devons en premier lieu comprendre que les Évangiles ne cherchent pas à offrir un récit chronologique parfait, mais à transmettre un message spirituel fort. Se focaliser uniquement sur les détails ou sur la cohérence des faits, c’est risquer de passer à côté du message.

Or manquer le but, c’est pécher.

La vraie question est donc :
Qu’est-ce que Dieu veut que je comprenne à travers ce texte ?

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1 – Matthieu 2:1-12 – L’arrivée des mages à Jérusalem

1 Jésus étant né à Bethléhem en Judée, au temps du roi Hérode, voici des mages d’Orient arrivèrent à Jérusalem,

et dirent: Où est le roi des Juifs qui vient de naître? car nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus pour l’adorer.

Le roi Hérode, ayant appris cela, fut troublé, et tout Jérusalem avec lui.

Il assembla tous les principaux sacrificateurs et les scribes du peuple, et il s’informa auprès d’eux où devait naître le Christ.

Ils lui dirent: A Bethléhem en Judée; car voici ce qui a été écrit par le prophète:

6[a] Et toi, Bethléhem, terre de Juda, Tu n’es certes pas la moindre entre les principales villes de Juda, Car de toi sortira un chef Qui paîtra Israël, mon peuple.

Alors Hérode fit appeler en secret les mages, et s’enquit soigneusement auprès d’eux depuis combien de temps l’étoile brillait.

Puis il les envoya à Bethléhem, en disant: Allez, et prenez des informations exactes sur le petit enfant; quand vous l’aurez trouvé, faites-le-moi savoir, afin que j’aille aussi moi-même l’adorer.

Après avoir entendu le roi, ils partirent. Et voici, l’étoile qu’ils avaient vue en Orient marchait devant eux jusqu’à ce qu’étant arrivée au-dessus du lieu où était le petit enfant, elle s’arrêta.

L’adoration des mages

10 Quand ils aperçurent l’étoile, ils furent saisis d’une très grande joie.

11 Ils entrèrent dans la maison, virent le petit enfant avec Marie, sa mère, se prosternèrent et l’adorèrent; ils ouvrirent ensuite leurs trésors, et lui offrirent en présent de l’or, de l’encens et de la myrrhe.

12 Puis, divinement avertis en songe de ne pas retourner vers Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.

Le chapitre s’ouvre sur l’arrivée des mages à Jérusalem. Leur venue souligne l’universalité du salut. Des non-Juifs reconnaissent Jésus comme roi et Sauveur. Ces mages venus d’Orient représentent tous ceux qui cherchent Dieu pour l’adorer. Leur observation de l’étoile marque un appel divin, que l’on peut voir comme la manifestation du Saint-Esprit, guidant ceux qui désirent la vérité.

Matthieu 2:1-2-3

1 Jésus étant né à Bethléhem en Judée, au temps du roi Hérode, voici des mages d’Orient arrivèrent à Jérusalem,

et dirent: Où est le roi des Juifs qui vient de naître? car nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus pour l’adorer.

Le roi Hérode, ayant appris cela, fut troublé, et tout Jérusalem avec lui.

À quel âge Jésus se trouvait-il à ce moment-là ?

Il est important de comprendre que la Bible ne donne pas toujours des repères temporels précis. On trouve souvent des expressions comme « après cela… », ce qui laisse place à un laps de temps entre les événements.

Les mages ont voyagé depuis l’Orient, ce qui implique que du temps s’était écoulé entre la naissance de Jésus et leur arrivée à Jérusalem. Cela explique pourquoi en Matthieu 2:16, Hérode fait tuer les enfants âgés de deux ans et moins :

Matthieu 2:16

16 Alors Hérode, voyant qu’il avait été joué par les mages, se mit dans une grande colère, et il envoya tuer tous les enfants de deux ans et au-dessous qui étaient à Bethléhem et dans tout son territoire, selon la date dont il s’était soigneusement enquis auprès des mages.

En effet, le mot grec utilisé ici, paidion, désigne un jeune enfant, et non un nourrisson. En revanche, en Luc 2:12, c’est le mot grec brephos (nouveau-né) qui est utilisé :

Luc 2:12

12 Et voici à quel signe vous le reconnaîtrez : vous trouverez un enfant emmailloté et couché dans une crèche.

 Concernant la naissance de Jésus, on sait qu’Hérode le Grand est mort en 4 av. J.-C., ce qui situe la naissance de Jésus entre 6 et 4 av. J.-C. Cela montre qu’il faut relativiser la notion de temps dans les récits bibliques. Dieu n’a pas jugé utile de nous donner certains détails, y compris cette date précise, car ce n’est pas l’essentiel.

Une attitude à adopter : chercher la vérité, sans naïveté

Matthieu 2:7

Alors Hérode fit appeler en secret les mages, et s’enquit soigneusement auprès d’eux depuis combien de temps l’étoile brillait.

Hérode ne cherche pas la vérité par foi, mais par stratégie politique. En effet, il veut déterminer l’âge de l’enfant pour pouvoir l’éliminer. Que lui soit troublé est compréhensible, mais que tout Jérusalem le soit aussi, voilà qui interroge. Le peuple attendait le Messie. Cette naissance aurait dû susciter de la joie et non de la peur.

Un autre repère temporel donné par Luc

Luc rapporte un autre événement important : la présentation de Jésus au Temple, huit jours après sa naissance.

Luc 2:25-27

25 Et voici, il y avait à Jérusalem un homme appelé Siméon. Cet homme était juste et pieux, il attendait la consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui.

26 Il avait été divinement averti par le Saint Esprit qu’il ne mourrait point avant d’avoir vu le Christ du Seigneur.

27 Il vint au temple, poussé par l’Esprit. Et, comme les parents apportaient le petit enfant Jésus pour accomplir à son égard ce qu’ordonnait la loi,

Bethléhem se trouve à seulement 6 à 8 kilomètres de Jérusalem. Jésus fut donc présenté au Temple. Ensuite, sa famille est retournée à Bethléhem, bien avant l’arrivée des mages. Cela confirme que leur venue n’a pas eu lieu le jour de la naissance.

Matthieu 2:4-9

Il assembla tous les principaux sacrificateurs et les scribes du peuple, et il s’informa auprès d’eux où devait naître le Christ.

Ils lui dirent: A Bethléhem en Judée; car voici ce qui a été écrit par le prophète:

Et toi, Bethléhem, terre de Juda, Tu n’es certes pas la moindre entre les principales villes de Juda, Car de toi sortira un chef Qui paîtra Israël, mon peuple.

Alors Hérode fit appeler en secret les mages, et s’enquit soigneusement auprès d’eux depuis combien de temps l’étoile brillait.

Puis il les envoya à Bethléhem, en disant: Allez, et prenez des informations exactes sur le petit enfant; quand vous l’aurez trouvé, faites-le-moi savoir, afin que j’aille aussi moi-même l’adorer.

Après avoir entendu le roi, ils partirent. Et voici, l’étoile qu’ils avaient vue en Orient marchait devant eux jusqu’à ce qu’étant arrivée au-dessus du lieu où était le petit enfant, elle s’arrêta.

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2 – Matthieu 2:4-9 – Les différents personnages

Ce passage présente quatre groupes d’hommes :

  1. Les mages d’Orient, venus de loin pour adorer Jésus.
  2. Hérode, représentant le pouvoir politique menacé.
  3. Les religieux, à travers les principaux sacrificateurs.
  4. Les érudits, c’est-à-dire les scribes.

Hérode incarne une autorité politique inquiète de perdre son pouvoir. Il est l’image de Satan qui cherche à éliminer Jésus, non seulement physiquement, mais aussi dans le cœur des hommes.

Le Sanhédrin, composé des sacrificateurs et des scribes, représente l’élite religieuse. Les sacrificateurs veulent préserver leurs privilèges. Les scribes quant à eux, détiennent le savoir et se présentent comme les gardiens de la connaissance. Pourtant, au lieu de se réjouir de la naissance du Messie, ils se sentent menacés dans leurs positions.

Alors que le peuple juif attendait le Messie, chacun s’accroche à son petit pouvoir, même si cela signifie fermer les yeux sur l’accomplissement des prophéties. Dès le début, des étrangers sont prêts à accueillir le Rédempteur, tandis que la classe dirigeante juive le rejette.

Cette opposition anticipée rejoint l’enseignement de Jésus sur la main à la charrue : certains regardent en arrière, prisonniers de leurs habitudes, alors que d’autres, sans héritage religieux, avancent avec foi.

La révélation et les Écritures

Un point fondamental ressort de ce récit :

  • Les mages ont reçu la révélation (l’étoile), mais pas les Écritures pour l’interpréter.
  • Les érudits religieux ont les Écritures, mais pas la révélation.

Ce n’est que lorsque la révélation et les Écritures se rencontrent que naît la lumière. C’est un principe essentiel dans la vie chrétienne : toute révélation doit s’appuyer sur la Parole écrite. Sans cela, elle est à rejeter.

Comme le rappelle Luc 24:45

Alors il leur ouvrit l’esprit, afin qu’ils comprennent les Écritures.

Bethléhem : Un lieu chargé de sens

Bethléhem, la « maison du pain », est un lieu symbolique et prophétique :

  • C’est là que fut enterrée Rachel.
  • Boaz y est né, tout comme David.
  • Attention : il existe deux Bethléhem, l’un en Juda (Michée 5:2), l’autre en Zabulon (Josué 19:15).
    C’est bien Bethléhem de Juda qui est concerné ici, comme précisé au verset 6 :

« Et toi, Bethléhem, terre de Juda… »
La prophétie de Michée 5:2 a été écrite 750 ans avant la venue de Jésus.

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3. Matthieu 2:10-12 L’adoration des mages

Matthieu 2:10-12

10 Quand ils aperçurent l’étoile, ils furent saisis d’une très grande joie.

11 Ils entrèrent dans la maison, virent le petit enfant avec Marie, sa mère, se prosternèrent et l’adorèrent; ils ouvrirent ensuite leurs trésors, et lui offrirent en présent de l’or, de l’encens et de la myrrhe.

12 Puis, divinement avertis en songe de ne pas retourner vers Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.

Les mages, remplis de joie, se prosternent devant Jésus et lui offrent des présents symboliques :

  • L’or : pour sa royauté.
  • L’encens : pour sa divinité.
  • La myrrhe : annonçant sa souffrance et sa mort. (La myrrhe était un puissant analgésique mélangé au vinaigre, qu’on donna à Jésus sur la croix.)
Pourquoi parle-t-on de « rois mages » ?

C’est Tertullien, théologien du IIe siècle né à Carthage, qui établit ce lien en s’appuyant sur

Ésaïe 60:3

Des nations marchent à ta lumière, Et des rois à la clarté de tes rayons.

Ce lien est renforcé par Matthieu 2:11

11 Ils entrèrent dans la maison, virent le petit enfant avec Marie, sa mère, se prosternèrent et l’adorèrent; ils ouvrirent ensuite leurs trésors, et lui offrirent en présent de l’or, de l’encens et de la myrrhe.

et d’autres textes prophétiques :

Ésaïe 49:23

23 Des rois seront tes nourriciers, et leurs princesses tes nourrices ; Ils se prosterneront devant toi la face contre terre, Et ils lécheront la poussière de tes pieds, Et tu sauras que je suis l’Éternel, Et que ceux qui espèrent en moi ne seront point confus.

Ou le Psaumes 72:10-12 (royaume messianique)

10 Les rois de Tarsis et des îles paieront des tributs, Les rois de Séba et de Saba offriront des présents.

11 Tous les rois se prosterneront devant lui, Toutes les nations le serviront.

12 Car il délivrera le pauvre qui crie, Et le malheureux qui n’a point d’aide.

Ces versets éclairent la portée spirituelle de l’adoration des mages. Ils confirment que le Christ est reconnu comme Roi, Dieu et Sauveur et ce, même par des étrangers, accomplissant ainsi les Écritures.

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4 – Matthieu 2:13-20 – La fuite en Égypte

13 Lorsqu’ils furent partis, voici, un ange du Seigneur apparut en songe à Joseph, et dit: Lève-toi, prends le petit enfant et sa mère, fuis en Égypte, et restes-y jusqu’à ce que je te parle; car Hérode cherchera le petit enfant pour le faire périr.

14 Joseph se leva, prit de nuit le petit enfant et sa mère, et se retira en Égypte.

15 Il y resta jusqu’à la mort d’Hérode, afin que s’accomplît ce que le Seigneur avait annoncé par le prophète: [c]J’ai appelé mon fils hors d’Égypte.

16 Alors Hérode, voyant qu’il avait été joué par les mages, se mit dans une grande colère, et il envoya tuer tous les enfants de deux ans et au-dessous qui étaient à Bethléhem et dans tout son territoire, selon la date dont il s’était soigneusement enquis auprès des mages.

17 Alors s’accomplit ce qui avait été annoncé par Jérémie, le prophète:

18 On a entendu des [d]cris à Rama, Des pleurs et de grandes lamentations: Rachel pleure ses enfants, Et n’a pas voulu être consolée, Parce qu’ils ne sont plus.

Le retour de Joseph et son établissement à Nazareth

19 Quand Hérode fut mort, voici, un ange du Seigneur apparut en songe à Joseph, en Égypte,

20 et dit: Lève-toi, prends le petit enfant et sa mère, et va dans le pays d’Israël, car ceux qui en voulaient à la vie du petit enfant sont morts.

La fuite en Égypte révèle la protection de Dieu envers ceux qui Lui obéissent. Cette fuite n’est pas un simple acte de survie, mais l’accomplissement d’une prophétie :

Osée 11:1

1 Quand Israël était jeune, je l’aimais, et j’appelai mon fils hors d’Égypte.

Dieu parle ici à la fois d’Israël, son peuple, et prophétiquement de Jésus, son Fils. Matthieu voit en Jésus le véritable Israël, celui qui revit l’histoire du peuple, mais l’accomplit parfaitement.

Le verset 18 de Matthieu 2 cite Jérémie 31:15, une autre prophétie bouleversante :

 Jérémie 31:15

15 Ainsi parle l’Éternel : On entend des cris à Rama, Des lamentations, des larmes amères; Rachel pleure ses enfants; Elle refuse d’être consolée sur ses enfants, Car ils ne sont plus.

Rachel, figure maternelle d’Israël, pleure les enfants massacrés sur ordre d’Hérode. Cette tragédie annonce la résistance du mal à l’incarnation du salut.

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5 – Matthieu 2:21-23 – Retour d’Égypte et installation à Nazareth

21 Joseph se leva, prit le petit enfant et sa mère, et alla dans le pays d’Israël.

22 Mais, ayant appris qu’Archélaüs régnait sur la Judée à la place d’Hérode, son père, il craignit de s’y rendre; et, divinement averti en songe, il se retira dans le territoire de la Galilée,

23 et vint demeurer dans une ville appelée Nazareth, afin que s’accomplît ce qui avait été annoncé par les prophètes: Il sera appelé Nazaréen.

Après la mort d’Hérode, un ange ordonne à Joseph de revenir en Israël, mais apprenant qu’Archélaüs, fils d’Hérode, règne sur la Judée, il craint pour la sécurité de sa famille. Il choisit alors de s’installer à Nazareth, en Galilée. Ce choix n’est pas anodin : il accomplit encore une prophétie :

Matthieu 2:23 

23 Il vint habiter dans une ville appelée Nazareth, afin que s’accomplît ce qui avait été dit par les prophètes : Il sera appelé Nazaréen.

Bien que le terme exact « Nazaréen » ne soit pas cité littéralement dans l’Ancien Testament, ce verset fait référence à plusieurs courants prophétiques.

Le Nazaréen — Significations du terme

Le mot « Nazaréen » (hébreu : נָצְרִי / Natsré) peut s’interpréter de plusieurs façons selon le contexte biblique, linguistique et théologique.

1. Origine géographique

Le sens le plus simple est géographique : un habitant de Nazareth. Jésus a grandi dans cette ville de Galilée. C’est ce que Matthieu souligne en disant :

« Il sera appelé Nazaréen » (Matthieu 2:23).

2. Lien prophétique : le rameau d’Ésaïe

Certains exégètes lient ce terme à :

Ésaïe 11:1 :

1 Un rameau (נֵצֶר, nétsér) sortira du tronc d’Isaïe, et un rejeton naîtra de ses racines.

Le mot nétsér (rameau) et natsré (Nazaréen) sont phonétiquement proches. Cette ressemblance linguistique pourrait expliquer pourquoi les évangélistes voient en Nazareth l’accomplissement d’une prophétie messianique.

3. Le vœu de Naziréat

Il ne faut pas confondre « Nazaréen » avec « Naziréen ». Le Naziréat (Nombres 6) est un vœu de consécration à Dieu. Un Naziréen s’abstenait de vin, ne se coupait pas les cheveux et évitait tout contact avec les morts. Jésus n’a pas pris ce vœu, mais certains traits de sa vie spirituelle (sa consécration, sa sobriété) rappellent cette démarche.

Amos 2:11

11 J’ai suscité parmi vos fils des prophètes, Et parmi vos jeunes hommes des nazaréens. N’en est-il pas ainsi, enfants d’Israël? dit l’Éternel…

4. Symbole de rejet

Nazareth était une ville obscure et peu considérée. Être « de Nazareth » équivalait à venir de nulle part. C’est ce que laisse entendre Nathanaël en:

Jean 1:46

46 Nathanaël lui dit : « Que peut-il venir de bon de Nazareth ? »

Le titre de Nazaréen souligne alors l’humilité de Jésus, son ancrage dans ce que le monde méprise. Ce rejet accomplit aussi la prophétie du serviteur souffrant.

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6 – Enseignement et application personnelle

Matthieu 2 enseigne la souveraineté de Dieu dans les détails, les dangers et les détours. Dieu veille sur Jésus et guide les siens pas à pas, même dans l’adversité.

Comme les mages, nous sommes appelés à chercher activement le Messie, avec foi, persévérance et humilité. Leur voyage, malgré la distance et les obstacles, symbolise la quête spirituelle de tout croyant.

L’attitude de ces mages, nous enseigne à :

  • Offrir à Dieu ce que nous avons de meilleur ;
  • Obéir aux directives divines comme Joseph l’a fait ;
  • Écouter Dieu, et ce même en rêve ou dans des circonstances incertaines.

Dieu protège et dirige ceux qui Lui sont fidèles. Il agit souvent dans l’ombre, dans des lieux insignifiants, avec des gens ordinaires. Le retour à Nazareth en est l’exemple : Dieu ne choisit pas selon les critères humains.

Être appelé Nazaréen, c’est aussi accepter de marcher à contre-courant, dans la modestie et l’humilité, à l’image de Christ.

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Parabole des deux chemins pour un destin final

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La parabole des deux chemins en Matthieu 7:13-14, illustre le contraste entre la voie facile menant à la perdition et le chemin étroit conduisant à la vie. Jésus appelle ainsi à faire un choix clair et exigeant, soulignant que suivre Dieu demande une foi authentique et une obéissance sincère, loin des compromis et de la foule.

La parabole des deux chemins de Matthieu 7:13-14

1 – L’enseignement

Matthieu 7:13-14

13 Entrez par la porte étroite. Car large est la porte, spacieux est le chemin qui mènent à la perdition, et il y en a beaucoup qui entrent par là.

14 Mais étroite est la porte, resserré le chemin qui mènent à la vie, et il y en a peu qui les trouvent.

2-   A qui s’adresse Jésus ?

Ce passage fait partie du Sermon sur la Montagne (Matthieu 5 à 7). Il s’agit d’un enseignement fondamental adressé à la foule qui suivait Jésus, mais aussi à ses disciples. Par extension, cet appel s’adresse à chacun de nous aujourd’hui, confrontés à ce même choix : quel chemin allons-nous prendre ?

3-  Le contexte :

Cette parabole se place dans l’ensemble des enseignements que Matthieu a rassemblés. Jésus résume son message et invite à une réponse concrète. Cette parabole se présente aussi comme une partie de la conclusion de l’ensemble du sermon.

4-  Explication de la parabole des deux chemins

Dans ce passage, Jésus évoque quatre éléments : deux portes et deux chemins, formant deux paires opposées :

  • d’un côté, la porte large et le chemin spacieux,
  • de l’autre, la porte étroite et le chemin resserré.
La porte large

Cette porte large est comparable à une porte cochère que l’on trouve dans les anciennes façades d’immeubles et conçue pour laisser passer des véhicules. Elle est haute, imposante et dotée de deux grands battants. Elle symbolise la facilité, le confort, et le courant majoritaire. On y entre sans réflexion, souvent porté par la foule. Beaucoup la choisissent. Cependant, se laisser entraîner par la foule, peut être dangereux et Jésus avertit : le chemin large qui se présente conduit à la perdition.

La porte étroite

En ce qui concerne la porte étroite, il s’agit d’une petite ouverture, souvent dissimulée, ne laissant passer qu’une personne à la fois, par laquelle il faut se courber pour entrer.

Les deux chemins
  • Le chemin spacieux ressemble à l’autoroute du soleil très animée un jour de départ en vacances : large, encombrée par des foules en quête de confort ou de plaisir. Ce chemin semble facile, mais il mène à la perdition, dit Jésus.
  • Le chemin resserré, en revanche, est comme un sentier de montagne, étroit, escarpé, raide, parfois isolé. Il demande persévérance, vigilance et foi.. Pourtant, c’est le chemin qui mène à la vie. Une belle image est celle du GR20, chemin de crête exigeant, où le Saint-Esprit est notre guide.

Choisir la porte étroite et le chemin resserré, c’est choisir un style de vie différent, souvent incompris, mais conduisant à la vie véritable.

5 – Marcher entre légalisme et antinomisme

Le chemin étroit évoque un sentier sur la crête d’une montagne, avec un danger de chute de chaque côté :

  • Le légalisme, d’un côté,
  • L’antinomisme, de l’autre.

Le légalisme
Le légalisme est l’idée que l’obéissance stricte à la loi, voire à des règles humaines, peut assurer le salut. Il donne une apparence de piété, mais oublie la grâce et l’intention du cœur.

L’antinomisme
À l’inverse, l’antinomisme rejette toute loi, sous prétexte que la grâce suffit. Il néglige la sainteté de Dieu et la transformation de vie attendue du croyant. ( la sanctification)
L’antinomisme affirme que, puisque Jésus-Christ a accompli parfaitement la Loi, les chrétiens ne sont plus soumis à aucune règle morale et peuvent vivre sans contrainte légale, ce qui est une grave déviation de l’Évangile.

Cette doctrine met en avant la suprématie de la Grâce au point de considérer la Loi comme inutile, voire nuisible. Elle enseigne que la liberté chrétienne implique une absence totale d’obligation morale.

En résumé :
  • Le légalisme affirme que le salut dépend de l’obéissance scrupuleuse à la loi, en plus de la foi en Jésus.
  • L’antinomisme à l’inverse, enseigne que la foi en Jésus seule suffit, rendant toute loi caduque.

Ce genre de message n’est pas nouveau. En effet : Les versets 13 et 14 de Matthieu 7 constituent ce que la tradition appelle « les deux chemins » ou « les deux voies », un thème bien ancré dans l’Ancien Testament. Ce motif oppose deux styles de vie : l’un mène à la vie, l’autre à la perdition.

On retrouve cette idée dans plusieurs passages bibliques, en :

  • Psaume 1 : où le juste est comparé à un arbre planté près d’un courant d’eau, tandis que le méchant est comme la paille emportée par le vent.
  • Proverbes 4:10-19 : qui est un appel à suivre le chemin de la sagesse, en évitant le sentier des méchants.
  • Ésaïe 1:19-20 : où sont présentées deux issues opposées à l’appel de Dieu : bénédiction pour l’obéissance, jugement pour la rébellion.

et particulièrement en :

Deutéronome 30:15, 19 – les deux voies

15 Vois, je mets aujourd’hui devant toi la vie et le bien, la mort et le mal.

19 J’en prends aujourd’hui à témoin contre vous le ciel et la terre : j’ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie, afin que tu vives, toi et ta postérité,

Jérémie 21:8

Tu diras à ce peuple : Ainsi parle l’Éternel : Voici, je mets devant vous le chemin de la vie et le chemin de la mort.

Dans Matthieu 7:14, Jésus affirme : « Il y en a peu qui les trouvent », ce qui fait écho à:

Luc 13:23-24

23 Quelqu’un lui dit: Seigneur, n’y a-t-il que peu de gens qui soient sauvés ? Il leur répondit :

24 Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite. Car, je vous le dis, beaucoup chercheront à entrer, et ne le pourront pas.

Jésus ici, appelle à l’effort spirituel pour entrer par la porte étroite, soulignant que le salut n’est pas automatique.

L’ordre spirituel : d’abord la porte, ensuite le chemin

Cet ordre est essentiel :

  • La porte représente la foi initiale en Jésus-Christ, la repentance, et la nouvelle naissance suivies du baptême par immersion.
  • Le chemin symbolise la vie chrétienne vécue en conformité avec Christ — le chemin de la sanctification.

Jésus est à la fois la porte et le chemin :

Jean 14:6

« Je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. »

Le mot  »resserré  » en grec

Le mot grec  »thlibo » signifie être pressé, affligé, opprimé. Le chemin chrétien est fait de tension et de résistance parfois difficile, mais empreint de la présence de Dieu. Il appelle à la fidélité dans les épreuves, non au confort. Il demande renoncement, persévérance et foi.

Deux styles de vie opposés

Jésus oppose clairement deux modes de vie :

  • L’un centré sur soi-même avec le plaisir immédiat, la facilité qui mène à la perdition.
  • L’autre centré sur Dieu, l’obéissance, et l’espérance éternelle qui mène à la vie véritable.

Ce n’est pas simplement la fin qui diffère, mais toute la manière de vivre ici-bas.

6- Son application personnelle : quelle voie choisir ?

La parabole de la porte étroite est un appel personnel et urgent. Elle nous dit que :

  • Le salut commence par une décision initiale : entrer par la porte étroite, en recevant Jésus par la foi.
  • Cette décision transforme notre mode de vie : suivre un chemin parfois exigeant, mais plein de sens.

Elle fait deux mises en garde :

  1. Il est naturel de préférer ce qui est large, visible, et facile.
  2. Il est naturel de suivre la majorité.

Mais Jésus appelle à une démarche qui va à l’encontre du plus grand nombre, à un choix lucide et courageux :

Choisis la vie !

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Matthieu chapitre 1 : Arbre généalogique depuis Abraham, David à Jésus

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L’étude du chapitre 1 de l’Évangile de Matthieu révèle des éléments essentiels de la généalogie de Jésus. Ce chapitre met en lumière les promesses de Dieu et l’accomplissement de prophéties, soulignant l’importance du Messie dans l’histoire chrétienne.

Étude biblique suivante : Matthieu chapitre 2

Matthieu chapitre 1 – Étude biblique

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Introduction :

Matthieu a regroupé et développé les enseignements de Jésus selon une logique thématique. Son Évangile servait à instruire les nouveaux convertis qu’ils soient Juifs ou Gentils, sur la vie et le message de Jésus de Nazareth, le Christ. Il fait le lien entre l’Ancienne Alliance et la Nouvelle Alliance, entre les croyants juifs et non-juifs. Matthieu cite abondamment l’Ancien Testament pour montrer que les promesses qui y figurent, s’accomplissent dans le Nouveau Testament. On retrouve cette idée clairement exprimée dans le livre des Actes en :

Actes 3:18

18 Mais Dieu a accompli de la sorte ce qu’il avait annoncé d’avance par la bouche de tous ses prophètes, que son Christ devait souffrir.

Cet Évangile de Matthieu contient plus de cinquante citations de l’Ancien Testament. À travers elles, Matthieu montre le lien fort qui existe entre l’Ancien et le Nouveau Testament.

De nombreux titres et analogies, traditionnellement attribués à l’Éternel Dieu, sont ici appliqués à Jésus.

Les objectifs de Matthieu sont l’évangélisation et l’enseignement, les deux piliers de la Grande Commission donnée par Jésus en Matthieu 28:19-20, c’est à dire :

1. Amener à la conversion les Juifs en leur annonçant la vie et les enseignements de Jésus ;

2. Enseigner les croyants, Juifs et Gentils, pour en faire des disciples en leur apprenant à vivre selon l’Évangile.

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1 – L’Auteur

Bien que ce livre ne porte pas de nom d’auteur, il est généralement attribué à Matthieu-Lévi, l’un des apôtres, ancien collecteur d’impôts, devenu disciple de Jésus (cf. Marc 2:14 ; Luc 5:27,29).

Les quatre Évangiles s’adressent à des publics distincts :

a. Matthieu : Les Juifs. Ainsi, il utilise des références culturelles juives sans les expliquer, preuve que ses lecteurs en avaient déjà la connaissance.

b. Marc : Les Romains

c. Luc et Jean : Les Gentils

Chaque Évangile est aussi associé à une région particulière du christianisme primitif :

a. Matthieu : Antioche en Syrie

b. Marc : Rome, en Italie

c. Luc : Césarée Maritime en Palestine (nom donné par l’occupant romain)

d. Jean : Éphèse en Asie Mineure

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2 – La structure de l’Évangile de Matthieu

Matthieu s’organise en cinq grandes unités thématiques, marquées par la formule : « Après que Jésus eut achevé ces discours » (cf. Matthieu 7:28 ; 11:1 ; 13:53 ; 19:1 ; 26:1). Beaucoup y voient une volonté de Matthieu de présenter Jésus comme le “nouveau Moïse”, en parallèle avec les cinq livres de la Torah.

On trouve aussi des transitions-clés comme : « Dès ce moment, Jésus commença à… » (cf. Matthieu 4:17 ; 16:21), qui divisent l’Évangile en trois grandes sections.

Matthieu insiste particulièrement sur l’accomplissement des prophéties de l’Ancien Testament. Il emploie souvent le terme « s’accomplit » (cf. Matthieu 1:22 ; 2:15, 17, 23 ; 4:14 ; 8:17 ; 12:17 ; 13:14, 35 ; 21:4 ; 27:9, 35), et aussi le conditionnel :

Matthieu 26:54

54 Comment donc s’accompliraient les Écritures, d’après lesquelles il doit en être ainsi ?

Un genre littéraire unique :

Les Évangiles ne sont ni des biographies au sens strict, ni de simples récits historiques. Ils forment un genre littéraire à part : théologique, sélectif, et structuré. Chaque auteur a choisi des événements et des enseignements précis pour présenter Jésus sous un angle particulier, en fonction de son public. En ce sens, les Évangiles ressemblent davantage à des brochures d’évangélisation qu’à des chroniques historiques.

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3 – La généalogie selon Matthieu et Luc

Les généalogies de Matthieu (1:1-17) et de Luc (3:23-38) ne concordent pas. D’abord, elles suivent un ordre inverse : Matthieu descend la lignée d’Abraham à Jésus, tandis que Luc remonte d’abord de Jésus jusqu’à Adam. Ensuite, Matthieu suit la lignée de Joseph, l’époux de Marie, tandis que Luc semble tracer celle de Marie.

Matthieu structure sa généalogie en trois groupes de quatorze générations :

1. Les Patriarches – les quatorze premiers noms, d’Abraham à David ;

2. Les rois d’Israël – de David à la déportation à Babylone ;

3. Les Ancêtres après l’exil – jusqu’à Jésus.

Matthieu 1:17

17 Il y a donc en tout quatorze générations depuis Abraham jusqu’à David, quatorze générations depuis David jusqu’à la déportation à Babylone, et quatorze générations depuis la déportation à Babylone jusqu’au Christ.

Pourquoi ce découpage en quatorze ? Est-ce un simple outil mnémotechnique, ou une allusion à la valeur numérique du nom David (דוד) en hébreu, qui donne 14 (D=4, V=6, D=4) ? C’est probable, car Matthieu place David en figure centrale dès le premier verset :

Matthieu 1:1

1 Généalogie de Jésus Christ, fils de David, fils d’Abraham.

Il commence par Abraham, le père de la foi juive, car son Évangile s’adresse principalement aux Juifs. En revanche, Luc écrit pour un public païen, représenté par Théophile, et fait donc remonter la lignée de Jésus jusqu’à Adam, le père de toute l’humanité.

Cependant, il est frappant de constater que Matthieu introduit la généalogie non pas avec Abraham, mais avec David : « Jésus Christ, fils de David ». Dès l’entrée en matière, il affirme la messianité de Jésus, soulignant son ascendance royale dans la tribu de Juda.

L’accomplissement des promesses prophétiques

Matthieu présente Jésus comme l’accomplissement de la bénédiction prophétique prononcée par Jacob sur Juda :

Genèse 49:10

10 Le sceptre ne s’éloignera point de Juda, Ni le bâton souverain d’entre ses pieds, Jusqu’à ce que vienne le Schilo, Et que les peuples lui obéissent.

L’expression « fils de David », typiquement messianique, revient dix fois dans Matthieu : (1:1, 20 ; 9:27 ; 12:23 ; 15:22 ; 20:30-31 ; 21:9, 15 ; 22:42).

Des femmes et des étrangers dans la lignée de Jésus

Fait remarquable : Matthieu inclut des femmes et des non-Juifs dans la généalogie de Jésus. Ce choix n’est pas anodin.

Rahab, la prostituée cananéenne, est citée parce qu’elle crut en Dieu (cf. Josué 2)

Ruth, la Moabite, bien qu’exclue en principe de l’assemblée d’Israël :

Deutéronome 23:3

L’Ammonite et le Moabite n’entreront point dans l’assemblée de l’Éternel, même à la dixième génération et à perpétuité,

L’explication en est donnée en Néhémie 13:1-2, en lien avec l’épisode de Balaam. Ruth, quant à elle, a été un modèle de foi :

Ruth 2:12

12 Que l’Éternel te rende ce que tu as fait, et que ta récompense soit entière de la part de l’Éternel, le Dieu d’Israël, sous les ailes duquel tu es venue te réfugier !

Beth Schéba, femme d’Urie, est mentionnée de manière détournée (« la femme d’Urie »), soulignant le péché de David et l’identité hittite de son mari (2 Samuel 11:3).

2 Samuel 11:3

3 David fit demander qui était cette femme, et on lui dit: N’est-ce pas Bath Schéba, fille d’Éliam, femme d’Urie, le Héthien?

Des omissions volontaires ont été faite dans la liste royale

Trois rois de Juda sont omis dans la généalogie entre Joram et Ozias :

1. Achazia (cf. 2 Rois 8,9; 2 Chroniques 22)

2. Joas (cf. 2 Rois 11:2; 12:19-21; 2 Chroniques 24)

3. Amatsia (cf. 2 Rois 14; 2 Chroniques 25).

Pourquoi ces omissions ? Deux théories sont avancées :

Matthieu pourrait avoir voulu simplifier la structure pour maintenir son schéma de 3×14.

Ou bien, il s’agit d’un jugement symbolique : Joram, marié à Athalie (fille de Jézabel), a introduit l’idolâtrie. Son péché aurait eut des effets jusqu’à la troisième génération, comme le rappelle :

cf. Deutéronome 5:9

Tu ne te prosterneras point devant elles, et tu ne les serviras point ; car moi, l’Éternel, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux, qui punis l’iniquité des pères sur les enfants jusqu’à la troisième et à la quatrième génération de ceux qui me haïssent,

À noter qu’Ézéchias fait partie des cinq rois pieux de Juda (avec Asa, Josaphat, Ozias et Josias).

Les déportations à Babylone

Matthieu mentionne la déportation comme une étape clé. En réalité, il y en a eu quatre :

  1. En 605 av. J.-C., la première vague de déportation avec Daniel et ses compagnons.
  2. En 597 av. J.-C., Jojakin, Ézéchiel et 10 000 artisans furent déportés (cf. 2 Rois 24:10-17).
  3. En 587/586 av. J.-C., la majorité de la population fut exilée et Jérusalem détruite (cf. 2 Rois 25).
  4. En 582 av. J.-C., après l’assassinat de Guedalia, le gouverneur établi par Babylone, une quatrième vague de déportés partit.

Zorobabel et Sadok

Zorobabel fut le chef du retour d’exil, aux côtés de Josué, ainsi que le relatent les livres d’Esdras et Néhémie.

Quant à Sadok, mentionné dans la généalogie, ce n’est pas le même que le fidèle sacrificateur du temps de David. Le Sadok cité ici, descend de la tribu de Juda et non de celle de Lévi, ce qui montre qu’il ne faut pas confondre les personnes portant le même nom.

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4 – Matthieu 1:18-25 : La naissance de Jésus

Un homme de bien : cette expression (v.19) utilisée pour Joseph, désigne un homme juste selon les critères de la loi mosaïque. Dans le même esprit, Noé et Job étaient considérés comme justes, sans pour autant être exempts de péché.

Au verset 21 « c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés” – Jésus est venu avec trois objectifs distincts:

1. Révéler pleinement Dieu, le Père;

2. Racheter l’homme du péché, tel qu’annoncé dès Genèse 3:15 ;

3. Donner aux humains un exemple parfait à suivre.

Beaucoup rejettent la naissance virginale de Jésus, tout en acceptant d’autres naissances miraculeuses rapportées dans l’Écriture. Par exemple pour :

Isaac, né d’une mère de 90 ans ;

Samuel, né d’Anne, qui était stérile ;

Jean-Baptiste, né d’Élisabeth, également stérile et avancée en âge :

Luc 1:7

Ils n’avaient point d’enfants, parce qu’Élisabeth était stérile ; et ils étaient l’un et l’autre avancés en âge.

Matthieu 1:25 précise

25 Mais il ne la connut point jusqu’à ce qu’elle eût enfanté un fils, auquel il donna le nom de Jésus.

Le catholicisme enseigne que Marie est restée vierge toute sa vie et que Joseph était un homme âgé. Or, ce verset dit clairement : « Il ne la connut point jusqu’à ce qu’elle eût enfanté… » Ce qui veut dire qu’après la naissance de Jésus, leur relation a suivi le cours normal du mariage avec une relation charnelle.

De plus, plusieurs passages mentionnent les frères de Jésus, ce qui confirme cette lecture (Matthieu 12:46 ; Matthieu 13:55 ; Luc 8:19 ; Actes 1:14)

Matthieu 13:55

55 N’est-ce pas le fils du charpentier ? n’est-ce pas Marie qui est sa mère? Jacques, Joseph, Simon et Jude, ne sont-ils pas ses frères?

Il est donc important de distinguer entre interprétation et affirmation doctrinale. On peut proposer une lecture d’un texte, mais on ne peut pas affirmer l’inverse de ce que l’Écriture dit clairement, sans sortir du cadre biblique.

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Parabole de la veuve persévérante et du juge inique

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La Parabole de la veuve de Luc 18:1-8 enseigne la nécessité de prier sans se lasser. Jésus introduit cette parabole par un but clair celui de «montrer qu’il faut toujours prier, et ne point se relâcher. » (Luc 18:1)

La parabole de la veuve et du juge inique

1 – L’enseignement

Luc 18:1-8

1 Jésus leur adressa une parabole, pour montrer qu’il faut toujours prier, et ne point se relâcher.

Il dit: Il y avait dans une ville un juge qui ne craignait point Dieu et qui n’avait d’égard pour personne.

Il y avait aussi dans cette ville une veuve qui venait lui dire: Fais-moi justice de ma partie adverse.

Pendant longtemps il refusa. Mais ensuite il dit en lui-même: Quoique je ne craigne point Dieu et que je n’aie d’égard pour personne,

néanmoins, parce que cette veuve m’importune, je lui ferai justice, afin qu’elle ne vienne pas sans cesse me rompre la tête.

Le Seigneur ajouta: Entendez ce que dit le juge inique.

Et Dieu ne fera-t-il pas justice à ses élus, qui crient à lui jour et nuit, et tardera-t-il à leur égard?

Je vous le dis, il leur fera promptement justice. Mais, quand le Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre?

La veuve insistait auprès d’un juge injuste pour obtenir justice. Elle incarne ainsi la foi active et persévérante. Ce récit souligne que Dieu entend les prières constantes de ses enfants. Paul confirme ce principe en:

1 Thessaloniciens 5:17

17  Priez sans cesse. 

De plus, Hébreux 11:6 affirme que Dieu récompense ceux qui Le cherchent avec persévérance.

Ainsi, cette parabole ne glorifie pas l’injustice du juge, mais la ténacité de la foi. Elle invite le croyant à prier avec confiance, malgré les retards ou les silences apparents.

2-   A qui s’adresse Jésus ?

Jésus s’adresse ici à ses disciples (Luc 18:1), mais aussi à tous ceux qui le suivent avec sincérité. Il les prépare à affronter des temps difficiles, marqués par l’injustice et le découragement.

Ce message touche chacun de nous, car qui n’a jamais prié sans voir de réponse immédiate ? Pourtant, Jésus affirme que Dieu interviendra rapidement, même s’Il semble tarder.

Jésus donne des avertissements sur la fin des temps en Matthieu 24 et il dit en :

Matthieu 24:12-13

12  Et, parce que l’iniquité se sera accrue, l’amour du plus grand nombre se refroidira.

13  Mais celui qui persévérera jusqu’à la fin sera sauvé.

Il est question de persévérer ou de persévérance trente sept fois dans le Nouveau Testament et particulièrement dans l’épître aux Hébreux et en Apocalypse.

Par cette parabole, Jésus alerte contre l’abandon de la prière et de la foi dans un monde corrompu. Dieu ne ressemble pas au juge inique. Au contraire, Il est juste et bon et Il agit toujours au moment parfait.

3-  Le contexte :

La parabole s’insère dans un discours eschatologique. Jésus vient d’annoncer Son retour (Luc 17:22-37). Il parle ensuite de persévérance dans l’attente du Fils de l’homme.

Dans ce contexte, la prière devient un acte de foi eschatologique. Elle prépare le croyant à tenir ferme jusqu’au retour de Jésus Christ. L’injustice du juge contraste avec la justice de Dieu, qui ne tarde jamais.

2 Pierre 3:9

Le Seigneur ne tarde pas dans l’accomplissement de la promesse, comme quelques-uns le croient ; mais il use de patience envers vous, ne voulant pas qu’aucun périsse, mais voulant que tous arrivent à la repentance.

En effet, même si le mal semble triompher temporairement, Dieu voit, entend et répond. Les âmes sous l’autel crient en :

Apocalypse 6:10

10 Ils crièrent d’une voix forte, en disant: Jusques à quand, Maître saint et véritable, tarde-tu à juger, et à tirer vengeance de notre sang sur les habitants de la terre?

 « Jusques à quand… ne juges-tu pas et ne venges-tu pas notre sang ? »

La parabole devient alors une réponse implicite. La justice de Dieu n’est pas en sommeil. Elle agit au moment déterminé. L’attente forme et éprouve notre foi.

4-  Explication de la parabole

Le juge ne craint ni Dieu, ni les hommes et il ne pense qu’à lui en profitant de son statut. Un contraste complet existe entre ce juge et Dieu. Il y a même de la méchanceté chez ce juge qui semble éprouver une satisfaction à ne pas accorder justice à la veuve. Si même un homme injuste finit par céder, combien plus Dieu répondra-t-il à Ses élus ? Le verset 7 insiste : « Et Dieu ne fera-t-il pas justice à ses élus… bien qu’il tarde à leur égard ? »

La veuve est la figure du croyant vulnérable qui fait face à un juge sans compassion. Elle n’abandonne pas. Sa persévérance force le juge à agir, non par bonté, mais pour avoir la paix. Elle est l’image des chrétiens et comme il est dit en:

Luc 18:7

Et Dieu ne fera-t-il pas justice à ses élus, qui crient à lui jour et nuit, et tardera-t-il à leur égard?

Le harcèlement de la veuve illustre la prière insistante et persévérante. Ce n’est cependant pas la témérité et l’insistance dans la prière (parabole de l’ami intercesseur) qui conduisent à une foi plus grande, mais la foi en l’identité de Dieu qui aboutit à plus de hardiesse et de persévérance dans la prière!

Le point central n’est donc pas l’obtention rapide d’une réponse, mais la foi active dans l’attente. Cette foi se manifeste par la constance, la confiance et l’assurance du caractère de Dieu.

C’est un appel à persévérer, même lorsque tout semble fermé. En effet Dieu, à la différence du juge, agit selon Sa fidélité. Jésus-Christ se sert de l’image d’un juge injuste pour souligner le contraste avec le Dieu juste! Son but était de mettre l’accent sur la certitude absolue que Dieu répond à la prière.

5- La leçon pour nous à retenir et Son application personnelle

La Parabole de la veuve enseigne que la persévérance dans la prière révèle la profondeur de notre foi. Jésus termine par cette question percutante : « Quand le Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » (Luc 18:8)

L’application est claire : ne jamais cesser de prier, même dans l’épreuve. En Romains 12:12, Paul écrit : « Persévérez dans la prière. »

Romains 12:12

12 Réjouissez-vous en espérance. Soyez patients dans l’affliction. Persévérez dans la prière.

Chacun de nous peut vivre des situations où la justice semble absente, mais cette parabole affirme que Dieu n’oublie personne. Elle appelle à maintenir notre foi vivante et active par la prière.

La vraie foi ne s’évalue pas en temps d’abondance, mais dans l’attente. Cette persévérance prouve que Dieu reste notre seul espoir, même quand tout semble nous contredire.

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Hébreux chapitre 13 : Exhortations pour la vie chrétienne

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Dans Hébreux chapitre 13, l’auteur conclut son épître par des exhortations pratiques sur l’amour fraternel, l’hospitalité, le mariage et la fidélité. Il insiste sur le besoin de suivre Christ en dehors du camp, en renonçant au monde.

Étude biblique suivante :

Hébreux chapitre 13 – Étude biblique

Ce dernier chapitre doit être considéré comme le résumé de l’épître et être considéré comme essentiel pour notre vie chrétienne. Celui-ci comporte plusieurs traits caractéristiques de Paul. Il est important dans la mesure où il traite de la relation au sein de l’assemblée et en particulier avec le ou les responsables ainsi que le montre son premier verset.

1 – Hébreux chapitre 13 :1-6 : les exhortations pratiques

Hébreux 13:1-6

1 Persévérez dans l’amour fraternel.

N’oubliez pas l’hospitalité ; car, en l’exerçant, quelques-uns ont logé des anges, sans le savoir.

Souvenez-vous des prisonniers, comme si vous étiez aussi prisonniers ; de ceux qui sont maltraités, comme étant aussi vous-mêmes dans un corps.

Que le mariage soit honoré de tous, et le lit conjugal exempt de souillure, car Dieu jugera les impudiques et les adultères.

Ne vous livrez pas à l’amour de l’argent ; contentez-vous de ce que vous avez; car Dieu lui-même a dit: Je ne te délaisserai point, et je ne t’abandonnerai point.

C’est donc avec assurance que nous pouvons dire : Le Seigneur est mon aide, je ne craindrai rien; Que peut me faire un homme?

Cette première section traite des devoirs des chrétiens envers leurs frères et sœurs en Christ. Le verset 1 insiste sur la persévérance dans l’amour fraternel, une pratique déjà manifestée dans le passé (Hébreux 6:10 ; 10:32-35) et qu’il est essentiel de continuer à cultiver. L’amour fraternel est le signe distinctif des vrais disciples de Christ. il exige un effort constant. Cet amour témoigne d’une connaissance authentique de Dieu, comme l’affirment Jean 15:12, 17 et 1 Jean 4:7, 8.

Jean 15:12

12 C’est ici mon commandement: Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés.

1 Thessaloniciens 4:9

Pour ce qui est de l’amour fraternel, vous n’avez pas besoin qu’on vous en écrive; car vous avez vous-mêmes appris de Dieu à vous aimer les uns les autres,

Le Seigneur a également dit dans Jean 13:35

35 A ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres.

Ce principe d’amour fraternel repose sur l’idée de considérer l’intérêt de l’autre avant le sien, comme enseigné en:

1 Corinthiens 10:24

24 Que personne ne cherche son propre intérêt, mais que chacun cherche celui d’autrui.

Ceci implique que notre intérêt ne soit pas au détriment de l’autre. C’est le principe du « gagnant-gagnant »

De même Paul nous invite à imiter l’humilité de Christ qui s’est dépouillé en:

Philippiens 2:5-8

Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus Christ,

lequel, existant en forme de Dieu, n’a point regardé comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu,

mais s’est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes ; et ayant paru comme un simple homme,

il s’est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix.

Le verset 2 fait référence à l’hospitalité, qui est un signe d’amour chrétien envers les frères et sœurs de passage. L’auteur insiste sur l’importance de recevoir l’autre, qu’il fasse partie de notre assemblée ou qu’il soit un prédicateur itinérant ou tout simplement un chrétien de passage. Cependant, l’hospitalité doit toujours s’exercer avec discernement.

v.2 – l’hospitalité, le mot grec se traduit aussi par l’amour envers un chrétien de passage. Ainsi l’auteur recommande en premier lieu de manifester de l’amour entre non seulement les frères d’une même assemblée, mais aussi envers les chrétiens extérieurs, et suivre la recommandation de:

Galates 6:10

10 Ainsi donc, pendant que nous en avons l’occasion, pratiquons le bien envers tous, et surtout envers les frères en la foi.

A ce propos, il faut se rappeler que l’apôtre Jean nous met en garde contre ceux qui ne confirment pas la doctrine de Christ, en particulier ceux qui prétendent être chrétiens sans affirmer l’incarnation du Christ.

2 Jean 7, 10

Car plusieurs séducteurs sont entrés dans le monde, qui ne déclarent pas publiquement que Jésus Christ est venu en chair. Celui qui est tel, c’est le séducteur et l’antéchrist.

Quiconque va plus loin et ne demeure pas dans la doctrine de Christ n’a point Dieu; celui qui demeure dans cette doctrine a le Père et le Fils.

10 Si quelqu’un vient à vous et n’apporte pas cette doctrine, ne le recevez pas dans votre maison, et ne lui dites pas : Salut ! (la doctrine de Christ v.9)

 L’hospitalité doit s’exercer avec discernement et ainsi reconnaitre les vrais croyants à leurs actes. Pourquoi ces avertissements ? Parce qu’à l’époque, des païens connaissant l’hospitalité chrétienne cherchaient à en profiter plutôt que d’avoir à payer une chambre à l’auberge.

Matthieu 7:20

20 C’est donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez.

L’hospitalité ne doit pas être un acte aveugle, mais une pratique fondée sur le discernement spirituel.

Solidarité avec les persécutés

Dans le verset 3, l’auteur appelle à se souvenir des prisonniers, notamment ceux emprisonnés à cause de leur foi. Ce principe reste d’actualité dans certains pays où les chrétiens sont persécutés. Ce rappel est aussi lié à l’enseignement de Jésus en:

Matthieu 25:36   

36 j’étais nu, et vous m’avez vêtu ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus vers moi.

Les chrétiens sont invités à vivre dans la solidarité et la compassion envers ceux qui souffrent pour leur foi, comme s’ils étaient eux-mêmes persécutés. C’est le corps de Christ qui est persécuté.

Honorer le mariage

Le verset 4 réaffirme que le mariage doit être honoré par tous. Le célibat n’est pas une contrainte, mais chacun doit respecter l’institution du mariage, qu’il soit marié ou non. L’immoralité sexuelle, bien que courante dans le monde païen de l’époque, n’a pas sa place dans la vie du chrétien. Le respect du mariage et de la chasteté est une marque de fidélité à Dieu. La référence aux « impudiques » et « adultères » inclut toutes les formes d’immoralité sexuelle, et notre époque malheureusement, pousse les personnes à des relations extra conjugales de toutes sortes, les médias, le cinéma en faisant l’apologie.

L’attachement à l’argent et la confiance en Dieu

Le verset 5 met en garde contre l’amour de l’argent, qui peut conduire à la convoitise. Ce n’est pas l’argent en soi qui est mauvais, mais l’attachement excessif à celui-ci. Le chrétien doit apprendre à se contenter de ce qu’il a, en plaçant sa confiance en Dieu pour pourvoir à ses besoins. Josué 1:5 et Matthieu 6:19-34 rappellent que notre sécurité ne réside pas dans les biens matériels, mais dans la fidélité de Dieu. Gardons cela en mémoire.

Matthieu 28:20

20 et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde.

Hébreux 13:8

Jésus Christ est le même hier, aujourd’hui, et éternellement.

Le verset 6 qui cite le Psaume 118:6, est une puissante déclaration de confiance en Dieu :
« Le Seigneur est mon aide, je ne craindrai rien ; que peut me faire un homme ? »

Ceci est un appel à la foi et à la certitude que Dieu est notre secours dans toutes les situations, y compris dans les épreuves spirituelles. Jésus nous encourage à ne pas craindre les hommes mais à avoir une crainte respectueuse de Dieu qui a le pouvoir de juger à la fois l’âme et le corps.

Matthieu 10:28

28 Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr l’âme et le corps dans la géhenne.

2 – Hébreux chapitre 13 :7-16 –Les devoirs du chrétien envers les responsables et Jésus-Christ

Hébreux 13:7-9

Souvenez-vous de vos conducteurs qui vous ont annoncé la parole de Dieu ; considérez quelle a été la fin de leur vie, et imitez leur foi.

Jésus Christ est le même hier, aujourd’hui, et éternellement.

Ne vous laissez pas entraîner par des doctrines diverses et étrangères ; car il est bon que le cœur soit affermi par la grâce, et non par des aliments qui n’ont servi de rien à ceux qui s’y sont attachés.

10 Nous avons un autel dont ceux qui font le service au tabernacle n’ont pas le pouvoir de manger.

11 Le corps des animaux, dont le sang est porté dans le sanctuaire par le souverain sacrificateur pour le péché, sont brûlés hors du camp.

12 C’est pour cela que Jésus aussi, afin de sanctifier le peuple par son propre sang, a souffert hors de la porte.

13 Sortons donc pour aller à lui, hors du camp, en portant son opprobre.

14 Car nous n’avons point ici-bas de cité permanente, mais nous cherchons celle qui est à venir.

15 Par lui, offrons sans cesse à Dieu un sacrifice de louange, c’est-a-dire le fruit de lèvres qui confessent son nom.

16 Et n’oubliez pas la bienfaisance et la libéralité, car c’est à de tels sacrifices que Dieu prend plaisir.

Cette seconde section de l’épître aborde les devoirs des chrétiens au sein de l’assemblée, notamment envers les responsables spirituels, mais surtout envers Jésus-Christ.

Verset 7 : Souvenez-vous de vos conducteurs

L’auteur invite les croyants à se souvenir des conducteurs qui leur ont annoncé la parole de Dieu. Il s’agit des leaders spirituels qui ont proclamé l’Évangile et ont vécu selon ses principes. Certains d’entre eux sont décédés, peut-être à cause des persécutions ou de causes naturelles. Le souvenir de leur vie et de leur engagement est un acte d’honneur envers leur service.

Ces conducteurs ont été fidèles à la parole de Dieu, et c’est cette fidélité qui est mise en avant. Le chrétien doit imiter leur foi, comme l’encourage l’apôtre Paul dans ses lettres, notamment en 1 Corinthiens et en :

Philippiens 3:17

17 Soyez mes imitateurs, comme je le suis moi-même de Christ.

Verset 8 : Jésus Christ est le même hier, aujourd’hui et éternellement

Le verset 8 introduit un aspect central de la foi chrétienne, à savoir l’immuabilité de Jésus-Christ. Bien que nous ayons des exemples à suivre dans la vie des saints et des conducteurs spirituels, le modèle suprême est Jésus. En Lui, il n’y a ni variation ni changement, ce qui nous donne une certitude absolue quant à sa fidélité et sa constance.

Ce verset reprend le fondement de:

Hébreux 1:10-12

10 Et encore : Toi, Seigneur, tu as au commencement fondé la terre, Et les cieux sont l’ouvrage de tes mains ;

11 Ils périront, mais tu subsistes ; Ils vieilliront tous comme un vêtement,

12 Tu les rouleras comme un manteau et ils seront changés ; Mais toi, tu restes le même, Et tes années ne finiront point.

Ce passage souligne la permanence de Dieu et de son Christ face au côté éphémère de la création : « Ils périront, mais toi, tu restes le même, et tes années ne finiront point. »

Nous retrouvons cette même pensée d’immuabilité de Dieu en :

Ésaïe 46:4

Jusqu’à votre vieillesse je serai le même, Jusqu’à votre vieillesse je vous soutiendrai; Je l’ai fait, et je veux encore vous porter, Vous soutenir et vous sauver.

Verset 9 : Ne vous laissez pas entraîner par des doctrines diverses et étrangères

Les croyants étaient avertis de ne pas se laisser séduire par des doctrines qui les éloigneraient de la vérité de l’Évangile. Bien que ce type de tentation existe encore aujourd’hui, elle était particulièrement présent à l’époque de l’auteur de l’épître avec des mouvements qui prônaient des enseignements déviants. Ces doctrines étaient souvent en dehors de l’enseignement apostolique.

L’auteur insiste sur le fait qu’il est essentiel d’être affermi par la grâce de Dieu, et non par des pratiques alimentaires ou rituelles qui ne produisent aucun fruit spirituel durable.

Colossiens 2:16-23

16 Que personne donc ne vous juge au sujet du manger ou du boire, ou au sujet d’une fête, d’une nouvelle lune, ou des sabbats :

17 c’était l’ombre des choses à venir, mais le corps est en Christ.

18 Qu’aucun homme, sous une apparence d’humilité et par un culte des anges, ne vous ravisse à son gré le prix de la course, tandis qu’il s’abandonne à ses visions et qu’il est enflé d’un vain orgueil par ses pensées charnelles,

19 sans s’attacher au chef, dont tout le corps, assisté et solidement assemblé par des jointures et des liens, tire l’accroissement que Dieu donne.

20 Si vous êtes morts avec Christ aux rudiments du monde, pourquoi, comme si vous viviez dans le monde, vous impose-t-on ces préceptes :

21 Ne prends pas ! ne goûte pas ! ne touche pas !

22 préceptes qui tous deviennent pernicieux par l’abus, et qui ne sont fondés que sur les ordonnances et les doctrines des hommes ?

23 Ils ont, à la vérité, une apparence de sagesse, en ce qu’ils indiquent un culte volontaire, de l’humilité, et le mépris du corps, mais ils sont sans aucun mérite et contribuent à la satisfaction de la chair.

Ces versets de Colossiens donnent un éclairage précieux, en rappelant que les rites de l’Ancien Testament, comme ceux mentionnés dans Lévitique 11, sont abolis en Christ.

verset 9 – Ne vous laissez pas entraîner : les lecteurs pouvaient être tentés de suivre un mouvement qui les pousserait à renier la foi en Jésus. C’est une tentation présente encore aujourd’hui, et ce bien qu’inconsciente, de suivre des doctrines étrangères, étrangères car elles sont en dehors de l’Évangile. C’est pourquoi, il nous faut connaître le mieux possible la Bible pour détecter toutes déviances. Si nous connaissons bien la Bible, un signal d’alerte sera émis pour toute déviance à laquelle nous serons confrontés.

Ce verset 9 se comprend à la lumière de Colossiens 2:16-23 qui rappelle que les observances de la loi (dites en Lévitique 11) sont abolies en Christ :

Hébreux 13:10-16

10 Nous avons un autel dont ceux qui font le service au tabernacle n’ont pas le pouvoir de manger.

11 Le corps des animaux, dont le sang est porté dans le sanctuaire par le souverain sacrificateur pour le péché, sont brûlés hors du camp.

12 C’est pour cela que Jésus aussi, afin de sanctifier le peuple par son propre sang, a souffert hors de la porte.

13 Sortons donc pour aller à lui, hors du camp, en portant son opprobre.

14 Car nous n’avons point ici-bas de cité permanente, mais nous cherchons celle qui est à venir.

15 Par lui, offrons sans cesse à Dieu un sacrifice de louange, c’est-a-dire le fruit de lèvres qui confessent son nom.

16 Et n’oubliez pas la bienfaisance et la libéralité, car c’est à de tels sacrifices que Dieu prend plaisir.

Versets 10-16 : Le sacrifice de Christ et notre réponse

Le passage des versets 10 à 16 fait référence aux sacrifices de l’Ancien Testament qui étaient un moyen d’entrer en communion avec Dieu, mais qui ont été accomplis et surpassés par le sacrifice de Jésus. Le verset 12 fait une comparaison importante : tout comme les corps des animaux sacrifiés étaient brûlés hors du camp, Jésus a souffert hors de la porte de la ville pour sanctifier son peuple par son propre sang. Cette allusion à la crucifixion hors de Jérusalem, invite les croyants à s’identifier à Jésus en dehors de la culture et des systèmes établis.

Verset 13 : L’invitation est donc claire. Il faut sortir du camp, s’éloigner des sécurités mondaines, et porter l’opprobre de Jésus en publiant notre foi sans crainte. L’auteur appelle à un témoignage public, même au prix de l’opprobre ou de persécutions. Une foi cachée n’a pas de véritable témoignage. Comment pourrions-nous accomplir la grande commission de Jésus figurant en Matthieu 28:18-20 si nous restons discrets ou secrets dans notre foi ?

Verset 15 : Offrir à Dieu un sacrifice de louange

Le sacrifice de louange est un acte volontaire, un hommage rendu à Dieu par des paroles de reconnaissance. Le système sacrificiel de l’Ancien Testament avait des sacrifices obligatoires et volontaires. Parmi les sacrifices volontaires, celui de la louange et des actions de grâce est le plus significatif.

Lévitique 7:12

12 Si quelqu’un l’offre par reconnaissance, il offrira, avec le sacrifice d’actions de grâces, des gâteaux sans levain pétris à l’huile, des galettes sans levain arrosées d’huile, et des gâteaux de fleur de farine frite et pétris à l’huile.

Ces sacrifices, qui étaient associés à l’offrande de gâteaux et de pain sans levain, symbolisent la pureté et la reconnaissance.

De même, les chrétiens doivent offrir à Dieu, par Jésus-Christ, des sacrifices de louange, ce qui implique de glorifier Son nom par nos paroles et nos actions. Les “fruits de lèvres” font référence à la confession publique de notre foi en Christ.

Verset 16 : La bienfaisance et la libéralité

Les versets 15 et 16 rappellent l’importance de faire le bien et de la libéralité envers les autres. Ces sacrifices sont un acte de charité chrétienne et de communion fraternelle. Le terme grec « koinonia » exprime l’idée de partager, de mettre en commun ses ressources pour le bien-être des autres, en particulier des plus démunis. Dieu se réjouit de ces sacrifices, qui reflètent l’amour authentique entre les croyants. Cela nous appelle à une vie généreuse et attentionnée envers ceux qui en ont besoin.

Conclusion de ce passage

Ces versets nous rappellent que, bien que nous ayons des exemples humains à suivre, Jésus-Christ reste le modèle suprême, éternel et immuable. Il est essentiel de rester fermes dans la foi, de ne pas se laisser séduire par des enseignements erronés*, et de vivre publiquement notre foi en Christ, même au prix de l’opprobre. Offrons à Dieu un sacrifice de louange, en glorifiant Son nom par nos actions et nos paroles. Enfin, vivons dans la communion fraternelle, en nous soutenant les uns les autres dans la générosité et la charité.

*Enseignements erronés = Seule la connaissance de la Bible permet d’identifier ces faux enseignements.

3 – Hébreux chapitre 13 :17-25 – L’Exhortation à l’Obéissance et à la Prière pour les Conducteurs

Hébreux 13:17

17 Obéissez à vos conducteurs et ayez pour eux de la déférence, car ils veillent sur vos âmes comme devant en rendre compte ; qu’il en soit ainsi, afin qu’ils le fassent avec joie, et non en gémissant, ce qui vous ne serait d’aucun avantage.

L’exhortation à l’obéissance envers les conducteurs spirituels est une thématique récurrente dans les Écritures (1 Corinthiens 16:16, 1 Thessaloniciens 5:12-13). L’obéissance et la soumission ne sont pas des actes d’humilité forcée, mais des choix volontaires dans un contexte où les chrétiens doivent prendre au sérieux leurs devoirs envers les autres, en particulier envers ceux qui ont la charge de leurs âmes. Cette relation de respect et de reconnaissance est essentielle, car les conducteurs ont une responsabilité particulière devant Dieu (Ézéchiel 3:17, Ézéchiel 33:7-9).

Ézéchiel 33:7-9

Et toi, fils de l’homme, je t’ai établi comme sentinelle sur la maison d’Israël. Tu dois écouter la parole qui sort de ma bouche, et les avertir de ma part.

Quand je dis au méchant : Méchant, tu mourras ! si tu ne parles pas pour détourner le méchant de sa voie, ce méchant mourra dans son iniquité, et je te redemanderai son sang.

Mais si tu avertis le méchant pour le détourner de sa voie, et qu’il ne s’en détourne pas, il mourra dans son iniquité, et toi tu sauveras ton âme.

L’impact de l’attitude des membres de l’Église peut être vu dans la joie ou dans la douleur des conducteurs, et c’est cette joie qui bénéficie à l’assemblée.

L’exemple type à ne pas suivre est celui de la révolte de Koré

Nombres 16:3-5

3Ils s’assemblèrent contre Moïse et Aaron, et leur dirent : C’en est assez! car toute l’assemblée, tous sont saints, et l’Éternel est au milieu d’eux. Pourquoi vous élevez-vous au-dessus de l’assemblée de l’Éternel ?

Quand Moïse eut entendu cela, il tomba sur son visage.

Il parla à Koré et à toute sa troupe, en disant : Demain, l’Éternel fera connaître qui est à lui et qui est saint, et il le fera approcher de lui; il fera approcher de lui celui qu’il choisira.

Mais au contraire, il est nécessaire de suivre l’exhortation de :

Éphésiens 5:21

21 vous soumettant les uns aux autres dans la crainte de Christ.

Hébreux 13:18-19

18 Priez pour nous ; car nous croyons avoir une bonne conscience, voulant en toutes choses nous bien conduire.

19 C’est avec instance que je vous demande de le faire, afin que je vous sois rendu plus tôt.

L’appel à la prière pour les conducteurs n’est pas un simple appel de courtoisie, mais une nécessité spirituelle. Les conducteurs font face à des tentations et des épreuves et ont besoin de soutien spirituel. Cela rappelle l’importance de la prière pour les responsables spirituels, comme mentionné en:

Éphésiens 6:18-19

18 Faites en tout temps par l’Esprit toutes sortes de prières et de supplications. Veillez à cela avec une entière persévérance, et priez pour tous les saints.

19 Priez pour moi, afin qu’il me soit donné, quand j’ouvre la bouche, de faire connaître hardiment et librement le mystère de l’Évangile,

Il faut donc prier non seulement pour la force des croyants, mais aussi pour la clarté et le courage de prêcher l’Évangile. La prière de l’assemblée doit soutenir les conducteurs dans leur ministère.

Hébreux 13:20-21

20 Que le Dieu de paix, qui a ramené d’entre les morts le grand pasteur des brebis, par le sang d’une alliance éternelle, notre Seigneur Jésus,

21 vous rende capables de toute bonne œuvre pour l’accomplissement de sa volonté, et fasse en vous ce qui lui est agréable, par Jésus Christ, auquel soit la gloire aux siècles des siècles ! Amen!

Le « Dieu de paix » est invoqué ici, soulignant que la paix n’est pas seulement la réconciliation entre les individus, mais aussi la paix en Dieu qui nous rend capables d’accomplir Sa volonté. Cette prière rappelle l’œuvre de Jésus en tant que « grand pasteur », un titre qui fait référence à son rôle de guide suprême des croyants, comme Moïse et David l’étaient pour le peuple d’Israël. Par son sacrifice, Jésus a inauguré une « alliance éternelle », que son sang a scellée et rendue parfaite, contrairement à l’ancienne alliance qui était conditionnelle. Cette capacité de faire la volonté de Dieu est rendue possible par l’œuvre de Jésus, et c’est en Lui que nous accomplissons ce qui est agréable à Dieu.

Hébreux 13:22

22 Je vous prie, frères, de supporter ces paroles d’exhortation, car je vous ai écrit brièvement.

L’auteur rappelle ici qu’il n’a pas écrit longuement, mais que ses paroles sont une exhortation forte, visant à encourager et non à accuser. L’épître a un ton de « sermon », en ce sens qu’elle appelle à un engagement total à la foi chrétienne, et non à un retour en arrière vers des pratiques religieuses antérieures.

Hébreux 13:23-25

23 Sachez que notre frère Timothée a été relâché ; s’il vient bientôt, j’irai vous voir avec lui.

24 Saluez tous vos conducteurs, et tous les saints. Ceux d’Italie vous saluent.

25 Que la grâce soit avec vous tous ! Amen !

Dans ces versets de conclusion, l’auteur mentionne Timothée, ce qui peut donner une indication sur l’origine et ses liens personnels. Ainsi, il semble qu’il soit un proche de Paul. La salutation de ceux d’Italie pourrait également indiquer que l’épître a été écrite depuis Rome, soulignant une connexion avec les chrétiens de cette région. L’appel à la grâce montre l’importance de vivre dans la grâce de Dieu pour soutenir la vie chrétienne.

Le message principal de ce passage de Hébreux 13:17-25 est le respect envers les conducteurs spirituels, la nécessité de les soutenir par la prière, et l’ultime appel à accomplir la volonté de Dieu avec la force qu’Il donne. La relation entre les conducteurs et les membres de l’Église doit être marquée par un respect mutuel, dans un esprit de soumission bienveillante et d’amour fraternel, pour faire avancer le royaume de Dieu.

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Parabole La Main à La Charrue : Un Engagement Sans Retour

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La parabole de la main à la charrue de Luc 9:51-62 est un enseignement crucial de Jésus sur l’engagement à servir Dieu. Jésus demande à ses disciples d’ignorer les distractions mondaines et de se consacrer pleinement à l’appel divin. Cette étude examine les symboles et les leçons de cette parabole.

La parabole de la main à la charrue

Cette parabole est en quelque sorte un avertissement pour toute personne qui veut suivre Jésus, de calculer à la dépense (Luc 14:28) avant de s’engager.

1 – L’enseignement – Luc 9:51-62

51 Lorsque le temps où il devait être enlevé du monde approcha, Jésus prit la résolution de se rendre à Jérusalem.

52 Il envoya devant lui des messagers, qui se mirent en route et entrèrent dans un bourg des Samaritains, pour lui préparer un logement.

53 Mais on ne le reçut pas, parce qu’il se dirigeait sur Jérusalem.

54 Les disciples Jacques et Jean, voyant cela, dirent: Seigneur, veux-tu que nous commandions que le feu descende du ciel et les consume?

55 Jésus se tourna vers eux, et les réprimanda, disant: Vous ne savez de quel esprit vous êtes animés.

56 Car le Fils de l’homme est venu, non pour perdre les âmes des hommes, mais pour les sauver. Et ils allèrent dans un autre bourg.

L’épreuve de la consécration des disciples

57 Pendant qu’ils étaient en chemin, un homme lui dit: Seigneur, je te suivrai partout où tu iras.

58 Jésus lui répondit: Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des nids: mais le Fils de l’homme n’a pas un lieu où il puisse reposer sa tête.

59 Il dit à un autre: Suis-moi. Et il répondit: Seigneur, permets-moi d’aller d’abord ensevelir mon père.

60 Mais Jésus lui dit: Laisse les morts ensevelir leurs morts; et toi, va annoncer le royaume de Dieu.

61 Un autre dit: Je te suivrai, Seigneur, mais permets-moi d’aller d’abord prendre congé de ceux de ma maison.

62 Jésus lui répondit: Quiconque met la main à la charrue, et regarde en arrière, n’est pas propre au royaume de Dieu.

Pour comprendre tout le sens de la parabole, il faut comprendre ce qu’implique la résolution de Jésus d’aller à Jérusalem dite au verset 51 et les conséquences à venir pour Jésus.

Luc 9:51

51 Lorsque le temps où il devait être enlevé du monde approcha, Jésus prit la résolution de se rendre à Jérusalem.

Si nous ne prenons pas en compte ce verset pour expliquer la parabole de la main à la charrue, nous passerons à côté de l’essentiel de l’explication de celle-ci, car Jésus nous montre l’exemple.

Jésus réalise que son temps est presque écoulé. Il se prépare à accomplir sa mission, celle pour laquelle il est venu sur terre, en allant à Jérusalem où l’attend la crucifixion. Sa détermination reste ferme, concentrée sur sa mission. Il sait ce qui l’attend, il l’a annoncé précédemment.

Luc 9:22

22 Il ajouta qu’il fallait que le Fils de l’homme souffrît beaucoup, qu’il fût rejeté par les anciens, par les principaux sacrificateurs et par les scribes, qu’il fût mis à mort, et qu’il ressuscitât le troisième jour.

Puis il ajoute

Luc 9:23-24

23 Puis il dit à tous: Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge chaque jour de sa croix, et qu’il me suive.

24 Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui la perdra à cause de moi la sauvera.

2-   A qui s’adresse Jésus ?

Dans Luc 9:51-62, Jésus s’adresse directement à ses disciples et aux personnes qui souhaitent le suivre. Jésus veut clarifier les exigences que l’on attend d’un véritable disciple. Ceux qui souhaitent le suivre doivent comprendre que l’engagement envers lui ne doit pas être motivé par un désir d’un moment ou conditionné par des distractions. La parabole parle non seulement des personnes de son époque mais aussi de nous aujourd’hui, car elle soulève la question fondamentale de la priorité que nous accordons à notre foi.

C’est en quelque sorte un avertissement pour toute personne qui veut suivre Jésus de calculer à la dépense (Luc 14:28) avant de s’engager.

3-  Le contexte :

Le contexte de cette parabole se situe dans les derniers jours de Jésus en Galilée. C’est un moment charnière du ministère de Jésus, alors qu’il se dirige vers Jérusalem pour accomplir sa mission. Quand au verset 62 il est question de la main à la charrue. Il faut garder en mémoire le verset 51 pour comprendre la pensée de Jésus !

Luc 9:51

51 Lorsque le temps où il devait être enlevé du monde approcha, Jésus prit la résolution de se rendre à Jérusalem.

 Luc rapporte que Jésus se dirige vers Jérusalem, un lieu symbolique de sa souffrance à venir. La tension monte autour de Jésus, qui annonce son sacrifice et exige une entière soumission. Au moment où il parle de la charrue, Jésus met en évidence l’importance de suivre un appel radical à la mission divine, sans regarder en arrière ni s’encombrer de préoccupations humaines.

Ce passage met en lumière les obstacles que chaque croyant peut rencontrer lorsqu’il répond à l’appel divin. Jésus nous explique qu’être chrétien demande des sacrifices et un engagement total.

4-  Explication de la parabole

Dans Luc 9:62, Jésus utilise l’image de la personne qui met la main à la charrue et regarde en arrière pour enseigner qu’un disciple véritable doit être pleinement engagé dans la mission. La charrue symbolise le travail de Dieu, et la main représente l’engagement personnel du croyant. Ceux qui, tout en suivant Jésus, retournent à leur vie d’antan ou cherchent à retrouver leurs anciennes priorités ne sont pas prêts pour le royaume de Dieu. La parabole met donc l’accent sur l’importance de l’unité de cœur, de l’orientation vers Dieu et du renoncement aux distractions.

Pour comprendre cette parabole dans ses moindres détails, il faut relire plusieurs passages de ce chapitre 9. Un grand nombre d’éléments sont donnés pour comprendre la pensée de Jésus quand il parle de mettre la main à la charrue.

les détails du chapitre à prendre en compte
  • Jésus envoie les disciples en mission. ( aux versets 1-2)
  • Jésus nourrit une foule de cinq mille hommes. (aux versets 12-17)
  • Jésus annonce sa mort, (sa vraie mission) (aux verset 22 et 44-45)
  • Le prix de la consécration (aux versets 23-26)
  • La guérison d’un enfant (aux versets 38-43)
  • Les disciples s’interrogent à savoir qui est le plus grand. (aux versets 46-48)
L’image du laboureur

Un ouvrier agricole qui veut labourer une terre avec une charrue, réfléchit d’abord pour savoir comment il va procéder. Il se place au début du premier sillon à faire, et là toute son attention est tournée vers le sillon à tracer pour qu’il soit le plus droit possible. Cela veut dire que toute son attention est portée sur son travail. Il dirige les animaux qui tirent la charrue. Il fait attention au soc de la charrue pour qu’il soit correctement orienté, ni trop profond, ni trop en surface. En conséquence, il ne peut pas se permettre d’être distrait.

Ainsi, une fois qu’il a pris la charrue, l’ouvrier ne doit pas se retourner car le sillon ne serait plus droit. Le choix de cette parabole n’est pas anodin. Dans la parabole des deux constructeurs Jésus invite le disciple à bâtir sa vie de foi sur lui (sur la Bible). Celui qui veut bâtir une tour calcule à la dépense avant de la construire. C’est-à-dire qu’il doit réfléchir avant de s’engager. Ici dans cette parabole, Jésus utilise cette image pour souligner la nécessité d’un engagement sans faille, sans retour. Le travail nécessite d’aller jusqu’au bout de la mission. En d’autres termes, toute personne qui s’engage à suivre Jésus ne doit pas être distraite par son passé ou par des priorités superficielles. La main à la charrue symbolise l’engagement continu, inébranlable et sans hésitation, vers le royaume de Dieu.

La détermination des mages et leur obéissance à l’Esprit

Nous avons un exemple de détermination en les personnes des mages d’orient qui sont venus jusqu’à Jérusalem pour voir l’enfant Jésus et qui ont poursuivi leur chemin jusqu’à Bethléhem. En Matthieu 2, les mages d’orient poussés par le Saint-Esprit (l’étoile) ont consacré du temps, parcouru de longues distances pour se prosterner et adorer Jésus. Puis, en Matthieu 2:12, les mages suivent la direction du Saint-Esprit : « divinement avertis en songe »

Pour comprendre cette parabole dans le moindre détail, il faut se rappeler un certain nombre de versets comme il a été dit précédemment. Il est premièrement question d’envoi en mission. Jésus envoie ses douze disciples en mission avec le pouvoir sur les démons et la capacité de guérison pour prêcher le royaume de Dieu. Il exige des disciples une détermination sans faille. La parabole enseigne que le disciple ne doit pas regarder en arrière. Son passé et son entourage ne doivent pas entraver sa marche chrétienne. Un vrai disciple met sa relation avec Christ au-dessus de toutes autres relations, à l’inverse de ce qui est illustré par la réaction des trois postulants.

Le premier candidat – Verset 57 

‘’Seigneur, je te suivrai partout où tu iras’’

Quelle est sa motivation ? Elle est charnelle. Il faut revenir au début du chapitre. Cet homme a vu les disciples chasser des démons et guérir des malades. Il a aussi assisté à l’épisode de Jésus nourrissant une grande foule avec peu de ressources. Son désir de rejoindre les disciples semble motivé par l’envie de posséder cette puissance. Mais il ne perçoit que ce qui lui paraît être le côté favorable des choses. Jésus lui rappelle qu’il y a un prix à payer. Est-il prêt à payer ce prix, celui du renoncement au bien être ?

Jésus lui présente une vie de renoncement.

Luc 9:58

58 Jésus lui répondit: Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des nids: mais le Fils de l’homme n’a pas un lieu où il puisse reposer sa tête.

Car autant Jésus attire les foules, autant il est rejeté. La Judée le rejette (Jean 5:18), la Galilée le renvoie (Jean 6:66), la région de Gadara le supplie de partir (Matthieu 8:34), et la Samarie refuse de l’accueillir (Luc 9:53).

Bien que sa réaction ne soit pas mentionnée, il est clair que son ardeur à suivre Jésus a faibli.

Le deuxième candidat – verset 59

Seigneur, permets-moi d’aller d’abord ensevelir mon père.

Lorsque ce candidat à la suite de Jésus déclare : « Permets-moi d’aller d’abord ensevelir mon père », sa requête peut sembler raisonnable. Cependant, dans le contexte culturel de l’époque, cette expression était un idiome. Elle signifiait rester auprès des parents pour s’occuper d’eux jusqu’à leur mort, ce qui pouvait durer des années. C’était une obligation sociale bien ancrée (cf. 1 Rois 19:20).

Quelle priorité?

Ce candidat n’était donc pas prêt à un engagement total et immédiat. La véritable question soulevée ici est celle des priorités. Même le devoir familial, aussi sacré soit-il, ne peut passer avant l’appel de Jésus. La priorité absolue doit être donnée au Royaume de Dieu.

L’erreur de cet homme réside dans sa tendance à différer. Le mot clé qui trahit son cœur est : « d’abord ». Il cherche une bonne excuse pour repousser son obéissance. En remettant sans cesse à plus tard son engagement, il risque de ne jamais entrer pleinement dans la mission à laquelle il est appelé.

Pourtant l’ordre de mission est donné par Jésus :

Luc 9:60

60 Mais Jésus lui dit: Laisse les morts ensevelir leurs morts; et toi, va annoncer le royaume de Dieu.

Le troisième candidat – verset 61

Je te suivrai, Seigneur, mais permets-moi d’aller d’abord prendre congé de ceux de ma maison.

Dans le deuxième cas, ce sont les priorités personnelles du candidat qui le retiennent, et non son père. Ici, Jésus expose un autre obstacle majeur : la pression de l’entourage qu’elle soit familiale ou amicale, que ce soit la mère, le père, ou même, dans d’autres cas, le conjoint. Tous peuvent constituer un frein à la décision de suivre Jésus. Suivre Jésus est une décision personnelle. Le frein à l’engagement peut aussi venir d’amis avec qui l’on entretient des liens étroits.

Suivre Jésus ne nous rendra pas populaires, bien au contraire. C’est une séparation d’avec le monde d’avant. Comme Jésus, nous serons rejetés. Il est crucial d’en être conscient dès le départ. Suivre Jésus, c’est quitter une famille charnelle pour rejoindre une famille spirituelle.

Dans d’autres passages des Évangiles, nous constatons que même les disciples les plus proches de Jésus n’étaient pas exempts de pensées charnelles. Par exemple, au verset 46 de ce même chapitre, ils se demandent : « Qui est le plus grand ? »

5- La leçon pour nous à retenir et son application personnelle

En Luc 9:51

51 Lorsque le temps où il devait être enlevé du monde approcha, Jésus prit la résolution de se rendre à Jérusalem.

La détermination de Jésus-Christ contraste singulièrement avec le manque de détermination des trois candidats disciples. Jésus est notre modèle à suivre.

La leçon centrale de cette parabole est l’appel à une totale concentration sur la mission divine. Suivre Jésus implique de faire des sacrifices et de se détourner des distractions qui nous empêchent d’avancer dans notre foi. Cela nous rappelle aussi que le chemin du disciple n’est pas facile et qu’il faut persévérer sans hésitation. La parabole incite à vivre selon une nouvelle orientation, celle du royaume de Dieu, en abandonnant les préoccupations de ce monde. L’application personnelle de cette parabole est cruciale pour chaque chrétien.

Mesurer le coût de l’engagement

Elle nous invite à évaluer si nous sommes réellement engagés à suivre Jésus ou si nous permettons aux préoccupations mondaines de nous détourner de notre mission spirituelle. L’exigence de ne pas regarder en arrière est un appel à la fidélité et à la constance. Si nous mettons la main à la charrue de la foi, nous devons avancer sans retour en arrière. Cela implique un pardon constant et la volonté de renoncer à notre volonté propre pour rechercher celle de Dieu.

Le verset 62 est comme une conclusion de l’ensemble du chapitre.

Mettre la main à la charrue est en peu de mots une leçon à retenir pour qui veut suivre Jésus.

Cette parabole est étroitement lié avec les versets suivants :

Elle n’est pas le seul avertissement de la Bible sur l’engagement du disciple.

  1. Luc 14:27 – « Quiconque ne porte pas sa croix pour me suivre ne peut être mon disciple. »
  2. Philippiens 3:13-14 – « Oubliant ce qui est en arrière et me portant vers ce qui est en avant, je cours vers le but, pour remporter le prix de la vocation céleste de Dieu en Jésus-Christ. »
  3. Hébreux 12:1-2 – « Nous aussi, rejetons tout fardeau, et le péché qui nous enveloppe si facilement, et courons avec persévérance dans la carrière qui nous est ouverte, les yeux fixés sur Jésus. »
  4. Luc 9:23 – « Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce lui-même, qu’il prenne chaque jour sa croix, et qu’il me suive. »

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Hébreux chapitre 12 : Leçon de foi et persévérance chrétienne

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Hébreux chapitre 12, invite ses lecteurs à suivre l’exemple de Jésus, à persévérer dans la foi et à accueillir la discipline divine comme un moyen de croissance spirituelle. Il s’agit d’un appel à la sainteté et à la persévérance.

Étude biblique suivante : Hébreux chapitre 13

Hébreux chapitre 12 – Étude biblique

Le chapitre 12 de l’Épitre aux hébreux, encourage les croyants à persévérer dans la foi en prenant exemple sur Jésus-Christ, le « chef et consommateur de la foi ». Ce chapitre souligne l’importance de la discipline divine, qui bien que parfois douloureuse, produit des fruits de justice et de paix. Il appelle à rejeter tout ce qui entrave la marche chrétienne et à fixer les yeux sur Jésus. Hébreux chapitre 12 exhorte à la persévérance et à la droiture dans la course spirituelle, en s’appuyant sur l’exemple des croyants du passé évoqués au chapitre 11.

Courir avec persévérance en fixant les yeux sur Jésus.

1 – Hébreux chapitre 12:1-2 : Persévérance et Discipline dans la Course de la Foi

Hébreux 12:1-2

1 Nous donc aussi, puisque nous sommes environnés d’une si grande nuée de témoins, rejetons tout fardeau, et le péché qui nous enveloppe si facilement, et courons avec persévérance dans la carrière qui nous est ouverte,

2 ayant les regards sur Jésus, le chef et le consommateur de la foi, qui, en vue de la joie qui lui était réservée, a souffert la croix, méprisé l’ignominie, et s’est assis à la droite du trône de Dieu.

Dans le verset 1, il est question de témoins, mais témoins de quoi ? Ce sont ceux qui ont témoigné de leur foi. La grande nuée de témoins concerne tous ces héros de la foi de Hébreux 11. Nous avons dans ce verset l’idée de tous ces témoins dans les gradins d’un stade assistant à une course. Le mot traduit par carrière désignant un lieu de rassemblement comme un stade, une arène où ont lieu des épreuves.

Pour avoir la plus grande chance de gagner la course, il est évident que l’athlète ne s’encombre pas d’affaires inutiles. Paul dira en :

2 Corinthiens 9:24

24 Ne savez-vous pas que ceux qui courent dans le stade courent tous, mais qu’un seul remporte le prix ? Courez de manière à le remporter.

L’auteur explique que, tout comme un athlète se débarrasse de tout poids pour courir plus librement, le chrétien doit se débarrasser du péché et des distractions qui l’éloignent de Dieu. Les fardeaux peuvent aussi être comparés aux préoccupations de la vie dont parle Paul en :

2 Timothée 2:4-5

Il n’est pas de soldat qui s’embarrasse des affaires de la vie, s’il veut plaire à celui qui l’a enrôlé ;

et l’athlète n’est pas couronné, s’il n’a combattu suivant les règles.

Et en Philippiens 2:12-13

12 Ainsi, mes bien-aimés, comme vous avez toujours obéi, travaillez à votre salut avec crainte et tremblement, non seulement comme en ma présence, mais bien plus encore maintenant que je suis absent ;

13 car c’est Dieu qui produit en vous le vouloir et le faire, selon son bon plaisir.

et Philippiens 3:12-14

12 Ce n’est pas que j’aie déjà remporté le prix, ou que j’aie déjà atteint la perfection ; mais je cours, pour tâcher de le saisir, puisque moi aussi j’ai été saisi par Jésus Christ.

13 Frères, je ne pense pas l’avoir saisi ; mais je fais une chose : oubliant ce qui est en arrière et me portant vers ce qui est en avant,

14 je cours vers le but, pour remporter le prix de la vocation céleste de Dieu en Jésus Christ.

Dans ces versets Paul dit que le chrétien doit s’impliquer pour bénéficier de ce salut gratuit.

v.1 –Courir est une exhortation qui s’oppose à la tentation de se retirer qu’avaient ces judéo-chrétiens. L’auteur de l’Épître, se place dans la même situation que ses lecteurs.

La persévérance est le maitre mot de cette épître.

La carrière qui nous est ouverte  (pour garder l’image) veut dire que nous avons accès au stade et que nous avons droit de participer à la course. La vie chrétienne est souvent comparée à une course par l’apôtre Paul.

v.2 – Jésus : le christianisme est une personne à recevoir : Jésus,

Une vérité à croire (l’Évangile) relative à une personne : Jésus

Une vie en conformité à cette personne (à la ressemblance de Jésus) de la même façon que nous avons été créés à la ressemblance de Dieu, de Jésus.

Le verset 2 qui nous parle de tout ce que Jésus a supporté pour nous, est la raison pour laquelle nous devons en réponse, manifester de la persévérance (v.1) dans notre marche chrétienne.

Maintenant que nous avons pris conscience de la nuée de témoins qui occupe les gradins, il faut tourner les regards vers le podium où est Jésus et Dieu le Père. Il faut courir en nous montrant digne de Jésus.

Colossiens 3:23

23 Tout ce que vous faites, faites-le de bon cœur, comme pour le Seigneur et non pour des hommes,

v.2 la croix : elle est considérée par les érudits juifs comme étant un sujet de malédiction selon les versets de:

Deutéronome 21:23

23 son cadavre ne passera point la nuit sur le bois ; mais tu l’enterreras le jour même, car celui qui est pendu est un objet de malédiction auprès de Dieu, et tu ne souilleras point le pays que l’Éternel, ton Dieu, te donne pour héritage.

 Mais comme le dira Paul en :

Galates 3:13

13 Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous-car il est écrit : Maudit est quiconque est pendu au bois,

Cette malédiction nous était destinée en raison du péché, mais Jésus a pris cette malédiction sur lui.

Ce verset 2 est à mettre en relation avec ce qui est dit en :

Ésaïe 53:10-12

10 Il a plu à l’Éternel de le briser par la souffrance… Après avoir livré sa vie en sacrifice pour le péché, Il verra une postérité et prolongera ses jours ; Et l’œuvre de l’Éternel prospérera entre ses mains.

11 A cause du travail de son âme, il rassasiera ses regards ; Par sa connaissance mon serviteur juste justifiera beaucoup d’hommes, Et il se chargera de leurs iniquités.

12 C’est pourquoi je lui donnerai sa part avec les grands ; Il partagera le butin avec les puissants, Parce qu’il s’est livré lui-même à la mort, Et qu’il a été mis au nombre des malfaiteurs, Parce qu’il a porté les péchés de beaucoup d’hommes, Et qu’il a intercédé pour les coupables.

Il est dit de Jésus qu’il est assis à la droite de Dieu par huit fois dans le Nouveau Testament. dont quatre fois dans cette épître. Cela rappelle l’autorité de Jésus.

Le non croyant, l’incrédule ne croit pas au monde spirituel si ce n’est dans le sens négatif, satanique, en refusant de croire au côté positif., à l’existence de Dieu et de son royaume.

2 – Hébreux chapitre 12:3-4 : Persévérer dans la foi face aux épreuves

Hébreux 12:3-4

Considérez, en effet, celui qui a supporté contre sa personne une telle opposition de la part des pécheurs, afin que vous ne vous lassiez point, l’âme découragée.

Vous n’avez pas encore résisté jusqu’au sang, en luttant contre le péché.

L’auteur dans les versets 1 et 2, parle par affirmation, et c’est comme s’il disait à ses lecteurs : « vous doutez de mes paroles, alors considérez…. » Ceci invite à la réflexion et à l’analyse.

Cet auteur se comporte avec autorité comme un entraineur le fait avec les membres de son équipe.

Si Christ a supporté l’opprobre, ce n’est pas pour que nous tombions dans le découragement. Au contraire, c’est pour nous encourager à persévérer et à continuer dans la foi chrétienne.

Jésus-Christ est le modèle, il a donné son sang, il a donné sa vie. Il doit en être de même pour nous.

1 Jean 3:16

16 Nous avons connu l’amour, en ce qu’il a donné sa vie pour nous ; nous aussi, nous devons donner notre vie pour les frères.

Notre attitude est aussi un encouragement pour les frères. Certains des destinaires de l’Épître avaient pu subir des tribulations, mais ce n’était que superficiel. Dans ce passage, les souffrances de Jésus sont prises comme référence pour la comparaison.

Puis, s’appuyant sur l’Ancien Testament l’auteur rappelle l’attitude du Père vis-à-vis de son enfant. Les tribulations que celui-ci peut vivre, sont là pour le faire grandir et sont un témoignage de l’amour du Père. N’est-il pas dit en :

3 – Hébreux chapitre 12:5-11 : Discipline divine pour notre croissance spirituelle

Hébreux 12:5-11

Et vous avez oublié l’exhortation qui vous est adressée comme à des fils : Mon fils, ne méprise pas le châtiment du Seigneur, Et ne perds pas courage lorsqu’il te reprend ;

6 Car le Seigneur châtie celui qu’il aime, Et il frappe de la verge tous ceux qu’il reconnaît pour ses fils.

Supportez le châtiment : c’est comme des fils que Dieu vous traite ; car quel est le fils qu’un père ne châtie pas ?

Mais si vous êtes exempts du châtiment auquel tous ont part, vous êtes donc des enfants illégitimes, et non des fils.

D’ailleurs, puisque nos pères selon la chair nous ont châtiés, et que nous les avons respectés, ne devons-nous pas à bien plus forte raison nous soumettre au Père des esprits, pour avoir la vie ?

10 Nos pères nous châtiaient pour peu de jours, comme ils le trouvaient bon ; mais Dieu nous châtie pour notre bien, afin que nous participions à sa sainteté.

11 Il est vrai que tout châtiment semble d’abord un sujet de tristesse, et non de joie ; mais il produit plus tard pour ceux qui ont été ainsi exercés un fruit paisible de justice.

L’auteur met en lumière un aspect essentiel de la vie chrétienne qui est celui de la discipline divine. Ce passage, du verset 5 au verset 11, rappelle que les tribulations et les épreuves que nous traversons ne sont pas des signes de rejet de Dieu, mais de son amour profond pour nous. Il s’appuie sur l’Ancien Testament, et notamment sur:

Deutéronome 8:5

Reconnais en ton cœur que l’Éternel, ton Dieu, te châtie comme un homme châtie son enfant.

Cette comparaison souligne l’amour que Dieu porte à ses enfants, un amour qui se manifeste par des corrections destinées à nous faire grandir spirituellement.

L’auteur cite également Proverbes 3:11-12 pour renforcer son message.

En Hébreux 12:5 il écrit :

5  … : Mon fils, ne méprise pas le châtiment du Seigneur, Et ne perds pas courage lorsqu’il te reprend ;

Même si la discipline semble douloureuse au début, celle-ci a pour but de produire en nous une paix et une justice durables (v. 11). Dieu nous corrige pour notre bien, afin que nous devenions participants de sa sainteté (v. 10).

Participer à la Sainteté de Dieu à travers les Épreuves

Il est important de comprendre que cette discipline divine n’est pas une punition sadique, mais un moyen par lequel Dieu nous façonne pour devenir plus comme lui. L’objectif est clair : nous faire participer à sa nature divine, comme le mentionne l’apôtre Pierre en:

2 Pierre 1:4

4 lesquelles nous assurent de sa part les plus grandes et les plus précieuses promesses, afin que par elles vous deveniez participants de la nature divine, en fuyant la corruption qui existe dans le monde par la convoitise,

Ainsi, par les tribulations, Dieu nous rend plus semblables à Christ, en nous purifiant et en nous enseignant à vivre selon ses principes.

L’auteur de l’épître de Hébreux nous invite également à réfléchir à la différence entre les croyants et les non-croyants. Si nous n’endurons pas cette discipline, cela signifierait que nous ne sommes pas des enfants légitimes. En effet,

Hébreux 12:8 affirme :

Mais si vous êtes exempts du châtiment auquel tous ont part, vous êtes donc des enfants illégitimes, et non des fils.

Les épreuves que nous subissons sont un signe de notre appartenance à Dieu, un signe de son amour et de son désir de nous voir grandir dans la foi.

Enfin, l’apôtre Paul rappelle aux croyants en:

Actes 14:22

22 fortifiant l’esprit des disciples, les exhortant à persévérer dans la foi, et disant que c’est par beaucoup de tribulations qu’il nous faut entrer dans le royaume de Dieu.

Ces tribulations ne sont pas à fuir, mais à accepter comme un moyen divin pour nous façonner et nous conduire à la maturité spirituelle.

4 – Hébreux chapitre 12:12-13 : Rétablir le chemin de la paix et justice

Hébreux 12:12-13

12 Fortifiez donc vos mains languissantes Et vos genoux affaiblis ;

13 et suivez avec vos pieds des voies droites, afin que ce qui est boiteux ne dévie pas, mais plutôt se raffermisse.

Que ce soit dans une lutte ou dans une course, il faut tenir, fortifier les mains dans la lutte, fortifier les genoux dans la course. Nous ne devons pas nous relâcher quelle que soit la situation. Il faut encore tenir ferme après avoir tout surmonté (Éphésiens 6:13)

La vie chrétienne est une course à la fois individuelle et collective. Nous devons prendre garde à nous-mêmes mais aussi aider les autres les encourager, les soutenir …

5 – Hébreux 12:14-17 : Rechercher la Paix et la Sanctification en Christ

Hébreux 12:14-17

14 Recherchez la paix avec tous, et la sanctification, sans laquelle personne ne verra le Seigneur.

15 Veillez à ce que nul ne se prive de la grâce de Dieu ; à ce qu’aucune racine d’amertume, poussant des rejetons, ne produise du trouble, et que plusieurs n’en soient infectés ;

16 à ce qu’il n’y ait ni impudique, ni profane comme Ésaü, qui pour un mets vendit son droit d’aînesse.

17 Vous savez que, plus tard, voulant obtenir la bénédiction, il fut rejeté, quoiqu’il la sollicitât avec larmes ; car son repentir ne put avoir aucun effet.

L’auteur met en avant deux valeurs essentielles de la vie chrétienne : la paix et la sanctification. Il exhorte les croyants à rechercher la paix avec tous et à poursuivre la sanctification, soulignant que sans cela, « personne ne verra le Seigneur » (v. 14). La sanctification, en effet, est un objectif fondamental du salut chrétien. Nous sommes appelés à devenir de plus en plus semblables à Christ. Cela implique non seulement une transformation intérieure mais aussi une relation harmonieuse avec les autres. Ainsi, la recherche de la paix n’est pas optionnelle, mais essentielle pour entretenir une vie chrétienne saine et une communion véritable avec Dieu.

Veiller à la Grâce de Dieu : L’Unité et l’Absorption Spirituelle

Le verset 15 appelle les croyants à veiller attentivement à ce que personne ne se prive de la grâce de Dieu. Cela inclut aussi l’importance de ne pas laisser « racine d’amertume » prendre racine dans le cœur, car elle peut se propager et troubler l’ensemble de la communauté. L’amertume, fruit du péché, peut rapidement se propager et nuire à l’unité du corps de Christ. L’auteur renvoie à

Deutéronome 29:18

Qu’il n’y ait parmi vous ni homme, ni femme, ni famille, ni tribu, dont le cœur se détourne aujourd’hui de l’Éternel, notre Dieu, pour aller servir les dieux de ces nations-là. Qu’il n’y ait point parmi vous de racine qui produise du poison et de l’absinthe.

Il rappelle le danger de laisser de telles racines germer, perturbant ainsi l’harmonie du peuple de Dieu.

De plus, il est essentiel de comprendre que la maturité spirituelle est primordiale pour éviter de tomber dans l’apostasie. C’est pourquoi, il est dit en:

Hébreux 5:14

14 Mais la nourriture solide est pour les hommes faits, pour ceux dont le jugement est exercé par l’usage à discerner ce qui est bien et ce qui est mal.

Les croyants matures, capables de discerner le bien du mal sont appelés à guider et à maintenir la stabilité de l’assemblée. Ce discernement est crucial pour qu’aucun croyant ne perde la grâce de Dieu et que l’unité reste intacte.

L’exemple d’Ésaü : Ne Pas Vendre Ses Bénédictions

Le verset 16 met en garde contre l’esprit charnel et impie d’Ésaü, qui, pour un simple repas, vendit son droit d’aînesse. Ce passage illustre le danger de ne pas reconnaître les promesses divines et de ne pas agir en conformité avec elles. Ésaü connaissait la valeur de la bénédiction de Dieu, mais il a choisi de la sacrifier pour un plaisir temporaire. Cette attitude contraste fortement avec l’appel à la sanctification, qui nous invite à vivre à la lumière des promesses de Dieu. Comme le souligne Hébreux 12:16, un tel comportement peut avoir des conséquences graves, car la bénédiction de Dieu, une fois donnée, ne peut être annulée.

Dans le contexte chrétien, cela rappelle l’importance de comprendre et de préserver la valeur des bénédictions spirituelles, ainsi que de vivre dans une obéissance constante à Dieu. La parole de Dieu est puissante et porte des effets durables. Retenons ce qui est dit en :

Ésaïe 55:10-11

10 Comme la pluie et la neige descendent des cieux, et n’y retournent pas Sans avoir arrosé, fécondé la terre, et fait germer les plantes, sans avoir donné de la semence au semeur Et du pain à celui qui mange,

11 Ainsi en est-il de ma parole, qui sort de ma bouche : Elle ne retourne point à moi sans effet, Sans avoir exécuté ma volonté et accompli mes desseins.

Tout cela invite à ne pas prendre à la légère les bénédictions spirituelles, tout comme Ésaü le fit en méprisant son héritage.

Conclusion : La Pureté Spirituelle et la Sagesse dans les Relations

L’appel à la paix et à la sanctification dans Hébreux 12:14-17 rappelle l’importance de maintenir des relations harmonieuses avec Dieu et avec les autres. Cela implique de veiller à ce que rien ne vienne troubler cette paix, ni racines d’amertume ni attitudes charnelles. Les croyants doivent s’efforcer de croître dans la maturité spirituelle, tout en honorant les promesses divines. En fin de compte, rechercher la paix et la sanctification est essentiel pour « voir le Seigneur ». C’est l’objectif ultime de la vie chrétienne.

6 – Hébreux chapitre 12:18-21 : Le Contraste entre l’Ancienne et la Nouvelle Alliance

Hébreux 12:18-21

18 Vous ne vous êtes pas approchés d’une montagne qu’on pouvait toucher et qui était embrasée par le feu, ni de la nuée, ni des ténèbres, ni de la tempête,

19 ni du retentissement de la trompette, ni du bruit des paroles, tel que ceux qui l’entendirent demandèrent qu’il ne leur en fût adressé aucune de plus,

20 car ils ne supportaient pas cette déclaration : Si même une bête touche la montagne, elle sera lapidée.

21 Et ce spectacle était si terrible que Moïse dit : Je suis épouvanté et tout tremblant !

L’auteur décrit la terreur associée à l’approche de la montagne de Sinaï lors de la remise de la loi à Moïse. Ce passage souligne que les Israélites ne pouvaient s’approcher de la montagne, sous peine de mort, car elle était sanctifiée par la présence de Dieu. Le Sinaï, entouré de feu, de nuées et de tempêtes, évoquait un Dieu majestueux et redoutable. Moïse lui-même, témoin de cette scène, était épouvanté et tremblant devant la grandeur de Dieu. Cette vision montre que, sous l’ancienne alliance, l’accès direct à Dieu était impossible pour le peuple en raison de la sainteté et de la puissance de Dieu ce qui générait une grande peur.

Cependant, Hébreux 12:22-24 présente un contraste saisissant avec cette image du Sinaï.

7 – Hébreux chapitre 12:22-24 : L’Invitation à Approcher la Montagne de Sion

Hébreux 12:22-24

22 Mais vous vous êtes approchés de la montagne de Sion, de la cité du Dieu vivant, la Jérusalem céleste, des myriades qui forment le chœur des anges,

23 de l’assemblé des premiers-nés inscrits dans les cieux, du juge qui est le Dieu de tous, des esprits des justes parvenus à la perfection,

24 de Jésus qui est le médiateur de la nouvelle alliance, et du sang de l’aspersion qui parle mieux que celui d’Abel.

Ce passage invite à s’approcher de la montagne de Sion, la cité du Dieu vivant, la Jérusalem céleste. L’auteur de l’épître nous conduit d’un lieu de terreur à un lieu de bénédiction, où les croyants sont invités à se joindre à la « myriade des anges » et à « l’assemblée des premiers-nés inscrits dans les cieux ». La montagne de Sion est un symbole de la Nouvelle Alliance, un lieu où la relation avec Dieu est transformée par la grâce de Jésus-Christ. Là, le peuple de Dieu n’est plus dans la peur, mais dans la joie d’une communion parfaite et accessible à tous ceux qui croient.

Dans cette nouvelle réalité, le chrétien est appelé à se réjouir de savoir que son nom est inscrit dans le livre de vie.

Luc 10:20

20 Cependant, ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous de ce que vos noms sont écrits dans les cieux.

Cette inscription représente la sécurité et l’assurance du salut, un don de Dieu pour ceux qui croient en Jésus-Christ. Contrairement à l’Ancienne Alliance, qui exigeait des sacrifices et des rites pour se rapprocher de Dieu, la Nouvelle Alliance est donnée par Jésus, le « médiateur d’un meilleur pacte » (Hébreux 12:24). Le sang de Jésus, versé pour les péchés du monde, parle mieux que celui d’Abel, non pour la vengeance, mais pour la miséricorde, le pardon et l’amour.

8 – Jésus, Médiateur et Souverain Sacrificateur

Ce passage met également en lumière le rôle de Jésus comme médiateur entre Dieu et les hommes. Dans l’Ancien Testament, les alliances étaient souvent scellées par des actes d’aspersion de sang, comme on le voit dans:

1 Pierre 1:2

et qui sont élus selon la prescience de Dieu le Père, par la sanctification de l’Esprit, afin qu’ils deviennent obéissants, et qu’ils participent à l’aspersion du sang de Jésus Christ : que la grâce et la paix vous soient multipliées !

Là, les croyants sont invités à participer « à l’aspersion du sang de Jésus-Christ ». Le sang d’Abel, en criant vengeance après son meurtre, contraste avec le sang de Jésus, qui crie miséricorde et réconciliation. Jésus, par son sacrifice sur la croix, a ouvert un accès direct à Dieu, un accès fondé sur la grâce et non sur la loi.

Jésus est le souverain sacrificateur qui intercède pour les croyants devant Dieu. Contrairement à Moïse, qui n’osait pas s’approcher de Dieu sur le Sinaï, Jésus nous permet d’approcher Dieu librement, non par la peur, mais par la foi. Il est celui qui, par son sang, nous offre un salut éternel, nous rendant capables d’adorer Dieu dans la beauté de la sainteté, comme il est écrit en:

Hébreux 12:28

28 C’est pourquoi, recevant un royaume inébranlable, montrons notre reconnaissance en rendant à Dieu un culte qui lui soit agréable,

Conclusion : Une Nouvelle Espérance

Le contraste entre le Sinaï et Sion n’est pas seulement géographique, mais est aussi spirituel. Il symbolise le passage d’une relation marquée par la crainte de la loi à une relation fondée sur la grâce et la réconciliation. Les croyants en Christ, sont invités à s’approcher de Dieu avec confiance et adoration, un privilège qui leur est offert par l’œuvre parfaite de Jésus. En effet, grâce à Jésus, la montagne de Sion est devenue un lieu d’espérance, un lieu de paix et de sanctification où nous pouvons rencontrer Dieu avec révérence et joie. C’est une invitation à reconnaître la grandeur de l’œuvre de Christ, qui nous permet d’approcher la présence de Dieu avec un cœur purifié et une foi vivante.

9 – Hébreux chapitre 12:25-29 : Recevoir un royaume inébranlable avec crainte et révérence

Hébreux 12:25-29

25 Gardez-vous de refuser d’entendre celui qui parle ; car si ceux-là n’ont pas échappé qui refusèrent d’entendre celui qui publiait les oracles sur la terre, combien moins échapperons-nous, si nous nous détournons de celui qui parle du haut des cieux,

26 lui, dont la voix alors ébranla la terre, et qui maintenant a fait cette promesse : Une fois encore j’ébranlerai non seulement la terre, mais aussi le ciel.

27 Ces mots : Une fois encore, indiquent le changement des choses ébranlées, comme étant faites pour un temps, afin que les choses inébranlables subsistent.

28 C’est pourquoi, recevant un royaume inébranlable, montrons notre reconnaissance en rendant à Dieu un culte qui lui soit agréable,

29 avec piété et avec crainte, car notre Dieu est aussi un feu dévorant.

Dans ce passage de Hébreux 12:25-29, l’auteur poursuit son exhortation en soulignant l’importance de la réponse des croyants face à l’appel de Dieu. Ce texte met en lumière deux réalités principales : l’appel à écouter la voix de Dieu avec une profonde révérence et la promesse d’un royaume inébranlable offert à ceux qui restent fidèles. Ce passage, bien que fortement ancré dans les principes de l’Ancienne Alliance, se réfère également à la Nouvelle Alliance en Jésus-Christ, qui garantit une plus grande sécurité et une relation plus intime avec Dieu.

Hébreux 12:25 : L’appel à ne pas refuser Celui qui parle

Le verset 25 commence par une mise en garde très claire : «  Gardez-vous de refuser d’entendre celui qui parle. » Ce « Celui qui parle » est bien sûr Dieu, qui, dans l’Ancien Testament, parlait à travers la loi et les prophètes. Mais dans la Nouvelle Alliance, il parle à travers son Fils, Jésus-Christ (Hébreux 1:1-2). Cette exhortation appelle les croyants à ne pas ignorer ni rejeter l’appel de Dieu, qui nous a parlé de manière définitive par Jésus.

L’auteur fait référence à un événement fondamental lorsque le peuple d’Israël a rejeté l’autorité de Dieu dans l’Ancien Testament (en particulier lors du refus d’écouter Dieu au mont Sinaï). Ceci a entraîné de terribles conséquences (cf. Hébreux 12:18-21). En effet, le rejet de la parole de Dieu n’a pas été sans conséquences à ce moment-là. Ce principe reste vrai pour les croyants sous la Nouvelle Alliance.

Les conséquences du rejet de l’appel de Dieu sont encore plus graves aujourd’hui parce que dans la Nouvelle Alliance, Dieu parle de manière plus claire et plus directe à travers Christ. Rejeter Jésus, c’est rejeter la grâce et l’espérance du salut.

Hébreux 12:26-27 : Le jugement de Dieu sur les nations

Le verset 26 rappelle un événement de l’Ancien Testament, où la voix de Dieu a ébranlé la terre, faisant référence à l’expérience sur le mont Sinaï. Toutefois, ce passage annonce également un ébranlement futur, non seulement de la terre, mais aussi du ciel. L’auteur cite ici:

Aggée 2:6-7

Car ainsi parle l’Éternel des armées: Encore un peu de temps, Et j’ébranlerai les cieux et la terre, La mer et le sec;

J’ébranlerai toutes les nations ; Les trésors de toutes les nations viendront, Et je remplirai de gloire cette maison, Dit l’Éternel des armées.

Ceci souligne que la promesse de Dieu concerne non pas un royaume matériel transitoire, mais un royaume spirituel, éternel et inébranlable. Cet ébranlement symbolise l’élimination des choses temporaires et humaines, en vue de l’établissement d’un royaume permanent, celui de Dieu.

Cette promesse fait écho à:

2 Pierre 3:10

10 Le jour du Seigneur viendra comme un voleur ; en ce jour, les cieux passeront avec fracas, les éléments embrasés se dissoudront, et la terre avec les œuvres qu’elle renferme sera consumée.

 Ce verset décrit le jour où le Seigneur viendra, où la terre et ses œuvres seront consumées par le feu. Ce jugement purificateur préparera la venue d’un royaume qui ne sera jamais ébranlé.

Hébreux 12:28 : L’invitation à recevoir un royaume inébranlable

Ce verset 28 contraste avec ce qui va se passer sur terre, c’est à dire la secousse et la destruction du monde physique. Les croyants quant à eux, sont invités à recevoir « un royaume inébranlable ». Ce royaume est le royaume de Dieu, établi par la victoire de Jésus-Christ sur la mort et le péché. C’est un royaume spirituel, non dépendant des événements terrestres, et qui ne sera jamais détruit.

Le royaume de Dieu, dans lequel nous sommes appelés à entrer, est une promesse que nous pouvons saisir dès maintenant par la foi, et nous devons y vivre selon des principes de sanctification et de service. Cette promesse fait écho à l’idée de la « cité céleste » et de la « montagne de Sion » que l’auteur évoquait dans les versets précédents. Le royaume de Dieu est donc inébranlable non seulement dans le futur, mais il s’étend également dans la vie des croyants dès maintenant. En recevant ce royaume, les croyants se trouvent placés dans une position d’assurance et de sécurité, car Dieu ne peut être ébranlé.

Hébreux 12:29 : Servir Dieu avec piété et crainte

Les versets 28 et 29 se terminent par une exhortation importante : « servons Dieu avec piété et crainte, car notre Dieu est un feu dévorant. » Le chrétien est appelé à rendre un culte à Dieu dans un esprit de révérence et de crainte respectueuse. Cette crainte n’est pas une peur paralysante, mais un profond respect pour la grandeur et la sainteté de Dieu.

L’image de Dieu comme un « feu dévorant », rappelle l’aspect de sa justice et de sa sainteté, souvent manifeste dans l’Ancien Testament. Ce feu symbolise non seulement la pureté divine, mais aussi le jugement qui frappe le péché. Les croyants, tout en ayant accès à Dieu par Jésus, doivent néanmoins s’approcher de Lui avec une profonde conscience de sa majesté et de sa justice.

Application et Conclusion

Le verset 29 termine ce passage en rappelant que « notre Dieu est aussi un feu dévorant ». Cette image fait écho à l’épisode du mont Sinaï.

Exode 24:17

17 L’aspect de la gloire de l’Éternel était comme un feu dévorant sur le sommet de la montagne, aux yeux des enfants d’Israël.

et Deutéronome 4:24

24 Car l’Éternel, ton Dieu, est un feu dévorant, un Dieu jaloux.

 C’est au Sinaï que la gloire de Dieu s’est manifestée sous la forme d’un feu dévorant. Dans l’Ancien Testament, ce feu symbolisait la présence, la justice et la sainteté de Dieu, caractéristiques qui rappellent l’aspect redoutable de la divinité. Bien que, sous la Nouvelle Alliance, les croyants aient accès à la grâce de Dieu par Jésus-Christ, cette image de feu nous invite à un respect profond et à une crainte révérencieuse de la sainteté de Dieu.

Le passage conclut ainsi avec l’importance de servir Dieu avec respect et crainte, soulignant que, tout en étant accueillis dans une relation pleine de grâce, les croyants ne doivent jamais perdre de vue la majesté et la justice de Dieu.

Conclusion

Hébreux 12:25-29 nous invite à écouter attentivement la voix de Dieu, à ne pas rejeter son appel et à répondre par une vie d’adoration fidèle. Ce passage établit un contraste entre l’Ancienne et la Nouvelle Alliance, soulignant que, sous la Nouvelle Alliance, nous avons accès à un royaume inébranlable. Cet avertissement appelle à une soumission totale à Dieu, à une piété authentique et à une vie marquée par la crainte révérencieuse de sa majesté. Le royaume de Dieu, éternel et stable, est un don merveilleux que les croyants sont appelés à recevoir avec gratitude, tout en vivant dans l’espérance de son accomplissement final.